
Séminaire de Berlin Juin 1997
Conférence d’introduction du vendredi
Florinda Donner Grau
Nous sommes une unité, nous ne sommes pas un groupe. Le vieux nagual avait quatre noms différents, quatre personnalités différentes. Pour Carlos, il était don Juan Matus, un père strict. Pour Carol, il était Dilas grau, un homme qui n’était pas de ce monde, un être magique. Pour Taisha, il était Michael Abelar, l’homme des coulisses. Pour moi, il était Mariano Aureliano, un homme direct et sensible. Il prenait plaisir à se moquer de moi parce que je suis allemande : « Est-ce qu’on va être allemande aujourd’hui ? » Jusqu’à ce qu’il détruise complètement ma socialisation.
Carlos est le seul qui connaisse son véritable nom. Il avait le certificat de naissance de don Juan. Don Juan lui dit un jour : « Tu pourrais avoir besoin de prouver mon existence. » Carlos Castaneda l’a un jour brûlé – ce fut le moment où il cessa d’être anthropologue.
La Tenségrité
Les mouvements furent cachés à l'intérieur de cérémonies rituelles. Julian créa le Théâtre du Réel (Le Théâtre de l’action sorcière). Nous sommes des boules lumineuses. L’énergie ne peut ni entrer ni sortir. Le sentiment de perdre de l’énergie est la dispersion de l’énergie depuis les centres vitaux vers la périphérie de l’œuf lumineux. Elle y est incrustée et forme une croûte.
Les six centres vitaux sont : le pancréas, le foie, les reins, l’utérus, le point en V, le haut de la tête.
Un nagual est une personne qui ne possède plus rien, il est vide, il est un transmetteur de l’infini, un fantôme, une illusion.
Don Juan avait l’habitude de dire : « Ne crois pas ce que je dis, fais-le ! »
La Tenségrité vous amènera au cœur du chamanisme – au silence intérieur. C'est lorsque nous pouvons percevoir l’énergie directement telle quelle circule dans l’Univers. La Tenségrité vous donnera de petites secondes de silence intérieur, qui s’accumulera et deviendra plus grand.
Seconde conférence du vendredi
Florinda Donner Grau
Nous avons énoncé nos noms à voix haute en affrontant l’inconnu. L’éternité a besoin d’une identification de notre part, en tant qu’êtres qui vont mourir. Nous construisons un pont vers l’éternité en prononçant nos noms. Construire un pont vers l’éternité est de la plus grande importance pour les sorciers. nous le construisons en prenant la pleine responsabilité de ce que nous disons ou faisons. Que ce soit pour les petits ou les gros problèmes, une fois que la décision est prise, il n’y a pas de retour en arrière possible.
La saturation est très importante, elle fait grandir la conscience. Notre socialisation et la syntaxe du langage maintiennent la conscience à son minimum. Dans l’idéal, toute la sphère lumineuse devrait briller. Mais la couche brillante est au niveau de nos pieds, la socialisation la maintient en bas. C’est le dialogue intérieur qui fait que le monde est tel que nous le percevons. Comprendre n’est pas suffisant. Nous parlons tout le temps de nous-même. Nous ne pouvons parler de rien. Tout est filtré par le MOI.
La récapitulation nous montre que notre dialogue intérieur ne nous parle que de nous-même. La saturation avec les passes magiques apaisent le dialogue intérieur – ainsi nous pouvons stopper le monde – et atteindre un silence intérieur total. Le seuil que nous devons franchir pour l'atteindre est différent pour chacun, mais tout ce dont nous avons besoin est d’un minimum de silence intérieur, alors le point d’assemblage bouge.
Les sorciers sont des navigateurs de l’inconnu. Toute l’intention des sorciers est concentrée sur le silence intérieur. La Tenségrité donne à chacun une chance d’atteindre le silence intérieur à travers une saturation totale de passes magiques.
Question : Le monde des sorciers n’est-il pas froid et impersonnel ?
Florinda : Impersonnel, oui. Nous sommes tous seuls face à l’inconnu. Il n’y a pas de groupe, nous sommes une unité concentrée sur le fait d’atteindre un moment de silence intérieur. Nous sommes une unité qui est unie énergétiquement, pas dans la vie de tous les jours, où nous sommes des individus, nous vivons séparément.
Question : Qu’allons-nous voir un fois arrivés au silence intérieur, que voyez-vous ?
