Le rendez-vous magique
Interviews, compte-rendus de séminaires et notes sur la Tenségrité et les Passes Magiques


Accueil
Qui suis-je ?
Livre d'or
Archives
Mes amis

Album photos

Rubriques

Carlos Castaneda conférences
Carlos Castaneda interviews
Carol Tiggs
Florinda Donner Grau
Instructeurs de Tenségrité
Journal la voie du guerrier
La Lune du Traqueur
Les Règles
Los Angeles août 1995
Notes de Sorcellerie
Omega Institut
Séminaires de Tenségrité
Taisha Abelar

Menu

Active Recapitulation
Ambre bleu
Cleargreen
Visions chamaniques
Forum Tenségrité


Conférence Taisha-Omega

Conférence de Taisha Abelar - Omega institut – Mai 1995

 

 

 

      Taisha nous dit que le sujet serait : « Neuf façons pour bouger le point d’assemblage ». Elle dit que Florinda avait parlé des « formations d'énergie et des formations de perception ».  

 

         Tandis que notre monde est principalement une interprétation (et une description), le but de la sorcellerie est de retourner à la possibilité de percevoir l’énergie directement. 

 

         L’effort de générations de sorciers a été de voir l’énergie directement. Ils voient l’énergie des êtres humains comme des œufs ou des cocons lumineux. Certains sont ronds ou ont la forme d’une cloche, tandis que d’autres sont oblongs avec un fond plat. Les portions plates de ces derniers sont coincées dans une matière sombre et visqueuse, et l’énergie ne peut pas bouger. La plupart des êtres humains ont des fonds plats.

         Pour les sorciers, c’est un cadeau pour eux de voir un œuf lumineux qui est complètement rond et qui flotte librement, cela enchante leur propre corps d’énergie. Tous les œufs lumineux ont un point brillant lumineux situé à la hauteur des omoplates, dans le dos, sur la surface du cocon.

 

         C’est le point d’assemblage, au travers duquel passent des millions de fibres permettant la perception. Si le point d’assemblage est délogé, différents mondes deviennent perceptibles. Puisque l’œuf contient des milliards d’endroits vers lesquels le point d’assemblage peut se déplacer, pourquoi se limiter à ce monde ?

         Notre habilité à l’intersubjectivité en tant qu’êtres humains nous fait tous maintenir notre point d’assemblage approximativement à la même position. La partie brillante autour du bas de l’œuf est ce qui permet la propre réflexion ; la même brillance luisante qui devrait recouvrir le reste de l’œuf a été mangée par les flyers.

 

         Le point d’assemblage des êtres humains n’a bougé que de l’épaisseur d’un cheveu depuis le Moyen-Âge, tandis que la luminosité de l’œuf a continué à décliner. Le corps d’énergie, d’après les sorciers, est un conglomérat d’énergie qui est rassemblé en un noyau. Les sorciers essayent de réunir à nouveau le corps d’énergie et le corps physique, qui sont séparés à la naissance. Don Juan dit à Taisha qu’à travers les pratiques des sorciers, le corps d’énergie se rapprochait de plus en plus près, jusqu’à ce que l’on  sente finalement quelque chose claquer derrière la tête. A travers la discipline et l’entraînement des sorciers, on peut faire ressembler le corps d’énergie au corps physique, et le corps physique au corps d’énergie. 

 

         Lorsque Taisha vit pour la première fois le corps d’énergie, après qu’elle ait développé suffisamment de sobriété à travers le silence intérieur pour permettre à la luminosité de son oeuf de grandir jusqu’au niveau de ses genoux, Emilito lui montra son corps d’énergie en pratiquant la passe de « se secouer » (shaking pass), une vibration qui permet aux sorciers de se défaire du corps physique. En faisant cela, un nuage d’énergie s’éleva et l’enveloppa. Ce n’est pas quelque chose que l’on « voit » avec les yeux mais avec notre corps d’énergie.

 

         Les neuf façons de bouger le point d’assemblage sont harmonieuses et non délétères si on procède doucement et avec sincérité. Les neuf façons, que l’on peut utiliser seules ou en combinaisons sont :

 

La Tenségrité, la récapitulation, les non-faires, les petits tyrans, la contemplation, le silence intérieur, la discipline et les actions impeccables, le rêve, la traque.

