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Carol Tiggs-Longmont avril 1995

 

 

 

 

Conférence de Carol Tiggs

Longmont - Avril 1995

 

 

        Voici ce qu'a raconté Carol Tiggs, la femme nagual, à propos de sa première rencontre avec don Juan et Carlos Castaneda au séminaire de Tenségrité qui s'est tenu à Longmont, dans le Colorado, Le 21 avril dernier.

 

 

        Carol Tiggs raconta qu'elle était à Mexico pour y étudier l'histoire de l'art. C'était une enfant gâtée qui parlait avec un zézaiement prononcé, pensant que cela l'a rendait adorable. Un soir, alors qu'elle marchait seule dans le parc Alameda, elle remarqua un vieil homme et un homme plus jeune, petit et trapu, qui la fixaient non loin de là. Pour elle, ils ressemblaient à de « vulgaires Mexicains ». Elle commença à marcher plus vite afin d'accroître la distance entre elle et eux, mais ils se rapprochèrent. Le jeune homme s'approcha d'elle et elle entendit le vieil homme lui dire : « Ne la laisse pas partir. Attrape-la par la jambe si tu peux. » Le jeune homme ne savait pas quoi faire. Il lui dit : «Êtes-vous américaine ? Quel est votre nom ? Quel âge avez-vous ? Avez-vous un petit ami ? » A cet instant, Carol paniqua vraiment et menaça d'appeler la police, lorsque le vieil homme lâcha un énorme rot. Elle se retrouva gelée sur place et déclara : « Je m'appelle Carol Tiggs. J'ai 19 ans et je n'ai pas de petit ami. »

        « Le jeune homme était révolté par mon zézaiement », dit-elle. Elle leur dit où elle résidait et ils lui rendirent visite durant la période où elle était au Mexique. Lorsqu'elle retourna chez elle, un brouillard l'avait séparé du souvenir des deux hommes.

 

 

        A son retour, elle parlaa à ses parents du vague semi souvenir d'avoir été accostée par deux Mexicains et de son incapacité à se souvenir de ce qui s'était passé ensuite. Ses parents pensèrent qu'elle avait été droguée et molestée. Ils l'envoyèrent chez un psychiatre. Elle continua sa vie d'étudiante en histoire de l'art à l'Université.

        Carol expliqua que don Juan se servait de son prodigieux rot afin qu'elle fixe son attention sur lui pendant un instant. Il faisait un mouvement avec sa main et l'attention de Carol allait du côté droit de sa conscience vers son côté gauche.  Elle dit que, dans son cas, elle ne fit pas l'expérience de la tape sur les omoplates comme pour Carlos. Tout ce que don Juan avait à faire pour la faire entrer dans un état de conscience accrue était de la faire fixer son attention sur son œil gauche et de faire un mouvement avec sa main.

 

 

        Toutes les interactions de Carlos et de Carol au Mexique, après cette première « course poursuite », se passèrent dans un état de conscience accrue. Une fois revenue dans la conscience du côté droit, Carlos ne se souvenait plus de rien concernant l'évènement, et Carol se souvenait seulement de la partie avant que don Juan l'a fasse traverser avec son geste de nagual.

 

        Des années plus tard, don Juan approcha Carol Tiggs à nouveau dans un contexte entièrement différent. Elle travaillait dans un bureau du Gouvernement, tel que décrit dans « Le Don de L'Aigle ». Carol ne se souvenait pas du tout de don Juan. Il la traqua et la convainquit de traverser une frontière imaginaire. Puis don Juan délivra un « coup » à son corps d'énergie, qui envoya son point d'assemblage vers une position de conscience accrue dont elle n'émergea pas. Il lui révéla la Règle. C'est seulement après être entrée à nouveau dans un état de conscience accrue qu'elle se souvint de ses précédentes interactions avec Carlos et don Juan au Mexique.

 

 

J.J. Stoecker



Publié à 11:14 le 2 septembre 2007 dans Carol Tiggs
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Conférences Carol Tiggs LA 1997

 

 

 

Carol Tiggs - Conférences

Los Angeles, 25 au 27 août 1997

 

 

        Les mouvements de non-faire sont subtils mais très puissants. Ils apportent une dissonance (une interruption de notre habituel flux cognitif). Ils sont paradoxaux. Par exemple, vous pouvez vous allongez pour bouger. Lorsque nous nous allongeons, le corps s'apaise. Se tenir debout met le corps en alerte. Les passes des non-faires touchent la force qui nous maintient d'un seul tenant. Traiter avec les champs d'énergie s'entreprend avec précaution et attention. Une accalmie arrive en une fraction de seconde, utilisez-la !

