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Une Nouvelle Génération de Sorciers - Entretien avec les Chacmools

 

               

 

 

Une nouvelle génération de sorciers Entretien avec les Chacmools - Kindred Spirit Juin 1995

 

 

        Depuis les années 60, Carlos Castaneda a inspiré des chercheurs partout dans le monde. Les trois chacmools de sa génération, Kylie Lundahl, Reni Murez et Nyei Murez vont répondre à nos questions avec la franchise et la manière particulière bien connues des familiers de leur tradition.

 

L’histoire des chacmools

 

        Le mot chacmool s’applique à certaines figures monumentales de basalte, trouvées dans les pyramides de Tula et dans le Yucatan au Mexique. Ces figures représentent des êtres humains dans une position allongée tenant une sorte de réceptacle plat sur leur région ombilicale. Les érudits ont classifié ces figures comme étant des brûleurs d’encens ; les sorciers de la lignée de don Juan considèrent qu’elles sont des représentations d’une classe particulière de féroces guerriers gardiens. Pour don Juan et d’autres voyants comme lui, les chacmools n’étaient pas des brûleurs d’encens, mais les gardiens des pyramides et des lieux de pouvoir.

 

        Durant l’existence de ces sorciers et à travers les âges, les chacmools furent et sont de féroces guerriers qui se consacrent à garder d’autres hommes de connaissance ; ils gardent leur façon de vivre, les lieux où ils vivent, les endroits où ils font leur rêve. Les chacmools sont les gardiens des idées, des visions et des possibilités des voyants qui sont sous leur protection.

 

        Parmi les hommes de l’ancien Mexique, l’homme ou la femme a qui était confié la direction des actions de toute une génération à l’intérieur d’une lignée donnée de voyants était connu comme étant le nagual.

 

        Le nagual est un être doté d’une énergie très spéciale qui lui donne la qualité d’être un guide naturel, un responsable.

 

        Don Juan était le guide de sa génération, et je suis le nagual de la nouvelle. Dans ma génération, il y a trois chacmools : Kylie Lundahl, Renata Murez et Nyei Murez ; ces trois femmes ont été confiées aux soins des quatre disciples de don Juan.

 

Carlos Castaneda

_________________________

 

Entretien avec les chacmools

 

Pouvez-vous nous dire comment vous êtes entrées en contact la première fois  avec Carlos Castaneda et la tradition de la sorcellerie, et quel impact cela a-t-il eu sur chacune d’entre vous ?

 

        Il est pour nous impossible de répondre à cette question car le fondement de la tradition de sorcellerie que Carlos Castaneda décrit dans ses livres est un état d’être. Sincèrement, nous ne pouvons pas dire qu’il  y eut un moment où nous sommes entrées en contact avec ça. Ce n’est pas de l’exagération de notre part, ni le désir de vous donner une réponse obscure, cynique ou maligne.  La vérité du problème est que nous sommes encore insuffisamment entrées en contact avec ça.

 

        Nous avons commencé à travailler avec Carlos Castaneda il y a une dizaine d’années, mais notre travail avec lui n’a rien à voir avec son monde. Nous avons fait des recherches pour un prochain ouvrage gigantesque qu’il prévoit de publier un jour, le titre de celui-ci a changé avec les années ; au début, le titre était « l’Ethno-Herméneutique », mais un de ses meilleurs amis s’est approprié le nom pour une de ses propres recherches.

 

        Alors il l’a changé pour « Une Nouvelle Vue sur l’Interprétation » ; à présent cela s’appelle « Anthropologie-Phénoménologique ». Ce travail révèle le profond intérêt de Carlos Castaneda pour les sciences sociales, qu’il a toujours gardé comme un héritage de la tradition de sorcellerie de don Juan Matus.

 

        Ainsi, nous ne pouvons pas dire que lorsque nous sommes entrées en contact avec Carlos Castaneda, nous sommes également entrées en contact avec ce monde.  Le contact avec ce monde est une question d’assimilation graduelle ; nous ne savons pas quand cela eut lieu. Nous ressentons, cependant, que cela a lieu maintenant.

 

Dans les livres de Castaneda, les êtres humains sont décrits comme des êtres lumineux qui ont généralement un point d’assemblage fixé qui les verrouille dans la « réalité normale », perçue comme étant le monde extérieur. Un mouvement de ce point d’assemblage permet à l’adepte de percevoir et de se mouvoir dans un autre monde réel. Pouvez-vous nous donner un exemple de ces expériences qui peuvent arriver à cause d’un tel mouvement, qui peut être plus accessible à ceux qui sont familiers du chemin des sorciers ; est-ce que l’expérience de la NDE (expérience de mort imminente) pourrait en être un exemple ?

 

        Le point d’assemblage se déplace de sa position habituelle au cours du sommeil. Les sorciers disent que plus il s’éloigne de sa position habituelle, plus les expériences de rêve sont étranges. C’est l’exemple le plus simple du déplacement du point d’assemblage qui arrive tout le temps à chacun d’entre nous.

 

        Un autre exemple pourrait être le déplacement créé par l’ingestion de plantes ou de substances hallucinogènes. La fatigue, la faim, la fièvre, la maladie, la déshydratation et beaucoup d’autres situations anormales produisent également un déplacement du point d’assemblage. Pour les sorciers, n’importe quel déplacement du point d’assemblage produit une vue sur un autre monde, mais il y a aussi cette idée que nous sommes incapables, dans de telles conditions, de maintenir la fixation du point d’assemblage sur l’endroit sur lequel il a été déplacé. Le résultat de cette incapacité est que l’on se retrouve simplement avec une vision floue d’autres mondes.

 

        Les NDE sont certainement, dirions-nous, un des exemples types d’une vision plus soutenue d’un autre monde. Les sorciers maintiennent que l’impact de la mort est si gigantesque qu’il gèle tout sur place ; ainsi, la fixation du point d’assemblage à l’endroit où l’impact de la mort la déplacé doit donner la vision la plus soutenue d’une autre réalité à ceux qui ne sont pas forcément sur le chemin du guerrier.

 

Nous comprenons que, comme l’était son maître don Juan Matus avant lui, Carlos Castaneda est maintenant le nagual. Que signifie ce terme ?

 

        Le terme nagual se réfère à un homme ou une femme qui possède une charge spéciale d’énergie qui le ou la fait apparaître aux yeux des sorciers, qui voient le monde exclusivement en termes d’énergie et d’écoulement de l’énergie, comme des êtres doubles, c’est-à-dire, ce qui apparaît normalement comme un œuf lumineux ou une boule d’énergie, apparaît chez un nagual comme une boule lumineuse superposée sur une autre.

 

        Les sorciers maintiennent que de tels êtres sont capables de guider, de diriger et de conseiller d’autres sorciers de la manière la plus naturelle. Les sorciers définissent le nagual comme un être qui est plus capable, du fait de sa charge énergétique, d’exprimer et d’interpréter les commandes de l’esprit. Pour Carlos Castaneda, être le nouveau nagual signifie qu’il a assumé la responsabilité de nous guider vers la liberté.

 

Est-ce qu’un successeur à Castaneda a été trouvé ?

 

        Non. Il n’y a pas de successeur à Carlos Castaneda – il est le dernier de sa lignée.

 

Pour une tradition qui est si secrète, énigmatique et mystérieuse, qu’est-ce qui a incité à prendre la décision d’entreprendre un travail public à notre époque ?

 

        La tradition des sorciers n’est en aucun cas secrète ou intrinsèquement énigmatique. Le problème est notre réticence, en tant que membres du monde occidental, à être sérieux vis à vis tout ce qui ne provient pas de nous-mêmes. Dans le cas de la tradition de la sorcellerie des indiens mexicains, l’ethnocentrisme semble être notre tasse de thé.

Nous pouvons répondre à l’autre partie de votre question en disant que la femme nagual, Carol Tiggs, qui est revenue d’un mystérieux voyage il y a dix ans, a ouvert la porte pour une tentative révolutionnaire de la part des disciples de don Juan – Carlos Castaneda, Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar, et elle-même – afin de semer la graine d’une idée extraordinaire : la liberté.

