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Conférence à Culver City – Los Angeles – Août 1995
Carol Tiggs, Taisha et Florinda étaient là, en plus d’un gros contingent de personnes de Cleargreen. Plusieurs hommes étaient assis une rangée derrière les femmes. Il y avait une jeune fille dans la rangée du devant, qui correspondait à la description de l’éclaireur orange, assise à côté d’une jeune femme éthérique correspondant à la description de l’éclaireur bleu. Il y avait une femme avec les cheveux rouges dans la première rangée, assise à côté de Carol. Les Chacmools encadraient Carlos, qui était vêtu d’un costume. Carlos monta sur scène.
« Qu’est-ce que vous faites derrière ? », dit-il. « Je voulais être juste en face de vous. Maintenant je vais être obligé de HURLER ». « Qui a disposé ces chaises ? » Quelqu’un dit : « Fabrizio ». Plusieurs personnes suggérèrent que nous déplacions les chaises. Carlos hésita, semblant penser que cela allait prendre trop de temps et créer trop de remue-ménage (nous étions environ 250 personnes dans la salle).
Finalement, nous avons tous disposé nos chaises vers l’avant, en nous entassant autour de la scène. Carlos commença par dire qu’il voulait parler du chemin du guerrier, et répondre aux questions concernant le sujet. Il dit qu’il ne voulait pas répondre à des questions ayant un intérêt personnel. Il voulait que nous posions des questions qui aient à voir avec la pratique générale et les techniques de sorcellerie.
Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que je n’ai pas pris beaucoup de notes. Carlos donna une conférence où il parla rapidement, pendant deux heures, et après cela répondit aux questions durant une heure. Ce que je vais dire sera très sommaire.
« Rêver est une affaire très sérieuse. »
Cela nous arrive tous à condition que nous y impliquions notre discipline. Le rêve lucide est en rapport avec l’auto-contemplation (par opposition au rêve des sorciers).
Commentaire personnel : Il n’a pas définit ce qu’il entendait par ‘rêve lucide’, et personnellement je l’ai pris comme voulant dire ‘rêve vivace où on est conscient de rêver, et où on s’amuse avec la scène de rêve’. Un rêve de sorcier, par contraste, a un but très précis, il est discipliné, et il consiste à pratiquer certains actes spécifiques et délibérés.
« Les sorciers restreignent l’ego. »
Si nous commençons à entrer dans la routine du MOI, MOI, MOI, il pourrait nous dire quelque chose qui semblerait un peu sévère.
« Si je vous fais quelque chose, c’est conçu pour vous faire stopper une seconde…Don Juan était un artiste dans cette manœuvre de nous stopper. »
Il raconta comment, en tant que Joe Cortes, il était allé voir une astrologue qui lui avait dit qu’il était une épave, et que ses chakras avaient besoin d’être alignés. Il revint environ six mois plus tard en tant que Carlos Castaneda et, cette fois-ci, l’astrologue s’étala sur ses magnifiques aspects spirituels, son brio, le comparant à son gourou.
Il parla de quelques-unes des lettres qu’il avait reçues. Par exemple : « Mon conseiller spirituel m’a dit que mon énergie était comme la votre. Voulez-vous de moi ? »
Il parla de la fois où il avait fait une conférence à un groupe d’espagnols qui lui avaient fait face avec une attitude très sérieuse, restant de marbre en écoutant ses meilleures blagues. Un homme s’était levé et lui avait demandé : «
- Que voyez-vous ? »
- Quoi ? », avait répondu Carlos.
- Que voyez-vous ?! »
- Heu, je vous vois. »
- Ne voyez-vous pas que je suis comme vous – vous avez trois compartiments (d’énergie), et j’en ai cinq ! »
- Comment puis-je être si crétin et ne voir qu’un étron ? »
Il dit que tout ce qui était personnel n’avait aucune pertinence, et parla de ‘l’encombrant poids du MOI’. En nous concentrant sur ça, nous avons laissé quelque chose gagner par défaut, et nous ne pourrons jamais actualiser nos possibilités.
