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FD : Lorsque nous étions avec eux, nous fonctionnions…ce n’est pas qu’ils nous prêtaient – nous fonctionnions avec leur énergie. Pour nous, de les avoir rencontrés, pour être dans leur monde, qui est le monde de la seconde attention, ils nous prêtaient leur énergie, oui, en fait faire ça, pour eux, cela devait être totalement...Une chose intéressante, c’est cette idée que quand nous donnons des conférences, les gens sont extrêmement prudents, et bien sûr, c’est légitime. Lorsque j’ai rencontré le monde de don Juan, il n’y avait aucun moyen d’être précautionneux. Je devais sauter sinon il ne se passait rien.
Je ne dis pas que c’est ce qu’il faut faire, mais pour nous, pour moi, dans mon cas, il n’y avait pas d’autre moyen. Oui, bien sûr j’ai ressenti ça, ce n’est pas que je l’ai ressenti mais il y avait, vous savez…je n’avais aucun doute mais j’étais extrêmement aberrante dans mes modèles comportementaux. Parce que depuis mon point de vue, j’étais la chose la plus géniale qui ait jamais existé, je veux dire, le monde validait mon idée du moi. J’ai grandi en Amérique du sud, j’avais des avantages simplement dus à mon apparence. Les enfants savent très bien comment manipuler ça, à l’école élémentaire j’ai été Présidente de la maternelle jusqu’à la première, j’allais dans des écoles vénézueliennes, j’étais…Il y avait très peu d’enfants blonds. Ce que je veux dire c’est que j’étais traitée comme une déesse et je croyais que c’était mon droit inhérent. Et alors bien sûr, en tant qu’adulte, nous changeons, nous ajustons ces comportements, mais cette importance personnelle est là par nature, vous savez : « Je suis la chose la plus extraordinaire qui ait jamais existé. »
HE : Il y a des gens dans la société qui adoptent le point de vue opposé, qui...
FD : Ouai mais vous voyez ce que je veux dire...Prendre le point de vue opposé...je vous le dis de manière très exagérée, ça n’a pas d’importance que votre idée de l’ego soit positive ou négative.
HE : Ok.
FD : Le drainage énergétique c’est exactement pareil, que nous ayons une image destructive ou pompeuse du moi, ça n’a pas vraiment d’importance, le drainage énergétique est le même, parce que nous avons toujours cette idée…Nous devons défendre cette idée de ce que nous sommes vraiment qui est en fait le regard de nos semblables sur nous. Par nature, il n’y a rien pour le confirmer. Nous savons certaines choses, oui, nous savons à un certain degré que nous sommes intelligents, nous savons comment faire certaines…Oui, je ne parle pas de ça, je parle de notre engagement dans le moi. L’idée que nous sommes spéciaux d’une façon ou d’une autre. Nous sommes toujours spéciaux, vous voyez ? Ce que fit don Juan avec nous, c’est qu’il bombarda cette idée d’être spécial. Il disait : « Si tu es spécial dans le monde, le monde ne peut pas fonctionner. » Ce qui est absolument vrai. C’est pourquoi nous avons, disons, depuis un point de vue basique d’être humain, nous ne savons pas vraiment comment interagir entre nous parce que chacun est tout le temps en train de défendre quelque chose.
HE : Comment pouvons-nous cesser cela ? Je veux dire, nous pouvons récapituler, mais, dans ma propre vie, laissez-moi donner un exemple, parce que je suis sûr que ça pourrait être pour tout le monde, la récapitulation prend du temps. On dirait que le monde des sorciers est un monde de gens qui ont beaucoup de temps libre, ils n’ont rien de mieux à faire, rien ne les pousse à faire autre chose. Ils peuvent se retirer et rêver pendant 9 jours, ou disparaître du monde pendant 10 ans, ou ce qu’ils veulent, mais la personne ordinaire avec un boulot, une famille…
FD : Je suis totalement d’accord avec vous.
HE : ...essaye de récapituler et ils ont peut-être une demi-heure si ils sont chanceux et, à cette vitesse, ils auront peut-être besoin de deux vies pour récapituler quoi que ce soit.
