HE : La raison pour laquelle je vous ai posé la question à propos de notre énergie, les gens qui vous écoutent, les gens qui pourraient être en train d’augmenter leur niveau d’énergie, c’est, est-ce que vous pourriez utiliser notre énergie pour sauver don Juan du monde des êtres inorganiques, comme vous avez sauvé Carlos de ce monde ?
FD : Non, je ne...nous ne savons vraiment pas. Je pense qu’à un moment, je pense que cette incompréhension a eut lieu parce que je pensais : « Oui, si nous avons assez d’énergie et que nous sautons pour le tirer de là », mais c’est presque comme une métaphore, vous voyez ? Je ne sais pas vraiment ce que… en termes de comment on pourrait…vous voyez, nous n’avons pas le lexique pour vraiment décrire le monde des êtres inorganiques. Nous décrivons ce monde à l’aide de métaphores, bien qu’ils ne soient pas métaphoriques, ou comme quelque chose que nous connaissons déjà parce que nous n’avons pas le langage pour décrire quelque chose qui nous est inconnu. Cela ne peut être décrit que par quelque chose qui est connu. Alors, oui, à un certain niveau, oui. Si nous avons suffisamment d’énergie, nous pourrions, en sautant, peu importe ce que signifie le fait de sauter…juste disons qu’en le formulant…en tant que médecin vous le savez probablement.
HE : Ce que je pense c'est que...comme je l'ai mentionné plus tôt dans cette interview, l'intention se précipite sur nous en permanence de façons inconnues. C'est un univers déguisé, c'est un univers d'énergie, mais il est camouflé et nous ne le percevons jamais tel qu'il est. Et parfois, pendant un instant, il y a des fentes dans l'écran, l'écran se déchire et nous voyons que ce camouflage n'est pas vraiment réel.
FD : Oui, exactement.
HE : Et ces bouts d’intention, ou bouts d’énergie, ou peu importe comment vous l’appelez, dans le monde du rêve vous les appelleriez des éclaireurs.
FD : Oui.
HE : Mais si vous pouvez vous accrochez à cet éclaireur, il vous emmène dans un autre monde, dans le monde d’où vient cet éclaireur.
FD : Précisément.
HE : Comment une personne ordinaire, qui est en train d’écouter cette conversation en ce moment à la radio, comment cette personne voit, ressent, perçoit quand un évènement est quelque chose que l’intention lui jette à la figure à laquelle s’accrocher et pour ne pas se laisser entraîner par ça ?
FD : Vous avez besoin d’énergie. Vous voyez, c’est ce que je dis. Si vous êtes privé de l’idée du moi que vous connaissez comme …Hier justement je parlais à ces gens au Mexique…exactement, je veux dire, presque mot pour mot exactement la même question et j’ai dit : « Bon, c’est prématuré ». Vous savez, ils sont tous intéressés par ce monde. Sauter dans la seconde attention, rencontrer les êtres inorganiques, mais c’est absurde de parler de cette étape s’ils ne se sont pas débarrassés de l’idée du moi.
Vous voyez ? C’est de ça dont je parle. Le pas le plus important pour nous est cette idée de perdre l’importance personnelle, de réduire l’ego à rien. Nous ne le perdrons jamais complètement, bien que ce soit possible. D’après moi, Castaneda est absolument sans ego. Il est si vide que c’est effrayant d’être avec lui.
HE : Je peux comprendre.
FD : En même temps, c’est la substance qui rend le plus dépendant qui soit – quelqu’un qui n’a pas d’ego. C’est une addiction totale.
HE : N’est-ce pas la vie humaine, l’ego dans la vie humaine, l’addiction dont nous dépendons tous ?
FD : Oui, en définitive, oui. Je pense.
HE : Les auditeurs qui écoutent cela sont très sophistiqués. Ils ont entendu beaucoup de choses et vous disiez que la même question revenait tout le temps et j’espère que cette interview a essayé de vous poser les questions que vous entendez tout le temps, parce que c’est ce qui nous intéresse tous et ce que tout le monde veut savoir. Et pour vous cela se résume à se débarrasser de l'importance personnelle, de l’ego, ce qui est une leçon des religions du monde entier, elles disent toutes la même chose. Mais l’étape concrète, si je comprends le monde de la sorcellerie, c’est de récapituler notre vie.
FD : Exactement.
HE : Tout passer en revue, chaque événement que nous pouvons nous rappeler et essayer de voir les schémas auxquels nous sommes dépendants et essayer de re-capturer l’énergie de ces schémas, puis si on a réussi à faire ça correctement nous aurons assez d’énergie pour voir l’intention quand elle surgit devant nous, ou pour attraper un de ces éclaireurs dans un rêve.
FD : Précisément...dans un rêve ou dans notre vie de veille. Cela nous arrive tout le temps. Carlos l’a décrit dans ses livres, je pense, c’est le centimètre cube de chance qui surgit dans les moments les plus incroyables et si vous avez l’énergie de le saisir, vous y aller.