 

         Taisha expliqua que ces « façons » (techniques) étaient listées en gros en ordre ascendant, afin que la conscience croisse convenablement. Les deux dernières techniques, le rêve et la traque, étaient plus complexes et demandaient que nous ayons augmenté notre niveau de conscience (de luminosité) au moins jusqu’au niveau des chevilles. Puis Taisha commença à décrire chacune des neufs techniques.

 

La Tenségrité

 

         Il fut donné une ligne de passes à chacun des quatre disciples de don Juan. Clara Grau enseigna à Taisha les passes effectuées au sol, tandis qu’Emilito lui enseigna celles à pratiquer dans les arbres. Initialement, Taisha n’était pas autorisée à entrer dans la salle d’arts martiaux de Clara, parce qu’elle était trop « radioactive » (elle n’avait pas fait assez de récapitulation).

 

         « Clara avait reçu un entraînement d’arts martiaux en Chine et était maître dans le maniement des longues perches, dit Taisha. Un jour, alors que j’étais en train de regarder furtivement à l’intérieur de la salle, à travers une petite ouverture que j’avais pratiqué dans le mur, Manfred, le chien, m’aboya dessus à plusieurs reprises. Après que avoir été découverte, j’ai demandé à Manfred pourquoi il m’avait trahi, il déclara qu’il essayait juste d’alerter Clara qu’il était temps que j’apprenne les passes. »

 

         Clara ajusta les passes pour le gabarit de Taisha, ce qui fit comprendre au groupe de Castaneda qu’ils pouvaient ajuster les passes pour d’autres. Clara dit à Taisha de pratiquer les passes avec toute son attention et en silence intérieur, ainsi le corps d’énergie lui dirait ce dont elle avait besoin.

 

         « La fixation de l’intention des anciens sorciers est très forte et est déjà dans les passes. La Tenségrité porte l’intention d’augmenter la conscience et d’allumer de nouvelles fibres, ce qui, par essence, entraîne le déplacement du point d’assemblage. »

 

         Taisha indiqua que deux zones du ciel étaient visées en exécutant la passe de l’écoutille stellaire. Une étoile de la constellation « Corona Borealis », et l'étoile binaire qui compose l'Oeil du Taureau dans la constellation du Taureau.

 

La récapitulation

 

         « Les chacmools sont en train de faire leur récapitulation et vont vous décrire le processus tout à l’heure. La récapitulation est une technique des anciens sorciers, conçue pour se défaire énergétiquement des liens du passé. Cela nous permet de lâcher prise sur les vieilles interprétations qui nous empêchent de percevoir avec de nouveaux stimuli. Cela vise également à apaiser les filaments qui sont collés, afin de nous permettre de percevoir de nouveaux filaments.

 

         Au travers de la folie contrôlée, nous savons que les nouvelles interprétations ne sont là que pour un instant et que nous ne pouvons pas nous permettre de nous y fixer à nouveau. L’acte de rendre de la conscience aux vieux filaments, de voir chaque détail, et puis de revenir dans le présent, accompagné par le processus de respiration, décoince le point d’assemblage. La récapitulation révèle aussi votre propre inventaire d’actions et de réactions – vos schémas basiques – ainsi, après votre récapitulation, vous pouvez choisir de nouvelles manières d’agir. »

 

         « Les femmes sont à 50% inorganiques – elles ont juste besoin d’apaiser leur dialogue intérieur et elles deviennent ‘tubulaires’. »

 

         Taisha déclara avoir deux êtres inorganiques vivant dans son grenier : Globus et Phoebus. Ce sont deux êtres inorganiques identifiables. Elle déclara que son point d’assemblage et sa configuration énergétique se rapprochaient de celle des êtres inorganiques, lui permettant d’avoir de meilleurs aperçus de ses « locataires ».