 

Comment quelqu’un qui n’est pas en contact avec vous peut-il participer à la tradition ?

 

        Carlos Castaneda a donné dans ses neuf livres toutes les indications nécessaires pour suivre le chemin du guerrier. Il a présenté ces indications de la même façon qu’elles lui furent présentées. Sous cette procédure, il y a la conviction des sorciers que l’intellect doit d’abord être accroché ; une fois que l’intellect devient curieux à propos de quelque chose, la persistance peut ouvrir des portes énergétiques qui rendra possible la participation directe. Cette réponse semble mystérieuse et énigmatique mais ce n’est qu’une apparence superficielle. Les sorciers de la tradition de don Juan disaient qu’il est impossible de comprendre la complexité de l’univers pour notre mental linéaire.

 

        L’énergie, en tant que l’authentique affaire de nos vies, ne fait pas partie de notre compréhension du monde. Une autre façon de répondre à la question serait de dire que si nous persistons à suivre le chemin du guerrier, l’énergie elle-même nous permettra de continuer.

 

Pourriez-vous, brièvement, faire un commentaire sur la compréhension qu’ont les sorciers de lignes d’énergie de la Terre et des lieux de pouvoir ?

 

        Les sorciers croient que le Terre est un être conscient, mais conscient à un niveau qui est complètement incompréhensible pour notre esprit. Etant vivante et consciente, la Terre génère de l’énergie que les sorciers perçoivent comme des lignes lumineuses.

 

        Un lieu de pouvoir est la description pour un noyau de lignes d’énergie, c’est-à-dire, un centre où l’énergie émane naturellement de la Terre, comme de l’eau s’écoulant d’un puits caché.

 

Pouvez-vous nous dire quelque chose à propos de la seconde fonction de la matrice, d’après les enseignements, la première fonction étant la procréation ?

 

        On nous a enseigné que les fonctions secondes de l’utérus sont très proches des fonctions du cerveau tel que nous le connaissons. Les sorciers nous ont dit que nous pensons avec nos utérus. Cependant, quoi qu’ils appellent « penser avec l’utérus », ce n’est pas du tout le genre de pensées  auxquelles nous sommes accoutumées. Ce qui arrive jusqu’aux femmes ne sont pas des pensées linéaires mais des pensées-sensations formidablement puissantes et claires, que nous interprétons ensuite de façon linéaire. Il semble que la progression naturelle de la vie d’une sorcière soit de faire taire les pensées linéaires et de permettre aux pensées-sensations de s’éveiller jusqu’à ce qu’il y ait une quantité égale des deux.

 

Est-ce que la tradition recommande le célibat et si oui, pour quelle raison ?

 

        Non. La tradition ne nous recommande pas d’être célibataire ou d’être libertin. Le célibat est une question exclusivement en relation avec ce que les sorciers appellent « la façon dont nous avons été conçus». Ils disent que si nous avons été conçus dans un milieu rempli de terriblement passionnel, physiquement et émotionnellement, notre niveau naturel d’énergie est si élevé que nous pouvons faire tout ce que nous voulons sans faire subir aucun détriment à notre énergie; nous pouvons êtres libertins si le cœur nous en dit.

 

        En revanche, si nous avons été conçus dans ce que les sorciers appellent « un environnement super-civilisé », notre niveau d’énergie est la réplique exacte de l’état physique et émotionnel de nos parents au moment de la conception.

 

        Les sorciers appellent le produit de cette conception une « baise ennuyeuse ». De façon un peu moqueuse, nous les appelons des « B.F » (Bored Fucked en anglais). De nous trois ici présentes, deux sont des B.F. à coup sûr ; l’une d’entre nous semble avoir échappé à ce destin. Pour les B.F. comme nous, les sorciers recommandent que nous sauvions notre énergie par tous les moyens possibles, parce que nous n’en avons pas. Dans ce cas, le célibat est recommandé, il est exigé comme notre seule façon d'être à égalité avec le meilleur non-B.F.

 

Don Juan Matus décrit le monde comme étant prédateur par nature, cela varie de toute autre tradition mystique, chamanique ou ésotérique. Pouvez-vous commenter ce point ?

 

        Dans la tradition des sorciers à laquelle appartient don Juan, il est maintenu que l’univers est prédateur par nature. Pour les sorciers, ce n’est pas une question de spéculation ou de prédilection métaphorique – ils savent comme un fait que l’univers est prédateur. A travers les âges, ils ont décrit la condition de l’homme, qui est la plus sombre que nous connaissions. Au fil du temps, cette description gagna de plus en plus de terrain. Les sorciers disent que de la même façon que nous gardons les poulets dans un poulailler, certaines entités qui viennent d’un univers de conscience, gardent les humains dans un poulailler. Les sorciers plaisantent et disent que ces entités, qu’ils appellent « flyers » ou voladores, gardent les êtres humains dans des « humainlaillers » (humaneros en espagnol).

 

        Les flyers de la tradition des sorciers sont des ombres noires que nous détectons parfois et expliquons par la présence de tâches dans la rétine. Les sorciers savent comme un fait, au moyen de leur capacité à voir l’énergie directement, que ces ombres sont prédatrices et qu’elles nous maintiennent en vie afin de dévorer notre conscience.

 

        Les sorciers disent que notre conscience est comme une brillance autour de notre champ total d’énergie, qui pour eux ressemble à une boule lumineuse. Pour eux, cette brillance est comme une housse en plastique qui ferait briller encore plus la boule lumineuse si elle n’avait pas été mangée jusqu’au niveau de nos talons.

 

        C’est là que la description des sorciers devient très perturbante pour nous ; les sorciers disent que la seule brillance de conscience laissée en nous par ceux qui nous mangent est la conscience de l’auto-contemplation. Donc, tout ce qu’il nous reste est la préoccupation du moi, du moi-même et du je. Dans nos vies personnelles, nous avons corroboré que la seule force restante dans le monde immédiat qui nous entoure est la force de l’importance personnelle, qui arrive déguisée en humilité, en compassion, en altruisme, en charité, quelque soit la façon dont on veut la nommer.

 

        La description des sorciers est bien sûr notre éternelle nemesis ; nous ne voulons pas croire que nous avons été élevés pour être mangés. En cela, naturellement, la tradition des sorciers est complètement différente de tout autre type de tradition spirituelle.

 

        Les sorciers disent, et croyez moi, c’est sans aucun cynisme, que tout idéal avec lequel nous traitons en termes de traditions spirituelles, religieuses, etc., est un dispositif concocté par les flyers pour nous maintenir endormis. 

Imaginez notre inquiétude en examinant, en pesant et en réfléchissant à cette proposition.

 

Qu’est-ce que le « saut dans la liberté » et quel est le type de « mort » pour les gens qui n’ont pas réalisé ce saut ?

 

        Nous comprenons que ce saut dans la liberté est équivalent à évoluer de façon préméditée. Pour les sorciers, la cause naturelle de nos vies, en dehors d’être mangé par le flyers, est de résister à nos attaquants afin de permettre à notre conscience d’atteindre sa pleine capacité. Achever cette tâche est une étape révolutionnaire que les sorciers appellent le saut dans la liberté. Nous n’avons pas atteint cet état donc nous ne savons pas vraiment ce que cela signifie.

 

        A propos de la question sur ce qu’est la mort pour les gens qui n’ont pas accompli ce saut, on peut y répondre très simplement à la manière des sorciers, en disant que les gens qui ne permettent pas à leur énergie de s’accroître à nouveau, meurent en étant mangés par les flyers.

 

Pourriez-vous, s’il vous plaît, expliquer pourquoi vous ne permettez pas d’être pris en photo ou l’enregistrement de vos voix ?

