|
HE : Vous avez vécu quelques positions très intéressantes d’après ce que j’ai pu réunir comme information sur votre vie, et si vous pouviez raconter l’une d’entre elles aux auditeurs, celle de Sheila Waters, la merveilleuse femme d’affaires...
TA : Ah oui. Vous avez vu la démonstration de ça.
HE : J’en ai vu une démonstration et j’aimerais raconter une petite anecdote, après avoir été Sheila Waters, vous êtes redevenue Taisha Abelar, je suis venu vous taquiner en vous demandant : « Sheila Waters voudrait-elle bien apporter du café aux hommes ? »
TA : Ah oui, je m’en souviens.
HE : Et vous êtes instantanément redevenue Sheila Waters, il ne s’est même pas écoulée une microseconde avant que vous me répondiez comme Sheila Waters, donc votre traque était parfaite.
TA : Bien sûr, nous avons été très bien entraînés, je veux dire durant toute notre vie d’adulte, elle s’est vraiment déroulée dans le monde des sorciers et c’est ce que nous sommes devenus. Nous avons rêvé différentes positions, c’est pourquoi je dis que le nom Sheila Waters est le nom d’une position du point d’assemblage, une position de rêve.
Afin de bouger d’une position à l’autre, le point d’assemblage doit être absolument fluide. Traquer le maintient, donc il semble y avoir une rigidité qui soit associée à traquer, mais ce n’est pas rigide dans le sens que nous connaissons dans notre vie quotidienne, où nous maintenons ce monde comme un seul monde unique, notre réalité comme la seule réalité, et nous sommes incapables de la laisser aller.
Spécialement, disons…Les femmes tendent à être plus fluides, dans le sens où elles ne sont pas les bastions de l’ordre social, tandis que les hommes, juste parce que la réalité de notre vie quotidienne le demande, les mâles ont besoin d’être les continuateurs des grandes institutions, qui sont vraiment des institutions créées dans le domaine de l’intention et de la conscience. Même nos systèmes politiques, nos systèmes religieux, la loi, les professions médicales, ce sont des domaines dans lesquels nous avons insufflé de l’énergie, et que nous avons construits – les sociologues appellent cela des « gloses » ou des structures interprétatives, des structures d’interprétation ; et ces structures doivent être maintenues en place via l’énergie, une énergie intersubjective, afin que nous puissions tous être en accord sur ce que font les politiques ou sur ce qui est fait dans n’importe quel autre aspect de la vie.
Les traqueurs peuvent donc pénétrer dans n’importe lequel de ces domaines, et découvrir quelle en est la structure, quel en est le système interprétatif et énergétique, pas seulement intellectuellement, parce que bien sûr, nous ne faisons aucune intellectualisation dans notre monde quotidien. NOUS sommes les politiques, NOUS sommes ces choses. Ainsi un traqueur découvrira énergétiquement les ramifications de n’importe laquelle de ces structures, et pourra ensuite les reproduire énergétiquement. Mais revenons à ce que je disais, les mâles ont besoin de soutenir ces structures, donc leurs points d’assemblage sont très fixés, rigides, donc, pour eux, il est difficile de le bouger. Ce sont des maîtres traqueurs.
Il est plus difficile pour eux de traquer, bien qu’ils le font la nuit évidemment, mais si ils doivent rêver comme le font les sorciers, ils doivent passer par les sept porte de rêver dont parle Carlos Castaneda dans son livre « L’Art de Rêver ». Il a exposé les grandes lignes de chacune de ces portes, que les sorciers mâles doivent traverser afin de bouger leur point d’assemblage. Maintenant, les femmes n’ont pas besoin de passer les sept portes, elles peuvent juste rêver très, très naturellement, car leur point d’assemblage est plus fluide, et même durant leurs cycles menstruels, leur point d’assemblage commence à se détacher de ses amarres, ainsi les femmes peuvent percevoir des choses plus facilement, d’autres choses, qui ne sont pas permises à l’intérieur du cadre social.
HE : Afin obtenir l’énergie pour rêver ou l’énergie pour parfaitement traquer, dans votre livre, vous mentionnez, en tout cas Clara vous a dit dans votre livre « Le Passage des Sorciers », que les femmes devraient être célibataires. Est-ce aussi vrai pour les hommes ?
TA : Bon, cette question est bien sûr toujours chargée de toutes sortes d’attachements et d’engagements émotionnels. Cela dépend, cela renvoie à l’idée des sorciers, qui n’est pas une idée, ils en sont arrivés là en voyant, de comment est la personne énergétiquement. Si une personne a été conçue avec une grosse secousse énergétique, venant de ses parents bien sûr, alors il ou elle aura un excès d’énergie, et ainsi elle n’aura pas à être célibataire. Nous ne disons pas que les gens ne peuvent pas se marier et fonder une famille ou quoi que ce soit. Il existe d’autres voies dans lesquelles ils peuvent exprimer leur impeccabilité ou leur entraînement de sorcier.
Mais si une personne n’a pas l’énergie, l’énergie initiale qui lui a été donnée au moment de la conception, alors il est préférable pour elle de conserver cette énergie, et de l’utiliser pour rêver.