        Don Juan nous faisait pratiquer les passes tous nus ! Carol nous dit que dans son esprit les non-faires étaient liés à quelque chose d'insultant ! Pour elle, le souvenir d'apprendre les non-faires était relié avec cette émotion extrême.

        Les femmes sont de parfaites praticiennes des non-faires. Mais en parler est quelque chose d'horrible pour elles. D'un autre côté, les hommes ne s'arrêtent jamais de parler du processus par lequel ils peuvent atteindre la Mer de la Conscience. Les femmes y sont déjà.

        Lorsque tous les débris de notre vie disparaissent, alors les non-faires prennent du sens. Ces passes sont comme une clé énergétique. Elles permettent d'entrer dans un autre niveau vibratoire. On peut aussi découvrir qu'il existe des êtres qui ont une vibration différente de la nôtre. Lorsque Carlos entra dans cette vibration, il se retrouva dans un autre monde. Dans ces moments, la question « Qui suis-je ? » est une question récurrente.

 

 

        Le non-faire est une interruption du flux cognitif. Lorsque cela se produit, même si c'est pour une fraction de seconde, cela a un effet surprenant sur notre unité. L'ordre en vigueur de la cognition est le « faire ». Le non-faire doit être pratiqué. Cela introduit un élément dissonant dans la vie ordinaire afin d'interrompre le flux cognitif. La conversation est un « faire ». Cependant, le « faire » de parler au téléphone est différent de celui de parler au cours d'une conversation de tous les jours. Le « faire » d'écouter quelqu'un au téléphone est également différent.

 

 

        Les êtres humains sont des créatures d'habitude. Nous faisons des inventaires. Les gens écoutent les autres seulement en termes de leurs propres inventaires. La race humaine ferait un pas de géant si nous apprenions comment écouter ce qui se dit vraiment.

 

 

        Les sorciers essayent de « défaire » nos « faires » du monde. Les inventaires s'effondrent sous la force de nouvelles idées qui contrarient leur importance. L'inventaire EST le mental.

 

 

        Faites les passes D-O-U-C-E-M-E-N-T. Poser votre intention sur l'apaisement. Les non-faires agissent sur la force centrale qui maintient notre être ensemble.

 

 

Seconde conférence du 25 août 1997

 

 

        Le prix que les guerriers ont à payer pour être au service de l'énergie est de souffrir de crise d'identités. Une partie du voyage implique d'avoir à traverser- au moins essayer- un champ énergétique. A propos de ce voyage, Carlos lui dit un jour : « Nous n'avons jamais pensé que nous allions vivre éternellement. Allons-y ! »

 

 

        Les mouvements de non-faire doivent être intériorisés. C'est un fait énergétique : les passes de « Running Man » nous font plonger profondément à l'intérieur du ruisseau de conscience qui est à la disposition de l'être humain.

 

 

        Avec cela, notre niveau actuel de conscience se retrouve à la hauteur des chevilles. Le niveau de conscience supérieur est à la périphérie de notre être lumineux et nous n'avons aucun inventaire pour celui-ci. En inspirant et en produisant une ondulation sur le ruisseau de conscience, quelque chose « s'arrête ». Ce n'est pas que le point d'assemblage se déplace, mais une « accalmie » a lieu et de nouvelles réponses sont possibles.

 

 

        Les passes de « Running Man » sont conçues pour produire une interruption énergétique. Paradoxalement, on le ressent comme si on se déplaçait plus rapidement que l'hésitation !

        L'incapacité d'écouter est le sceau de l'homme moderne. Les non-faires nous permettent de faire une pause, d'écouter les autres, d'être calme. Les passes des non-faires interfèrent avec le flux d'énergie dispersée depuis les centres vitaux. Le nouveau déferlement d'énergie que l'on reçoit peut être ressenti comme une contrainte. Comment pouvez-vous l'exploiter ? Il semble que les praticiens deviennent soit moins obsédés par leur moi, soit ils font encore plus de passes.