 

        En faisant cela, nous suivons directement la tradition des sorciers de l’ancien Mexique. Obéir à cette requête est notre seul lien palpable avec eux puisque notre façon de vivre et notre situation, en tant que derniers membres de cette lignée de sorciers, a été pour nous d’atteindre des zones qui ne furent jamais pénétrées par d’autres praticiens. Nous sommes immensément loin de la tradition actuelle qui nous apporte son soutien. Parfois, ce que nous avons à accomplir est en opposition totale avec cette tradition. Notre gage d’appartenance à celle-ci est notre obéissance aveugle à cette règle : pas de photo et pas d’enregistrement de nos voix.

 

Vous donnez, à l’heure actuelle, beaucoup d’importance à la « récapitulation ».. Pouvez-vous décrire la méthode et le but de cette technique, nous parler de ses origines et expliquer pourquoi cela a été mis récemment en avant dans les enseignements ?

 

        Non. L’importance donnée à la récapitulation n’est pas mise en avant seulement aujourd’hui ; Carlos Castaneda en a parlé pendant des années. La méthode de la récapitulation est de faire une liste méticuleuse de toutes les personnes avec qui nous sommes entrés en contact durant notre vie ; c’est une tâche monumentale.

 

        Personnellement, nous avons trouvé cela surprenant de se souvenir de chaque personne que nous avons rencontrée dans notre vie !

 

        Lorsque l’on nous demanda de faire cela, nous avons pensé que c’était impossible. On nous a dit qu’une fois la liste faite, si jamais nous y parvenions, nous devions prendre la première personne de la liste et aller du présent jusqu’au moment de notre naissance, et examiner toutes les interactions que nous avions eu, et tout ce qui se rapportait à cette interaction.

        Les raisons de faire la récapitulation, nous a t-on dit, sont multiples. La première est expliquée comme la certitude qu’avaient les sorciers de l’ancien Mexique – qui furent les inventeurs de la récapitulation – qu’une force incroyable, qu’ils appelaient l’Aigle et que nous appelons généralement conscience, prête à tous les nouveaux nés, du virus à l’être humain, une certaine quantité de conscience qu’ils font croître au moyen de leurs expériences de vie. A la fin de leur vie, cette force réclame la conscience qu’elle a prêtée.

 

        Ces sorciers maintenaient que cette conscience rendue est liée au contact de notre mort, et que cette force qui nous prête la conscience ne s’intéresse pas à prendre notre vie – c’est un processus différent. Ils maintenaient aussi qu’au moyen de la récapitulation nous pouvons donner à cette force ce qu’elle désire, et à la fin, elle nous laissera passer sans prendre notre force de vie. C’est ce que les sorciers comprennent comme être consumé par le feu du dedans. Les sorciers ne meurent pas vraiment de la même façon que leurs semblables.

 

        L’autre fonction de la récapitulation est de nous apporter de la fluidité. En revivant toutes nos expériences, les sorciers disent que nous acquérons une flexibilité qui facilitera notre entrée dans d’autres aires de perception voilées aux êtres humains ordinaires.

 

        La dernière fonction, qui nous semble être la plus importante de toutes, est qu’à travers la récapitulation nous pouvons acquérir une discipline ferme, qui est le seul moyen par lequel nous pouvons nous rendre immangeables pour les flyers. Les sorciers affirment que la seule conscience qui ne peut être mangée est la conscience produite par une discipline de fer. La récapitulation semble créer une condition de fluidité et une détermination qui est la discipline dont parlent les sorciers, pas la discipline compulsive, ou le comportement routinier.

 

        Nous avons corroboré dans nos vies que notre conscience est différente ; nous sommes certainement conscientes de choses qui étaient pour nous inconcevables auparavant.


Quelle est votre attitude envers l’utilisation des plantes psychotropes, comme la datura et le peyotl, et d’autres plantes qui furent administrées par don Juan Matus dans les premiers livres de Castaneda ?

 

        Nous comprenons que la raison pour laquelle don Juan donna à Carlos Castaneda une profusion de plantes psychotropes, était que Castaneda était un sujet très difficile. La rigidité de sa personnalité était si impressionnante que don Juan avait l’habitude de l’appeler « Monsieur Vieillard » ou « Monsieur Cauchemar », et aussi « Monsieur Bacon », parce qu’il était rondouillard. Lui-même nous a dit qu’être petit, basané, rondouillard et simplet faisait de lui un sujet impossible. Le cas de Castaneda était assez individualiste – le reste des disciples de don Juan n’ont jamais pris de plantes. Don Juan les a poussées dans la direction opposée, au point qu’elles ne buvaient même pas de thé.

 

Nous avons entendu dire que la femme nagual, Carol Tiggs, qui fut présentée comme faisant partie du monde de Castaneda dans son livre le plus récent, « L’art de rêver », a passé dix ans dans la seconde attention, puis a réapparu dans une librairie en Californie. Est-ce vrai et pouvez-vous expliquer ce que cela signifie ?

 

        Oui, c’est vrai. Carol Tiggs est allée à la librairie Phoenix de Santa Monica parce qu’elle avait appris que Carlos Castaneda allait y donner une conférence. Lui, Florinda Donner-Grau, et Taisha Abelar croyaient que Carol Tiggs était partie pour le reste de leurs vies « naturelles » et qu’elle les attendait quelque part dans ce que les sorciers appellent la seconde attention, où elle les aurait tous guidés un jour. Carol Tiggs est revenue d’un voyage de dix ans, deux mois avant cette rencontre dans la librairie ; elle était encore un peu assommée par cette expérience, elle ne pouvait pas concevoir une façon d’entrer en contact avec Carlos et les deux autres.


        Il est pour nous très difficile d’expliquer ce que cela signifie. Les sorciers expliqueraient cela en disant que les quatre disciples de don Juan n’ont pas été mangés par les flyers depuis trente ans, alors leur niveau de conscience leur permet de faire des tours extravagants avec la perception et la conscience. Essayer de transformer cela en une explication linéaire est impossible, sauf si nous voulons avoir l’air de trois idiotes en train de déblatérer des inanités. Nous espérons ne jamais en arriver là.

 

Qu’est-ce que la "seconde attention" exactement ?

 

        On nous a enseigné que la seconde attention est la conscience des êtres humains qui n’a pas été dévorée par les flyers jusqu’aux talons. Si une accroissance naturelle de la conscience est possible, le niveau de conscience de cette énergie qui s’élève permet à la personne la possédant d’entrer dans quelque chose d’indescriptible. Puisqu’il a été pour nous impossible d’avoir une idée de ce qu’est cette conscience pour un grand nombre de gens, tout ce que nous avons ce sont nos quatre « prisonniers » : Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar, Carol Tiggs et Carlos Castaneda. Nous n’avons pas été capables de vraiment traiter avec ce sujet.

 

        De notre propre expérience personnelle, nous sommes proches du silence. Nous avons changé, oui, mais notre conscience ne peut pas verbaliser ce que nous expérimentons ; cela semble être comme le monde que nous nous connaissions, mais nous savons que ce n’est pas le cas.

 

        Nous espérons qu’un moment viendra où il sera possible pour nous de verbaliser ce qu’est la seconde attention au-delà du fait de dire que c’est un état de conscience accrue. Comme nous l’avons dit précédemment, par conscience accrue nous voulons dire qui n’a pas été mangé par les flyers.

 

        Notre insistance sur ce point peut être très déplaisante pour vous, ça l’est pour nous, mais nous sommes convaincues qu’il n’y a pas d’autre moyen d’expliquer le changement authentique chez les êtres humains. Considérez ce point : dans le monde de la vie de tous les jours, peu importe ce que nous faisons, nous ne changeons jamais. Alors que pouvons-nous faire ? Rester le même tout en parlant sans arrêt d’idéaux irréalistes ? C’est à ce niveau que les sorciers ont été implacables avec nous.

 

        Ils nous ont dit, si vous voulez vraiment changer et être différentes vous devez échapper aux flyers. Si vous ne le faites pas, oubliez le changement – tout ce que vous ferez tout au long de vos vies sera de parler des êtres merveilleux que vous êtes.