 

Les non-faires

 

         Cela signifie essentiellement « ne pas utiliser les items de notre vieil inventaire d’actions et de réactions. La récapitulation nous donne cet inventaire, nous permettant d’avoir un moment de pause. Quand un sorcier agit selon des façons qui lui sont complètement inconnues, de nouvelles fibres commencent à briller dans son cocon lumineux. Et alors le corps d’énergie répond et se réveille, comme une conséquence de ces nouveaux éclairages. Vous commencez avec de légères ou lentes perturbations et essayez de briser la continuité de l’idée que le monde est d’une certaine manière. »

 

         Taisha se rappela avoir eu un professeur à UCLA qui enseignait à ses étudiants comment les phénoménologistes et les philosophes comprenaient le phénomène de la perception. Il leur faisait porter des lentilles binoculaires incorporées à une boîte qu’ils devaient porter sur leurs yeux. Ils  regardaient à travers, ce qui leur faisait voir le monde à l’envers. - Cela lui rappela aussi l’histoire d’un anthropologue qui faisait un terrain dans le bush, et qui avait commencé à voir des esprits et en avait été très effrayé « Pendant un instant, dit-elle, l’anthropologie avait été oubliée. » - Avec ces « masques binoculaires inversés », les étudiants se demandèrent juste comment marcher jusqu’à leur voiture avec leur boîte sur les yeux.

 

         Les non-faires sont simplement des perturbations – par exemple faire tout avec la main opposée.

 

         « Vous êtes en train de ‘non-faire’ chaque fois que vous engagez un item qui ne fait pas partie de votre inventaire habituel. Cela peut également arrivé dans des conditions de grand stress (par exemple le cas des mères capables de soulever une voiture pour sauver leur enfant). Ces moments nous forcent à changer notre idée de ce que nous sommes capables de faire.

 

         Une fois, l’éclaireur bleu dit à Taisha qu’elle allait réaliser un de ses rêves en l’emmenant, elle et un ami, au Grand Canyon, où ils restèrent toute une nuit dans un motel situé tout en bas du Canyon (où les réservations s’étaient « ouvertes » pour eux). A cette époque, l’identité de Taisha était « Anna Maria Cordova », une étudiante de UCLA, car l’ami qui les accompagnait ne savait rien à propos de Taisha Abelar. Taisha déclara qu’elle était dans un « état physique déplorable » à cette époque, et était très inquiète à propos de comment elle allait faire pour parcourir tout le trajet aller-retour jusqu’au Canyon (afin qu’ils n’aient pas à venir la chercher en hélicoptère).

 

         Taisha ne dormit pas de la nuit : ils partageaient tous la même chambre et l’éclaireur bleu ne dormait pas, tandis que Taisha avait bu une grande quantité de café qui lui avait retourné l’estomac. Taisha avait insisté pour qu’ils partent reconnaître la piste qu’ils allaient emprunter un jour à l’avance, ce qui lui avait permis d’envoyer son corps d’énergie sur cette même piste pendant la nuit, de poser son intention ou une structure énergétique, lui permettant de reconnaître la piste.

         Le jour suivant, alors qu’ils grimpaient, Taisha ramassa quelques pierres et d’autres choses pour se débarrasser de sa fatigue (on peut aussi « déposer » notre fatigue en s’appuyant contre un rocher. Il  existe aussi une manière de tenir ses mains qui donne de l’énergie).

 

         En gros, pour gérer le voyage de retour, Taisha déclara avoir pratiquer un répertoire entier de non-faires, incluant savoir quelles herbes renifler (son corps d’énergie savait), et « voir » en contemplant chaque endroit où s’asseoir. En général, quand le corps physique est fatigué, le corps d’énergie prend le relais. Taisha utilisa également le « pouvoir du mulet », gagnant de l’énergie en descendant juste derrière un groupe de mulets et en rassemblant l’énergie qu’ils portent avec eux. Elle utilisa également les petits filaments d’énergie sur les cailloux le long du sentier  pour l’aider à la tirer.

         En conséquence de ces non-faires, elle arriva une heure avant ses compagnons, qui un moment plus tôt avaient pris de l’avance sur elle.

