Le rendez-vous magique
Interviews, compte-rendus de séminaires et notes sur la Tenségrité et les Passes Magiques


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Séminiare de New-york

 

 

Rêver éveillé, écouter le voyant intérieur

 

New-York

 

 

        Ce que nous avons ressenti durant ce séjour à New-York est un sentiment de légèreté, de chaleur (physiquement et dans l’humeur), de sobriété.

 

        « L’attention apporte de l’énergie. »

        Nyei Murez, une des instructrices, nous a rappelé qu’être conscient de rêver éveillé, c’est atteindre la première porte de rêver : développer son attention dans la vie quotidienne comme en rêve, afin de réveiller et d’atteindre son corps d’énergie.

 

        Nous avons commencé par pratiquer le groupe extrait de la série de Westwood pour la récapitulation (décrit dans le livre « Passes magiques »). Nous avons  continué en pratiquant les pas dans la nature pour rêver (extraits du 1er groupe de la série pour préparer l’intention décrite dans le livre).

 

        A ce sujet, Nyei nous a raconté la manière dont le nagual Carlos Castaneda les lui avait apprises : « Exécutes-les légèrement comme des pas de danse ».  C'était si léger qu’elle ne s’était même pas rendue compte qu’il s’agissait de passes magiques, toute préoccupée qu’elle était à ressasser son dialogue intérieur...Nous les avons donc apprises dans une humeur légère et libre d’obsession, mais de façon tonique.

 

        Selon les chamans, les activités de la vie quotidienne « dispersent l’énergie hors des centres vitaux situés dans les régions du foie, du pancréas et des reins pour aller se déposer au fond des sphères lumineuses que nous sommes. Cette énergie doit être constamment redirigée ».

 

        L’instructeur Miles Reid nous a montré une passe magique qui vise a redistribuer cette énergie dispersée et à faire une pause dans la continuité de la vie quotidienne, pour écouter notre voyant intérieur. Cette passe peut se pratiquer debout ou assis. On commence par se commander de relâcher les muscles, et de faire silence. Puis on mobilise l’énergie du centre vital droit, celui de l’action immédiate en le tapant trois fois. On enchaîne avec  deux respirations extraites de la série de la chaleur : «déplacer l’énergie avec le souffle», en ayant l’intention de récupérer les fibres lumineuses dispersées a la périphérie de l’œuf. Avant chaque expiration, on avale. Puis on continue avec la « respiration latérale. » Ensuite on applique l’énergie récupérée sur les centres vitaux.

 

        Depuis quelques séminaires, les instructeurs se sont focalisés sur un nouvel aspect fondamental de la pratique : le carnet de bord des navigateurs. La différence avec un carnet de bord ordinaire est que celui-ci s’adresse au corps d’énergie. Percevoir avec le corps d’énergie cela signifie aussi changer de syntaxe. Dans ce carnet de bord nous voulons prendre conscience de notre propre syntaxe tout en essayant d’adopter une nouvelle syntaxe, celle des shamans de l’ancien Mexique.

 

        Le « log » est un outil parallèle a la récapitulation, nous permettant ainsi de vérifier et de prendre conscience d'où nous en sommes sur notre route de navigation, en se posant des questions comme : Qu’est-ce que je veux, Qu’est-ce que je veux faire de ma vie, Où ai-je dépensé mon énergie aujourd’hui et que puis-je faire différemment demain ?...Ce carnet de bord est rédigé chaque jour, a la fin de la journée, en essayant d’être silencieux et de laisser s’exprimer le voyant intérieur, en se limitant a quelques minutes afin d’aller a l’essentiel et de se rappeler que l’on a pas de temps a perdre. Lors du séminaire de New-York, les instructeurs nous ont donné une nouvelle façon d’organiser le carnet de bord : en le divisant en deux parties, côté droit et côté gauche.

 

        Le côté droit correspond au corps droit, à la conscience de la vie quotidienne, à la première syntaxe du « voyage définitif » ; et le côté gauche, au corps gauche, au voyant intérieur, à l'autre syntaxe  du « voyage définitif ». Dans la partie droite, nous faisons l’inventaire de tout ce qui nous passe par la tête : les mots, les pensées, les impressions..., en vrac. Et dans la partie gauche nous extrayons l’essence de ce que nous avons découvert, d’une manière précise, concise, objective, impersonnelle et abstraite. Par exemple, si nous nous remémorons sur la partie droite le souvenir d’une interaction difficile, sur la partie gauche nous pourrons prendre conscience d’un type particulier de syntaxe, celle de la plainte...