Flo : Si je bouge mon point d’assemblage très loin, vous ne me verrez plus. Une fois, Taisha et moi avons disparues en face de Carlos pendant neuf jours. Il disait que si nous étions parties plus longtemps, il serait parti à notre recherche. Mais il ne savait pas où nous étions. Probablement dans un centre commercial, mais lequel ? Il y a des millions de centres commerciaux dans le monde, et Taisha les connaît tous !
Question : Est-il poissible de renaître ?
Flo : Il n’y a pas de réincarnation. Les sorciers croient que c’est de l’importance personnelle, un concept du « moi ». Don Juan a quitté ce monde avec sa lignée de sorciers, ils ont brûlé de l’intérieur. Ils ont poussé leur point d’assemblage à tel point qu'ils ont disparu, dans leur totalité. Les chamans ne sont pas des êtres spirituels. Don Juan n’était pas spirituel, Carlos Castaneda l’est encore moins. Les sorciers sont intéressées par tout ce qui existe. Don Juan nous disait tout le temps que nous sommes des êtres qui ont la capacité de percevoir, et cela ne s’est jamais atténué. Nous sommes des êtres perceptifs. Nous ne pouvons pas le comprendre au niveau intellectuel. Nous avons tous la capacité de faire croître notre conscience. Elle est endormie, nous pouvons la réveiller avec les mouvements magiques et la récapitulation. C’est une conscience abstraite, mais pas la conscience du « moi ». Pas la conscience de la vie quotidienne.
Première conférence du samedi
Taisha Abelar
Rêver et traquer sont les deux pierres angulaires. Voir c’est voir l’énergie telle qu’elle s’écoule dans l’Univers. Les chamans voient des milliers de fibres lumineuses entremêlées dans l’Univers. Ils voient qu’elles peuvent adopter différentes formes de configurations, en forme de cloche, de boule, plus souvent de sphère. La brillance du point d’assemblage permet aux sorciers de voir que c’est un être humain qu’ils sont en train de voir.
Tout le monde a le point d’assemblage situé à peu près au même endroit. Le point d’assemblage nous permet de percevoir un monde homogène. C’est un point d’assemblage, où les données sont collectées, un point de perception et d’interprétation. Le système d’interprétation c'est la forme humaine, le moule humain.
Cela permet à l’intersubjectivité d’avoir lieu, de cette façon, tous les êtres humains perçoivent le même monde.
Le point d’assemblage bouge pendant le sommeil, mais revient toujours au même endroit, à moins que vous pratiquiez l’art de rêver, qui est l’utilisation des rêves ordinaires comme porte d’entrée vers d’autres royaumes d’existence, au travers d'un mouvement intentionnel.
Si la vision de rêve est chaotique et fugace, c’est juste des aperçus d’autres mondes, sans réelle valeur pour les sorciers. C’est parce que le point d’assemblage fluctue, il n’est pas stabilisé sur une nouvelle position. L’art de traquer fut développé pour rectifier cela.
Traquer c’est la possibilité de maintenir le point d’assemblage fixé sur une toute position sur laquelle il a été déplacé. « Retiens ce rêve », serait une parfaite définition de l’art de traquer. Nous retenons tous ce rêve en construisant la « réalité de la vie de tous les jours » (un terme de phénoménologie). L’inconvénient c’est que toute notre énergie est concentrée sur ce rêve de la vie quotidienne – qu’en est-il de toutes les autres possibilités de rêve ?
Le système d’interprétation nous donne une fausse vision, il nous fait croire que « ça » est tout ce qui existe. Les anciens chamans disaient que la vie quotidienne n’est pas la seule alternative. Ils cherchèrent d’autres mondes « tout aussi complets », des mondes consistants. Durant leurs voyages vers d’autres mondes, ils découvrirent que certains mouvements, certaines positions des bras et des jambes produisaient un sentiment de bien-être. Ces mouvements leur venaient spontanément dans leurs rêves de sorcier.
C'étaient les passes magiques. Elles devinrent la partie la plus importante de leur vie de sorciers. Elles étaient pratiquées en rêve par leur corps d’énergie.
Nous avons tous un corps de rêve mais nous n’en sommes pas conscients. Il n’est pas disponible pour nous. Un chaman a accès à son corps de rêve, il l’utilise de façon journalière, dans la vie de tous les jours ou en rêvant. Certains peuvent dessiner leur corps de rêve si bien qu’il devient une copie, une réplique du corps normal. Il est impossible de dire si un chaman est dans son corps de rêve ou pas.