FD : Précisément, mais comme par exemple, regardez, j’ai été dans le monde des sorciers, je veux dire, je ne veux même pas mentionner…ça fait plus de vingt ans ok ? C’est une vie entière. Le truc est que, ma vie a été passée à suivre le chemin. J’ai pris cette décision. C’est tout ce que je fais. Il y a des gens dans notre groupe qui ont des boulots qu’ils occupent de quoi ? 9h à 17h ou 18h, peu importe l’heure. Ils ont des boulots complètement ordinaires. Bien, l’un d’entre eux – je traduis. J’adore faire des traductions, je traduis de l’espagnol vers l’anglais ou vice versa ou en Allemand. C’est comme ça que je gagne mon salaire. J’ai besoin de vivre. Je suis certainement dans le monde dans le sens de ce que je fais. Nous ne nous sommes pas retirés du monde mais nous ne sommes pas dans le monde dans le sens où nous ne réagissons pas comme nos semblables, nous avons réduit ça au minimum. Ce qu’ils peuvent nous faire n’a plus vraiment d’importance. Comment ils nous blessent. Ce n’est pas parce que nous sommes parvenus à quelque chose de particulier, non, nous luttons tous les jours.
Les gens qui ont une famille...Je parlais justement de ça au Mexique, il y avait cet homme, il avait 5 enfants, une femme, une femme merveilleuse, et elle est bien sûr totalement menacée par son intérêt pour le monde des sorciers, pour le monde de don Juan et je lui ai dit : « Non, mais c’est complètement absurde parce que quoi qu’il peut en sortir, même juste en récapitulant, s’il le fait vraiment correctement avec un intérêt réel et sincère, sa vie de père et de mari ne peut qu’être meilleure. Le simple fait qu’il soit en train de changer te forcera à changer. » Parce que, particulièrement dans une relation de mari et femme, le seul truc qui existe c’est : « Il doit faire ça, si je mets ça là et là, je vais changer, il doit faire ça. » Dans le monde de la sorcellerie ça ne marche pas de cette façon. Vous changez pour le plaisir de changer. Ce que fait l’autre n’est pas votre problème.
Votre changement de comportement forcera l’autre personne à changer qu’elle le veuille ou non. Je peux vous dire ça avec la plus grande sincérité parce que c’est exactement ce qui se passe dans notre monde. J’avais l’habitude de me plaindre : « ELLE ne fait pas son boulot, IL ne fait son boulot. MOI j’essaye de changer. JE fais ça et ça. » Vous voyez ? Le « MOI, MOI, MOI » ne s’arrête jamais.
HE : En effet.
FD : Et puis quand don Juan disait : « Tu sais, tu dis des conneries. Tu donnes à tout ceux avec qui tu traites un chèque en blanc. Quoi qu’ils te fassent, qu’ils manquent de te tuer ou qu’ils t’insultent, cela n’a rien à voir avec toi. Tu changes pour changer. » Et bien sûr, il avait raison. Si nous changeons, le « moi » change, vous forcez le monde autour de vous à changer. Et c’est ma controverse, l’idée, que nous soyons intéressés d’un point de vue écologique, d’un point de vue psychologique, peu importe ce que nous essayons de faire dans le monde. Nous ne sommes pas disposés à nous changer nous-mêmes. Nous essayons d’implanter le changement chez les autres sans nous changer nous-mêmes ou bien nous disons seulement que nous avons changés. Dans le corps, le corps énergétique sait quand quelqu’un n’a pas changé, quand il n’est pas vraiment sincère ou juste. Oui, ils sont en train de lutter, je suis d’accord, mais le changement doit…Nous devons nous changer nous-mêmes en tant que personne pour affecter le monde qui nous entoure – sans espérer que les autres changent.
HE : Notre invité aujourd’hui dans le Earth Mystery Show sur KVMR 89.5 FM est Florinda Donner. Florinda est dans le monde de la sorcellerie depuis vingt ans. Si vous venez d’arriver, elle a écrit plusieurs livres. Son dernier, « La Porte des Rêves » est disponible en librairie et elle a aussi écrit « Le Rêve de la Sorcière » et « Shabono ».