Il nous dit : « Vous avez pris la peine de venir jusqu’ici ; faites que ça en vaille la peine…Repartez avec la sensation que cela vaut la peine de se débarrasser de ce poids encombrant. Faites de votre temps dans ce monde quelque chose d’extraordinaire. »
Il évoqua un peu la réincarnation : « Cela met trop l’accent sur nous. L’idée de revenir encore et encore jusqu’à ce que nous soyons ‘parfaits’ est absurde. Parfait pour quoi ? Pour apprécier à jamais la présence de Dieu ? Absurde. Cela met également trop l’accent sur l’homme, comme de penser que d’autres espèces peuvent tout simplement se transformer en nous. Don Juan avait l’habitude de me demander : ‘Où est cet homme parfait ? Où ?’ Mettant en évidence que si c’était vrai, il devrait y avoir au moins quelques hommes dans les parages qui soient vraiment presque ‘parfaits’.
Il dit que les ‘images flottantes’ que beaucoup de gens avaient de vies passées venaient de notre cadre énergétique. « Pourquoi ne pourraient-elles pas venir de la vie de notre grand-mère par exemple ? »
Il parla à nouveau de l’absurdité de nos idéologies, et dit que les sorciers ont le désir de penser réellement, pas de simplement répéter des idéologies creuses. « Les sorciers redescendent sur terre. Ils sont pragmatiques et sobres. »
Puis il parla des gens qui sont des ‘baises ennuyeuses’. Il dit que si nous avions été conçu avec passion, alors nous avions beaucoup d’énergie, mais si nous avions été conçu dans d’autres circonstances (et il proposa plusieurs scenarii humoristiques), nous n’avions pas assez d’énergie. Il dit que nous avions beaucoup d’énergie particulièrement si la mère était excitée.
Il dit : « Si elle a eu un orgasme, vous êtes en grande forme. »
Don Juan dit à Carlos qu’il était une baise ennuyeuse. Et Carlos dit que lorsqu’il commença à penser à ses parents, cela le désespéra. Ses parents semblaient être si insipides qu’il pensa : « Wow, je suis foutu ! » Mais don Juan lui dit : « Ne dépenses pas ton énergie. Accroche-toi et un moment viendra où ton pouvoir sera égal au meilleur. Rien n’est définitif dans le monde des sorciers. Mais en premier lieu, tu dois savoir ce que tu es. »
Il dit que nous finissions toujours par faire ce que voulaient nos parents, d’une façon ou d’une autre, peu importe à quel point nous protestions avec colère contre nos parents. Il dit que la colère était une manière stupide de protester. Le sorcier ‘refuse de se rendre.’ Même si vous êtes une baise ennuyeuse, ça suffit.
Don Juan lui disait que les sorciers cherchent ‘une chance de passer à travers.’ A travers quoi ? Il mentionna ‘la force qui nous prête la conscience’ – Au moment où nous mourons cette force réclame l’énergie qu’elle nous a prêtée pour que nous la rehaussions.
Puis il dit que cette force voulait juste l’énergie rehaussée provenant des expériences de nos vies, mais cela ne voulait pas dire qu’elle doit prendre notre force de vie. Il dit : « L’expérience de vie et la force de vie ne vont pas ensemble ; il n’en va pas nécessairement ainsi. »
La manœuvre des sorciers pour profiter de cela est la récapitulation, le moment où les sorciers revivent leurs expériences de vie. En faisant cela, ils donnent à la force qui nous prête l’énergie ce qu’elle veut. Il parla brièvement de là où allait le sorcier au lieu de mourir de façon ordinaire. Il demandait toujours à don Juan où allaient les sorciers lorsqu’ils choisissaient cette option.