Pour moi, même comme par exemple entrer dans le monde des sorciers, c’était la décision d’une milliseconde. « Oui, je vais aller avec cette femme. Je vais l’emmener avec moi, je vais la conduire où elle veut. » Vous voyez, si je peux...si je prends le temps de réexaminer certains moments, des moments cruciaux de ma vie...disons les chances que j’avais de prendre les mauvaises décisions, ou de prendre le mauvais chemin sont si innombrables que cela m’effraye à mort. Rien que d’y penser, cela me donne des migraines. Parce que c’est tellement une décision à la minute près. Sur le moment, vous pensez que ce n’est rien, mais c’est monumental. Et c’est cette idée de l’intention…quelque chose vous parle directement, et habituellement nous sommes si préoccupés par les soucis du monde, que nous ne le remarquons pas.
HE : En tant qu’être humain, je ne comprends toujours pas comment on se débarrasse des problèmes de la vie de tous les jours. Je veux dire, si vous n’étiez pas partie avec cette femme, ou disons, si dans ma vie quelqu’un arrive et dit : « Est-ce que tu veux venir avec moi au Mexique, j’aimerais que tu commence une nouvelle vie. » Je serais très préoccupé par « Et mes enfants, ma femme, mes employés ? » Ça ne s’arrêterait pas, ça ne s’arrêterait pas de parler dans ma tête, et pourtant cette occasion pourrait être cette unique occasion dont vous parlez, et qui ne se reproduit jamais.
FD : ça ne se passe pas comme ça : « Pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi au Mexique ? » Je ne pense pas…cela n’a rien à voir avec ça. Par exemple, dans mon cas particulier, cela n’avait rien à voir…c’était plutôt : « Est-ce que tu peux me conduire à Hermosillo ? » ou quelque chose comme ça.
Ou vous savez : « Je peux te mettre en contact avec quelqu’un » – ce n’est pas si délimiter. Ces moments n’arrivent pas comme ça : « Ok, viens avec moi au Mexique, je vais te faire entrer dans le monde de la sorcellerie. » Non ! Ce n’est pas ça…ça n’arrive jamais comme ça. Non.
Regardez, même l’idée de...vous, il n’y a que vous qui ayez le pouvoir, la possibilité de faire quelque chose de différent de vous-même et de votre vie et en dernière instance personne ne va vous aider à le faire. Don Juan en fin de compte ne nous a pas aidé dans le sens où nous devions le faire par nous-même. Maintenant je n’essaye pas d’amoindrir l’importance qu’ont eu ces personnes, j’essaye juste de mettre l’accent sur la quantité de travail et d’engagement qui est demandé pour une chose pareille. De la volonté, une volonté pure et un abandon total où en fin de compte vous n’en avez plus rien à faire de ce qui peut vous arriver. Vous voyez, et bien sûr, en tant que personne qui est totalement seule, sans responsabilités, c’est un pas beaucoup plus facile à faire mais vous avez déjà votre responsabilité devant vous. Vous pouvez faire de votre vie et de la vie de vos enfants une œuvre d’art.
Le simple fait de...maintenant je ne parle pas depuis un point de vue moral ou religieux, je parle depuis un point de vue énergétique. Pour vous d’espérer et de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour faire le mieux possible pour eux, je ne parle même pas en termes de leur donner la vie qu’ils sont habitués à avoir, non. Je parle d’un point de vue énergétique. C’est en soit si libérateur, cela vous projettera dans un autre univers ! Vous voyez, l’idée qu’il y a un autre univers – c’est juste à côté de nous. C’est un problème de perception. Il ne s’agit pas que soudainement vous soyez envoyé dans le monde des êtres inorganiques, vous irez dans la seconde attention. Je vis dans la seconde attention, au moment où je vous parle…c’est le prisme, la façon dont je regarde le monde a été changée au travers de l’énergie.
HE : Eh bien, j’espère que vous accepterez une invitation à venir dans notre région. Il y a eut tant d’excitation sur votre venue à la radio aujourd’hui que je sais que si nous pouvions vous faire venir à Nevada City ce serait encore plus excitant de vous avoir en personne afin que les gens puissent vous parler comme nous l’avons fait aujourd’hui.
FD : Vous êtes à Nevada City ?
HE : Oui.
FD : Où est Nevada City ?
HE : C’est au nord-est de Sacramento, près du lac Tahoe, sur la Route 80.
FD : Pendant un moment j’ai pensé que j’étais en train de parler à l’état du Nevada.
HE : Non, Nevada City est en Californie et votre ami Randy vit par ici.
FD : Oh, vous connaissez Randy Fuller ?
HE : Il m’a appelé ce matin.
FD : Oh il vous a appelé. Oui il m’a appelé et a laissé un message sur mon répondeur.
HE : Donc je sais qu’il vous a invité, alors je vous invite à venir ici dans l’intérêt des auditeurs de la radio et dans le mien.
FD : Oui je suis au courant...je crois que nous viendrons comme nous l’avons fait au Rim Institute.
HE : Nous serions très heureux d’organiser ça pour vous.
FD : Et avoir un week-end de session et nous irons à coup sûr...je veux amener les chacmools. Il y a deux grands chacmools et deux petits chacmools, et nous allons casser la baraque !
HE : Eh bien...
FD : Non, non, je dis ça parce que...
HE : Je le prends comme une promesse alors.
FD : C’est promis.
HE : Merci.
FD: Merci !
HE : Florinda, c’était super de vous avoir en direct et nous nous sentons honorés. Encore merci.
FD : Et j’espère qu’on se verra bientôt.
HE : Je l’espère aussi.