En parlant de changement, vous avez mentionné au Rim Institute en Arizona, quand je vous ai entendu la première fois, que les hommes ont plus ou moins bousillé le monde et que c’est aux femmes de décider de rêver un nouveau monde et de changer. Pourriez-vous parler un peu du rôle des femmes ?
FD : Non, non, non, je n’ai pas dit que c’est aux femmes de décider. Non, non, non. Les femmes ne peuvent pas faire ça toutes seules, vous voyez, je ne pense pas non plus…Je ne veux pas que ce que je dis soit mal interpréter parce que le principe masculin, disons, nous a amené là où nous sommes aujourd’hui. Ce que je dis c’est que les femmes ont grand intérêt à participer. Ce à quoi nous contribuons, disons, le monde de tous les jours, ce n’est pas si différent de ce que les hommes ont fait. Oui, les femmes ont énormément avancé par la pression qu’elles ont mise sur le cadre masculin. Mais nous copions votre paradigme, le paradigme qui nous contrôle dans n’importe quel aspect de la vie, c’est un paradigme masculin.
Nous sommes fondamentalement dans un univers masculin. Alors que l’univers, d’après les sorciers…L’Univers est fondamentalement un univers doué de sensations et c’est presque comme si il avait été inversé dans le sens que peu importe ce qui nous gouverne, c’est toujours le principe masculin. Ce que je dis c’est qu’il doit être équilibré et il ne peut pas être équilibré en demandant, disons, aux mâles…Je ne parle d’aucun mâle en particulier. Cela doit changer, parce que si vous regardez autour de vous, vous avez vraiment bousillé la planète, je veux dire, il n’y a aucun doute là-dessus. Nos institutions sont plutôt…malades !
HE : Je suis d’accord, j’ai aussi peut-être mal interprété ce que vous avez dit en Arizona, mais en outre j’ai senti que vous appeliez les femmes à cesser d’être des esclaves, à cesser d’accepter le paradigme d’un univers masculin alors que c’est fondamentalement un univers féminin et de commencer à rêver ce que l’Univers devrait être pour nous.
FD : Eh bien ce qu’il devrait être, il n’y aucun moyen de dire : « Que devrait-il être ? » Pour nous, pour survivre en tant qu’espèce, nous devons évoluer. Vous voyez, nous devons évoluer et je ne veux pas dire évoluer en termes d’idéologies. Les idéologies qui nous gouvernent ont été épuisées. Nous abordons seulement une version différente de ce qui s’est passé durant les 5000 dernières années. Nous n’avons pas vraiment fait quoi que ce soit de nouveau. Je ne sais pas si j’ai mentionné cela, nous devons avoir l’intention de quelque chose de nouveau. Nous ne pouvons pas avoir l’intention de ce que ça sera, la nouvelle chose, excepté que ça doit être un changement. Par exemple les dinosaures, ils ont eu l’intention de voler. Ils n’ont pas eu l’intention d’avoir des ailes, les ailes étaient le sous-produit de cette intention. C’est la même chose avec nous…et les femmes ont la constitution biologique pour évoluer. C’est tout ce que j’ai dit. Mais pour que les femmes fassent cela, les mâles doivent leur donner du temps et leur fournir une protection. Elles ont besoin de ce temps pour formuler…Peu importe à quel point cela est susceptible…Vous, en tant qu’être humain, dans vos relations avec votre famille…C’est insuffisant de faire une différence. Il y a des groupes, oui, l’homme est totalement d’accord que quelque chose doit changer.
Ils ont la volonté de donner à la femelle ou aux femmes, peu importe, le temps ou disons, oui vous êtes responsable, mais je ne dis pas cela en termes de supporter une charge, ce qui est encore une terminologie masculine. Personne n'est chargé de quoi que ce soit. Cela doit être un processus commun d'essayer de changer, et ce changement ne peut arriver qu'en nous changeant nous-même. L'accent mis sur le "moi", sur l'ego, doit cesser. Je pense que l'un des raisons pour lesquelles nous somes si enchantés par l'idée du moi c'est parce que nous n'avons vraiment plus rien d'autre à protéger. C'est comme pour l'homme primitifn l'homme préhistorique, l'idée de la caverne. Nous traitons le "moi" presque comme un territoire parce que nous n'avons plus à défendre la caverne. On s'est déjà occupé de la caverne. Donc, nous défendons de façon très exagérée, et à un prix exorbitant, l'idée du moi, et si cela s'arrête, quelque chose changera. Je le sais parce que c'est ce qui est arrivé aux sorciers.