 

        Comme dans la récapitulation, le carnet de bord nous aide a prendre conscience de nos habitudes, de nos comportements répétitifs...dans le but de les changer. C’est pourquoi les instructeurs nous ont amenés à nous poser ces nouvelles questions : Comment ai-je redéployé mon énergie aujourd’hui ? Que me dit ou m’a dit mon voyant intérieur ? L’exemple qu’ils nous ont donné de ce que doit être le carnet de bord d’un navigateur (dont il ne reste plus que les découvertes du corps gauche) est l’introduction qu’a écrite Carlos Castaneda à l’occasion du trentième anniversaire de la parution de « L’Herbe du Diable et la Petite Fumée » (non publié en français) :

 

         "Le monde de la vie de tous les  jours ne devrait jamais être pris comme quelque chose de personnel ou ayant du pouvoir sur nous, quelque chose qui pourrait nous construire ou nous détruire, parce que le champ de bataille de l'homme ne se trouve pas dans sa lutte avec le monde qui l'entoure. Son  champ de bataille est au-delà de l'horizon, dans une région impensable pour un homme moyen, la région où l'homme cesse d'être un homme."

 

        Il expliqua ces déclarations en disant qu'il était énergétiquement impératif pour les êtres humains de réaliser que la seule chose qui importe est leur rencontre avec l'infini.

 

        « Le résultat final que les chamans comme don Juan recherchait pour leurs disciples était une réalisation qui, de par sa simplicité, est très difficile a obtenir : la  réalisation du fait que nous sommes des êtres qui vont mourir. Donc, le vrai  combat de l'homme n'est pas la lutte avec ses semblables, mais avec l'infini, et il ne  s'agit même pas d'un combat ; c'est, par essence, un acquiescement. Nous devons  volontairement acquiescer à l'infini. Dans la description des sorciers, nos vies  trouvent leur origine dans l'infini, et elles se terminent là où elles trouvèrent leur origine: l'infini. »

 

        Le carnet de bord peut aussi être utilisé durant la pratique de la série « tracer une carte du corps ». Pour les shamans, notre perception ne se limite pas à la vue, c’est l’affaire du corps tout entier. « Le corps est une conscience. Nous devons bien le traiter», et être attentif a ce qu’il recèle: le bas du corps contient la mémoire du corps gauche et du rêve, et le haut du corps contient les souvenirs de la conscience de la vie quotidienne.  Cette série permet de faire émerger des souvenirs et mémoires anciennes.

 

        Ainsi, il s’agit d’explorer, d’écouter ce qui nous vient et de le noter en vrac sur la page de droite du carnet de bord ou de le récapituler directement ; jusqu'à atteindre le silence du corps. Les instructeurs nous ont montré plusieurs passes que l’on peut pratiquer seul, à son rythme et dans l’ordre que l’on veut. On amène ainsi l’attention première dans l’attention seconde, et inversement.

 

        « Dans le monde des sorciers rien n’est définitif ». Pour un guerrier tout acte est un défi, et un guerrier fait face à n’importe quel défi et passe d’un défi à l’autre.

        C’est le sens de la passe intitulée « rassembler la couche de confiance » extraite d’une série du nagual Lujan, qui nous a été montrée par Miles Reid.

 

        Depuis un certain nombre de séminaires, l’attention a été portée sur la possibilité de déplacer la conscience avec des sons. Nous avons pratiqué une passe  intitulée «contempler avec les oreilles »,  où nous essayons de percevoir au delà des sens, avec le corps  d’énergie. Nous changeons notre syntaxe de perception habituelle pour pouvoir percevoir différemment. Par exemple, contempler l’horizon avec les oreilles.

 

        Nous avons ressenti moins de distance entre les instructeurs et les praticiens, et ils nous ont rappelé qu’être un guerrier était une question d’humeur, qu’il n’y avait pas de hiérarchie dans la Tenségrité, et que cette humeur ne dépendait  pas de la durée de la pratique. Nous avons le sentiment que le défi est d’amener cette humeur dans notre vie quotidienne, et de changer...

 

Notes de Violetta Luis


Publié à 08:48 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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