 

Êtes-vous en train de travailler pour le saut collectif dans la liberté et êtes-vous dans une course contre le temps pour accomplir ce saut ?

 

        Nous sommes toutes les trois parfaitement en accord avec les quatre disciples de don Juan ; nous aimerions amener l’idée de changement, de liberté et d’un objectif d’évolution à quiconque serait intéressé. Nous ne sommes dans une course contre le temps ; si nous les sommes, c’est subliminal – nous n’en sommes pas conscientes. Mais maintenant que vous posez la question, nous nous interrogeons à ce sujet.

 

Nous comprenons que don Juan n’est plus de ce monde. Où est-il maintenant et avez-vous encore un quelconque contact avec lui ?

 

        Nous sommes arrivées bien des années après le départ de don Juan. Nous ne savons pas où il est – ni ses disciples. Apparemment, il est mort d’une mort de sorcier, ce qui signifie qu’il a emporté son corps avec lui et a gardé sa force de vie. Les sorciers décrivent cela comme brûler du feu du dedans et transformer chaque parcelle de soi en conscience – en énergie. Si c’est le cas de don Juan, lui et son groupe ont disparu dans l’infini sans laisser de trace.

 


Copyright 1995 Chacmool Center for Enhanced Perception
Copyright June 1995 for Kindred Magazine



Publié à 12:49 le 8 avril 2007 dans Instructeurs de Tenségrité
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L'héritage des sorciers

L'héritage des sorciers

Entretien avec les Instructeurs de Tenségrité

        Il était le dernier nagual, le leader d'un groupe de voyants dont les racines remontent à une époque lointaine. Il a disparu "sans laisser de traces" aussi mystérieusement qu'il avait vécu, il y a aujourd'hui deux ans. Mais son rêve sorcier reste présent.

        En 1999 a été publié dans notre pays "Le voyage définitif", ouvrage dans lequel Castaneda raconte des détails insolites tirés de ses expériences survenues après qu'il fut absorbé pour toujours par l'univers magique que don Juan Matus lui présenta durant 13 ans. A cette dernière oeuvre s'ajoute aujourd'hui la réédition dans certains pays du livre qui lui apporta la reconnaissance : "L'herbe du diable et la petite fumée", dans laquelle on trouve un prologue inédit de l'auteur.

        Mais les nouvelles ne se terminent pas là. Les 9, 10 et 11 juin, Barcelone accueillera pour la troisième fois un séminaire de passes magiques, mouvements pratiqués par ces chamans depuis des temps immémoriaux pour accroître leur énergie. A cette occasion, le séminaire portera sur un des aspects les plus attirants de la connaissance de Castaneda : l'art de rêver et le développement du voyant intérieur, cette voix, ou ce sentiment, qui nous guide si nous nous maintenons suffisamment silencieux pour la percevoir.

Le droit d'être libre

Pourquoi Castaneda est-il toujours aussi fascinant ?

        Nous pensons que cela est dû au fait que son oeuvre porte en elle le fait énergétique que les êtres humains sont des êtres de perception, des créatures de conscience magiques - affirme Nyei Murez, une de ses disciples -Castaneda nous rapproche de la possibilité de vivre le fait que le monde que nous percevons dans notre vie quotidienne n'est qu'un parmi une infinité de mondes où nous pouvons, selon un droit naturel et inné accordé à chacun d'entre nous, naviguer et rêver.

        Aerin Alexander, autre apprentie de Castaneda, connaît bien la soif de l'inconnu : "Le nagual nous disait que ce désir sans nom est un désir de rêver, de naviguer dans la mer de la conscience et pouvoir témoigner de l'immensité de l'infini, de traverser les barrières de la socialisation".

        "Mais réaliser une telle prouesse - rajoute Miles Reid, également étudiant du sorcier - requiert de la discipline".

        Leur prochain séminaire à Barcelone traitera de cette mystérieuse voie que Carlos Castaneda appelle Rêver.

Qu'est-ce que rêver et en quoi cela se différencie-t-il des songes ordinaires ?

        Miles Reid : Pour les voyants, rêver est l'art d'utiliser les rêves ordinaires comme des entrées vers d'autres royaumes de la perception. Les voyants du Mexique ancien qui découvrirent l'art de rêver, découvrirent que notre monde quotidien n'est qu'un parmi les nombreux mondes accessibles à notre perception, que pour pénétrer ces mondes nous avons besoin d'énergie. Ils cherchèrent systématiquement où notre énergie se trouve dissipée, et ils découvrirent que la plus grande partie se trouve dépensée dans la présentation et la défense de l'idée du "moi". Réduire son importance personnelle leur permettait de gagner de l'énergie qui pouvait être utilisée pour accroître leur conscience.

        Nyei Murez : Castaneda nous disait que rêver éveillé est une chose qui arrive quand nous ne nous permettons pas d'être les êtres que nous sommes toujours, et que nous abandonnons les schémas habituels de dominants / dominés. Si nous pouvons maintenir ce nouvel état, nous découvrons l'extraordinaire dans l'ordinaire et nous découvrons que le monde est rempli de mystère.


Récemment il a été dit que lorsqu' on choisit le chemin qui a du coeur, en s'investissant dans des choses pour lesquelles nous éprouvons de la passion, nous pouvons entrer dans ces états de rêver éveillé.


        Aerin Alexander : Oui. Un navigateur augmente sa conscience en suivant un chemin qui a du coeur, le chemin de sa prédilection. Cela peut être la musique, la physique ou la médecine. Les possibilités sont infinies. Le nagual nous disait que vivre une romance avec la connaissance, quel que soit la forme avec laquelle cela se présente, est un moyen de rêver éveillé.

De l'amour et autres démons

Ils sont nombreux ceux qui disent avoir expérimenté comment les Passes Magiques font tomber leurs anciens repères d'interprétation. Ils se sentent engagés dans le changement, mais ces changements exigent du temps, et les doutes surgissent…


        Nyei Murez : Les étudiants de don Juan insistent sur le fait que le seul chemin possible pour un guerrier dans ce cas est d'agir de façon cohérente et sans réserve. C'est à cela que se réfèrent les voyants quand ils parlent du dessein inflexible d'un guerrier. Le guerrier arrive à un point où il sait suffisamment à propos du chemin pour agir avec une résolution inflexible, mais ses vieilles habitudes peuvent l'empêcher de le faire.

        Miles Reid : C'est une question d'énergie. Si notre niveau d'énergie est bas, il est plus facile de tomber dans les vieilles routines et de nous charger d'un sentiment de culpabilité. Le nagual nous répétait sans cesse que quand les guerriers tombent, ils ne restent pas là à se sentir coupables. Ils se lèvent instantanément et continuent leur chemin.

Qu’arrive t-il avec les sentiments ? Est-ce que, par exemple, le fait d'être amoureux peut être un obstacle pour le guerrier ?


        Nyei Murez : Castaneda affirmait que d'énormes quantités de notre énergie sont gaspillées dans la recherche de l' "amour". A ceux d'entre nous qui étions "en manque d'amour", il suggérait : "Pourquoi ne tombes-tu pas amoureux de toi-même, puisque tu es la personne avec la quelle tu passes la majeure partie de ton temps ?". Il n'était pas en train de nous pousser au narcissisme, au contraire, il disait que nous ne nous occupons pas du tout de nous-mêmes, mais que nous cherchons une autre personne qui puisse s'occuper de nous, et nous aime inconditionnellement, "comme nous sommes ".

        Miles Reid : Si nous ne pouvons pas cesser de tomber amoureux, alors nous devons surveiller notre comportement lorsque nous nous trouvons dans cette situation. Ce n'est qu'en parvenant à arrêter d'imposer aux autres nos interminables attentes à propos de l’"amour" que nos interactions pourront se baser sur ce que les voyants appellent l'affection abstraite. L'affection du corps de rêve.