 

 

        Habituellement, nous tendons à rechercher l'idée du « moi ». Une grande quantité de l'énergie que nous obtenons de la nourriture que nous ingérons est utilisée pour rehausser notre sens d'être. L'acidité nous maintient tel que nous sommes. « Running man » revigore notre énergie, mais ce n'est pas le type d'énergie qui peut être utilisée pour la suffisance.

 

 

        Les passes de « On the Run » produisent de la chaleur. Il est important de comprendre qu'aucune nouvelle force n'entre dans le corps. Ce qui se passe en fait, c'est que les centres qui étaient coupés de cette énergie commencent à se réveiller.

 

 

        Les passes des non-faires doivent être pratiquées avec beaucoup de prudence. N'arrondissez pas les angles. L'antidote c'est la patience. Il y a deux différents styles pour faire les mouvements de bras, en conjonction avec les centres de vitalité : la traditionnelle et la nouvelle. Le boost énergétique qu'elles délivrent est le même.

« La liberté ! »

La question que l'on se pose est : « Mais que va t-il m'arriver ? », la réponse est : « Je n'ai jamais pensé que j'allais vivre pour toujours. Allons-y ! »

 

 

Conférence du 26 août 1997

 

 

        Attention : Ne vous épuisez pas, ni physiquement, ni mentalement. Gardez toujours quelque chose en réserve. Les non-faires doivent être pratiqués. Le Temps, la Mer Sombre de la Conscience, déterminera ce qui est nécessaire. Les chamans ne demandent pas de faveurs, ils savent que la Mer Sombre leur fournira ce dont ils ont besoin. Ils ne prient pas.

 

 

        Cela demande de la discipline, un effort accablant, beaucoup de travail et une intention inflexible. Seule un esprit ouvert peut décider d'être libre. Libre de muter vers un autre aspect.

 

 

Les mondes se présentent comme un défi. On subit mutation après mutation jusqu'à ce qu'on s'étende au-delà de ses propres frontières.

 

 

        Pourquoi nous n'avons pas besoin de don Juan : Par essence, nous n'avons besoin de personne. Cela demande juste d'avoir quelqu'un pour nous indiquer la bonne direction. Après des siècles d'apathie, on doit faire un petit effort pour désirer se libérer. Se libérer de « Robert » ! Le jour où vous en êtes libéré, c'est quand vous le voyez. Alors « Seymour » prend le relais.

 

 

        L'Univers est un défi éternel. Où que vous soyez, il y a un prédateur prêt à vous défier. L'Univers attend une réponse impersonnelle à ce défi.  L'Univers émet au moins trois types de sonde : une organique, une inorganique, et la « tierce attention ». A travers cela, l'Univers devient conscient de lui-même.

        Les sorciers ne s'accrochent pas au passé. Nous avons tous été abusés, d'une manière ou d'une autre. Mais nous pouvons choisir de nous serrer la ceinture et affronter l'Univers. Les sorciers mutent parce que l'Univers leur facilite le changement. Ils ne meurent pas, ils brûlent de l'intérieur.

 

 

        Le non-faire provoque une interruption en vous. Ce que vous faites de cette interruption est votre affaire. Cependant, le non-faire n'est pas quelque chose d'excentrique ! Il est connecté à la force vibratoire qui nous maintient d'un seul tenant.  Quelques-unes des antiquités des sorciers de la lignée de don Juan furent une réponse à l'accalmie créée par les passes des non-faires. Carlos avait un carnet de notes dans lequel il classifiait les non-faires de ces sorciers en : brillantes, bonnes, ou ridicules.

 

 

        Don Juan et ses cohortes avaient oublié les passes des non-faires jusqu'à ce que les quatre apprentis apparaissent. Lorsqu'ils s'en rappelèrent et qu'ils commencèrent à les pratiquer à nouveau, ils eurent la sensation de se faire botter le cul. Toute leur importance personnelle s'évacua. L'intention de ces passes est d'être sobre. Alors n'ayez pas peur.