 

Les petits tyrans

 

         Les sorciers disent que c’est notre extrême insistance et notre préoccupation du moi qui maintient notre point d’assemblage fixé. Comment se débarrasser de la préoccupation du moi ? Il y a  trois moyens :

         (1) Devenir abstrait, ou la folie contrôlée. Notre préjugé perceptuel nous fait penser que nous sommes plus importants que nous ne le sommes, quand nous devrions vraiment voir que tout n’est que de l’énergie – les arbres, les flyers, les animaux, etc.

         (2) Avec les petits tyrans – qui sont partout, et qui peuvent être une aide utile pour vaincre l’importance personnelle. Les petits tyrans font remonter à la surface les parties où nous sommes coincés.

         (3) En reconnaissant que vous êtes un être qui va mourir – alors pourquoi avoir de l’importance personnelle ? » (Cette prise de conscience, comme « le lieu sans pitié », est un changement du point d’assemblage).

 

         « Il y a un danger  à exagérer l’importance personnelle et à se sentir supérieur quand les petits tyrans sont vaincus. Ne les utilisez pas pour vous rendre encore plus importants. »

         Par exemple, Castaneda avait vu Clifford, un de leurs amis, marcher dans la rue avec le crâne rasé, torse nu, portant une couronne d’ail autour du cou. Clifford était un « pet », parce qu’il pensait qu’il pouvait perfectionner les choses, et les faire mieux que les autres.

 

         « Les non-faires et traiter avec les petits tyrans devraient se faire tranquillement, de façon simple, sans que personne ne s’en rende compte – pas comme un effort social de groupe. »

 

La contemplation

 

         « La contemplation n’est pas regarder ; c’est quelque part entre percevoir et regarder. Les techniques de contemplation nous aident à casser la certitude que le monde est fait d’objets. La contemplation est conçue pour casser le préjugé perceptuel de la subjectivité du monde. Je ne recommande pas la contemplation de nuages ; c’est seulement pour les sorciers très avancés, parce qu’il peut s’avérer difficile de revenir.

 

         On peut contempler du sable, des pierres, des feuilles et des arbres. Mais on ne doit pas contempler les arbres lorsque l’on est dans une humeur maussade. La contemplation de l’océan ou de l’horizon est bien mieux pour les humeurs maussades, car l’océan est assez vaste pour absorber ces sentiments.

 

         La méthode que Florinda Grau (la vieille Florinda) utilisait, était de jeter de petits coups d’oeil, de repérer des choses qui n’appartenaient pas forcément à ce monde, saturant ainsi son appareil visuel. On peut aussi faire une contemplation balayante – à 360 degrés – ou, alternativement, de haut en bas.

         Vous pouvez contempler des feuilles en traçant leur contour avec les yeux ou en les comptant. Cela peut entraîner un déplacement abrupt qui fait disparaître les feuilles en faisant passer l’arrière-plan au premier plan. Ce type de déplacement est difficile à soutenir longtemps, et ce n’est pas le but. C’est juste une technique pour casser votre préjugé perceptuel, pour revenir à l’idée de percevoir directement. »

 

Le silence intérieur

 

         C’est une question d’accroître de plus en plus de secondes de silence intérieur. Quand Taisha atteignit cinq minutes (pour Florinda c’était huit), cela l’amena au-delà des limites de la place habituelle de son point d’assemblage. Pour Carol Tiggs, le seuil critique est de 23 minutes de silence intérieur, à ce stade, elle peut arrêter le monde. Taisha expliqua que Carol, étant double, a une plus grosse masse, qui nécessite plus de temps pour être bougée.

 

         « Certains bouddhistes utilisent un bâton qui va du sol vers le front comme moyen pour atteindre le silence intérieur. On peut aussi allumer une allumette, plonger son extrémité dans l’eau et contempler à l’autre bout la flamme revenir comme méthode pour apporter du silence à l’esprit. Une fois que l’on a atteint un seuil critique de silence, on peut l’atteindre plus souvent et le prolonger. »

 

La discipline et les actions impeccables

 

         « La discipline ne signifie pas l’ordre au sens d’un régiment militaire, mais l’impeccabilité, qui consiste à donner à chacun de nos efforts toute notre concentration et notre intention inflexible, sans espoir de gain personnel. Les sorciers disent de faire tout comme si c’était notre dernier acte sur cette Terre.