HE : Voyez, vous avez mentionné le fait « d’intentionner » et le mot « intention » est utilisé dans les livres de Carlos Castaneda, et est mentionné dans votre livre et c’est quelque chose qui est difficile à comprendre pour les gens ordinaires...
FD : C’est également très difficile à comprendre pour nous. C’est parce que c’est extrêmement subtil, extrêmement puissant et pourtant ce n’est pas…L’intention parle directement au corps d’énergie. Nous avons tous un corps d’énergie. Nous disons notre intention à voix haute et pourtant elle n’est pas exprimée à voix haute selon un processus psychologique, cependant il semble que…Vous voyez, c’est très difficile et je n’essaye pas de dire que c’est si ésotérique ou abstrait…ça ne l’est pas, c’est si simple. Je pense que sa simplicité fait que c’est si difficile à saisir…
HE : Voyons si je peux l’exprimer de la façon dont je le comprends. Cette « intention » est l’esprit, c’est une énergie qui imprègne l’Univers et cet esprit ou cette énergie est bienveillante, elle nous veut du bien et nous met les choses en face, tous les jours, toutes les nuits, tout le temps, pour notre propre bien, et nous, en tant qu’êtres d’énergie, en tant qu’ego, nous l’ignorons, nous regardons à travers, nous ne faisons attention qu’à notre propre ego, notre propre vie et ignorons ce qu’est l’intention de l’Univers.
FD : Ok, j’aimerais corriger juste une chose, l’idée que c’est bienveillant. Non, c’est juste de l’énergie. Ce n’est ni bien ni mal, c’est juste de l’énergie. Nous faisons cette interprétation. L’énergie c’est l’énergie, c’est comme quelque chose qui est là, dans l’Univers, créant l’Univers. Disons presque d’un point de vue astronomique.
HE : J’ai utilisé le mot bienveillant juste parce que beaucoup de gens sont effrayés par le mot sorcellerie, ils comprennent la sorcellerie comme quelque chose ayant un rapport avec le mal.
FD : La sorcellerie bien sûr, charrie tout une variété de…Lorsque le nouveau monde fut découvert par les Espagnols…C’était une opinion de la religion catholique, dans laquelle l’idée du bien et du mal prévaut tellement qu’il leur était impossible de comprendre quoi que ce soit d’autre, alors tout ce qui fut détruit en termes de système de connaissance, cela fut gigantesque, vous voyez ? Comme par exemple, comme dans le Yucatan vous avez bien sûr…vous savez, à propos de ce vieil Espagnol…le prêtre Diego de Landa et quoi qu’ils aient fait au Nouveau Monde, cela fut incroyablement négatif dans le sens qu’ils brûlèrent…disons les Mayas au Yucatan, les bibliothèques que Diego de Landa brûla. Cela prit des mois de combustion continue pour brûler tous les manuscrits. Je veux dire, c’est inconcevable en termes du genre de connaissance qui fut perdu et qui n’avait rien à voir avec notre point de vue occidental.
HE : Bon, il y a encore des gens comme vous et votre groupe qui essaye de préserver quelques petits morceaux de cette connaissance et qui écrivent des livres et qui nous rapportent un peu de cette connaissance, mais il y a évidemment comme vous avez dit quatre mois de combustion de livres que personne ne va jamais revoir.
FD : Oui...
HE : Est-ce votre intention et l’intention de votre groupe est de publier tous ça afin que les personnes ordinaires puissent le lire, l’apprendre et le faire ?