 

 

Conférence du 27 août 1997

 

 

        La dissonance cognitive est une interruption du flux d'énergie qui est en nous. Le corps arrive à une halte. La transformation qui s'ensuit est un non-faire chamanique. Le Théâtre de l'Infini est comme un non-faire. Carole se présenta en étant Prunella Fitz Moritz. Il ne restait pas un seul morceau de son moi habituel. Elle avait été complètement transformée.

 

 

        L'Univers est divisé en deux types d'énergie. L'une est inanimée, pratique ; l'autre est animée et consciente d'elle-même. Les variétés de créatures qui existent sont des milliards et des milliards de sondes conscientes d'elles-mêmes retournant dans l'Infinité. L'art des chamans est de prendre conscience qu'ils sont une partie de l'Infinité. Être conscient d'eux-mêmes tout comme l'Univers est conscient de lui-même.

 

 

        L'Infinité est le donneur de conscience, ainsi un voyage dans l'Infinité n'est pas un voyage personnel. Don Juan mettait l'accent sur l'aspect sublime chez l'Homme.

 

 

        Durant le Théâtre de l'Infini, la prédominance du moi est suspendue. Seul le lien avec l'Infinité existe. Le Théâtre a existé durant 27 générations de Naguals. Il fut formalisé il y a trois générations.

 

 

        Une courte histoire fut racontée sur la rencontre entre les Naguals Lujan et Sebastian, puis quelques-unes des séries qu'ils avaient découvertes furent présentées par les Traqueurs d'énergie et les Eléments.

 

 

        La peur de l'Infini bouge le point d'assemblage des spectateurs au cours de la représentation du Théâtre de l'Infini.



Publié à 11:53 le 30 août 2007 dans Carol Tiggs
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Carol Tiggs à Tula

                

Carol Tiggs à Tula

(1995)

 

        Je vais vous révéler des choses dont personne n’a eu connaissance, il est donc très important que vous écoutiez attentivement. Ce n’est pas le moment d’utiliser votre esprit linéaire. Utilisez-le plutôt pour vos discussions académiques. J’ai déjà eu mon master, et à présent je poursuis mes études en logique symbolique. J’utilise toutes mes ressources de pensée ; l’induction, la déduction, et l’abduction, pour mes études académiques. Je suis la plus appliquée des étudiantes de 10h à 16h, mais lorsque je rentre chez moi à 17h, je ne suis plus Muni Alexander mais Carolina Aranha. Je ne suis plus linéaire. Vos plus gros efforts de pensée linéaire devraient s’appliquer à la recherche académique. Pas ici, à Tula. Mon monde n’est pas un monde linéaire. Ceci étant dit, allons-y !

 

        Je voudrais dire un mot à propos des êtres cycliques. Les êtres cycliques, pour les anciens sorciers, pour le vieux nagual, et pour nous, n’ont rien à voir avec la réincarnation. Cela signifie que des êtres humains arrivent suspendus ensemble par des courants d’énergie homogène. Pensez à un rideau fait de perles. Chaque corde est individuelle, et chaque perle est encore plus individuelle, encore qu’elles soient tenues ensemble par la même force, la même corde. Les perles d’une même corde étaient appelées cycliques par les anciens sorciers de la lignée du vieux nagual.

 

        J’ai eu la chance, ou la malchance, d’être une perle appartenant à la même corde qui contenait une étrange créature, que nous connaissons comme le défieur de la mort. Ce ne fut pas bizarre pour le défieur de la mort et Carol Tiggs d’avoir un accord transcendantal, de même qu’il n’est pas bizarre que Lorenzo et Julius aient une totale affinité pour les deux autres éléments qui ont disparut. Rien ne pourrait être plus absurde, mais rien ne pourrait être plus simple.

 

        Renata est ma fille adoptive, ma responsabilité. Je ne la cajole pas comme je le voudrais parce que j’ai déjà une fille naturelle très possessive qui observe tous mes faits et gestes. Mais ça ne veut rien dire. Je suis responsable de cette créature (elle touche et embrasse Renata). En dehors du fait que j’en suis responsable, cet être est aussi ma gardienne, ma chacmool. Elle me garde dans cette pièce.

        Le mystère ici n’est pas de savoir comment je peux être cyclique avec le défieur de la mort, mais comment je peux rester sensé et vous parler maintenant.