« Où ? » disait-il. « Je ne sais pas…Mais ne sois pas stupide, saisis cette possibilité ! »
Il parla du fait que la plupart d’entre nous ne vivons pas vraiment les rêves de notre vie, et ajouta que nous vivions assis sur nos chaises. Il nous donna quelques exemples d’histoires de gens qui avaient rêvé de faire des choses et d’aller dans certains endroits, et qui se contentaient de lire tout sur le sujet, et ne voulaient même plus le faire après. Il dit que ce n’était pas la voie des sorciers, et que nous devions y aller.
Il dit : « Ne vous asseyez pas, n’hésitez pas, en vous demandant ce qu’il y a pour vous, et comment ça va se passer. Quand une nouvelle porte s’ouvre, prenez-la ! Pas une de ces interminables tergiversations : ‘Pourquoi je ferais ça ? Où est-ce que cela va me mener ? Et après ?’ Faites-le, c’est tout. »
En ajoutant que c’est ce que fait le sorcier : « Quoi que vous obteniez, c’est indescriptible. »
Il dit que pour les sorciers La récapitulation était obligatoire. En faisant cela, il est important de créer un fac-simile de vie, qui sera accepté par cette force.
Carlos, parlant de sa propre récapitulation : « Cela me mit en face de ma répétition. J’avais un champs de manœuvre vraiment très restreint à ma disposition. »
Carlos dit que son truc principal était sa routine de ‘pauvre bébé’. Il parla de comment son grand-père avait encouragé cela chez lui, mais il l’avait oublié, et l’avait adopté comme si ça lui appartenait. Il dit qu’il avait aussi oublié toutes les barbarités qui accompagnaient cette manœuvre, et insista sur le fait que cela avait été épuisant de se voir lui-même si répétitif.
La récapitulation force le point d’assemblage à bouger très légèrement. Cela lui donne finalement beaucoup de fluidité. Lorsque vous faites la récapitulation, tout d’abord, fixez l’image dans votre esprit. Prenez juste une personne et tous les détails de l’interaction. Installez d’abord la scène ; voyez la scène dans sa globalité, la porte, les murs, des tableaux sur les murs ? Des tapis ? Des fenêtres ? etc. Cela s’appelle ‘installer la scène’. Puis inspirer tout ce que vous y avez laissé, et expirer tout ce qui ne vous appartient pas. D’abord ‘inspirer dans la scène’, puis attaquez-vous aux personnes – ce qu’ils ont dit – ce que vous avez dit. Prenez tout ce que vous avez laissé.
Carlos dit qu’en récapitulant, il était revenu à l’époque où il avait eu ses premiers sentiments. Il dit que finalement, il avait atteint la capacité d’avoir d’inconcevables détails. « A la fin, vous n’êtes pas la même personne. »
Il nous prévint que nous allions être fatigué, dégoûté, mais de nous y tenir.
« L’esprit commence à se fatiguer et à pleurnicher : ‘Doucement, doucement !’ Mais continuez. A la fin, la fluidité que vous acquérez est vraiment indescriptible. »
Par rapport à don Juan, Carlos dit que finalement il était parvenu à un niveau pragmatique : « Je suis les assertions de cet homme du mieux que je peux, parce que je veux combattre cette force qui nous détruit. A moins que vous n’y consacriez chaque battement de votre cœur…elle vous prendra. » Il dit qu’à moins de faire ça, nous étions une bande d’emplumés.