         Agir impeccablement nous rend immangeables pour les flyers. Les flyers ne sont ni bons ni mauvais, ils sont juste une partie de l’univers prédateur. Pour nous, ils endossent vraiment une forme humaine car nous sommes conscients d'eux à un niveau subliminal. »

 

         Ensuite Taisha poursuivit en nous montrant l’agrandissement d’une photo prise par un de leurs amis, Tony Karam, un moine bouddhiste, durant la cérémonie de l’équinoxe de printemps à Teotihuacan. Sur la première diapositive projetée sur l’écran, apparut une espèce de phalène ou un autre insecte, qui se plaça à l’endroit exact où se trouvait le supposé flyer.

         En voyant cela, Taisha fit un bond de côté et sembla terrifiée. Nous ne vîmes pas « l’insecte » s’envoler. A la place, il sembla disparaître ou s’effacer. Les photos (en fait une photo et deux agrandissements de l’image du flyer) montraient que la silhouette semblant faire une hauteur de deux ou trois étages, apparaissait sur la gauche de la pyramide, avec les montagnes en arrière-plan.

         J’ai esquissé la figure, qui ressemblait à une personne avec des bras ou des ailes au-dessus de sa tête, volant, et avec des jambes recourbées au niveau des genoux et étendues  vers l’arrière. Taisha déclara que les flyers sont présents partout où a lieu de grands rassemblements de gens. Normalement nous ne les voyons pas, bien que les enfants les voient très tôt durant l’enfance, avant qu’ils n’aient été socialisés.

 

         Taisha déclara que certaines personnes peuvent atteindre un haut niveau de conscience incroyablement rapidement. Castaneda rendit un jour visite à une vieille dame de 80 ans, qui vivait dans une maison de retraite et qui avait récupéré sa conscience après avoir été dans le coma durant 20 ans. 

 

         Elle avait écrit un livre sur un groupe d’indiens et était accompagnée d’un jeune indien qui, à la fin de leur rencontre dit à Castaneda que c’était dommage qu’il (le jeune homme) se déplace si rapidement dans sa pratique, car il n’existait aucun moyen pour eux de passer plus de temps ensemble et de vraiment devenir amis. Castaneda prit ce commentaire comme étant de la suffisance de la part du jeune homme.

         Puis, deux ans plus tard, Castaneda se retrouva dans une tempête de sable alors qu’il roulait de Mexico vers San Diego sur la route n°8. Un camion surgit et lui fit signe de rouler sous sa protection. Finalement, les deux véhicules finirent par arriver sur une route de graviers et Castaneda, s’inquiétant à propos de ce que le camion était en train de faire, fit signe au chauffeur de s’arrêter. Il s’avéra que le conducteur du camion était le même jeune homme. Celui-ci informa Castaneda qu’il avait une dette envers lui pour l’instruction qu’il avait reçue et qu’à présent il lui payait sa dette. Il fit savoir à Castaneda qu’ils étaient maintenant ensemble dans la seconde attention (apparemment, le jeune homme avait l’énergie et le niveau de conscience requit pour emmener Castaneda dans son « rêve »). Dès que le camion repartit, Castaneda prit conscience qu’il était revenu sur la route n°8.

 

Rêver

 

         Pour les sorciers, bien sûr, cela ne veut pas simplement dire faire du rêve lucide, mais atteindre un degré de contrôle où vous devez fixer votre point d’assemblage. Vous devez « traquer » vos rêves pour fixer le point d’assemblage sur n’importe quel point vers lequel le rêve vous emmène.

         Le contenu du rêve ne compte pas ; ce qui compte est à quel point vous pouvez fixer votre point d’assemblage et pour combien de temps. On peut finalement revenir dans le même rêve, encore et encore, simplement en y ayant fixé son point d’assemblage. On commence par se réveiller dans un rêve et se repérer – vous avez besoin de vous concentrer sur quelque chose que vous avez envie de faire dans votre rêve qui va vous « réveiller ».