 

Plaçant son doigt sous le nez de la statue et prenant la même expression que celle-ci, elle s’adresse au groupe : Ne restons pas ici. Allons voir mon chacmool cyclique.

 

A l’église, dans la petite chapelle de gauche

 

        C’est ici que le défieur de la mort a passé un accord avec Carol Tiggs. Je vais vous raconter aussi exactement que possible ce qui s’est déroulé ici.

 

        Le défieur de la mort dit à Carol Tiggs avec la voix la plus grinçante qui soit : « Je t’observe depuis longtemps Carol Tiggs. » Elle aimait lorsque les gens utilisaient son nom entier ; cela faisait respectueux, même si la voix grinçante de la créature était plus que troublante. Cela faisait viril. Carol Tiggs pensait qu’il n’y avait pour elle aucun moyen de s’assurer que le défieur de la mort était bien une femme. La créature sembla deviner ce que Carol était en train de penser et lui dit : « Il n’y a plus rien de mâle en moi. Mon point d’assemblage est complètement retourné. En tant que femme tu ne peux pas le voir, mais tu peux certainement sentir mon point d’assemblage ou ma chatte. »

 

        Carol Tiggs, bouche bée, devint plus nerveuse que jamais. Soudain, le défieur de la mort attrapa la main de Carol Tiggs et la coinça sous sa jupe. La créature portait une longue robe sans sous-vêtements. Sa chatte était brûlante et mouillée, et un peu collante. La chatte de la créature n’avait aucune odeur. Cela donnait la sensation d’un vortex humide aspirant Carol.

 

        Alors le défieur de la mort lui dit : « Pourquoi ne places-tu pas ma main là ? » en indiquant l’entrejambe de Carol. A ce moment, Carol ria comme une idiote. La femme plongea vers sa jupe, ses collants et sa culotte, et planta son doigt dans la chatte de Carol. Le plus horrible fut que Carol aima vraiment ça. La femme avait un très gros doigt qui semblait grossir à l’intérieur - c’est si terrible et embarrassant que je dois le raconter à la troisième personne. La femme lui fit l’amour, dans cette chapelle, et Carol Tiggs eut un énorme orgasme. Elle était pantelante et haletante.

 

        Avec des yeux brillants, Carol Tiggs se tourna vers la voix qui était en train de roucouler à son oreille. La voix lui demanda : « Ne vas-tu pas me le faire aussi maintenant ? » Carol Tiggs était étendue entre les bancs, à moitié nue. Et elle le fit.

 

        Le défieur de la mort lui dit : « Ne sois pas pudique, et ne juge pas. Les femmes ont une énorme charge d’énergie dans leur utérus et le seul moyen de l’ouvrir à l’inconnu est par l’explosion de leur orgasme. Cela les affecte et elles peuvent aussi affecter les autres avec. Maintenant, es-tu prête pour notre marché ? »

 

        Carol Tiggs était plus morte que vivante. Elle ne savait pas quoi faire. Elle se sentait usée, sale. Elle pensait que tout le monde l’avait vu dans l’église et elle se demandait ce que les gens allaient penser. Ils allaient certainement croire qu’elle était lesbienne. Elle demanda alors faiblement : « Pensez-vous que les gens nous ont vu ? »

 

        Le défieur de la mort répliqua : « Non, parce que nous sommes en train de rêver à l’intérieur du rêve. Cette église n’existe pas. Nous sommes dans un vide. Cette église semble être ici mais ce n’est pas le cas. Je veux que tu me tendes la main et que tu me libères de mes chaînes. Je ne sais pas ce que je peux faire pour toi en échange. Il ne dépend que de toi de m’utiliser partiellement ou complètement. Je te ferai chevaucher et te porterai sur mes épaules, et tu pourras faire la même chose avec moi, mais cela dépend de toi. Je n’ai plus de décisions. Ma vie s’achève avec ta lignée mais il s’avère que nous sommes cycliques. Je te donnerai tout le pouvoir que j’ai. Si tu veux être un homme, je te ferai homme. Si tu veux être une ‘super-chatte’, je te ferai ‘super-chatte’. »

 

        Tout d’un coup, je m’entendis bégayer : « Je-je-je voudrais être une su-super-chatte, je-je-je pe-peux ? » Puis quelque chose en moi dit : « Non, non, je ne voulais pas dire ça ! »

 

        Bien sûr, je dois vous dire que je ne ressemblais pas à ce que je suis aujourd’hui. Je ressemblais à Nuri, une bécasse. Le défieur de la mort attrapa mon nez, mon corps frêle…le défieur de la mort, naturellement, était la projection de cette chose dans le musée, celle à laquelle je ressemble aujourd’hui.