Il loua l’impeccabilité de don Juan, disant : « Je ne pourrais jamais être comme lui – il sera toujours en avance d’une vie entière sur moi. Suivre la voie du guerrier vous permettra de vous ‘sonder’, de vous questionner. Au pire, cela vous permettra de devenir vieux avec plus de classe. Le sorcier est le seul être qui ne néglige aucun détail. D’un autre côté, la science ne nous guéri pas de l’autocontemplation. »
Don Juan avait l’habitude dire à Carlos : « Que t’ont-ils fait ? »
Carlos parla du mauvais état dans lequel nous étions et comment nous étions supposés nous aimer. Il ajouta : « Quelle terrible contradiction ! »
« La première ligne d’attaque des sorciers est l’auto-contemplation. Elle doit être stoppée ou minimisée. Votre ‘merveillosité’ n’est inadéquate avec un voyage dans l’infini. C’est pourquoi les questions doivent se référer à ce que nous faisons. Don Juan me demandait de faire attention à chaque détail du monde et à ce que nous y faisons. Si vous parlez d’un événement, faites de l’événement le personnage principal, pas vous. Pour un sorcier, l’homme n’existe plus, et les autres sont de la nourriture pour les flyers. »
« Ce que nous essayons de faire avec la Tenségrité est d’attirer un autre genre de force physique. » Il parla de générer ‘une énergie qui vous secoue’. « Cela ne se passe pas au niveau des muscles, c’est autre chose. » Et il raconta qu’il avait demandé des expertises physiologiques à propos de cet ‘autre chose’ sans obtenir de réponse satisfaisante. Il nous montra, en faisant des mouvements, la différence entre les actions ordinaires venant des muscles et la tension rapide des mouvements de Tenségrité.
Carlos commença à nous exhorter à essayer plus fermement : « Allez-y vraiment à fond. » Il déclara que la plupart d’entre nous savaient que le monde n’allait pas s’améliorer. Il dit qu’il pourrait y avoir quelques jeunes gens arborant encore des rêves ‘d’amour’, mais que la plupart d’entre nous étaient assez vieux pour savoir que les choses n’iraient pas mieux.
« Alors, dit-il, exécutez les mouvements à la perfection. Si vous le faites, cela créera un état de profond plaisir physique et mental. » Puis nous pourrions faire un petit, un tout petit saut vers là où il était.
Les deux sujets principaux sont : les passes magiques et la récapitulation. Il les épela. « Si vous faites cela, des avenues, des portes commenceront à s’ouvrir…de mystérieuses portes. J’avais besoin de don Juan parce que j’avais besoin de vous expliquer…mais vous n’avez besoin de personne. »
« Mon esprit ne s’égare pas, jamais. »
Puis Carlos parla des 28 générations de guerriers de sa lignée, et comment il devait la fermer.
« Je dois la fermer à clé. » Il insista sur le fait qu’il prenait cela vraiment sérieusement. Cela était arrivé lorsque don Juan lui avait été indiqué par l’Esprit, et avait dû le prendre avec lui. Ils découvrirent qu’il n’avait pas la configuration appropriée pour un nagual afin d’appliquer la règle. Il dit que don Juan était ‘coincé’, et devait faire avec ce qu’il avait.
« Le destin, l’Esprit, a mis en face de lui le dernier maillon de la chaîne…il déversa sur moi tout ce qu’il avait. »
« La seule issue est l’impeccabilité – la décision d’agir du mieux que nous pouvons et un petit peu plus. Si ‘rien n’est trop’, vous êtes dans le royaume de l’impeccabilité. Dans ce royaume, peu importe ce qui vient, vous le prenez comme un défi. Si cela vous met en échec, ne perdez pas de temps à vous lamenter, et passer à l’étape suivante. L’impeccabilité c’est la fluidité. C’est être ‘sans regret’. Pour être le meilleur de vous-même, vous devez savoir qui vous êtes. Donc, récapitulez. Et vous devez être en bonne forme, donc faites des passes magiques. Les passes comportent des années de travail, de sens de l’objectif, et d’intention. »
« Je suis en train de fermer la lignée. C’est ma manière de fermer la porte…Autrement seul un petit nombre pourra en faire l’expérience. Peut-être que vous ferez plus que don Juan n’a jamais rêvé…qui sait ? »
« Nous parlerons plus, après que vous aurez fait les exercices, et je verrai ce que je peux vous raconter la semaine prochaine. »
Session de question-réponse
Pourquoi il n’y a pas d’hommes dans votre groupe ?