         Ensuite, lorsque vous êtes à nouveau pleinement conscient, vous pouvez reproduire les mouvements que vous avez fait en « rêvant éveillé » pour amener votre corps d’énergie vers votre corps physique. 

 

Traquer

 

         « Les sorciers disent que nous devrions nous traquer nous-même d’abord, au travers de la récapitulation. Pour cela, nous devons être sans pitié avec l’évaluation de qui nous sommes et de ce qu’est notre vie. » Taisha découvrit en récapitulant qu’elle était extrêmement indulgente (comme la plupart d’entre nous), et qu’elle était prête à faire n’importe quoi pour obtenir ce qu’elle voulait. Don Juan l’appelait « je veux ça ». Elle déclara également qu’elle découvrit qu’elle était incapable de ressentir de l’affection pour qui que ce soit.

 

         Lorsque Nelida essaya une manoeuvre simple pour ouvrir le point d’assemblage de Taisha, celle-ci perdit le contrôle, et quand elle revint à sa position d’origine, son point d’assemblage continuait à vibrer mais n’allait nulle part.

         Cela troubla tellement le groupe de don Juan qu’ils la suspendirent dans les arbres, ce qui fixa son point d’assemblage sur une nouvelle position, celle d’un habitant d’arbre. Ce fut dans les arbres que Taisha commença à expérimenter des sentiments, comme l’affection pour les arbres, ce qui lui était étranger.

 

         « J’ai aussi ressenti comment les arbres communiquaient par faisceaux d’affection, ainsi des filaments différents étaient utilisés. Lorsque mon point d’assemblage fut stabilisé, après environ deux ans, la seconde position que je reçus en tant que traqueur fut celle d’une ingénue super féminine à la recherche d’un mari. »

 

         Ce fut un changement spectaculaire depuis la position athlétique, masculine vers laquelle son point d’assemblage s’était déplacé dans les arbres, ce qui avait presque causé un retournement de celui-ci. En effet, son point d’assemblage commençait à se tourner vers l’extérieur, comme celui d’un homme (le point d’assemblage des femmes est tourné vers l’intérieur). Pendant plus d’un an elle joua le rôle de « Madeleine Rigot », et le compléta avec des leçons de français, de cuisine, d’étiquette, etc., afin qu’elle devienne une désirable candidate au mariage.

         Taisha affirma qu’elle reçut sept demandes en mariage. Cette période s’acheva lorsqu’elle tomba amoureuse d’un homme inéligible – « un cinglé chic » - qui avait été prêtre. C’était un jeune homme très passionné, obsessionnel, tourmenté par la culpabilité et complètement instable. Il passait ses journées à prendre le bus et à se promener autour des églises.

         Taisha, en tant que Madeleine, décida qu’elle allait le sauver. Elle expliqua que les sorciers voient la folie comme l’exagération de la fixation à maintenir nos fibres en un point particulier. Elle décida de le suspendre dans les arbres. Après l’avoir hissé en haut, l’homme devint complètement fou. Après ce « scandale », le temps de Taisha en tant que Madeleine prit fin.

 

         La position suivante assignée à Taisha fut celle de « Alphonsina », une clocharde. Ce fut pour elle un grand saut après avoir joué une ingénue chouchoutée. Don Juan engagea une femme – Alphonsine – pour jouer sa mère, une clocharde qui apprit à Taisha tout ce qu’on doit connaître sur la mendicité.

         Taisha voulut immédiatement s’en aller lorsqu’elle vit la masure répugnante où vivait la femme, et poursuivit don Juan en le suppliant de la laisser revenir avec eux. Il lui dit qu’elle avait le choix, soit elle s’en allait et retournait dans son ancien monde, soit elle était Alphonsina jusqu’au bout. La conscience de Taisha était suffisamment élevée à ce moment, et elle s’arrangea pour retourner dans la masure avec Alphonsine.

        

         Seules une discipline pure et une intention inflexible permirent à Taisha de poursuivre cette expérience. Le stress de l’expérience l’amena à ressentir de l’amour pour sa « mère », Alphonsine, sans honte ni pitié. Ce rôle s’acheva au bout d’une année, lorsqu’une femme qui avait bien traitée Taisha, et que Taisha avait évité jusque là, emmena Taisha prendre une douche chez elle, ce qui fit disparaître son maquillage et ses cheveux emmêlés, révélant qu’elle était « blanche ». Cela signala la fin d’Alphonsina.

