Le rendez-vous magique
Interviews, compte-rendus de séminaires et notes sur la Tenségrité et les Passes Magiques


Accueil
Qui suis-je ?
Livre d'or
Archives
Mes amis

Album photos

Rubriques

Carlos Castaneda conférences
Carlos Castaneda interviews
Carol Tiggs
Florinda Donner Grau
Instructeurs de Tenségrité
Journal la voie du guerrier
La Lune du Traqueur
Les Règles
Los Angeles août 1995
Notes de Sorcellerie
Omega Institut
Séminaires de Tenségrité
Taisha Abelar

Menu

Active Recapitulation
Ambre bleu
Cleargreen
Visions chamaniques
Forum Tenségrité


Interview de Castaneda par Mausi Boehm

                                                

 

 

 

 

Interview avec Carlos Castaneda (deux mois avant sa disparition) réalisé par Mausi Boehm, en vue du séminaire et stage de pratique de Munich, en mai 1998



Le livre sur la Tenségrité (Passes Magiques) est le premier de vos livres présentant au lecteur des exercices pratiques. Qu'est-ce qui vous a amené à la décision de rendre tout cela accessible au public ?

         Les chamans de l'ancien Mexique qui découvrirent les passes magiques, qui forment la base de la Tenségrité, protégeaient ces mouvements au moyen du secret le plus grand et les avaient enveloppés de rituels. C'est ainsi que ces mouvements furent enseignés à don Juan Matus, et c'est de cette façon qu'il les a lui-même appris à ses quatre disciples : Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar, Carol Tiggs, et moi-même. 


         Une démarche d'ouverture s'amorça chez les chamans du Mexique, nous a-t-on raconté, à une époque qui précéda de peu la Conquête espagnole. Apparemment, les Espagnols furent le catalyseur qui accéléra à l'extrême la destruction du secret chez les chamans. Sous la domination des Espagnols, survivre devint le propos essentiel des chamans de cette époque. On nous a raconté que face à cette menace, plutôt que de favoriser l'isolement, les chamans devinrent plus ouverts à cause de la situation, car ils réalisèrent que la nature secrète de leur connaissance et de leurs actions ne leur apporterait aucune chance de survie en tant qu'individus.

         Nous représentons l'aboutissement de cette démarche d'ouverture, dans le cas particulier de la lignée de don Juan Matus. A travers la conduite de ses quatre disciples, nous avons réalisé que rien de ce que fait un homme ne doit être tenu secret ou ne doit être enveloppé d'ésotérisme et de mystère.
Nous croyons fermement que l'homme dans sa totalité fait aujourd'hui face au terrifiant problème de la survie. En d'autres termes, pour nous, ce n'est certainement pas le moment de faire des secrets.


Quand avez-vous organisé le premier séminaire sur ce sujet, et comment les séminaires ont-ils évolué depuis ?

         Les séminaires et stages de pratique de Tenségrité se donnent depuis 1984, dans le cadre d'une tentative de toucher les gens avec une chose extrêmement pragmatique : les passes magiques. Ces premiers efforts ne connurent jamais de résultat fructueux. Malheureusement pour nous, à cette époque, les séminaires de Tenségrité que nous donnions non seulement aux Etats-Unis mais également au Mexique et en Argentine étaient gratuits. Tout le monde pouvait y assister et y participer. Le résultat fut qu'au lieu de venir pour pratiquer la Tenségrité, des gens pleins d'éternels griefs venaient aux séminaires pour les clamer et pour trouver des fautes à tout ce que nous voulions faire.

         Ce fut alors que la démarche connut un revirement complet, décidé par tous les praticiens liés aux quatre disciples du vieux nagual. Leur idée et leur décision étaient unanimes : les séminaires devaient être payants. Leur argument était qu'un médecin se faisait payer pour sa connaissance, comme un avocat ou un juge. Ils ne travaillaient pas gratuitement et devaient être rémunérés pour leurs efforts à enseigner quelque chose d'une valeur inestimable pour l'homme moderne.


         En 1991, plus de sept ans après le lancement initial, nous organisions le premier séminaire pour lequel les gens devaient payer. Le résultat de ce changement audacieux fut stupéfiant pour tous les praticiens du chamanisme et les instructeurs de Tenségrité. Pour la première fois en sept ans, les gens étaient attentifs et ils apprenaient réellement les mouvements avec un élan extraordinaire.