 

        « Est-ce que tu acceptes mon offre ? », m’exhorta la femme. « Je ne peux pas te forcer la main. La décision doit venir de toi, mais laisses-moi te dire que ce sera une aventure aux dimensions indicibles. Tout ce qui pourra m’arriver sera meilleur que ce qui m’arrivera lorsque l’énergie cessera de venir du nagual. »

 

        Carol Tiggs ne comprenait pas vraiment ce dialogue. Alors elle continua avec son unique pensée : « Qu’est-ce que ça veut dire être une super-chatte ? »

 

        « Eh bien, tu peux avoir n’importe quel homme ou n’importe quelle femme que tu veux. Tu peux avoir des orgasmes par les narines, tu peux te frotter contre les murs de l’église et partir. Être une super-chatte, ça veut dire que tout en toi est une chatte. »

 

        Je zézayais et ressentais une terreur complètement schizophrénique, et en même temps, une autre personne était en train de prendre le dessus sur moi. Carol Tiggs répondit avec son zézaiement : « Oui, oui, ze zerait zuper, si exzitant ! » Dans une autre partie d’elle-même, elle était en train de comprendre la vaste portée de cette entreprise, mais seulement vaguement…Carol Tiggs continua : « Okay, par quoi on commenze ? »

 

        « Nous pourrions commencer par séduire Isidoro Balthazar ? »

 

        « Oh, z’est une idée stupide, il me déteste. Mais avec mes nouveaux pouvoirs… » Carol dit cela en se caressant le nez.

 

        Aujourd’hui je ressens que c’était un échange pitoyable entre une créature vraiment extraordinaire et les soucis insignifiants de Carol Tiggs à propos de devenir une super-chatte. Mais c’est ainsi que nous sommes, ne vous en souciez pas.

 

        « Il est temps de changer de rêve. Allons encore plus profondément. Allons nous asseoir en face de la mer de la conscience », dit la femme.

 

        « Oui, j’adore la plage mais, avant d’y aller, qu’en est-il de Carloz ? Ze veux dire Izidoro. »

 

        « Allons le voir. »

 

Nous marchons jusqu’à la place

 

        Tout ce que je sais, c’est qu’ensuite j’étais assise sur ce banc. Et Carlos était sur mes genoux. J’étais possédée par un sérieux exagéré. Je ne pouvais plus zézayer même si ma vie en dépendait. Jamais auparavant je n’avais ressenti une telle assurance et une telle crainte au même moment. J’étais moi, mais le moi que je connais aujourd’hui. Vous connaissez le reste de l’histoire. Carlos l’a écrite et je vous recommande de la lire.

 

Elle nous emmène jusqu’à l’hôtel après nous avoir montré les deux restaurants de la ville. Au coin de la rue de l’hôtel, elle nous indique les deux dernières chambres situées dans le recoin de deuxième étage

        « Moi, en tant que la nouvelle créature qui n’était pas Carol Tiggs, emmena Carlos et, en dépit du fait qu’il soit mon frère, je l’ai séduit comme s’il n’y avait pas de lendemain. Mais je n’étais pas Carol Tiggs, j’étais quelque chose d’autre. Quelque chose de plus sûr d’elle-même et déterminée, froide mais passionnée. Lorsque je fermais les yeux, je pouvais voir des scènes qui n’appartenaient à aucune expérience, des êtres étranges comme des ombres venaient à moi et m’examinaient. Ils se cognaient à moi et me tournaient autour, cherchant quelque chose d’implicite.

 

        Je devais garder les yeux ouverts en permanence. Puis, finalement je me suis endormie. Je pense que ce fut à ce moment là que j’ai complètement fusionné avec Isidoro Balthazar. Ce fut là qu’il devint mon véritable frère. Nous avons tournoyé ensemble dans la mer de la conscience pendant neuf jours jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de différence énergétique.