Tout ce qui est en rapport avec le rêve et le corps d’énergie fut enveloppé de mystère et d’une humeur sinistre. Pareil avec les passes magiques, ils les entourèrent de secret et de rituels. Les nouveaux praticiens ont laissé tomber les rituels. Les chamans modernes s’intéressent plus à ce qui est fonctionnel et efficace. Le secret et les rituels sont contraires à l’objectif de don Juan – le voyage de la liberté. C’est pourquoi ses quatre apprentis ont décidé d’enseigner la Tenségrité à quiconque voudrait l’apprendre.
Ce qui est nécessaire, ce n’est pas le rituel, mais la fluidité du corps et de l’esprit. Afin de renforcer l’intensité et l’agilité pour atteindre le plus haut objectif qui soit – entrer dans d’autres royaumes de perception. L’intention originelle des passes magiques est intacte, ainsi que leur capacité à produire bien-être et harmonie dans tout ce qui est pratiqué.
Seconde conférence du samedi
Gavin Allister, un des Eléments
Le comportement de la vie de tous les jours disperse l’énergie vers la périphérie du cocon lumineux. La Tenségrité la ramène de la périphérie vers les centres vitaux afin que nous puissions utiliser cette énergie. Nous pouvons l’utiliser pour tout ce que nous voulons faire, afin de le faire à la perfection. Les chamans utilisent cette énergie interne pour atteindre le silence intérieur, pour naviguer dans la Mer Sombre de la conscience.
Rien dans notre vie journalière ne peut nous donner de l’énergie. Ne pratiquez pas les passes de façon routinière – comme des exercices de fitness, des arts martiaux, en regardant la télévision ou en écoutant la radio, en pensant.
Faites les en silence total, concentrez-vous totalement. L’intention y est incorporé, elle exerce une pression sur le dialogue intérieur, et il s’interrompt. Si nous brisons le torrent de ce bavardage incessant, nous pouvons rassembler des secondes de silence et les accumuler comme un capital, jusqu’à ce que nous atteignions un seuil critique où nous entrons dans un total silence intérieur, où nous pouvons voir l’énergie.
La Tenségrité est un lent processus continu, un effort continu est demandé, mais pas une discipline ordinaire. Le plus important est que votre corps fasse les mouvements qu’il désire faire, autant qu’il veut. Vous n’avez pas nécessairement besoin de faire dix répétitions de chaque mouvement. Nous avons besoin d’un engagement intérieur. N’attendez pas de résultats (faites les passes pour le plaisir de les faire).
C’est un lent changement graduel, pas spectaculaire. Votre corps changera, il deviendra flexible, souple, fort. Vous aurez une meilleure concentration, une attention plus aigue, qui vous aidera à stopper le dialogue intérieur. Vous rassemblez de l’énergie petit à petit. Cela peut avoir des effets secondaires, mais cela n’est pas en connexion avec l’intention des passes. Acceptez-le, ne vous inquiétez pas à ce propos.
Apprenez une grande quantité de mouvements pour inonder votre mémoire kinesthésique, cela exercera une pression sur le dialogue intérieur et vous aidera à l’interrompre. Collectez des secondes de silence intérieur. Depuis un complet silence intérieur, nous pouvons nous souvenir de tous les mouvements que nous avons appris.
Faites les passes dont vous vous souvenez, les détails sont sans importance, faites-les c’est tout. Un groupe se souviendra de plus de passes, mais attention à la socialisation et au comportement du « moi », aux problèmes d’autorité, et aux attitudes de pauvre bébé. Faites attention au processus de groupe, mais faites-les de toute façon. L’effet de masse d’un séminaire crée un sentiment d’urgence, qui est à la base de l’intention inflexible.
Troisième conférence du samedi
Zaia Alexander
La responsabilité des prises de décision. Nous nous plaignons sans arrêt, oui mais…Nous sommes insatisfaits. C’est un comportement naturel dans les circonstances de la socialisation, mais pas nécessaire. Les chamans traitent avec cinq centres d’énergie, sauf avec le sommet de la tête qui est occupé par une autre force.
Session de questions-réponses
Question : Où sont La Gorda, Josephina, et les autres ?
Florinda : Ils ont tous disparu comme don Juan en 1985.
Q : Vont-ils revenir ?
Flo : Pourquoi ferait-ils cela ?
Q : Que pouvez-vous dire sur la traque ?