 

         La quatrième et dernière position de traque fut celle d’un homme, Ricky. Ricky était un jeune homme américain amoureux de la vie, extasié par les petites choses auxquelles nous n’accordons pas d’importance d’habitude. Il saisissait toutes les opportunités ; la principale pression pour lui était de savoir que ce rôle prendrait un jour fin.

 

Les êtres inorganiques

 

         « Quand vous n’avez plus de moi ou d’ego, il est facile d’entrer dans l’univers parallèle. Dans ‘l’autre côté’, vous entendez votre émissaire de rêve, qui est toujours une voix de femme, vous décrire l’univers parallèle. Là, vous pouvez interagir avec des êtres inorganiques, que les anciens sorciers appelaient les ‘alliés’.

         Vous pouvez entrer dans leur monde en rêvant, et votre vitesse est ajustée à leur vitesse ralentie. Les traqueurs peuvent aussi s’ajuster à cette vitesse en état ‘d’éveil tranquille’, la voix leur dit ce qu’ils ont besoin de faire pour ralentir. Des parties de deux de ces êtres avec qui je suis entrée en contact sont entrées dans notre monde de perception.

         Ils m’ont emmené dans beaucoup de voyages à l’intérieur des plis de leur monde, car beaucoup nous sont accessibles. Je les ai aussi emmenés dans des lieux effrayants de la seconde attention – des expériences qui les ont parfois dissuadés de revenir me voir pendant plus d’un an. De plus, j’ai été emmené avec eux dans des lieux extrêmement terrifiants de leur monde. »

 

         « Dans le royaume des êtres inorganiques, on a la délicieuse impression de flotter ou de se déplacer à grande vitesse. Les êtres inorganiques sont des entités femelles qui veulent de l’énergie mâle, qui est très rare dans l’univers. Alors leur monde est un endroit dangereux à visiter régulièrement pour les hommes. En revanche, les femmes peuvent aller dans les tunnels inorganiques simplement en entrant en silence.

         Les sorciers des anciens temps furent déçus par les êtres inorganiques parce qu’ils n’obtinrent pas les récompenses concrètes qu’ils espéraient avoir. En effet, ils pensaient que les êtres inorganiques pouvaient les aider à commander le pouvoir immense qui est le leur (comme par exemple vaincre les envahisseurs espagnols).  Ce dont notre groupe a prit conscience est la capacité des êtres inorganiques à  ressentir de l’affection.

         Les êtres inorganiques ont la capacité de ressentir une profonde et authentique affection qui est incomparablement apaisante. Et ils font des choses pour les sorciers par pure affection, librement et sans attentes. Ils sont motivés, en voulant nous aider, par un sentiment profond lorsqu’ils voient à quel point nos vies sont brèves comparées aux leurs. Lorsque l’on entre en contact avec eux, au travers d’une profonde affection, ils peuvent nous permettre de prolonger notre attention. »

 

         « Cela pourrait sonner comme Faust. Les êtres inorganiques peuvent ressembler au diable depuis le point de vue de la raison, car ils s’intéressent à élargir leur conscience au point d’être presque éternels. Le vieux nagual disait qu’ils sont comme nos cousins, existant  sur une ligne parallèle à la notre.

         Le seul moyen pour nous d’élargir notre potentiel est en entrant dans leur monde. Ils ne font pas cela par espoir de gain. Don Juan disait que l’univers est imprégné d’une vague de profonde affection, qui transperce aussi les êtres inorganiques.

         Lorsque la vague d’affection vous touche, laissez-la vous emporter, car cela permet à l’esprit de vous faire décoller et de vous faire voler dans l’infini. Vous vous envolez alors avec un courage total et un abandon total. Lorsque le dialogue intérieur arrive, vous vous dites ‘et alors’ ? »

 

Notes Corey Donovan


Publié à 12:37 le 9 mai 2007 dans Omega Institut
Page précédente
Page 22 sur 64