Seuls face à l'infini

A quoi vous référez-vous quand vous parlez de " rêver en groupe " ? Castaneda soutenait que les guerriers ne font pas partie de groupes, qu'ils affrontent seuls l'infini…


        Nyei Murez : C'est une contradiction seulement en apparence, selon le point de vue de la syntaxe ordinaire de notre langue. Le nagual nous expliquait que, pour les voyants, c'est un fait énergétique que chacun de nous est seul face à l'infini. Quand un voyant voit un être humain comme de l'énergie circulant dans l'univers, sans les interprétations de notre syntaxe et de notre éducation, il voit seulement une sphère lumineuse d'énergie, cela ne compte pas si cet être se trouve seul ou au milieu d'une foule.

        Miles Reid : De même, il soutenait qu'il peut y avoir un grand nombre de guerriers qui regardent dans la même direction: vers l'infini. Les chamans de la lignée de don Juan ne pouvaient être témoins de l'effet de cette entreprise qu'en petits groupes, mais aujourd'hui un grand nombre de personnes, au travers des séminaires, des livres ou des vidéos de passes magiques sont en train d'activer leur lien avec l'intention de la liberté de perception. Et cela crée quelque chose que Castaneda appelait un nouveau "consensus de perception".

        Aerin Alexander : Considérant que le monde quotidien est un accord de perception, il nous faisait la proposition suivante : pourquoi ne pas nous accorder sur le fait que nous pouvons naviguer, que nous pouvons rêver ?

Il y a beaucoup de spéculations sur le rôle des trois compagnons de Castaneda, Donner-Grau, Abelar et Tiggs, dans cette entreprise et le motif pour lequel elles ne sont pas présentes dans les séminaires.


        Aerin Alexander : Actuellement, les disciples de don Juan nous guident. Leur absence apparente est une décision de voyants basée sur l'affection abstraite pour les praticiens des passes magiques. Elles savent que si elles se présentaient en public, immédiatement, nous nous sentirions liés à elles.

        Nyei Murez : Elles veulent que nous voyons le fait que le nagual nous a dit tant de fois: notre lien est avec l'intention, avec le coté actif de l'infini, et chacun de nous porte à l'intérieur de lui-même la capacité d'activer notre rêve.

Propos recueillis par Concha Labarta.
Publié dans Mas Allas, Mai 2000



Publié à 01:58 le 18 mars 2007 dans Instructeurs de Tenségrité
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Le journal de navigation

 

                   

 

 

 

Le Journal de Navigation

Interview avec les instructeurs de Tenségrité


                      "Fractalum" n°3 -Mexico - octobre 2000 -

                    Revue des praticiens mexicains de Tenségrité



Pour beaucoup de praticiens le journal de navigation reste encore un sujet mystérieux. Nous ne savons pas exactement ce que signifie dire qu'il s'agit d'un outil. Beaucoup de praticiens mentionnent qu'ils sont en train de s'apercevoir qu'ils écrivent dans leur journal les mêmes choses qu'ils ont écrit plusieurs mois avant et trouvent difficile d'y faire face. Pouvez-vous parler de ce thème ?

        Le journal de navigation, nous a dit Carlos Castaneda, est véritablement un mystère; il a dit qu'il s'agissait d'un registre concernant quelque chose de très rare: les faits énergétiques que perçoivent les voyants pendant leurs voyages dans l'infini; des faits dérivés de la perception du corps physique et du corps énergétique ensemble. Pour cette raison, a t-il dit, c'est un journal très concis car, comme le raconte don Juan Matus, l'énergie est très précise.


        En faisant que leurs apprentis prennent note de leurs perceptions, comme Carlos Castaneda nous l'a demandé à nous, les voyants s'efforcent de guider ces apprentis à aiguiser leur capacité de percevoir l'énergie directement; à ce qu'ils fassent leurs premiers pas pour attirer la perception du corps physique et du corps énergétique ensemble.


        Prendre note des perceptions amène à reconnaître rapidement que nous nous répétons, peut-être car nous répétons certaines phrases préétablies à nous même. Certains praticiens ont dit qu'ils ont rencontré les phrases suivantes dans leur inventaire de commandes syntaxiques non examinées, formules d'éloge ou de désapprobation :
"Je ne peux pas le faire ! Ca ne va pas marcher !"
"Pour qui me prend-on ? Un fou ?"
"C'est super !"
"Quel pied !"
"Plus les choses changent plus elles semblent les mêmes", etc.


        Voir notre répétition peut être décevant au début. Carlos Castaneda a dit que nous pouvons seulement être déçu si nous avons de grandes attentes envers le moi personnel. Il recommandait une vision du moi personnel plus sobre, une où nous suspendons le jugement.


        Don Juan lui disait : "Un guerrier sait qu'il ne peut pas changer, et cependant il s'efforce d'essayer de changer. Le guerrier n'est jamais déçu quand il n'arrive pas à changer. C'est cela l'unique avantage qu'il a par rapport à l'homme ordinaire."


        Carlos Castaneda proposait que depuis ce point de vue, nous pourrions reconnaître nos limitations et néanmoins, nous pourrions commencer à diriger notre attention vers ce qui est essentiel pour les voyants et ce qui est le sujet réel du journal de navigation :
Quelles sont nos perceptions ?
De quoi avons-nous été témoin aujourd'hui dans l'infini ?


Beaucoup de praticiens ont senti que, depuis qu'ils ont commencé à pratiquer la cartographie du corps énergétique le matin et l'après-midi, ils ont fait l'expérience de rêves dans lesquels ils sont sur le point de traverser un seuil du rêve, cela les effraie et ils veulent se réveiller. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

        Les voyants croient que, si nous avons des craintes occultes durant nos heures de veille, ces craintes apparaissent comme barrières dans le rêve. Récapituler nos vies est essentiel pour lâcher ces craintes dans le but de pouvoir agir. Les apprentis de don Juan ont dit que ce qui nous apporte la confiance pour agir dans le rêve est le corps d'énergie, le jumeau énergétique du corps physique et que nous calibrons et aiguisons le corps d'énergie durant nos heures de veille.

 

        Ils nous ont encouragé à ce que, comme part intégrale de nos pratiques de rêve, nous attirions le corps d'énergie en menant à terme les actes les plus simples avec la précision et l'efficacité qui proviennent de l'affection abstraite, l'affection détachée du corps d'énergie même.


        La discipline du rêveur, a dit Carlos Castaneda, est de maintenir son affection pour ce qu'il est en train de faire; c'est avoir l'intention, par le biais de ses actions, que son émerveillement soit plus grand que sa crainte.



Publié à 01:48 le 18 mars 2007 dans Instructeurs de Tenségrité
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Entretien avec Miles Reid

                     

 

 

 

 "Se sentir important nous rend banal"

Entretien avec Miles Reid, médecin et apprenti de Carlos Castaneda

      "On nous inculque que chaque âge de la vie a ses caractéristiques, ne vous laissez pas influer par cela. Je suis né sur la cote Est des Etats Unis. Je suis celibataire, je suis medecin et je travaille à faire fusionner la médecine chinoise et la médecine occidentale. Je donne un séminaire sur les passes magiques des anciens chamans à l'institut Cosmobiotico de Barcelone les 9,10 et 11 juin prochains."


Qui était Carlos Castaneda ?

Carlos Castaneda était un anthropologue qui s'est installé à Mexico en 1960 pour faire un travail de terrain. Là, il connut le sorcier Juan Matus, don Juan, et commença avec lui un apprentissage qui dura treize ans, au cours duquel tous les secrets des anciens chamans mexicains lui furent transmis.

Qui etait don Juan ?

La 27ème génération d'une lignée de sorciers qui dédièrent leur vie à développer un système de connaissance à la fois puissant et différent de celui qui régit nos sociétés.

Comment cela ?

L'énergie qui nous permet de dépasser les paramètres de la perception normale que nous à inculqué notre culture et notre entourage social est à l'intérieur de nous.

Pourquoi voudrais-je depasser les paramètres de ma perception ?

Parce que c'est le but de l'homme: c'est comme si vous me demandiez pourquoi une graine veut devenir un arbre.

Que devons-nous comprendre ?

Que le monde que nous voyons tous les jours n'est qu'une interprétation parmi tant d'autres. Si nous pouvons suspendre notre jugement, nous accédons à ces innombrables et autres interpretations qui ouvrent des possibilités de perception et d'action jusque-la inconnues.

Castaneda fut initié au moyen de drogues hallucinogènes...

Nous autres, ses disciples, n'utilisons pas de drogues. Les anciens chamans savaient que notre énergie est centrée sur l'auto-contemplation et qu'il faut la tirer de là. Pour parvenir à cela avec Castaneda, pour interrompre sa rationalité et l'assouplir, Don Juan utilisa des drogues, mais dans son cas particulier et à son époque.

Les pratiques chamaniques étaient secrètes. Pourquoi les divulguez-vous aujourd'hui ?

Don Juan perçu que sa lignée se terminait et que derrière elle quelque chose de neuf s'ouvrirait. C'est pourquoi il confia à Castaneda et à ses trois autres disciples la tâche de décider de quelle façon fermer la lignée:
Fais-le avec une broche en or lui dit-il.

Et que fit Castaneda ?

Il décida d'être cohérent avec son époque, l'époque de la communication, et de diffuser les enseignements de Don Juan grâce à ses livres. Le secret ultime, les passes magiques, il le devoila à son groupe d'initié.

Que sont les passes magiques ?

Ce sont des respirations et des mouvements corporels que les anciens chamans trouvèrent en état de rêve et qui ont la capacité de restructurer notre énergie, ce qui nous apporte bien être et vitalité, physique et mental. Castaneda disait que grâce à elles nous conquérons le silence interieur, nous apaisons les turbulences internes.

Des mouvements énergétiques ?

Nous sommes des unités d'énergie définies, mais les effets de notre vie quotidienne font que cette énergie se disperse hors de nos centres vitaux. Les passes magiques recanalisent cette énergie et avec elle nous pouvons accéder à d'autres possibilités de perception et d'action.

Quel est le résultat ?

Je vais vous donner un exemple : si vous êtes en conflit avec une autre personne ou que vous avez des problèmes, toute votre énergie est dépensée dans cette préoccupation et fini par s'épuiser. Nous focalisons notre énergie sur le point de l'auto-contemplation, de l'importance personnelle.

Et que proposez-vous dans de telles circonstances ?

Il faut pouvoir à tout moment avoir la vision de l'autre, faire de l'espace à l'intérieur de nous-mêmes à une autre manière de comprendre. Si nous comprenons que chaque personne qui interagit avec nous a quelque chose à nous montrer, nous serons fluides et nous servirons de conduit a l'énergie.

Sommes-nous de l'énergie et retournons-nous à l'énergie ?

Oui, notre vie est un voyage pour augmenter notre conscience, qui ensuite retourne à son origine. Mais les chamans étaient extrêmement pragmatiques.

A quoi faites-vous référence ?

Quand l'énergie circule c'est le bon chemin ; mais lorsqu'elle stagne, il ne faut pas la forcer dans une direction, il faut changer de direction. Les passes magiques relocalisent l'énergie que l'on doit utiliser pour changer, pour sortir de cette stagnation, reflet de la préoccupation constante pour soi-même, qui n'est rien de plus que de l'auto-compassion deguisée.

Et peut-on commencer à n'importe quel moment de sa vie ?

Oui, parce qu'à l'intérieur des passes magiques, il y a une discipline qui s'appelle la récapitulation et qui consiste en un passage en revu systématique de notre vie, pour voir à quoi nous avons employé notre énergie, et ainsi pouvoir changer.

Jusqu'où ?

Nous avons tous une voix intérieure qui peut nous dire quel est le chemin à suivre, mais notre attention est mise sur le renforcement de notre égo. Lorsque nous sentons que nous sommes la chose la plus importante du monde, nous ne pouvons pas apprécier le monde. Le sentiment de l'importance rend lourd, maladroit et banal.

Et cette énergie peut-elle être mal utilisée ?

Nous sommes éduqués pour interpréter les choses comme étant opposées: bien et mal. Mais pour les chamans la seule chose qui existait était l'énergie. Les choses fonctionnent naturellement quand on laisse l'énergie circuler, c'est seulement si elle stagne que nous nous faisons du mal. Leurs enseignements avaient pour but d'apprendre à laisser circuler librement l'énergie, de comprendre les pas basiques qu'il faut suivre pour atteindre la prouesse de voir.

Voir que tout est possible ?

Oui, nous rendre compte que nous disposons d'innombrables possibilités qui n'entrent pas dans l'idée que nous avons de nous-mêmes, mais la liberté nous donne le vertige.

La Vanguardia 27 mai 2000



Publié à 01:18 le 18 mars 2007 dans Instructeurs de Tenségrité
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L'énergie du Féminin

                                   

 

 

    L'Energie du Féminin

Interview avec les Pisteuses d'Energie,

apprenties de Carlos Castaneda, Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar et Carol Tiggs

 

"Fractalum" N°2 - Revue des praticiens mexicains de Tenségrité

 

 


      Ce travail est une rencontre entre les praticiens et les instructeurs de Tenségrité. Il constitue la synthèse de plus de deux cents questions qu'ils ont reçues de divers pays du monde. On pourrait dire que toutes les questions sont différentes, mais en même temps elles se ressemblent, comme si elles émanaient d'une même ligne. De la même façon, bien que chaque réponse paraisse se diriger personnellement, elles ont en même temps un caractère impersonnel.


      Cet événement inédit - parce que nous croyons qu'il l'est - signifie une opportunité de nous rêver en tant que femmes dans une histoire différente, une intention qui implique en fin de compte le féminin et le masculin, tant dans le caractère duel qui nous habite, que dans la relation entre les sexes.

Pourquoi donnez-vous ce deuxième séminaire pour les femmes ? 

 

Un navigateur a besoin de connaître son équipement, le genre d'information que celui-ci peut donner, et la façon d'en faire usage. En tant qu'êtres possédant des matrices, nous avons besoin d'une conscience sobre et informée de la façon dont elles guident nos perceptions. Selon les voyants, nous avons reçu le don incroyable d'une boîte à perception, d'un organe d'évolution, et pourtant, nous sommes complaisantes. Nous voulons être guidées, qu'on nous indique des procédures. Comment pouvons-nous évoluer dans cet état ?

Pourriez-vous parler du pouvoir de la matrice ?

Les voyants de l'ancien Mexique s'intéressaient à éveiller la seconde fonction de la matrice: l'évolution, ce qui signifie la perception directe de l'énergie telle qu'elle circule dans l'univers. De la même façon qu'une mère rêve son enfant dans la matrice, les navigateurs avec une matrice peuvent utiliser ce pouvoir pour rêver des rêves des sorciers.

Comment éveillons-nous la seconde fonction de la matrice ?

La seconde fonction de la matrice peut être éveillée en réalisant ce que Florinda Donner-Grau appelle vaincre le moi. Ceci commence en établissant un inventaire clair et posé de sa propre socialisation et en éliminant les modèles de comportement inutiles. Pour les voyants, la présentation du moi comprend nos efforts pour présenter notre point de vue concernant ce qu'est être un homme ou ce qu'est être une femme, au sein de l'ordre social.

Récemment, vous avez parlé d'éveiller en chacune de nous la "vraie femme". Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire par là ?

Lors du séminaire de Mexico, nous avons dit qu'il était nécessaire de découvrir ce que cela signifiait d'être un homme ou d'être une femme avant de devenir des " êtres -en - rêve ". Un navigateur doit devenir pleinement conscient de la façon dont il ou elle personnifie ses croyances socialisées concernant ce que signifie être un homme ou une femme.
Les étudiants de Don Juan nous ont demandé de le découvrir: " que pensez-vous que c'est qu'être un homme et être une femme ?".

 

Nous devons revoir nos opinions et prendre conscience des accords inconscients que nous avons acceptés, ou de là où nous avons renoncé ou abdiqué. Souvent, nous découvrons que nos croyances sont arbitraires, qu'elles ne sont vraiment pas une question de sexe. Par exemple, nous pourrions avoir adopté la croyance selon laquelle "les femmes sont soumises", quelque chose qu'une de nous commenta au Nagual." Les hommes ne sont-ils pas soumis aussi?" demanda-t-il.


Si nous examinons à quel moment nous "avons renoncé", il se peut que nous découvrions que nous avons abdiqué par convenance, que nous ne sommes pas les victimes que nous croyons être.


"Personne ne fait rien à personne" a dit don Juan à Carlos Castaneda, "encore moins à un guerrier." ( La Roue du Temps ) Si nous voulons être de "vraies femmes", cela signifie que nous allons jusqu'au noyau de notre être et que nous agissons sur lui. Certaines d'entre nous ont fait peut-être quelque chose que le Nagual appelle " prendre le parti de papa" . Nous sommes "les filles de papa" qui veulent son approbation si intensément qu'elles l'imitent - et nous prenons de lui le pire, au lieu du meilleur de son caractère! Si nous essayons d'être des hommes, nous a dit Taisha Abelar, nous n'y arrivons pas si bien et nous ratons notre meilleure possibilité: la perception de la matrice.

J'ai grandi avec l'idée qu'on ne pouvait pas faire confiance aux autres femmes, étant donné qu'il existe toujours une situation de compétition entre elles. Comment couper ce sentiment, pour naviguer avec elles avec fluidité ?

Quand l'une de nous fit une telle remarque - qu'elle n'avait pas confiance envers les femmes -, Carol Tiggs alla directement au coeur du sujet : " Toi aussi tu es une femme, n'est-ce pas? Peut-on avoir confiance en toi? Examine ceci."


Elle a dit que les êtres humains étaient remplis d'idées sans les examiner: d'idéalisations. Pour naviguer, nous devons examiner ces idéalisations et agir sur ce que nous apporte un tel examen. D'une autre façon, notre point d'assemblage reste fixé à la même position.

 

Si nous examinons l'idéalisation de la " compétition ", nous découvrons que nous sommes tous en compétition dans un sens. Tous nous affirmons notre désir de nous accrocher à notre vie, d'obtenir ce dont nous avons besoin. Nous interprétons l'affirmation d'un autre être qui est en train de faire la même chose comme de la "compétition". Nous n'avons pas de raison de l'interpréter de cette façon. Nous pourrions simplement reconnaître que l'autre personne est en train de faire ce qu'elle a à faire - et la laisser faire. Nous n'avons pas à être toujours le numéro un ! Chacun de nous a un contact direct avec l'infini. Qui peut nous priver de cela?
Si tu donnes, a dit Carol Tiggs, tu obtiens tout.

Comment pouvons-nous faire meilleur usage d'éléments comme par exemple le vent, ou de forces abstraites, à des fins de sorcellerie? (Florinda Donner-Grau s'est référée à cela une fois)

Florinda Donner-Grau nous a dit qu'il valait mieux commencer petit, que nous ne pouvons pas commander le vent si nous ne pouvons pas avoir une conversation agréable avec les gens qui nous entourent.
Carol Tiggs suggère de faire des ajustements minuscules chaque jour. Faites un inventaire: cela fut-il un jour artistique, ou un jour de plaintes? Qu'ai-je fait de différent aujourd'hui?
Si la réponse est: rien, nous en prenons note et nous faisons différemment la prochaine fois.

A un moment, Taisha Abelar nous a dit que flirter était nécessaire pour une femme. Comment pouvons-nous manipuler cela, sans rester emprisonnées dans l'ordre social ?

Taisha Abelar nous a dit que flirter, quand cela est dépouillé des attentes du rituel de l'accouplement, nous donne une charge d'énergie. C'est une manière d'utiliser le pouvoir de la matrice comme une force constructrice dans notre vie quotidienne. Les femmes peuvent diriger l'énergie de la matrice à travers leurs yeux, à travers leur être entier, et interagir dans leur vie quotidienne depuis la connaissance silencieuse de la matrice.


Le Nagual a décrit cela comme "avoir une romance avec la connaissance", quelle que soit la forme dont cela se présente. Il a dit aussi que nous pourrions avoir une romance avec les autres êtres - non de courtisanerie sinon d'affection abstraite.


La courtisanerie, a-t-il dit, est seulement de l'indulgence. L'affection abstraite, cependant, requiert de la discipline - l'art de maintenir un état d'étonnement. Nous soutenons l'autre personne comme un être mystérieux et magique.

Pourriez-vous parler de la ménopause et de la perte de l'utérus après une opération chirurgicale ? Ces circonstances changent-elles en quelque chose les possibilités que nous avons en tant que femmes d'un point de vue chamanique ? Comment gérer au mieux ces deux situations ?

Durant la ménopause l'énergie sexuelle qui antérieurement était utilisée dans les mécanismes de préparation de l'utérus pour la reproduction, se libère. Plutôt que de se retrouver tarie, la femme ménopausée est bombardée par un nouveau flux d'énergie d'une telle force, que dans certains cas, elle s'en trouve effrayée. Les passes magiques peuvent donner à la femme l'avantage de maintenir sa sobriété et sa vitalité durant cet énorme changement énergétique.


En termes très pragmatiques, c'est un moment pendant lequel l'être qui vit cette expérience sait qu'il doit faire quelque chose de différent concernant sa santé et son énergie pour maintenir sa sobriété et amplifier au maximum la perception très directe qui maintenant lui est possible.
Dans le cas d'une hystérectomie, la réponse est : "pour un guerrier, il n'y a pas d'avantages ou de désavantages. Il n'y a que des défis." ( La Roue Du Temps ).

 

Un être qui a subit une hystérectomie a un excellent défi parce qu'elle a encore l'empreinte énergétique de la matrice, mais elle sait qu'elle ne peut être complaisante. Pour percevoir l'énergie directement, elle doit adopter un but inflexible - la prédilection des hommes, mais quelque chose dont ont besoin tous les navigateurs.


De plus, une hystérectomie peut nous servir à pouvoir voir finalement ce que nous avons fait avec la matrice. Toute la turbulence que nous avons gardé là est notre propre croyance au sujet de qui nous sommes, ou de comment nous copions notre propre mère et ses croyances, ou reflète nos sentiments au sujet d'un père qui n'a jamais eu d'affection pour nous. La récapitulation nous donne l'opportunité de retourner voir nos interactions sexuelles et de voir comment nous pouvons réécrire cette histoire différemment.

Dans un séminaire je me rappelle avoir entendu que les étudiantes de don Juan focalisent leur attention sur l'évolution non sur la reproduction.  Que disent-elles sur la maternité, si quelqu'un ressent le désir d'être mère ?

Ce qui importe pour un navigateur est d'être impeccable, de répondre par ses décisions quelles qu'elles soient. Si quelqu'un choisit d'être mère, alors elle est une mère impeccable. Elle donne à son enfant son affection totale, sans investissement et sans essayer de le combler. Elle prend soin d'elle-même pour ne pas se fâcher de sentir qu'elle lui donne tout et que personne ne lui donne rien en retour.

Après avoir atteint les sept ans de célibat que Taisha Abelar a mentionnés une fois, les désirs et les nostalgies pour le sexe opposé se diluent-ils ?

Les navigateurs ne veulent pas se défaire des désirs et des nostalgies! Ce serait mieux de nous demander: - qu'est-ce dont nous avons la nostalgie ? Est-ce en vérité pour le sexe opposé? Ou est-ce quelque chose d'autre? Nous pouvons utiliser le désir et la nostalgie en tant que forces positives qui nous conduisent à agir de manière différente, à rêver.
Dans la vision des voyants, ce dont nous avons la nostalgie, en fin de compte, c'est du corps énergétique. Reconnaître cela peut nous aider à mettre de l'élégance dans nos interactions avec les hommes et avec les femmes, au lieu d'y apporter compulsion et besoin.


Les voyants recommandent un moment de célibat parce que les navigateurs - surtout les femmes - ont besoin d'examiner leur propre inventaire. Elles ont besoin d'une pause momentanée pour vérifier qui elles sont et ce qu'elles veulent. Ce que nous découvrons presque toujours, c'est que nous sommes, comme disait le Nagual, défaillantes. Nous sommes fragmentées. Nous avons besoin de cohésion avant de pouvoir nous mélanger énergétiquement avec une autre personne.


Nous ne sommes pas prêts pour l'échange énergétique qui a lieu dans (toute) relation sexuelle si nous n'avons pas examiné notre propre inventaire, incluant toutes les attentes et interprétations que nous mettons dans nos liens avec les autres. Le Nagual nous a dit que dans nos interactions, nous attendons toujours une réciprocité et que les navigateurs n'attendent pas de retour. Ils approchent chaque union avec un autre être avec une totale discipline, une totale affection.
Taisha Abelar a souligné que le célibat pour un guerrier n'est pas une question de gagner des points en plus pour bonne conduite, pour avoir accumulé la quantité correcte de "sacrifice".

 

"Cela, disait-elle, n'est pas comprendre l'essence de la question." Une période de sept ans fait référence à un cycle complet de temps. Le cycle réel peut être différent pour chaque femme. Nous devons lire cela individuellement et en assumer la responsabilité. C'est cela qui est excitant ! L'infini signalera une direction à suivre que nous pourrons percevoir en silence.

Pleurer est-il, pour le guerrier, un signe de faiblesse, d'attachement ? La récapitulation, voir et le silence intérieur arrivent-ils à dissoudre les sentiments de vide ou de perte, ou y a-t-il des sentiments qui ne nous laissent jamais ?

Oui, les guerriers pleurent, mais non pour quelque chose de trivial. Un guerrier ne pleure pas pour lui-même. Si notre tristesse provient de repentirs liés à quelqu'un que nous avons connu dans le passé, nous pouvons prendre l'affection que nous sentons pour cette personne et l'exprimer à quelqu'un que nous avons en face de nous. Maintenant, nous pouvons faire les choses que nous n'avions pas pu faire avec cette personne dans le passé. Nous payons nos dettes dans le moment présent.


Don Juan a dit à Carlos Castaneda : " l'unique manière qu'a un guerrier-voyageur de remercier et de dire adieu est moyennant cet acte magique: garder dans son silence ce qu'il a aimé." ( Le côté actif de l'infini ). Le Nagual nous a montré qu'un guerrier-voyageur exprime cette affection aux êtres avec lesquels ils se trouvent maintenant.

Comment pouvons-nous travailler la sobriété ?

En prenant conscience de notre équipement et en nous en rendant responsable. Par exemple, nous pouvons être conscientes de nos cycles menstruels pour que les changements d'humeur ne nous surprennent pas, pour que nous ne soyons pas prises par le rire en nous disant des choses comme: "Ah, je suis si distraite et je ne sais pas pourquoi."


Nous pouvons être plus disciplinées pendant certains moments du cycle, quand nous avons envie de nourriture étrange, ou quand nous avons besoin de nous reposer plus. C'est notre responsabilité que simplement nous dormions plus, et que nous mangions bien - que nous ne mangions pas de cochonneries.


"Tu en sais plus à ce sujet, affirma Florinda Donner-Grau, tu as cet avantage additionnel que te donne les passes magiques. Utilise-le pour te discipliner, au lieu de faire face répétitivement aux tâches avec un : je n'ai pas envie."

Comment focaliser l'intention dans des actions comme rêver ?

Simplement en le faisant. La syntaxe de cette question démontre comment nous avons été entraîné à attendre des instructions au lieu d'agir.
Le verbe " agir " se convertit dans cette phrase en nom: "actions". Avoir l'intention se convertit en "focaliser l'intention".
L'intention vient d'un lien direct avec la force de la conscience dans l'univers. Quand ce lien s'éclaircit, nos actions aussi s'éclaircissent. Pour pouvoir rêver, nous avons l'intention du rêve. Nous avons l'intention de la cohésion toute la journée. Si nous pouvons être cohérents dans nos actions quotidiennes, alors le rêve vient naturellement.

Comment être une guerrière impeccable avec les guerriers qui partagent cette même intention ? Certaines d'entre nous confondent partager un "moment sur le chemin"et chercher à nous accrocher à quelqu'un, ou bien assumer notre rôle ancestral de protectrices.

Naviguer est un voyage solitaire. Personne ne porte un guerrier dans ses bras. Cependant, travailler ensemble implique être responsable. Si tu sais que tu n'es pas bon pour un certain travail; que si tu l'entreprends il ne va pas se réaliser ou il va être gâché, alors laisse quelqu'un d'autre s'en charger. Cela ne veut pas dire rester assis sans rien faire - il s'agit de trouver une autre manière de participer.
Beaucoup d'entre nous se déclarent indépendants. Malheureusement, généralement nous faisons les pires interprétations de ce qu'est être "indépendant". Nous l'utilisons dans le sens où nous faisons tout. Le Nagual nous a dit de faire attention avec ce que nous proclamons être.

Comment pouvons-nous résoudre le problème de l'abîme qui sépare les hommes et les femmes en matière de "voir" et de continuer à vivre ?

" L'abîme " est une interprétation qui décrit des êtres qui se lancent ensemble dans une grande aventure. S'il y avait un abîme qui séparerait en vérité les hommes et les femmes, aucun de nous n'aurait été conçu. Les voyants proposent la possibilité pour les hommes et les femmes de travailler ensemble au delà du domaine de la cour et de la reproduction, pour créer une nouvelle manière d'être.

Il a été mentionné une fois des contre-indications concernant la pratique de la tenségrité pendant la grossesse. Est-ce vrai ?

Au sujet de "la série pour la matrice", oui; Florinda Donner-Grau a conseillé aux femmes enceintes de cesser de pratiquer ces passes magiques pendant leur grossesse. Cette série est imbibée de l'intention de préparer et de réveiller les fonctions secondaires de la matrice : l'évolution. Ce n'est pas une blague. Beaucoup de ces passes magiques ont pour objectif de nettoyer les organes sexuelles de leur fonction reproductrice. Il n'est pas rare que les praticiennes de ces passes magiques commencent à avoir leurs règles après avoir pratiqué " la série pour la matrice " de manière répétitive, sans qu'il importe que ce soit ou non le moment correspondant de leur cycle, puisque la matrice se nettoie physiquement, se lave pour un nouveau but. La grossesse n'est pas le moment approprié pour défier les fonctions premières de la matrice.

 

Les règles, cependant, sont considérées comme un moment puissant pour pratiquer "la série pour la matrice", puisque la matrice se vide et s'accroît en tant qu'organe de perception, c'est le moment propice pour qu'elle nous apporte de nouvelles perceptions.


Pratiquer d'autres passes magiques qui apportent de l'énergie directement à la matrice est parfaitement acceptable durant la grossesse. Une maman nous a dit qu'elle faisait les passes magiques des non-faire légèrement durant sa grossesse et qu'elle a senti son bébé donner des coups en même temps qu'elle le faisait.

Pourriez-vous donner des conseils pratiques sur comment se conduire avec sa mère afin de ne pas tomber accrochées à ses trucs ancestraux et finir par la lutte ? En même temps, comment prévenir la répétition de schémas avec les enfants eux-mêmes ?

Comportez-vous avec votre mère et avec vos enfants comme avec des êtres qui vont mourir. Peut-être ne les reverrez-vous jamais. Comment allez-vous agir ?

Extrait de la revue mexicaine "Fractalum" N°2, Décembre 1999



Publié à 01:05 le 18 mars 2007 dans Instructeurs de Tenségrité
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