Flo : Cela semble intéressant de rêver et de traquer nos voisins. L’important est de faire la récapitulation et de se traquer soi-même. Trouvez vos schémas. La plupart des gens n’ont qu’un seul schéma de base qui est leur réponse au monde. Les gens très complexes en ont deux.
Quatrième conférence du samedi
Florinda Donner Grau
Les anciens chamans s’intéressaient particulièrement à libérer la matrice. La seconde fonction de la matrice est l’évolution. L’évolution c’est percevoir l’énergie telle qu’elle s’écoule dans l’univers.
Les femmes ont un organe en plus pour percevoir – la matrice. La matrice est comme un trou noir. Une fois que les femmes sont libérées de la socialisation, elles réalisent qu’elles sont des êtres capables de percevoir l’énergie directement. Elles ne s’en servent pas parce que cela ne les intéresse pas, et ceci à cause de la socialisation, de leur instruction. Les passes pour la matrice nous donne une chance de comprendre ce que signifie libérer la matrice. C’est la capacité naturelle de la seconde fonction.
Les organes des hommes sont à l’extérieur du corps, ainsi ils ne peuvent pas être utilisés pour la perception. C’est plus difficile pour les hommes, ce n’est pas un don naturel. Les hommes décrivent, les femmes ne le font pas, car les femmes savent, nous ne nous intéressons pas à la description, ni dans la vie de tous les jours, ni dans la sorcellerie. Les hommes parlent avec plus de facilité que les femmes. Les hommes sont appelés à parler, à construire avec des mots. Les femmes construisent avec leurs sentiments et leurs actions.
Les femmes doivent se libérer de la socialisation pour développer la seconde fonction de la matrice. La seule façon que nous connaissons est en cessant de se reproduire. Les chamans croient que l’évolution est la raison principale du développement de la perception. En tant qu’organismes, qu’êtres biologiques, nous ne pouvons pas évoluer, nous ne pouvons que faire évoluer notre perception.
Don Juan disait que les dinosaures ont intentionné l’évolution, ils ont intentionné de voler, et les ailes furent un sous-produit de cette intention. Les femmes chamanes intentionnent cette évolution. Ces mouvements (la série de la matrice) sont très forts.
Les hommes et les femmes doivent les pratiquer avec prudence. Ne frottez pas directement l’énergie sur le corps, ne le touchez pas, contentez-vous d’y ramener l’énergie. Si il y a des effets secondaires, comme des changements dans le cycle menstruel, c’est normal. Les mouvements sont comme une drogue.
Les femmes sont le pinacle de l’évolution, mais sans les hommes c’est impossible.
Qu’est-ce qui se passe par rapport à la sexualité ? N’y a-t-il plus de sexualité ? Si vous avez besoin de le faire, faites-le. Posez-vous la question : « Combien ai-je d’énergie ? » Nous sommes nés avec une certaine quantité d’énergie qui est en rapport avec le moment de notre conception.
Pour les femmes, elles ne ressentent souvent aucun plaisir, elles se sentent forcées, c’est de l’énergie gâchée. Cela ne fait pas de différence que vous le fassiez avec un homme ou une femme. Notre énergie n’est en général pas assez suffisante pour que nous ayons des relations sexuelles. Nous sommes entraînés à le vouloir.
L’interprétation que font les femmes de l’énergie à travers leur matrice est assez différente de la perception du point d’assemblage.
Cinquième conférence du samedi
Taisha Abelar
Le concret est abstrait dans la sorcellerie. L’intention est comme un rayon lumineux qui vient de l’Univers et qui nous transperce, il prend possession de nous. Les anciens chamans disaient qu’on pouvait le manipuler une fois qu’on en était conscient. L’intention est auto consciente et peut répondre aux ordres.
Il n’y a pas de procédures. L’homme moderne veut des manuels, des praxis, des méthodes, des étapes à suivre – nous voulons savoir quoi faire. Il y a même des livres qui nous disent comment rallumer la flamme dans une relation amoureuse bien après que la braise se soit éteinte !
La seule relation qui a besoin d’être rallumée est notre connexion avec l’intention. Cela s’appelle épousseter son lien avec l’intention. Le rituel n’est qu’un dispositif pour piéger votre attention, il n’a pas d’autre valeur. Un seul acte abstrait peut le remplacer – rallumer notre connexion avec l’intention. Une fois que la connexion est établie, nous pouvons l’utiliser. L’acte d’en faire usage se nomme « appeler l’intention ».