         Leur élan était tellement puissant qu'ils créèrent une force qui depuis est devenu l'élément moteur de tous les séminaires. Les praticiens du chamanisme appelèrent cela "la masse humaine ", une chose dont aucun chaman dans l'histoire de la lignée de don Juan ne fit jamais l'expérience.
         La facilité avec laquelle les passes magiques sont apprises, et la profondeur de perception des participants aux séminaires ont atteint un tel niveau que ceux-ci sont devenus une force impeccable, pratiquant pour le plaisir de pratiquer et pour le bien-être que leur procurent les passes magiques.


Votre présence au séminaire est-elle indispensable ?

         Non, la présence de Carlos Castaneda n'est en rien indispensable à quoi que ce soit. Les instructeurs de Tenségrité sont tous directement reliés à Carlos Castaneda et ils tirent de cette connexion tous les éléments nécessaires pour fonctionner par eux-mêmes avec la plus grande efficacité et la plus grande détermination.


Qui mène les séminaires, et comment peut-on en vérifier l'authenticité ?

         L'infini mène les séminaires, et il n'existe pas de moyen pour en réclamer l'authenticité. A la fin, nous avons à répondre à l'infini de façon personnelle.
A un niveau plus terre-à-terre, l'authenticité de la Tenségrité est indiscutable parce que la Tenségrité n'a été inventée par aucun des instructeurs ou aucun des praticiens. Ni par les quatre disciples du vieux nagual.


         Il n'y a rien que l'on puisse ajouter à cela, excepter le fait que c'est à prendre ou à laisser. Si vous le prenez, vous ferez l'indéniable expérience du bien-être et de l'équilibre. Si vous le laissez, vous vivrez une vie telle que vous l'avez vécue jusqu'à présent : en proie aux doutes et au mal-être.


Vos lecteurs allemands aimeraient beaucoup vous accueillir en Allemagne de temps en temps. Les allemands ne sont-ils pas prêts pour cela ?

         Ce n'est pas que, vous Allemands, soyez prêts ou non pour cela. C'est que j'ai fini. Je suis déjà de l'autre côté, et c'est impossible pour moi de m'en échapper. Je serai toujours la voix ou la présence derrière la scène. En d'autres termes, le temps pour moi d'apparaître et de parler est arrivé à sa fin.


A t-on besoin d'avoir lu tous vos livres pour pouvoir assister à un séminaire ?

         Non, ce n'est pas nécessaire. Les participants peuvent lire le livre sur la Tenségrité pour pratiquer les mouvements.


Le livre sur la Tenségrité donne pour la première fois un point de vue direct sur les passes magiques. Ce livre seul peut-il être un guide ou recommandez-vous aux praticiens de participer à un séminaire ?

         Oui, ce livre seul peut être un guide, mais il est fortement recommandé aux praticiens de se rendre à un séminaire et d'apprendre la minutie des détails contenus dans la Série des Cinq Centres d'Intérêt surnommée La Série de Westwood.


Qu'est-ce qui distingue les non-faires des autres passes magiques, telles qu'elles sont décrites dans le livre sur la Tenségrité ? Pouvez-vous nous expliquer cela ?

         Leur action est différente. La différence entre les séries de passes magiques en général et les passes magiques pour le non-faire est leur action immédiate. Toutes les séries affectent le corps en révélant les ressources cachées de la conscience de l'être humain. Les passes magiques pour le non-faire concentrent ces ressources cachées de la conscience sur un seul point : le flux de l'énergie intrinsèque qui nous maintient ensemble en tant que conglomérat de champs d'énergie.

 


Dans le contexte de votre système cognitif, que veut dire être libre ?

         Dans le contexte de mon système cognitif... ce n'est pas mon système cognitif... dans le système cognitif des chamans de l'ancien Mexique, être libre veut dire se libérer des liens de la socialisation et de la syntaxe.


Qu'elle est votre lien avec Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar et Carol Tiggs ?

         Mon lien avec elles tient du fait que nous étions tous les quatre des apprentis de don Juan Matus. Elles sont, comme moi, les témoins des actions de don Juan Matus. Il utilisa différentes approches pour leur enseigner ce qu'il m'enseigna. La combinaison des approches et des vues que chacun de nous quatre détient forme une unité, indivisible dans son essence, mais qui possède en pratique quatre aspects, dans le monde de la vie tous les jours, .

 

         Je peux véritablement dire que ce qui relie chacun de nous quatre aux autres est une connexion qui a été élaborée en termes de cette exclusivité hors du commun, comme pour rendre chacun de nous quatre impuissant en tant que pièce individuelle. Nous ne sommes complets sur le chemin du guerrier qu'en tant qu'ensemble.


Publié à 01:39 le 18 mars 2007 dans Carlos Castaneda interviews
Page précédente
Page 61 sur 64