        Vous voyez, le mystère des mystères c’est que Carlos et moi sommes cycliques, tous les deux, et aussi avec le défieur de la mort. C’est la raison pour laquelle je le détestais et l’adorais en même temps. Je le voyais comme un homme. Le défieur de la mort m’a expliqué qu’un homme et une femme qui sont cycliques peuvent se regarder dans les yeux pendant des millions d’années. La seule chose que Carlos et moi pouvions faire était de fusionner ensemble.

 

        J’ai quitté l’hôtel un jour très ordinaire, moi, tel que je suis aujourd’hui. Et je suis partie à la rencontre de la femme. Elle m’a pris par la main, m’a fait traversé la chapelle, et la seconde d’après je faisais à nouveau face à la mer de la conscience. Ce n’est pas une mer. C’est un incroyable déferlement d’énergie, une énergie particulière qui est consciente et qui vous parle.

        Peut-être que les mystiques de l’antiquité en ont fait l’expérience. Carlos pense qu’au mieux, ils ont atteint le moule de l’homme, un agglomérat de champs énergétiques, comme les filaments lumineux que l’homme désire que l’homme soit. Quelque chose comme un moule cosmique qui moule l’énergie dans la forme d’un homme, tout comme une machine qui fait des biscuits.

 

        Mais je pense qu’ils sont peut-être allés plus loin. La mer de la conscience est ce qui se rapproche le plus du concept de Dieu ; c’est une force qui inclut tout. En face d’elle, vous n’êtes même pas une étincelle, un grain, même pas un virus. Cependant, elle est consciente de vous.

        Dans cette mer de conscience, mon être cyclique, le défieur de la mort, se transforma en quelque chose qui ne m’était pas inconnu, pas repoussant du tout. Elle était moi, pleine de puissance et d’indifférence. Tous mes soucis disparurent comme lorsqu’on éteint une ampoule électrique…

        Il y avait de puissantes sensations organiques, des images criardes comme dans un rêve. Finalement, je me suis retrouvée dans un rêve plus concis qui gagna en précision jusqu’à ce que cela devienne le monde réel.

 

        Cela me prit des mois pour trouver Carlos parce que j’étais assommée, j’étais stupide. Un jour, j’entendis dire qu’il allait donner une conférence. J’avais perdu tout espoir. Bien sûr, je lui ai presque causé une attaque cardiaque. Il pensait que j’étais partie comme le dicte la règle. Vous connaissez le reste.

 

        Lorsque le défieur de la mort et moi étions en face de la mer de la conscience, elle me dit mon nom « Muni », elle dit qu’un jour, lorsque j’aurai réussi à intégrer mon être, ou que plus rien n’aura d’importance et que mes yeux seront alignés aux siens, je deviendrai elle  « Xoxopanxoco ».

 

        Depuis que je cours après mon frère, comme une femme possédée, tous les autres intérêts des sorciers ne sont plus rien pour moi. Son combat est la seule chose que je connaisse, rien n’a plus d’importance alors je peux vous dire quel est le nom du défieur de la mort et ce qu’il signifie. Il signifie fruit de l’éternel printemps.

 

        La boucle finale de cette chaîne ininterrompue de possibilités est que Xoxopanxoco – je ne connais pas le nom du défieur de la mort en tant qu’homme – a survécu pour un but subsidiaire. Elle m’a dit qu’elle est restée en vie durant des milliers d’années, non parce qu’elle était avide de vivre, mais parce qu’elle aimait la vie et l’humanité.

        Son unique rêve, qui n’a rien à voir avec la survie, était d’aider l’humanité à atteindre un niveau de raison et d’intelligence que nous n’avons pas. Elle dit que nous sommes des êtres rituels et répétitifs, et nous avons des délires de grandeur qui n’ont aucune justification. Nous sommes en bordel.

 

        Elle a dit qu’évoquer son nom à Tula serait comme un signe pour la réveiller. Et qu’il pourrait y avoir certains êtres audacieux qui évoqueraient son nom en ma présence. En invoquant son nom en ma présence, qui est sa présence, leur dialogue intérieur s’arrêterait et ils pourraient même avoir un aperçu des rêves au-delà des rêves qui furent tissés dans cet endroit merveilleux, aujourd’hui occupé par cette absurde et minable petite ville.