Pour rêver, les sorciers utilisent l’énergie sexuelle originelle, qui est transformée en corps d’énergie. Celle avec laquelle tout le monde démarre, l’énergie basique. C’est pourquoi lorsque nous parlons de récapitulation, le processus de récupérer l’énergie qui a été éparpillée et qui est toujours prisonnière du passé, nous avons dit à tout le monde de faire une liste de leurs rencontres sexuelles, car c’est l’énergie de base qu’ils peuvent ainsi utiliser pour réaliser d’autres exploits de sorcellerie, comme rêver ou acquérir du silence intérieur, parce que si vous n’avez pas l’énergie, vous ne pouvez pas être silencieux. Là, ça sonne comme une contradiction, mais notre dialogue intérieur est comme quelque chose qui a été allumé et qui ne s’arrête jamais, encore et encore et encore et cela prend de l’énergie pour le faire taire, parce que c’est un mécanisme autopropulsé qui maintient la structure sociale, le mouvement de l’ordre social.
Notre dialogue intérieur, si nous y prêtons attention, est vraiment une réaffirmation constante du monde que nous voyons, et plus particulièrement de notre place dans le monde, comment nous nous voyons nous-même, ce que nous voulons. Don Juan disait toujours que c’est un disfonctionnement, une détérioration qui a eut lieu, et qui met trop l’accent sur le moi, qui ne devrait vraiment pas être là, afin que nos vies fonctionnent avec efficacité. C’est un déséquilibre, trop d’énergie est impliquée dans la défense du moi. C’est comme une grosse bouche qui dit MOI, MOI, MOI, MOI, et ça ne s’arrête jamais. Le moi ou le je doit continuellement être nourri, et cela prend une quantité incroyable d’énergie.
Toutes nos heures de veille sont également déployées à défendre le moi, à le consolider, à se soucier de la présentation du moi dans le regard des autres, notre vie quotidienne ou le domaine de la séduction et de la reproduction, ce dont nous avons besoin pour trouver l’amour, les relations, le mariage, la reproduction. Il y a un mandat de reproduction, un mandat biologique, mais il y a aussi un mandat pour évoluer ; et se reproduire à ce point, dans les conditions du monde d’aujourd’hui…Il serait presque logique ou plus bénéfique d’envoyer cette énergie pour suivre l’ordre d’évolution, et atteindre certaines de ces autres positions du point d’assemblage, ce qui, dans un sens, recharge l’être humain, lui donne une secousse, une secousse énergétique dont il a si désespérément besoin de nos jours et à cette époque, où tout, même le monde, est à un niveau très bas, dans le sens où nos ressources sont épuisées ; et physiquement, nos corps ne sont pas en si grande forme.
Donc, il y a cet ordre d’évoluer et d’utiliser d’autres zones de notre totalité, de notre potentiel en tant qu’êtres doués de sensations, et de bouger notre énergie loin de ces régions qui renforcent le moi, l’image, l’autocontemplation, toujours être sûr qu’on ne va perdre la face, se battre avec les petits tyrans dans notre vie, tout ça prend de l’énergie. Donc, la première chose à faire…Nous pourrions appeler cela sorcellerie, mais vous n’avez pas besoin d’utiliser ce terme, si nous voulons élargir notre perception, nous avons besoin de redéployer l’énergie depuis ces endroits qui prennent vraiment le plus gros de notre force de vie, et la déplacer ailleurs.
HE : J’ai deux petites questions qui sont juste des questions techniques. La première est sur la récapitulation. Vous commencez en faisant une liste de tous les gens que vous avez rencontrés, particulièrement les partenaires sexuels…
TA : Oui.
HE : Ensuite, pour reprendre le processus en fait, vous inspirez profondément en commençant avec votre visage faisant face à votre épaule droite, puis vous tournez votre tête vers votre épaule gauche. Puis vous expirez en retournant vers votre épaule droite. Et puis quoi ?
TA : Puis vous ramenez votre tête au centre.
HE : Ok, à certains endroits, je pense que c’était dans votre livre ou peut-être que c’est Carol Tiggs qui l’a mentionné, une respiration balayante où vous allez de droite à gauche avec votre tête plusieurs fois sans respirer, et après vous retournez au centre. Est-ce…
TA : Oui, maintenant l’aspect technique de la respiration n’est pas si crucial, ni l’endroit où se fait la récapitulation, et je devrais préciser cela parce que ça revient tout le temps : « Je n’ai pas de grotte où je peux me retirer pour une certaine période de temps et faire la récapitulation. » La récapitulation est une merveilleuse technique de sorcellerie qui fut transmise par les anciens sorciers afin de libérer l’énergie emprisonnée dans le passé, la remémoration de nos mois, notre histoire personnelle. Maintenant, c’est l’intention qui sert d’appui.
Le plus important dans la récapitulation est d’avoir une intégrité intérieure, un objectif inflexible, et de vous relier à cette intention, l’intention qui est déjà là, qui est dans nos livres, c’est ça qui servira d’appui. Comment elle est faite, où elle est faite, et quand elle est faite, bien sûr tout cela dépend des circonstances individuelles.
HE : Tout à fait.
TA : Car tout le monde ne peut pas aller dehors dans le désert et...
HE : Alors vous pouvez juste récapituler dans votre voiture en conduisant sans faire la respiration tant que votre intention est correcte ?
TA : Florinda Donner Grau a fait une énorme récapitulation en prenant le bus au Mexique pour aller jusqu’à Oaxaca, dans d’horribles circonstances, si vous êtes familier de ces bus.
HE : Oui, je les ai pris. |