FD : Notre intention...la lecture est essentielle, je veux dire quoi que nous ayons écrit, c’est extrêmement personnel dans le sens où c’est exactement ce qui nous est arrivé. En termes de ce que nous savons des sorciers de la lignée de don Juan, c’est juste une seul ligne que nous connaissons, vous voyez ? Je suis sûre qu’il existe beaucoup d’autres systèmes de connaissance qui expriment, disons, la terminologie, le vocabulaire est différent, mais dans l’absolu l’intention est la même. Ce n’est pas que les différents systèmes de connaissance…ce système de connaissance est extrêmement pragmatique. Il donne vraiment le chemin, si vous êtes intéressé à suivre certaines…je ne veux pas dire règles ou régulations, parce qu’il n’y en a pas, mais cela nous donne une voie très pragmatique pour essayer appliquer quelque chose que l’on peut juste lire dans d’autres traditions.
Les rituels, les exercices, oui ils sont bien mais juste pour accrocher notre attention, mais dans l’absolu la seule chose qui compte d’après notre expérience est ce changement inhérent, nous voulons vraiment le faire, sans aucune récompense en retour. Il n’y a rien qui nous garantie que nous allons le faire, il n’y a rien dans ce scénario…J’insiste sur cela encore et encore, sur le fait que les gens qui sont intéressées, je ne peux rien vous garantir quelque soit le travail que vous investissez là-dedans – que vous allez y arriver. Je ne le sais pas moi-même ! Si je vais réussir à parvenir sur la voie dans laquelle don Juan est parvenue, si c’était un succès, mais au moins la voie, peu importe ce que nous essayons de faire ou faisons, est infiniment plus excitante pour nous que si j’avais dû suivre la voie de mes parents, et je ne critique pas mes parents, j’aime tendrement mes parents, je ne critique pas, c’est juste que…j’aimerais que ma vie s’achève différemment que la façon dont leurs vies va s’achever.
HE : Laissez-moi prendre un instant pour dire aux auditeurs que vous êtes en train d’écouter KVMR 89.5 FM et notre invité aujourd’hui est Florinda Donner. Elle vient d’écrire son dernier livre, « Les Portes du Rêve », et elle a aussi écrit « Le Rêve de la Sorcière » et « Shabono ».
Parlant de vos parents, chacun d’entre vous a dû mourir au monde dans un sens ou un autre pour devenir sorciers…Carol Tiggs a dit qu’elle fut dans un endroit différent, un monde différent durant 10 ans. Quelle relation avez-vous avec votre famille d’avant ?
FD : Avec ma famille d’avant ? En fait je pense que je suis la seule qui une quelconque relation avec sa famille à cause de certaines circonstances. Quand je suis entrée la première fois, si on peut parler de ça, entrée dans le monde des sorciers, je me suis constamment coupée de la plupart des gens que je connaissais, mes parents inclus bien sûr. Mes parents ne savaient pas, pendant à peu près 10 ou 12 ans si j’étais morte ou vivante. C’était une manœuvre très calculée, à cause du point de vue des sorciers qui est pour nous de changer, d’être capable de changer, nous devons nous couper des gens qui nous connaissent bien parce que, ce n’est pas qu’ils le fassent malicieusement, mais ils nous empêchent de changer parce qu’ils savent déjà ce que nous sommes, et rien de ce que nous faisons ne leur fera changer d’avis. Et je ne parle pas en termes de : « Ok tu n’es pas capable de faire certaines choses », non, je parle d’un changement fondamental dans notre énergie.
HE : Ils renforcent votre propre image qu’ils connaissaient avant que vous ne changiez.
FD : Et je me souviens de Florinda disant une fois : « Regarde, ça n’a pas d’importance, pourquoi n’irais-tu pas voir tes parents ? », et à cette époque…vous savez…j’avais travaillé, vous savez je faisais…j’étais anthropologue, en fait j’étais en contact avec un de mes frères et de temps en temps je le tenais au courant, je voulais au moins les rassurer que je n’étais pas morte. Je disais que j’étais impliquée dans quelque chose qui me demandait de me couper de tout le reste. Personnellement, j’avais des parents extrêmement compréhensifs et, en tout cas d’après moi, ça se passait très bien. Quand j’ai rétablie le contact avec mes parents, c’était très intéressant de voir que ma relation avec eux était plus aimante et compréhensive qu’elle ne l’avait jamais été auparavant. |