Carlos demanda aux hommes de se lever, ils était six ou sept.
Vous avez eu toute cette aide...pas nous. Comment pouvons-nous le faire par nous-même ?
« Vous n’avez besoin de personne. Vous avez besoin d’intention. Vous avez besoin du ‘sens du désespoir’. C’est ce dont vous avez besoin pour bouger- Il nous donna une méthode empirique – Si vous n’avez aucun endroit où aller à part en avant sur le chemin du guerrier, alors vous faites face à l’infini. Vous devez vous dire : ‘Qu’est-ce que je vais faire ?’ (Sans le chemin du guerrier). Sentez le désespoir. Où allez-vous aller sans ça ? Vous allez vers l’attaque cardiaque. Votre seul choix véritable est de rester impeccablement sur le chemin du guerrier. Autrement, qu’attendez-vous avec impatience ? »
Qu’est-il arrivé à l’ancien groupe ? (Les Genaros, les Petites Sœurs…)
« Ils n’étaient pas en harmonie avec moi. Ceux qui viennent avec moi doivent apprendre à lire (une lecture sérieuse). Les autres pensaient que j’étais fou et m’ont dit de me faire ‘sauter le caisson’. Ils essayaient de me tirer dans leur sens. On leur a simplement appris à être des sorciers pragmatiques. Mais don Juan a mis en place une révolution, et vous devez être très pénétrant pour le saisir. (A l’évidence, Carlos essaya de les tirer dans son sens, et ils essayaient de le tirer dans le leur, et Carlos perdit des années dans cette stupide bataille.) - A la fin, ils abandonnèrent, et don Juan les emporta avec lui. Il plongea comme un aigle et les prit avec lui. Où ? Je n’en ai aucune idée. J’ai tout un tas de spéculations à ce propos. Une des possibilités est qu’ils soient dans une des centaines de couches de l’oignon. Où qu’ils soient, ils sont infiniment mieux que là où se trouve mon grand-père. »
Nous vivons constamment. Devons-nous continuer à récapituler toutes nos expériences au fur et à mesure que nous les vivons ?
« Oui ! Récapitulez constamment ce que vous avez fait, à la fin de chaque journée, pendant à peu près une demi-heure. Faites-le compulsivement, religieusement, tous les jours ; puis continuer avec les événements en cours de récapitulation. Le truc favori du mental est : ‘C’est si confus.’ Ne vous arrêtez pas aux détails, faites-le ! »
Quelqu’un posa une question sur le rêve
« Si vous avez assez d’énergie, vous pouvez acquérir la conscience de rêver. Rêver est ‘l’utilisation intelligente de la disposition naturelle du point d’assemblage à bouger au cours du sommeil normal’. Les sorciers ne contrôlent pas l’endroit où se déplace le point d’assemblage, ils contrôlent seulement la vision de la nouvelle position. Cela demande de la discipline – pour maintenir la vision de ce nouveau monde. Cela demande des ‘nerfs en acier’. Bougez, et maintenez-le sur la nouvelle position, vous verrez bien ce qui arrive. Peut-être qu’un jour nous aurons un séminaire de rêve. Qui sait ? Je suis le dernier. L’ultime acte de la sorcellerie est de nous rêver nous-même. »
Quelqu’un demanda quelque chose à propos de ce que nous devions faire de notre intellect.
« Utilisez l’intellect, écrivez. Ecrivez intellectuellement sur tout ce que vous faites. » Il proposa que nous utilisions l’intellect avec prudence et avec diligence tous les jours de 8h à 17h, et puis « A 17h vous êtes l’être qui va mourir. »
Une autre question à propos du fait qu’il est le dernier de sa lignée.
« Don Juan lut dans mon énergie que j’étais le dernier de sa lignée. C’est la condition naturelle de l’ordre d’arriver à une fin. Sa lignée, en tant qu’ordre, arriva à une fin. »
Carlos remarqua que cela l’avait souvent mis dans un état proche de pleurer, et nous dit de ne pas nous inquiéter si cela arrivait, cela était très bon pour nous d’évacuer toutes les toxines.
En réponse à une question, Carlos parla des flyers, de comment ils mangent notre conscience presque systématiquement, comme si nous étions des poulets dans un poulailler (organisés en villes selon leur convenance), et il insista sur le fait que ce sont les flyers qui nous donnent nos idéaux, et à quel point cela est terrible.
Il parla un peu de la conception du paradis selon don Juan. Et il nous parla de la ‘paix du paradis’ – il imita la façon dont tout le monde devait marcher dans un rêve lent et paisible ‘pour l’éternité’. Comment personne ne devait faire aucun bruit, et rester très tranquille, comme ici en fait. Il dit qu’on pouvait comparer cela à un ‘magasin juif’, où le gérant du magasin avait deux fils : l’un des deux est Saint-Pierre, le ‘bon fils’ qui s’occupe des livres à l’intérieur, tandis que l’autre s’occupe du commerce dans la rue (Lucifer).
A nouveau, il illustra l’absurdité des idéologies que l’homme a fixées pour des siècles, à cause des flyers. Il nota qu’avec de tels idéaux, nous n’avions pas de temps pour méditer à autre chose.
Il raconta comment des gens au Mexique s’étaient inquiétés sur le fait qu’il draine leur énergie pour devenir plus fort. Il dit que cela était impossible, que nous étions des unités fermées – aussi la tentative du sorcier est de transcender ces limites.
Il dit : « L’énergie ne peut venir que de vous. Pour nettoyer les débris, et permettre à l’énergie de s’élever d’elle-même, si vous nettoyer 90% de votre fumier, vous aurez 90% d’énergie en plus. »
Quelqu’un posa une question à propos d’avoir l’intention de nous en avant, comme le Défieur de la mort.
« Nous parlerons un peu plus tard du Défieur de la mort, et nous allons même vous apprendre deux des passes du Défieur de la mort. »
Quelqu’un demanda pourquoi ils devaient continuer à occuper des emplois normaux alors qu’ils étaient sorciers.
« C’est une geste impeccable. Nous voulons nous déplacer sans être aperçus. C’est juste une expression envers ce monde exquis que de travailler. » Il se moqua un peu de cette question, disant qu’elle venait des doigts de pied.
Question sur les êtres cycliques.
« Nous sommes tous des unités reliées à d’autres par un filament d’énergie. Cela nous rend si homogène que nous sommes une seule et même personne. Il est difficile de trouver qui sont ces êtres. »
Il raconta une histoire extraite de ‘Voir’ où il était allé planter une plante qui lui avait été donnée, et avait été accosté par trois ‘entités’ qui avaient pris la forme de personnes. Il dit que ces entités étaient des êtres cycliques pour lui, ‘rattachées’ au même niveau que lui.
« Certains d’entre nous savent qu’elle est notre place. Les lignes de la cyclicité transcendent ce monde – elles vont dans l’infini. Les êtres cycliques sont comme ‘un esprit dans deux personnes’. »
A ce point de la conversation, il demanda si nous voudrions voir deux êtres cycliques, et il fit se lever deux personnes que nous pensions être les éclaireurs orange et bleu pour faire face à la foule. D’une certaine façon, elles étaient similaires, bien qu’elles étaient en même temps assez différentes.
Une personne posa une longue question sur la peur de laisser derrière soi le monde familier.
« Oui, c’est terrifiant pour l’ego. On peut supprimer l’auto-contemplation, alors il n’y a plus de peur. Balancez tout – laissez le mouvement fluer. »
Question à propos des êtres inorganiques.
Il évita la question, disant qu’ils allaient beaucoup en parler plus tard. Il mentionna que don Juan encourageait d’avoir ‘une aversion pour les êtres inorganiques’.
Une question à propos de voir les animaux, et de quoi ils sont l’air, ce qu’ils partagent et ne partagent pas avec l’homme.
« Chez les animaux, la lueur de conscience est différente, donc les sorciers ne peuvent pas complètement les voir. J’avais l’habitude de poser des questions comme ça à don Juan, et il disait toujours qu’il ne pouvait pas y répondre. Je peux voir l’énergie essentielle des animaux, mais pas les détails. Cela nécessite une plus grande masse pour voir à travers les lignes de la spéciation. »
S’ensuivit une discussion détaillée sur comment à travers les âges, les sorciers n’avaient jamais eu assez de masse pour faire beaucoup de choses.
« Si suffisamment de masse était impliquée, nous pourrions couper au travers des lignes de la spéciation – la masse c’est l’essentiel. Don Juan n’aurait jamais pu faire cela, et peut-être l’a t-il laissé pour moi.
Puis il reparla des mouvements et dit : « Faites-les impeccablement, encore et encore et encore. C’est le défi ; c’est le test. »
Carlos dit que notre mandat biologique est de se reproduire, mais maintenant il est temps de le transformer en un autre mandat de puissance égale : évoluer. Il parla de comment nous avons été stoppés en tant que race, et comment nous devions d’abord évoluer, puis nous reproduire.
Il nous dit d’examiner l’ordre social, disant : « l’ordre social est notre bouclier, mais il ne nous protège plus en tant que race. Donc, il est temps d’évoluer. »
« Les flyers sont Le Seigneur. C’est une situation terrifiante. »
Combien faut-il faire de Tenségrité pour que cela soit suffisant ?
« Faites-en autant que vous le pouvez. »
Carlos nous dit d’utiliser la masse, observant que cela nous protégeait énormément. « Ici, ensemble, ce milieu suinte l’énergie, mais retournez à la maison, et vous êtes seul. »
Question à propos de l’Esprit.
« L’Esprit est quelque chose que vous ne pouvez ni voir ni sentir. Vous pouvez dire que quelque chose vous permet d’utiliser une espèce de force invisible, et vous pouvez remarquer quand elle agit, comme si les effets de l’Esprit étaient palpables. Les sorciers ne peuvent pas le voir comme de l’énergie – ils ne peuvent voir que les résultats. »
Il spécula sur la possibilité que ce rassemblement crée un résultat majeur à la fin : « Ce serait une manifestation. On ne peut pas dire ‘voilà, ça c’est l’Esprit, là’, mais on peut le remarquer post-facto – après que cela ait eu lieu. ‘C’est l’Esprit, c’est inévitable’. »
« L’intention des passes est de déplacer le point d’assemblage vers une position idéale à l’intérieur de l’œuf lumineux. »
Il parla du fait qu’il y avait d’autres positions accessibles qui étaient en fait en dehors de l’œuf, mais que maintenir ce par quoi nous sommes intéressés dans la Tenségrité c’est rester véritable envers ce que nous sommes, tout en grandissant en terme de force et de sobriété.
Question à propos des handicaps ou des blessures liées à la Tenségrité.
Il réitéra ce que les Chacmools avaient dit, de ne pas forcer. Il dit que si une partie du corps était blessée ou inapte, il fallait utiliser une autre partie.
« Si vous ne pouvez pas bouger quelque chose, bougez quelque chose d’autre. »
Il reparla à nouveau de la masse, et sur le fait que si nous avions une conviction totale, alors tout ce dont nous avions besoin était d’être présent. Alors quelque chose d’inconcevable arriverait. Il donna l’exemple d’une recherche qui avait été faite sur des colonies de fourmis. Quand elles étaient 50 fourmis, elles se déplaçaient de façon erratique, mais lorsqu’elles étaient 52, cela se métamorphosait en un système de travail intelligent.
« Les sorciers du passé ne furent jamais capables de réunir suffisamment de masse. Travaillant avec la règle, et acceptant uniquement ceux qui étaient désignés par l’Esprit, leur nombre a toujours été restreint. » |