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Interview de Taisha Abelar par Hanes Ealy sur radio KVMR – 1993
(Retranscription)
Hanes Ealy : Taisha, nous sommes à l’antenne, bienvenue dans le Earth Mystery Show.
Taisha Abelar : Eh bien, c’est un plaisir d’être là, et peut-être pourrais-je, avant que nous commencions, je sais que vous avez dit mon nom et je ne sais pas quelle genre de chose…vous avez donné une introduction, mais j’aimerais dire mon nom à nouveau parce que nous commençons toujours nos conférences et nos interviews en disant nos noms. Mon nom est Taisha Abelar et nous nous présentons parce que c’est un rêve. Les sorciers disent que lorsqu’une personne atteint l’étape finale de rêver, elle est ce qu’elle rêve, et donc Taisha Abelar est le rêve que je suis en train de rêver, par conséquent, dans un objectif magique, nous commençons toujours par dire nos noms, nos noms magiques.
HE : J’allais vous demander de le faire car je savais que vous voudriez le faire.
TA : Ok, merci.
HE : Puisque nous parlons de noms, j’aimerais vous demander de nous en dire un peu plus à propos des noms. Vous avez rencontré don Juan, le sorcier yaqui sur qui Carlos Castaneda a écrit dix livres, vous l’avez rencontré sous le nom de John Michael Abelar.
TA : Oui.
HE : Que signifie le nom Abelar ?
TA : Eh bien, Abelar est vraiment une ligne, un nom qui est donné aux traqueurs de la lignée de don Juan, et si vous avez fait attention à ça, vous avez dû aussi remarquer le nom Grau.
HE : C’est exact. Florinda Donner Grau, et votre enseignante ou celle qui vous a introduit dans le monde des sorciers, Clara Grau.
TA : Oui, donc le nom Abelar était donné aux traqueurs et le nom Grau aux rêveurs, et ils alternaient d’une génération à l’autre, ainsi même les Naguals portaient le nom Grau, le Nagual Julian s’appelait Julian Grau, et donc à la génération suivante le nom alternait, mais ce sont juste des désignations pour la prédilection d’une personne, selon qu’il était un rêveur ou un traqueur.
HE : Mais don Juan utilisait aussi le nom Dilas Grau, n’est-ce pas ?
TA : Oui.
HE : Alors il aurait dû être...
TA : Grau, c’est ça, Carlos utilise ce nom. Carlos utilise le nom Dilas dans certain de ses euh…Les noms ne sont vraiment pas…Nous utilisons beaucoup de noms différents, cela dépend de notre objectif. Donc, tout de suite je suis Taisha Abelar parce que c’est un rêve que nous rêvons maintenant, mais ces choses changent et les noms signifient juste l’intention qui a été posée, et celui-ci est comme l’amalgame d’une intention particulière, ce nom provoque ce rêve.
HE : Je pense que je comprends d’après mes lectures ce qu’est traquer, mais pour les auditeurs qui ne savent pas ce qu’est traquer, pourriez-vous donner une brève description de ce qu’est traquer ?
TA : Oui. Traquer est vraiment le...Quand le point d’assemblage bouge...Maintenant je pense que vos auditeurs doivent être familiers avec le terme « point d’assemblage » ? C’est la position sur l’œuf lumineux…Quand vous voyez le corps lumineux comme un conglomérat d’énergie, il y a dessus un endroit qui est très lumineux et c’est le centre de la conscience, les sorciers l’appellent le point d’assemblage. Lorsque vous le bougez en rêvant, car celui-ci bouge naturellement au cours du sommeil, vous devez être capable de le garder sur sa nouvelle position suffisamment longtemps pour amalgamer ou reconnaître cette nouvelle réalité, car s’il bouge seulement au hasard, vous avez…
Comme dans les rêves, vos rêves, votre perception est très erratique. Mais traquer est l’habilité à maintenir le point d’assemblage fixé sur n’importe quelle position après qu’il ait été déplacé par le rêve, donc ces deux techniques vont vraiment main dans la main.
Les gens disent : « C’est une traqueuse, Florinda Donner Grau est une rêveuse ». Non, nous sommes les deux, et c’est pourquoi les noms ne sont ni fixes ni rigides. Chaque rêveur doit être un traqueur parce que si vous n’avez pas cette discipline ou la capacité de garder le point d’assemblage fixé sur n’importe quelle position, alors l’énergie se disperse, vous êtes incapable de percevoir aucune réalité, la notre incluse, parce que c’est ce que nous sommes en train de faire actuellement dans cette réalité, nous traquons. Nous sommes en train de traquer notre monde, le monde de la vie de tous les jours, en gardant notre centre d’énergie ou point d’assemblage fixé sur une certaine position, nous permettant de percevoir ce monde de la vie de tous les jours. Et traquer, à un autre niveau, est la capacité à, disons, étoffer la réalité que nous percevons en étiquetant, en catégorisant, en créant de l’ordre, c’est ce que fait un traqueur.
Il prend la perception qui arrive jusqu’à lui ou elle, directement via son corps d’énergie, et il crée de l’ordre ; il crée une structure qui est reconnaissable et réelle, aussi réelle que la réalité de la vie quotidienne, parce que nous traquons aussi, c’est juste que nous apprenons à le faire très, très tôt quand nous apprenons à amalgamer la perception, et nous apprenons aussi à traquer, ainsi nous pouvons créer l’accord de ce monde, dans lequel nous vivons la réalité. Et les sorciers traquent avec d’autres positions de rêve. |