 

        Elle m’a dit de dire ceci :

Can a nicuicanitl huiya

Xochitl in noyollo ya

Nicmana nocuic a ohuaya ohuaya

O xoxopanxoco o xoxopanxoco



Publié à 01:40 le 5 mai 2007 dans Carol Tiggs
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Les êtres cycliques

                          

                 

                              

                  Les Êtres Cycliques

 

 

        Le sujet des êtres cycliques a été amené à tous les séminaires de Tenségrité auxquels j’ai participé. Au début, le terme « êtres cycliques » n’étaient attribué qu’à Tracy Kramer et Bruce Wagner, qui faisaient partie du petit groupe de Toltec Artists et qui se déplaçaient à la plupart des séminaires avec les sorcières. Récemment, au séminaire du Colorado (Avril 1995), une explication plus détaillée de la cyclicité fut donnée par Carol Tiggs, la femme nagual.         Carol Tiggs expliqua que chacun d’entre nous est relié à un vaste nombre d’autres êtres par un filament énergétique. Tous les êtres vivants individuels qui partagent le même filament sont cycliques avec un autre. Elle dit que ces filaments d’êtres reliés entre eux sont comme des « colliers de perles chinois ». Chaque chapelet de perles représente un collier différent d’êtres énergétiques reliés dans la cyclicité. 

   

     

         La cyclicité est l’explication sorcière des souvenirs et des sentiments incongrus que beaucoup d’entre nous  s’expliquent comme étant des expériences de vie antérieure. Dans la sorcellerie il n’y a pas de passé – il n’y a que de l’énergie. La croyance de la réincarnation selon laquelle nous revenons encore et encore en tant qu’ « âme » ou « conscience » dans de nouveaux corps n’a pas été confirmée par leur voir.

 

 

          Ce à quoi nous avons affaire ce sont à nos quasi-souvenirs d’autres « êtres cycliques », auxquels nous sommes énergétiquement reliés par notre filament. Non seulement il est possible de partager des souvenirs avec nos autres « êtres cycliques », mais les rêveurs se réveillent parfois dans les corps d’autres êtres appartenant au même filament.

 

 

         Carol Tiggs raconta l’histoire d’une expérience récurrente qu’elle et le nagual Carlos Castaneda avaient eue en rêvant ensemble. Ils se sont retrouvés dans un autre monde où Carol avait un mari et un enfant qui la reconnurent. Cependant, elle ne les connaissait pas – sauf lors de précédentes rencontres depuis cette position de rêve. Son explication était qu’elle avait momentanément remplacé un des autres êtres de son « filament de cyclicité ». Le mari et la fille voyaient le visage de la femme qu’ils connaissaient – mais Carol Tiggs était à sa place. L’homme, dans cet autre monde, reconnut Carlos comme quelqu’un de « petit » qu’il connaissait.

 

 

         La femme nagual dit qu’elle et Carlos Castaneda étaient sur le même filament. Lorsque le nagual Juan Matus la « vit » la première fois à Mexico, il fut intransigeant avec Carlos, il ne devait pas la laisser partir. « Attrape-la par la jambe si tu peux ! » Dit-il. Non seulement elle était une femme nagual avec quatre sections lumineuses, mais en plus elle était aussi l’être cyclique de Carlos, car elle partageait avec lui le même filament. Cela les rendait énergétiquement compatibles – bien que cela ne fut pas au début aussi au niveau du tempérament.   

 

 

        Carol Tiggs dit que ceux d’entre nous qui participaient au séminaire étaient, en réalité, représentatifs de beaucoup de différents filaments d’ « êtres cycliques », et que ce que nous expérimentions là avait des effets considérables. D’autres membres de nos filaments allaient se retrouver à penser des choses qu’ils n’avaient jamais pensé auparavant. Si ils entendaient le nom de Carol Tiggs ou de Taisha Abelar, ou le mot Tenségrité, cela pourrait sonner familier pour eux, alors jusque là ils n’en savaient rien. Peut-être allaient-ils lire un des livres de Carlos ou des autres, et cela leur semblera déjà familier. « Nous sommes des êtres cycliques », dit Carol.

 

 

 

Notes d'un praticien américain

 

 

 



Publié à 12:25 le 12 avril 2007 dans Carol Tiggs
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