Nous sommes déjà reliés à l’intention puisque nous sommes vivants et conscients. Nous devons amener ce lien dans le royaume de notre conscience – en ayant l’intention. Cela ne peut être appris ou enseigné.
Pour devenir conscient de ce lien, tout ce dont nous avons besoin est de silence intérieur. Le silence intérieur est le préliminaire d’avoir l’intention.
J’avais l’habitude d’être fière de ma capacité à penser, j’étais académique. Un jour, j’ai dit à don Juan que penser était ma meilleure qualité. Don Juan m’a alors répondu : « Si penser est ta meilleure qualité, alors tu es mal barrée. Tu ne sais pas comment penser ! Pourquoi tu ne la fermes pas ? Ce ne sont pas tes pensées de toute façon. Tu suis juste les commandes de l’ordre social. »
Cela m’a vraiment donné à penser ! Le vrai changement ne peut arriver que lorsque vous êtes préparé à en finir avec l’ordre social.
Le silence intérieur est une matrice géante pour l’évolution, le résultat en est la connaissance directe, instantanée. Tout a déjà eu lieu et est déjà là. La seule façon d’intentionner se fait depuis le silence intérieur.
On peut renforcer la vitalité physique et le bien-être avec les passes magiques. Elles nous permettent d’avoir ce silence intérieur, qui nous donne une perception de l’éternité.
La plus grosse partie de notre information ne vient pas du fait de percevoir mais du fait d’appeler l’intention. Nous enrichissons notre perception avec l’intention. Nous n’avons besoin que d’un minimum de stimuli pour créer un monde complet. Nous pouvons interrompre cette interprétation. Nous avons tous le potentiel pour voir. Nous pouvons percevoir l’énergie directement telle quelle s’écoule dans l’Univers.
Notre état originel est de percevoir et d’intentionner, plutôt que juger et faire des comparaisons. Les passes magiques sont un moyen de contourner notre interprétation. Elles nous ramènent à notre état originel. Les passes nous permettent de construire un pont avec l’intention, et lorsque nous devenons conscient de ce pont, tout notre potentiel devient disponible – pour l’action et la perception.
Sixième conférence du samedi
Florinda Donner Grau
Pour les sorciers, le pragmatisme, ce sont touts les actes qui viennent d’un point de vue fonctionnel. Comment créer ce pont vers l’intention ? Nous le construisons en prenant la pleine responsabilité de nos actes. Prendre la responsabilité c’est n’avoir aucun doute. Pas d’opinions à propos de notre propre valeur. La confiance en soi c’est prendre la pleine responsabilité de nos actes.
A une époque, je conduisais beaucoup, j’étais une très bonne conductrice. La vieille Florinda m’a dit que je devais arrêter de conduire. Une fois, j’ai acheté une nouvelle voiture, une décapotable, et j’ai conduis jusqu’à Sonora pour la montrer à la vieille Florinda. Elle était très excitée, et me suggéra qu’on aille faire un tour. Jusqu’à cet instant, je ne savais pas que Florinda savait conduire. Nous sommes allées sur le plateau d’une montagne et avons contemplé un magnifique couché de soleil. Puis, la vieille Florinda poussa la voiture dans le ravin. Elle était complètement bousillée.
J’étais bouleversée, je n’avais pas d’assurance et je l’avais payer cash. La vieille Florinda me dit que c’était encore mieux ainsi, comme ça je ne pourrais pas en racheter une autre avant un moment.
« Mais il n’y a pas de bons transports en commun à Los Angeles, j’ai besoin d’une voiture ! » lui ai-je dit. « Non, tu n’en as pas besoin. Tu as plein d’amis que tu peux appeler, qui seront ravis de te conduire où tu veux. » Mais je ne voulais pas appeler Carlos, car je ne voulais pas qu’il sache ce que je faisais.
C’était le pragmatisme des vieux sorciers. J’avais l’habitude de conduire pour éviter de vraiment faire quelque chose. Nous utilisons tous certaines habitudes pour éviter de faire notre boulot, et nous avons besoin d’une solution pragmatique pour ça, même si cela n’a pas besoin d’être aussi drastique. Changez votre comportement.
Agissez comme un être qui va mourir. Nous pensons que nous sommes immortels. Nous avons besoin de comprendre physiquement que nous allons mourir. Alors nous pouvons utiliser cette connaissance, cela devient notre connexion avec l’éternité.
Notes d'un praticien