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la règle du nagual à trois points

                     

 

 La Règle du Nagual à Trois Points

Armando Torres

 

 

Introduction

 

            Très tôt, une tendance réfléchie de mon caractère me conduisit à chercher une explication à propos de qui j'étais et de quel pouvait être mon but dans la vie. Connaissant ma recherche, un ami étudiant vint me voir un jour pour me dire que Carlos Castaneda donnait un entretien privé chez lui, et que je pourrais venir si je voulais. J'avais longtemps attendu une telle opportunité, et fus enchanté par cette invitation.

            Castaneda était un célèbre anthropologue, auteur de plusieurs ouvrages sur la culture des sorciers mexicains de l'ancien temps. Dans ses livres, il décrit comment, étant encore étudiant à UCLA (Université de Californie), il effectua un travail parmi les Indiens yaqui dans le nord du Mexique, afin d'apprendre comment ils utilisaient les plantes médicinales. 


            Lors de l'un de ses voyages, il rencontra un vieil herboriste connu comme sorcier, qui s'appelait Juan Matus. Avec le temps, le vieil homme le prit comme apprenti et l'introduisit dans une dimension complètement inconnue pour l'homme moderne : la sagesse traditionnelle des vieux voyants toltèques, communément connue comme sorcellerie ou nagualisme.

            En une douzaine d’ouvrages, Carlos décrit une relation maître/apprenti qui dura treize ans. Durant cette période, il subit un entraînement ardu qui le conduisit à corroborer personnellement les fondations de cette culture étrange. Les expériences qu'il acquit durant son apprentissage finirent par faire succomber le jeune anthropologue à la fascination de la connaissance, et il fut absorbé par le système de croyances qu'il étudiait. Ce résultat l'éloigna fortement de ses objectifs originaux.

            Nagualisme est le nom que les sorciers du Mexique préhispanique donnaient à leur système de croyances. D'après l'histoire, ces hommes étaient profondément intéressés par leur relation avec l'univers, à un tel degré, qu'ils se dédièrent à la tâche d'étudier les limites de la perception par le biais de l'usage de plantes hallucinogènes qui leur permettaient de changer de niveaux de conscience. Après avoir pratiqué pendant des générations, quelques-uns d'entre eux apprirent à voir, en d'autres mots, à percevoir le monde, non comme une interprétation, mais comme un flux d'énergie constant.

 

            Le nagualisme consiste en un groupe de techniques conçues pour modifier notre perception journalière, produisant des phénomènes psychiques et physiques d'un intérêt extraordinaire. Par exemple, la tradition mexicaine affirme qu'un nagual est capable de se transformer en animal, parce qu'il a appris à se rêver dans une forme différente de celle d’un être humain. Derrière cette croyance populaire existe le fait que les sorciers explorent leur subconscient dans le but de mettre en lumière des aspects inconnus de notre être. 


            Le nagualisme fut une pratique socialement acceptée pendant des milliers d'années, comparable à notre religion ou à notre science. Avec le temps, son postulat grandit en abstraction et en synthèse, devenant une sorte de proposition philosophique dont les praticiens prirent le nom de Toltèques.

            Les Toltèques n'étaient pas ce que nous comprenons communément comme sorciers, c'est-à-dire des individus qui utilisent des forces surnaturelles pour causer du tort aux autres, mais plutôt des hommes et des femmes extrêmement disciplinés, qui étaient intéressés par les aspects complexes de la conscience.

            Dans ses livres, Carlos fit un effort talentueux pour adapter la connaissance des naguals à notre temps, la sortant de son atmosphère rurale et la rendant accessible aux personnes de culture occidentale. Commençant par L’Herbe du diable et la Petite Fumée, il définit les prémices du chemin du guerrier, ou le chemin du comportement impeccable, qui consiste à avoir du contrôle et de la discipline dans un effort soutenu. Une fois intériorisés, ces principes emmènent le praticien vers d'autres techniques plus complexes, dont l'objectif est de percevoir le monde de façon nouvelle.

            Ayant accompli cela, l'étudiant est en mesure de se déplacer de façon volontaire et consciente dans l'environnement de ses rêves, exactement de la même manière qu'il se déplace dans sa vie journalière. Cette technique est complétée par ce que don Juan appelait l'art de traquer, ou l'art de se connaître, et par l'exercice quotidien appelé récapitulation, qui consiste à réexaminer les événements de notre histoire personnelle pour en trouver l'intrigue cachée.

            Rêver et récapituler rendent possible la création du double énergétique, une entité pratiquement indestructible, capable d'agir selon son propre chef.

            L'une des découvertes les plus significatives des voyants toltèques était que les êtres humains possèdent une configuration lumineuse, ou champ d'énergie, autour de leur corps physique. Ils virent aussi que certains d'entre étaient équipés d'une configuration spéciale, divisée en deux parties. Ceux-là furent appelés naguals, c'est-à-dire, « gens dupliqués ». À cause de leur configuration particulière, les naguals ont de plus grandes ressources que la plupart des gens. Ils virent également qu’en raison de leur double et d'une exceptionnelle énergie, ils sont des leaders naturels.

 

Se basant sur ces découvertes, il devint inévitable que les voyants s'établissent selon les ordres de l'énergie en organisant des groupes harmonieux dont les participants se complétaient entre eux. Les guerriers de ces groupes étaient engagés dans la recherche de nouveaux niveaux de conscience. Avec le temps, ils commencèrent à réaliser que derrière leurs pratiques et leurs formes organisées, il y avait une Règle impersonnelle.

            Dans leur compréhension du mot, la Règle est la description du dessein et les moyens par lesquels diverses configurations lumineuses de l'espèce humaine peuvent s'assembler, afin d'intégrer un organisme unique appelé le « clan du nagual ». Le but de ces groupes est la liberté totale; l'évolution de la conscience au point d'être capables de voyager à travers  l'océan d'énergie cosmique en percevant tout ce qui est accessible.


            Il existe une section spéciale de la Règle qui décrit comment s'entrelacent les générations de guerriers, formant des lignées, et comment ces lignées sont chaque fois renouvelées après un certain temps.

            Le destin de Carlos fut de vivre l'une de ces étapes de renouvellement. Cependant, il ne comprit pas ce que cela signifiait avant de recevoir un message qui le guide à la popularisation des enseignements.


            Lorsque je fis sa connaissance, il montrait encore une grande réserve envers le public et essayait de garder ses distances avec les gens. Notre relation consistait principalement en conférences qu'il donnait à de petits groupes de gens, et en conversations privées.

 

            Il exigea que je passe inaperçu parmi les autres, afin de garder mon histoire personnelle sous contrôle. Plus tard, il admit que sa requête avait aussi une motivation plus profonde : j'avais un engagement avec l'esprit, et je devrai exécuter ma tâche quatre ans après le départ de Carlos.

Lorsque je lui demandai pourquoi, il me dit qu'il savait que tout son travail serait obstrué par des détracteurs qui essaieraient de faire échouer le plan conçu par don Juan pour une révolution de la conscience. Ma fonction serait de livrer le témoignage du message que j'avais reçu.

 

Le présage

 

            Un jour, après avoir donné une conférence dans le salon privé d'un restaurant où il nous avait tous invités à dîner, Carlos me demanda que je l'accompagne dans un autre endroit. Quelques minutes plus tard, nous partions tous les deux, laissant les autres invités dans une discussion animée.


            Sur le chemin, nous dûmes traverser une large avenue. Pour prendre de l'avance sur les voitures, je courus vers un îlot triangulaire au milieu de la rue, croyant que Carlos me suivait. Mais lorsque j'arrivai là, je réalisai qu'il était toujours de l'autre côté de la rue.

            Il se passa alors quelque chose d'inattendu; une magnifique bourrasque de vent s'engouffra dans l'avenue, tellement puissante que je dus m'accrocher à un poteau métallique de signalisation. Avant d'avoir le temps de me protéger, un nuage de poussière s'introduisit dans ma gorge et dans mes yeux, me faisant tousser et me laissant momentanément aveuglé.


            Lorsque je repris mes esprits, Carlos était à mes côtés, me regardant avec un visage rayonnant. Il me tapa sur l'épaule et fit un commentaire très étrange :

            – Je sais ce que je vais faire de toi !


            Je le regardai interrogativement, et il m'expliqua :


            – C'était le même vent, il te chasse.

            Ses paroles me rappelèrent le jour où nous avions fait connaissance, lorsqu'une bourrasque automnale nous avait forcés à fermer précipitamment les fenêtres de la pièce où  un groupe d'amis l'attendait.

            – À cette occasion, tu le perçus comme un vent fort, mais je savais que c'était l'esprit qui tournait autour de ta tête. C'était un signe, et à présent je sais pourquoi il t'indiquait à moi.

            Je lui demandai qu'il m'explique son affirmation énigmatique, mais sa réponse fut encore plus obscure :

            – Je suis l'héritier d'une certaine information. C'est un aspect des enseignements qui me concerne tellement profondément que je ne peux l'expliquer aux autres. Cela doit être dit par le biais d'un messager. Tandis que j'observais comment l'esprit dansait avec toi sur le bord de l'avenue, j'ai su que ce messager, c'était toi.

            J'insistai pour qu'il m'en dise plus, mais il me dit que ce n'était ni le moment ni le lieu appropriés.

 

Qu'est-ce que la Règle ?

 

            Un peu plus tard, nous marchions dans le parc Alameda. Près du palais des Beaux-Arts, il me fit signe que nous pouvions nous asseoir sur un banc, miraculeusement laissé libre, sur l'un des côtés du square. Le banc était en fer forgé; son emplacement – juste en face de la porte principale d'une vieille église construite avec des blocs de lave rouge et noire – avait la vertu de bloquer légèrement mon dialogue intérieur, ce qui me transporta vers une oasis de sérénité parmi l'agitation de la circulation des voitures et des gens qui passaient par là.

            Il s'avéra que Carlos avait prévu cet impact et sa fonction didactique. Il commenta que c'était le banc favori de don Juan, ce qui me toucha beaucoup. En se frottant les mains, il m'assura que c'était le moment d'en venir au sujet.

            – Sais-tu ce qu'est la Règle ? demanda-t-il.

            Bien que j'eusse lu quelque chose à ce sujet dans l'un de ses livres, je n'en avais pas compris grand-chose. Je niai donc d'un signe de tête. 


            Il continua :

            – C'est le nom que les voyants ont donné au guide d'un clan de sorciers, un genre de charte de navigation, ou un livre de bord des missions et des devoirs d'un guerrier dans le cadre de ses pratiques.


Après une vérification exhaustive, les sorciers de l'ancien Mexique aboutirent à la conclusion que, de même que tous les êtres vivants possèdent un modèle biologique défini qui leur permet de se reproduire et d'évoluer, nous avons aussi un modèle énergétique responsable de notre développement en tant qu'êtres lumineux.

 

Le moule d'une espèce extrait son énergie de la Règle. La Règle est un genre d'utérus, elle contient un plan évolutif pour chaque être vivant, non seulement sur Terre, mais aussi dans chaque coin de l'univers où existe la conscience. Personne ne peut se détacher d'elle. La seule chose que nous puissions faire est d'ignorer son existence, dans ce cas, nous n'atteindrons pas l'étape où nous pouvons devenir ce que nous sommes vraiment : une masse vivante au service d'un but qui nous dépasse.


Dit en termes de sorciers, la Règle est un diagramme des commandements de l'Aigle, une équation qui met en corrélation l'efficacité des actes avec l'économie d'énergie. Dans la sphère pratique, une telle combinaison ne peut produire autre chose qu'un guerrier.


La Règle est complète et couvre toutes les facettes du chemin du guerrier. Elle décrit comment un clan du nagual est créé et nourri, de quelle façon les générations sont connectées pour former une lignée, et comment elle les conduit à la liberté. Mais pour l'utiliser comme une clé de pouvoir, nous devons la vérifier par nous-mêmes. 

            – Comment peut-elle être vérifiée ? demandai-je.

            – La Règle est évidente en soi pour le sorcier qui voit. Pour un débutant comme toi, le meilleur moyen pour attester de sa fonctionnalité consiste à détecter son intrusion dans ta vie quotidienne.

 



Publié à 09:26 le 20 avril 2007 dans Les Règles
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La règle du nagual à trois points (suite)

 

L'origine de la Règle

 

            Je demandai à Carlos comment l'homme était entré en contact avec cette matrice.
            Il répondit :

            – Elle a toujours existé. Cependant, les voyants en sont les découvreurs et les gardiens. La Règle est à l'origine de l'ordre universel. Son opération et son but sont ignorés, pas parce qu'ils ne sont pas connus, mais parce qu'ils ne sont pas compris. Des centaines de générations de sorciers ont donné leur vie dans leur empressement de l'élucider, et de développer des propositions pratiques pour chacune de ses unités conceptuelles.


Au début, aucun homme n'essayait de capturer une lueur de cette structure, parce que personne ne savait qu'elle existait. Quand les voyants de l'ancien Mexique entrèrent en contact avec d'autres entités conscientes sur cette Terre, beaucoup plus vieilles et plus expérimentées que les voyants eux-mêmes, ils commencèrent à acquérir des portions de la Règle. Un jour, ils virent que toutes ces portions s'adaptaient les unes aux autres comme un puzzle. Ce jour-là, ils découvrirent ce qu'ils appelèrent « la carte », et la lignée des voyants de l’Antiquité débuta.


Au travers de leur voir, ils vérifièrent chaque portion relative au rêve. Ils testèrent toutes les combinaisons et déterminèrent leurs effets sur la conscience. Ils organisèrent les exercices de rêver en sept niveaux de profondeur et ils pénétrèrent jusqu'aux lieux les plus intimes de l'univers. Petit à petit, ils développèrent le modèle du clan du nagual, une structure en forme de pyramide extrêmement stable, capable d'exprimer avec transparence les desseins du pouvoir.


Mais il y eut une chose que les anciens ne vérifièrent pas : la Règle pour les traqueurs. Ils voyaient traquer comme une possibilité latente qui ne valait pas la peine d'être explorée par la pratique.

            – Pourquoi ? m’étonnai-je.

            – Parce qu'en une époque où être sorcier signifiait être au sommet de l'échelle sociale, traquer en tant qu'art n'avait aucun but. Cela aurait été un pauvre investissement. Mais lorsque la modalité du temps changea, cette ligne de raisonnement emporta les anciens voyants quasiment au bord de l'extinction.


Ce ne fut qu'avec l'apparition des Toltèques que la deuxième grande portion de la Règle révéla son extraordinaire contenu. Les lignées qui furent capables de l'appliquer furent les seules qui survécurent; les autres furent dissoutes, et se perdirent dans un tourbillon qui signifiait la fin du règne des anciens voyants. L'incorporation de la traque détermina la naissance des nouveaux voyants. Avec eux, la Règle du nagual fut complètement élucidée.

            – Quand cela survint-il ?

            – L'ère des nouveaux voyants commença il y a approximativement cinq mille ans, et atteignit son apogée aux temps de Tula. Au travers de la traque, la contribution fondamentale de ces guerriers à la sorcellerie fut la notion d'impeccabilité.

 

Un organisme impersonnel

 

            – L'objectif de la Règle du nagual est de générer des clans; c'est-à-dire des organismes auto conscients capables de voler à l'intérieur de cette immensité-là. De tels organismes sont constitués de la somme d'un groupe de guerriers, qui ont harmonisé leurs intentions individuelles. Le but de cette conception est de perpétuer  une dimension non humaine de la conscience.

            – Non humaine ? m’étonnai-je

            – C'est exact. Une dimension dont l'objectif n'est plus la personnalité. Les êtres humains sont incapables d'entrer et de rester pour n'importe quelle durée de temps au royaume de la conscience cosmique – cette étape que don Juan appelait la « tierce attention ». Ou nous en sortons et oublions, ou nous y restons et fusionnons avec cette mer insondable. Mais le pouvoir qui nous gouverne a trouvé le moyen de contourner ces limitations, en créant des organismes dans lesquels les entités individuelles fonctionnent comme des membres.


Au cœur de ces organismes, une attention radicalement nouvelle est générée, une intention orientée vers l'exploration de l'inconnu, et l'investigation en équipes de ce ne que nous ne pourrions connaître autrement. Les sensations d'individualité n'ont plus de centre opératif, parce qu'elles sont substituées par quelque chose de beaucoup plus intense : vivre en étant une part du tout, un état d'énergie qu'aucun homme commun ne peut concevoir. Il n'y a aucune routine, aucun ego, il n'y a aucune ignorance, et il n'y a aucune interprétation. Ce type d'organisme n'est seulement qu'une étape sur la route infinie de la conscience, mais pour nous, en tant qu'êtres humains, cette étape est définitive.

            Je demandai alors à Carlos comment opérait la conscience d'un clan.


            Il me donna une analogie avec le corps physique :

            – Bien que de façon très confuse, chacune de nos cellules est consciente de son unité et, à l'intérieur de certaines limites, peut agir avec indépendance. Cependant, leur intention individuelle est subordonnée à un but supérieur qui est de former le tout que nous appelons « moi ».


Lorsque nous arrivons à l'incroyable accomplissement de se rendre compte du but global, nous pouvons entrevoir une ligne évolutionnaire supérieure. Nous percevons la possibilité d'être intégré avec nos êtres énergétiques complémentaires, créant une forme de vie dont les buts sont très distants des intérêts de notre monde journalier, comme la conscience d'une seule cellule l'est de notre totalité. Les nouveaux voyants appellent cette forme de vie le clan du nagual.

            – Qui sont nos êtres énergétiques complémentaires ?

            – Des êtres humains qui possèdent des caractéristiques lumineuses qui se complètent entre elles.  L'énergie est récurrente; elle génère des modèles que nous partageons tous. En général, on peut dire qu'il y a quatre modèles lumineux de base avec douze variantes, synthétisés par l'homme nagual et la femme nagual. Lorsqu'un tonal approche l'idéal lumineux de sa catégorie, se manifeste un degré de conscience supérieur. 


Quand les modèles idéaux se rencontrent, ils se combinent. Les sentiments d'attraction entre les êtres humains peuvent être expliqués comme étant le résultat de la fusion de leur moule d'énergie. Normalement, une telle fusion est partielle, mais parfois a lieu une vague soudaine et inexplicable de sympathie; un voyant dirait qu'a eu lieu un acte de réciprocité d'énergie.


Les guerriers d'un clan se combinent de telle façon que leur relation produit des résultats optimaux dans le sens d'un gain et d'une accumulation de pouvoir. 


Il est difficile de trouver des corps lumineux caractéristiques disponibles pour la tâche du nagual; l'habituel est de trouver des tonals déformés par la vie mondaine. Mais quand un nagual est capable d'intégrer son clan, l'énergie de ses guerriers fusionne. Ils sacrifient leur individualité à un objectif supérieur, et revenir à leur précieux isolement n'est plus possible, cela ne signifierait que la mort pour eux. On peut dire qu'un clan n'est pas composé d'individualités, mais plutôt qu'il est un seul organisme vivant, avec des capacités qui ne sont pas humaines.

 

La formation d'un clan

 

            - Quelle conscience de l'objectif du clan a chacun des membres.
           
            – Une conscience totale. Chacun d'entre eux connaît les histoires de pouvoir pertinentes à leur spécialité, et ils savent que leur fonction fait partie d'un but qui les transcende. 


La relation entre la Règle et le clan est exprimée aux travers des tâches. Par exemple, quand les guerriers femelles d'un groupe reçoivent l'ordre de pister l'énergie dans l'espace jusqu'à ce qu'elles aient trouvé des candidats possibles pour une nouvelle génération de sorciers, elles se concentrent sur cette tâche comme si c'était leur avenue vers la liberté. Elles ne sont pas intéressées par autre chose. Si la discipline de cette intention échoue, le résultat peut être chaotique.

            Il me donna un exemple de l'impact d'un intérêt personnel qui se glisse dans la tâche du sorcier :

            – Peu après le début de mon apprentissage, et bien que personne ne m'ait demandé de le faire, j'offris une aide à don Juan pour constituer le nouveau clan. Chaque fois qu'une belle fille s'intéressait à moi, je voyais en elle mon être énergétique complémentaire, et j'essayais de la vendre à don Juan.


Au début, les guerriers pensaient que je plaisantais. Mais petit à petit, ils en eurent assez, et un jour, alors que je leur apportais ma nouvelle femme nagual, je ne pus les trouver. Ils avaient tout déménagé de la maison. Ce sentiment d'isolement m'aida à retrouver ma sobriété.


Le clan est un être autoconscient qui nous surpasse complètement. Participer à son intention est quelque chose de si exceptionnel qu'aussitôt qu'un apprenti entrevoit sa totalité, la position de son ego fond tout simplement. Cela n'implique pas qu'il devienne automatiquement  impeccable; pendant des années, il devra faire encore bien des efforts pour tempérer son caractère et pour extirper son importance personnelle, aussi bien que l'obsession de pouvoir.


Seuls l'homme nagual et la femme nagual ont une vision totale de la fonction du clan. En poursuivant l'analogie, je dirais qu'ils sont les cellules nerveuses du clan; les unités qui dirigent le processus de la perpétuation. Les autres membres servent de support, et portent les tâches concrètes de la duplication du groupe.


Le travail du nagual est épuisant. Il doit parfaitement contrôler les arts de traquer et rêver, il doit apprendre à voir et à développer au maximum sa capacité de manipulation, il doit servir d'exemple de sobriété afin de maintenir la cohésion du groupe; s'il se permet d'être emporté par ses émotions, le résultat est la désintégration.

            Je lui demandai pourquoi.

            – Parce que le clan est un organisme de masse critique. Si un seul de ses composants se détourne du but, le dysfonctionnement qui en résulte cause un effondrement, et tout devra être recommencé. C'est pour cette raison que le nagual est obligé d'exiger de ses guerriers qu'ils donnent le maximum d'eux-mêmes, et il doit leur distribuer leurs tâches afin qu'ils participent tous avec optimisme et confiance. Le lubrifiant du clan est l'impeccabilité de ses membres, et son combustible le désir ardent de liberté totale.

 

La structure du clan

 

            Je demandai à Carlos combien de guerriers formaient un groupe.

            – La structure normale d'un clan est quadripartite, c'est-à-dire, basée sur le chiffre quatre, puisque la Règle a une forme pyramidale. Sa formation et sa croissance sont portées par cette structure de base essentielle. Comme dans les pyramides, l'architecture du groupe est composée d'une base avec quatre coins, chaque coin est formé de trois guerriers : un rêveur femelle, un traqueur femelle et un assistant mâle. Les coins sont connectés entre eux par des messagers, et au-dessus de tous, il y a le couple nagual.


La Règle se manifeste elle-même à un homme ou une femme double au moyen d'une vision, et ils doivent l'accepter pour être considérés comme naguals. Suivant cette acceptation, les naguals sont rejoins par leurs guerriers petit à petit, toujours suivant les signes de l'esprit. Leur capacité de mener est naturelle et incontestable, parce qu'étant double, ils reflètent chacun des types énergétiques de leur clan. 


Les naguals peuvent être définis comme un homme et une femme d'énergie extraordinaire, impliqués dans un acte de fécondation d'une portée infiniment plus grande que puisse connaître tout être humain. Aussi longtemps qu'ils restent ensemble, ils se présentent habituellement en société comme mari et femme.


La capacité de l'homme nagual est de trouver et d'utiliser les mots les plus appropriés pour exprimer les choses avec exactitude, clarté intellectuelle, fluidité et beauté. Parmi les voyants de la lignée à laquelle appartenait don Juan, le présage pour occuper cette place était d'être mourrant. Tous ses meneurs, excepté moi, furent trouvés en de telles conditions. 

            – Pourquoi votre cas était-il différent ? 

            – Parce que je suis, à proprement parler, un nagual excédentaire. Je ne suis pas venu pour continuer la lignée, mais pour la sceller.


            – Et quelle est la Règle pour la femme nagual ?

            – La femme nagual est la lumière qui guide tout l'effort, la vraie mère. Normalement, elle part avant le reste du groupe et reste en fluctuation entre la première et la seconde attention, visitant les apprentis en rêve. Elle fonctionne comme un phare et, si c'est nécessaire, elle peut revenir de la seconde attention pour semer une nouvelle génération de voyants.


Pour en venir aux guerriers, ils viennent en deux bandes, les traqueurs et les rêveurs. Ils ont deux types de fonction : portails et gardiens. Les portails appartiennent à la direction du sud, ils sont la passoire ou le filtre à travers lesquels les apprentis doivent passer. Ils déterminent si un guerrier reste ou part, et ils ont la plus grande influence sur la manière dont les membres de l'équipe sont fournis. Ils sont aussi les organisateurs des réunions de pouvoir.


Les gardiens sont une sorte de version extérieure des portails; il y en a un blanc et un noir. Ils ont la charge de tout superviser pour la bonne fonction du groupe, ce qui signifie qu'ils sont alertés de possibles attaques extérieures, et ils se tiennent prêts à résoudre tout problème interne. Parmi les nouveaux voyants, les femmes se chargent de toutes ces fonctions.

            – Pourquoi est-ce ainsi ?

            – Parce que les femmes ont une plus grande mobilité et plus d'énergie que les hommes. Pratiquement tout l'univers est féminin par nature, et les équipes de sorcières y voyagent comme si c'était leur propre maison. Cette capacité de circuler sans interférence au travers de l'énergie obscure fait d'elles les batteries d'un groupe.


En revanche nous, les hommes, sommes détectés immédiatement parce que notre énergie est claire et nous trahit. Aussi, comme nous n'avons pas été faits pour donner naissance, nous n'avons pas d'organe spécialisé pour rêver. À l'exception du nagual, les éléments mâles d'un clan n'ont pas beaucoup d'éclat. 


Néanmoins, la Règle dicte que quatre guerriers mâles se consacrent à l'organisation, l'exploration et la compréhension. Dans ce but, ils fixent leurs points d'assemblage en des positions très spécifiques de l'énergie. Leur présence sert à stabiliser le groupe, neutralisant les explosions fréquentes de pouvoir qui allument les guerriers femelles. Si ce n'était pas ainsi, la structure exploserait aussitôt que les femmes auraient atteint un certain niveau d'efficacité. Ainsi, les hommes fonctionnent comme des ancres; ils fixent le groupe jusqu'à ce qu'un maximum de pouvoir ait été obtenu.


Dû à sa forme, don Juan appelait le clan l'« organisation du serpent ». C'est un concept qu'il a hérité des anciens voyants, et qui se réfère à la forme des motifs carrés sur la peau du serpent à sonnettes. Il affirmait que la tête de l'animal, avec ses yeux fixes et hypnotiques, représente le couple nagual. La poitrine correspond aux guerriers rêveurs, dont la fonction est d'inhaler les visions et de les redistribuer à tout le groupe. L'estomac représente les traqueurs, capable de digérer toute situation concevable. La queue est formée des assistants, qui sont chargés de donner de la mobilité au groupe. C'est une disposition très fluide.

            – Y a-t-il des clans qui sont organisés différemment ?

            – Les guerriers sont, dans une large mesure, le résultat de la manipulation implacable du nagual. Je suis sûr que tu peux comprendre comment, après des années sous cette constante pression, la forme d'un groupe – incluant la tonalité particulière adopté par la luminosité de chacun de ses membres – devient très spécifique. C'est pourquoi tant de lignées de sorciers existent. Mais toutes ont, en gros, le même type de forme pyramidale que je t'ai décrit, car l'expérience a montré que c'était la formule la plus stable.



Publié à 09:25 le 20 avril 2007 dans Les Règles
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La règle du nagual à trois points ( fin)

 

Le but de la Règle

 

 Quel est le but du clan ?

 

– Du point de vue de l'Aigle : explorer, vérifier, et développer la Règle.

Chaque génération de guerriers doit laisser son empreinte, parce que la Règle est cumulative. L'héritage de la lignée consiste en une série de positions du point d'assemblage, auxquelles les clans suivants viendront ajouter leurs propres acquisitions. Il est normal que les lignées établissent des « journaux de bord » où les naguals notent leurs découvertes.


L'intérêt de base d'un organisme est de se reproduire. Par conséquent, une façon de la définir consisterait à dire que la Règle est la recette pour un processus reproducteur. Ce qui est recherché est la perpétuation de la conscience, quelque chose qui, au-delà d'un certain point, ne peut être réalisé par des conduits individuels. Les ressources que chaque guerrier acquiert personnellement durant son entraînement sont des accomplissements secondaires.


Du point de vue des sorciers, l'intérêt de se regrouper est de s'assurer le passage à un autre niveau d'attention, car sans masse énergétique il n'y a pas de vol.
 


L'intérêt de base d'un organisme est de se reproduire. Par conséquent, une façon de la définir consisterait à dire que la Règle est la recette pour un processus reproducteur. Ce qui est recherché est la perpétuation de la conscience, quelque chose qui, au-delà d'un certain point, ne peut être réalisé par des conduits individuels. Les ressources que chaque guerrier acquiert personnellement durant son entraînement sont des accomplissements secondaires.


Du point de vue des sorciers, l'intérêt de se regrouper est de s'assurer le passage à un autre niveau d'attention, car sans masse énergétique il n'y a pas de vol.
 


            – Cela signifie-t-il que les guerriers solitaires n'ont pas cette possibilité ?

 

            – Non. Ce que je dis c'est qu'un clan peut aller beaucoup plus loin. Imagine que tu vis dans une colonie de chenilles grégaires qui sont à l'état de métamorphose. Soudainement, l'un des cocons s'ouvre, et son résident part dans une explosion momentanée de lumière et de couleurs. La sensation qu'il te laisse est celle d'une chenille disparue. Pour la chenille, en revanche, sa vraie vie en tant que papillon aura commencé. Bon ! Une chenille solitaire finira vraisemblablement dans l'estomac d'un oiseau.


De la même façon, l'objectif final des guerriers est le saut définitif dans la tierce attention; la libération de toutes les formes d'interprétation. La quantité d'énergie nécessaire pour cela ne peut être obtenue qu'au moyen du consensus spécial d'une masse critique, afin de générer les accords nécessaires pour compacter l'énergie.


Cependant, comme beaucoup de clans sont incapables d'atteindre leur plénitude d'énergie, les naguals ont construit une oasis habitable au sein de la seconde attention, un énorme édifice d'intention situé dans une lointaine région du rêve, où les voyants vont seuls ou en petits groupes. Je l'appelle le « dôme de l'intention », parce que sa forme visible est celle d'un dôme, mais don Juan préférait l'appeler « le cimetière des naguals ».
 

    Pourquoi l'a-t-il nommé ainsi ?

 

         – Parce que séjourner dans cet espace pour y vivre implique la mort littérale du sorcier. Dans un sens pas du tout allégorique, c'est un cimetière. Bien que ceux qui choisissent ce destin aient accompli l'expansion de la conscience pour une énorme période de temps, ils devront la laisser aller quand viendra le moment.


Donc, pour beaucoup de sorciers, l'objectif immédiat du clan est le dôme des naguals, chacun espérant être capable de l'utiliser comme un port où il pourra accumuler des provisions pour une grande expédition. Pour y aller, il n'est pas nécessaire que le groupe entier parte en même temps. Parfois, les guerriers choisissent de s'y rendre un par un. Dans ce cas, ils peuvent revenir partiellement, jusqu'à ce que la structure énergétique du groupe soit complète.


Comme tu peux le voir, les défis dans lesquels les guerriers sont impliqués durant leur existence humaine sont à peine des préludes; les choses vraiment terribles viennent plus tard. Ne te demandes pas à quoi ils se consacrent pendant qu'ils restent dans ce monde; cela sonnerait comme un conte de fées. L'important est que toutes leurs activités sont gouvernées par la Règle.


            Je commentai que, en gardant à l'esprit le but du clan, la Règle pouvait être interprétée comme l'équivalent préhispanique de ce que d'autres cultures ont appelé « lois divines », c'est-à-dire un groupe de plans régulateurs conçus pour sauver l'homme.

            Carlos répliqua :


            – Ce n'est pas pareil, parce que cela ne vient pas d'un être suprême. Le mécanisme de la Règle est impersonnel, il n'a ni gentillesse ni compassion. Il n'a pas d'autre objectif que sa propre continuité.


En se permettant d'être séduits par les analogies, les anciens voyants firent l'erreur d'identifier la Règle avec leurs interprétations particulières, ils finirent alors par la vénérer et érigèrent des temples en son honneur. Les nouveaux voyants rejetèrent tout cela. Lorsqu'ils explorèrent l’art de traquer, ils dépoussiérèrent l'essence de la sorcellerie et redécouvrirent l'objectif de la liberté totale, qui ne ressemble en aucune façon aux objectifs religieux. Cela effaça la fascination du moule humain, mais eut un effet secondaire que je t'ai déjà expliqué : l'enthousiasme sauvage des anciens voyants fut substitué par des attitudes furtives et suspicieuses.


À la fin, traquer eut sur les clans de naguals l'effet de trahir les mobiles initiaux. Avec le temps, le but de la liberté totale fut réduit à de la rhétorique. Presque tous les sorciers de la lignée de don Juan ont préféré le vol vers la seconde attention. À l'exception du nagual Julian Osorio, aucun d'eux ne voulait être privé de l'aventure et de l'extase à visiter le dôme des naguals, construit par intention, situé dans une des étoiles de la constellation d'Orion.

 

Les naguals à trois points

 

              La Règle est définitive, mais son design et sa configuration sont en évolution constante. Cependant, contrairement aux évolutionnistes qui voient les adaptations de la vie comme une accumulation hasardeuse de mutations génétiques, les voyants savent qu'il n'y a pas de hasard à propos de la Règle. Ils voient comment un ordre de l'Aigle, sous la forme d'une vague d'énergie, secoue les lignées de pouvoir de temps en temps, produisant de nouvelles étapes dans la sorcellerie.


Une façon plus exacte de la décrire est de présumer que toutes les variations possibles de la Règle sont contenues dans une matrice antérieure, et que ce qui change avec le temps est le degré de connaissance que les sorciers ont de cette totalité, et quelle emphase ils développent pour certaines de ses portions. De telles périodes de changement sont récurrentes et sont représentées par le nombre trois.

            – Pourquoi trois ? 
           
            – Parce que les vieux Toltèques associaient le nombre trois avec le dynamisme et le renouvellement. Ils découvrirent que les formations ternaires – formations basées sur le chiffre trois – annoncent des changements inattendus.


La Règle dicta cela pour que, de temps en temps, un type spécial de nagual apparaisse dans les lignées; un nagual dont l'énergie n'est pas divisée en quatre parties, mais en seulement trois compartiments. Les voyants les appellent « naguals à trois points ».


            Je lui demandai en quoi ces derniers étaient différents des autres.

            Il répondit :

            – Leur énergie est volatile, ils sont toujours en mouvement et, pour cette raison, il leur est difficile d'accumuler du pouvoir. Du point de vue de la lignée, leur composition est défectueuse; ils ne seront jamais de vrais naguals. En compensation, ils n’ont pas la timidité et la réserve qui caractérisent les naguals classiques, et ils possèdent une capacité exceptionnelle à improviser et à communiquer.


On pourrait dire que les naguals à trois points sont comme les œufs du coucou qui sont incubés dans le nid des autres oiseaux. Ils sont opportunistes, mais ils sont nécessaires. Contrairement aux naguals à quatre points, dont la liberté est de passer inaperçu, ceux à trois points sont des personnalités publiques. Ils divulguent les secrets et apportent la fragmentation des enseignements, mais sans eux les lignées de pouvoir seraient éteintes depuis longtemps.


Parmi les nouveaux voyants, la Règle dit qu'un nagual s'en va en laissant un nouveau clan. Quelques-uns, par leur surplus d'énergie énorme, sont capables d'aider à l'organisation d'une seconde, voire d'une troisième génération de voyants. Par exemple, le nagual Elías Ulloa vécut assez longtemps pour créer le clan de son successeur, et avoir une influence sur le suivant. Mais cela ne signifie pas que la lignée fourchait; tous ces groupes faisaient partie de la même ligne de transmission.


Par ailleurs, le nagual à trois points est autorisé à transmettre sa connaissance de façon radiale, ce qui conduit à la diversification des lignées. Son cocon lumineux a un effet de désintégration sur le groupe qui casse la structure linéaire de transmission, et fomente un désir de changement et d'action chez les guerriers, ainsi qu'une intense disposition à être impliqués avec leurs compagnons.


            – Est-ce ce qui s'est passé avec vous ?


            – C'est cela. Dû à ma constitution lumineuse, je n'ai aucun problème à laisser des foyers de connaissance derrière moi. Je sais que j'ai besoin d'une quantité énorme d'énergie pour remplir ma tâche, et que je peux seulement l'obtenir d'une masse. Pour cette raison, que je suis disposé à diffuser largement la connaissance, à transformer et redéfinir les paradigmes.

 

La portion de la règle concernant le nagual à trois points

 

            – Comme tu le sais, reprit Carlos, mon maître prit conscience de la Règle du nagual à trois points quand il essaya d'analyser certaines anomalies à l'intérieur du nouveau groupe. Apparemment, je n'étais pas synchronisé avec le reste des apprentis. Alors il me consacra suffisamment d'attention pour voir que je masquais ma configuration énergétique.

            – Voulez-vous dire que la vision de don Juan était une méprise ?

            – Bien sûr que non ! rétorqua Carlos, ce qui le trompa était sa considération. Voir est la forme finale de la perception; il n'y a pas d'apparences, il est donc impossible de confondre. Cependant, en raison de la pression qu'il projeta sur moi pendant des années, mon énergie lutta pour se mouler à la sienne. C'est très commun chez les apprentis. Comme il était divisé en quatre compartiments, j'ai commencé à manifester une charge énergétique similaire dans mes actions.


Une fois que je fus capable de me débarrasser de son influence – ce qui me pris presque dix années de travail ardu –, nous découvrîmes quelque chose d'étonnant : ma luminosité n'avait que trois compartiments; cela ne correspondait pas à une personne moderne et ordinaire qui n'en a que deux, ni à un nagual. Cette découverte fut un grand choc dans le groupe de voyants, car ils le virent tous comme un changement profond et important pour la lignée.
Alors, don Juan revint à la tradition de ses prédécesseurs, et dépoussiéra un aspect oublié de la Règle.

 

Il me dit que l'élection d'un nagual ne peut en aucune manière être considérée comme un caprice personnel, car en tous temps, c'est l'esprit qui choisit le successeur d'une lignée. Par conséquent, mon anomalie énergétique faisait partie d'un ordre. Face à toutes mes questions urgentes, il m'assura qu'un messager apparaîtrait en temps voulu, et m'expliquerait la fonction de ma présence en tant que nagual à trois points.


Des années plus tard, durant une visite dans l'une des salles du musée national d'Anthropologie et d'Histoire, j'observai un Indien habillé d'un costume tarahumara à l'ancienne mode, qui paraissait avoir un grand intérêt pour l'une des pièces exposées. