Le rendez-vous magique
Interviews, compte-rendus de séminaires et notes sur la Tenségrité et les Passes Magiques


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Los Angeles, Séminaire Intensif, août 1995 (2)

 

 

 

 

Los Angeles, août 1995 (2)

 

 

         Carlos se montra pour cette première rencontre. Ce fut une surprise pour tout le monde. Plusieurs des autres membres de son groupe s'étaient déjà présentés, relevant l'information, vérifiant les gens à l'intérieur, et faisant même la circulation. Mais lorsqu'il fut temps pour les Chacmools de faire leur entrée, Carlos ouvrait la marche. Il s'avança rapidement jusqu'au devant du groupe et se présenta. Il portait de tous nouveaux pantalons Levi's, et une chemise sans poches. Il expliqua plus tard que cette chemise n'avait pas de poche parce qu'il avait été fumeur.

 

 

         En dépit des précédentes descriptions faites sur Carlos, disant qu'il était petit et simple, je le trouvais petit et très beau. Il était plus âgé que les autres, mais beaucoup plus vigoureux en même temps. Tous les mouvements de ses mains étaient rapides et énergiques, il bondissait durant sa conférence, martelant ses mains sur la scène aux moments clés. Même les sons dans la salle, comme les claquements de porte, collaient parfaitement au timing de sa conférence. Ses yeux avaient cette différence que sont supposés avoir les yeux d'un sorcier. Son œil gauche était noir et blanc et s'éloignait un peu de l'autre. Il avait les cheveux raides, assez courts, et presque entièrement gris. Il était petit, extrêmement mince, mais un peu plus musclé au niveau de la poitrine.

 

 

         Je n'étais qu'à quelques mètres de Carlos et il gardait constamment ce contact avec l'audience au travers de ses yeux. Prendre des notes aurait été plutôt inapproprié. Carlos commença en nous racontant que les gens lui demandaient souvent, « Comment ça se fait que ce truc de Tenségrité n'était pas dans les livres ? » Carlos répondait que ça y était, qu'il en était question partout. Il donna l'exemple de don Juan se faisant craquer les os. Il raconta une brève histoire sur le fait qu'il aimait tellement ça qu'il avait engagé une conversation avec don Juan à ce propos. Don Juan lui avait suggéré qu'il l'imite et il avait appris à le faire lui-même. Ce fut le début de son entraînement de Tenségrité.

 

 

         Carlos nous raconta qu'une fois, don Juan lui avait demandé s'il ne trouvait pas cela étrange que la position du point d'assemblage du monde entier soit si uniforme. Lorsque Carlos répondit qu'il ne s'en était pas rendu compte, don Juan continua, en lui demandant si ce n'était pas un grand mystère que tous les endroits dans le monde et toutes les cultures partageaient la fixation commune du je, je, je et du moi, moi, moi. Carlos expliqua que nous n'étions pas nés avec cette idée du moi, mais qu'elle nous avait été enseignée et que nous l'emportions jusque dans la tombe. Il dit que nous étions enterrés en pensant « moi, moi, moi ». Et qu'à aucun moment de notre vie nous ne l'abandonnions.

 

 

         Don Juan lui avait expliqué que ce n'était pas de notre faute si nous étions comme ça, que quelque chose d'autre en était la cause. Puis il décrivit les Flyers à Carlos. Il dit que les voyants avaient perçu quelque chose qui passaient devant nous si rapidement que c'était même trop rapide pour les yeux d'un sorcier. Il s'avéra que ces choses possédaient une conscience mais pas de corps physique. Ils se nourrissent de notre énergie, en nous léchant jusqu'à ce qu'il ne nous reste plus que l'énergie propre à l'autocontemplation. Il est dans leur intention que nous ne regardions jamais ailleurs. Ils veulent juste que nous nous tenions tranquille et que nous les laissions se nourrir de nous. Carlos ne croyait pas aux Flyers à cette époque. Au cours de sa conférence, il dit avec insistance à quel point cela avait été difficile pour lui d'y croire, étant donné sa formation académique et le fait qu'il se considère inconsciemment supérieur à don Juan.

 

 

         Carlos avait demandé à don Juan s'il pouvait voir les Flyers. Don Juan avait répondu, « Bien sûr que tu peux les voir. Mais pas dans ta condition actuelle. » Carlos voulait savoir pourquoi, et don Juan lui avait dit que c'était parce qu'il était trop gros. Carlos expliqua qu'à cette époque, il adorait manger des sandwiches au bacon. Il en mangeait 17 par jour, plus 12 sandwiches au beurre de cacahuète et à la confiture. Il expliqua aussi que pour un sorcier, il n'était pas approprié de se rendre dans les centres de remise en forme de type Spa ou de faire des exercices physiques de manière ordinaire. Il dit qu'un sorcier ne devait entraîner son corps qu'en faisant de la Tenségrité. Carlos expliqua l'objectif de le Tenségrité de la même façon que l'avaient fait les Chacmools : donner un goût à notre conscience qui ne soit pas savoureux pour les Flyers. Mais il donna aussi une autre explication.

 

 

         Il décrivit comment on pensait que certaines galaxies étaient maintenues en un tout grâce au gigantesque trou noir qui se trouvait en leur centre. Bien que personne n'ait pu le prouver, c'était la seule chose qui pouvait expliquer pourquoi les planètes ne s'éloignaient pas dans un mouvement de spiral. Il dit que le même concept pouvait être utilisé pour nous décrire. Nous étions une collection de filaments lumineux avec une lueur de conscience encore plus lumineuse. Quelque chose empêche cette conscience de partir dans l'infini. C'est sur cette force, qui maintient la conscience, que s'exerce la pratique de la Tenségrité.

 

 

         Carlos dit qu'il avait demandé une fois à don Juan si il y avait un moyen de savoir si la Tenségrité marchait pour lui. Don Juan lui dit qu'il y avait un test qu'il pouvait faire mais que cela lui paraîtrait trop dégoûtant. Après qu'il ait éveillé sa curiosité, Carlos ne put résister et supplia don Juan de lui dire quel était ce test, même si c'était choquant. Don Juan lui dit : « Très bien, mais tu dois me promettre de me dire quels sont les résultats, peu importe à quel point cela te semble choquant. » Carlos acquiesça sur le champ. Don Juan dit à Carlos d'aller chez lui, dans sa salle de bains, de baisser son pantalon, de se pencher en avant, d'attraper ses genoux, et de pointer son derrière vers l'est. Ensuite il devait péter. Si la pratique de la Tenségrité marchait pour lui, il ferait un pet long et volumineux. Si la Tenségrité ne marchait pas, ce serait juste un petit prout. Carlos expliqua que don Juan était très vulgaire mais que lui-même était assez naïf pour croire à ses tests. En fait, il essaya, et rapporta les résultats à don Juan. « Je suis en très mauvaise forme... », lui dit-il. Don Juan se tourna vers ses associés, en riant, et répéta, « Il est en mauvaise forme ! » Carlos expliqua que le paiement de don Juan pour son enseignement était des heures sans fin de divertissement aux dépends de Carlos.

 

 

         Carlos raconta l'histoire où don Juan l'avait guérit de son tabagisme. Il nous expliqua qu'il fumait depuis qu'il était un jeune garçon, et qu'habituellement il s'essoufflait rapidement en faisant de l'exercice, ainsi il rattrapait son souffle perdu en tirant sur des cigarettes. Une fois, don Juan lui annonça qu'ils allaient faire une petite escapade dans les montagnes pendant 10 jours. Carlos dit que l'endroit où ils devaient se rendre était parcouru de profonds ravins et de paysages époustouflants. Don Juan lui dit de ne pas se préoccuper d'emmener quoi que ce soit, sauf peut-être quelques paquets de cigarettes car ils partaient pour 10 jours. Il lui dit d'être très généreux et d'emmener 50 paquets, de les envelopper dans du papier aluminium et dans du tissu car les coyotes pouvaient les lui voler ; ils ne pouvaient résister à l'odeur du tabac. Carlos dit qu'il avait suspecté que quelque chose allait se passer, et le premier jour il fuma comme un malade. Puis il alla se coucher et quand il se réveilla le matin suivant les cigarettes avaient disparu.

 

 

         Don Juan n'était pas inquiet. Il dit à Carlos, « Jusqu'à quelle distance un coyote peut-il transporter un énorme paquet de cigarettes ? Elles doivent probablement être coincées dans une branche d'arbre ou dans une crevasse rocheuse à une vingtaine de mètres d'ici. Tout ce que nous avons à faire est de suivre sa piste. » Don Juan passa les huit heures suivantes avec Carlos à essayer de retrouver la piste du coyote. Carlos gloussa à cet endroit de l'histoire. Il dit que la piste qu'ils avaient trouvée passait par les ravins les plus dangereux qu'il ait jamais vus. A la fin, ils suivaient la piste dans un ravin très profond et dangereux. Don juan lui demanda si il voulait vraiment courir après ses cigarettes. Carlos dit qu'à ce moment là, il était si désespéré de fumer une cigarette qu'il aurait fait n'importe quoi. Il descendit dans le ravin, ne put trouver ses cigarettes et se retrouva coincé. La nuit était tombée, alors don Juan lui dit de ne pas s'inquiéter, il le sortirait de là le lendemain matin.

 

 

         Le jour suivant, don Juan trouva un chemin détourné, très exposé au vent, qui leur permit de sortir du ravin. Je ne me souviens plus de combien de jours s'étaient écoulés à ce moment de l'histoire, mais don Juan annonça finalement à Carlos que si celui-ci était disposé à fumer le tabac « noir » local, ils pourraient trouver des cigarettes dans une ville voisine. Carlos lui répondit, « Bien sûr, je fumerais N'IMPORTE QUOI ! Je vous fumerais vous si je le pouvais. » Don Juan commença alors à lui indiquer le chemin pour parvenir à une ville locale, mais après un moment il admit, « Je deviens vieux. Je suis perdu. »

 

 

         Carlos dit qu'à ce moment là, il était furieux. Il nous confia qu'au cours de son association avec don Juan, il avait de nombreuses fois désiré lui faire du mal mais qu'il avait peur de don Juan. Après plusieurs jours à être perdu, Carlos remarqua que sa capacité à escalader les ravins était extraordinaire. Et il n'eut plus jamais envie de cigarettes. C'est à ce moment là que don Juan lui annonça qu'il était fatigué d'errer ainsi avec Carlos, qu'il était temps de rentrer. Il ne marcha pas plus d'une trentaine de mètres et lui montra la route pour rentrer. Carlos dit que la route avait été là tout ce temps, mais qu'il n'en avait jamais rien su et il avait vraiment cru qu'ils étaient perdus.

 

 

         Une bonne partie de la conférence de Carlos avait pour but de contredire les rumeurs et les spéculations à propos des Chacmools. Carlos affirma qu'il avait lui-même essayé de construire une base de praticiens sérieux durant des années, en enseignant, entre autres choses, la Tenségrité. Mais qu'il n'y était pas parvenu. Tout ce qu'il avait réussi à faire, avait été de prodiguer un jargon à des personnes peu scrupuleuses qui s'étaient rendu célèbres pour enterrer des gens dans des cercueils merdiques et qui déclaraient être capables de leur enseigner comment rêver et traquer. Carlos nous regarda, incrédule, comme s'il nous disait, « Comment pourraient-ils enseigner rêver et traquer ? »

 

 

         Il dit que les Chacmools avaient, en un temps extrêmement court, réussi là où il avait échoué. Il dit que son point d'assemblage était dans un endroit différent du nôtre, mais que les Chacmools étaient à mi-chemin entre ici et l'infini. Carlos insista sur le fait qu'il allait encore nous parler, de nombreuses fois. Il dit qu'il reviendrait pour répondre aux questions lorsque les deux groupes (les deux classes) seraient ensemble. Puis il dit que nous devrions suspendre notre jugement parce que cette classe était très spéciale. Elle était conçue pour produire un effet spécifique sur nous.

 

 

         Il regarda autour de lui et dit qu'il cherchait au niveau de nos talons, qu'il cherchait à voir cette « étincelle ». Il dit qu'à la fin des trois semaines, nos talons seraient pleins d'étincelles. Alors seulement il pourrait nous parler. En attendant, il était juste une personne qui parlait à une autre, et il n'avait rien à dire à part, « Allons manger un hamburger » et « Comment tu t'appelles ? » Mais si nous nous engagions à nous joindre à cette incroyable exploration, alors il se devrait de faire pour nous tout ce qui était en son pouvoir. Il ne voulait pas la connaissance juste pour mourir avec, pour que tout s'arrête avec lui. Il voulait nous la donner. La dernière chose que dit Carlos fut, « Swinguons ! »

 

 

         Puis les Chacmools arrivèrent pour nous enseigner des passes magiques. Il n'y aurait aucun intérêt à décrire les mouvements de Tenségrité qu'elles nous enseignèrent, à part celui de dire que je ne les avais jamais vus, ni sur la première vidéo, ni au cours des trois derniers séminaires auxquels j'ai assisté. L'enseignement était très différent, concentré sur un certains aspects très mineurs. Bien que ceux-ci aient semblé être très importants. Par exemple, nous avons pratiqué bouger notre pouce en l'ajustant à notre main, tout en levant le bras très légèrement, et rechercher une sensation dans la poitrine et au niveau des aisselles. De plus, la position du cavalier employée était superficielle et elles insistèrent sur le fait de tourner nos doigts de pieds vers l'intérieur. Kylie nous dit de rechercher une sensation de tension à l'intérieur de la cuisse, et aussi de pratiquer la marche à pieds au cours des trois prochaines semaines, avec nos pieds pointant légèrement vers l'intérieur.

 

 

         Elles nous recommandèrent également d'arrêter de manger du sucre raffiné au cours des trois prochaines semaines, ainsi que de l'amidon, et d'arrêter de manger des fruits. Et aussi de manger moins de sel. Elles insistèrent sur le fait que cette classe était spéciale, et avait été conçue pour produire un effet très particulier. J'ai demandé à une des Chacmools si les programmes des deux classes allaient être les mêmes. Elle affirma que c'était prévu, mais qui savait ce qui allait arriver énergétiquement ?


Publié à 08:22 le 17 janvier 2008 dans Los Angeles août 1995
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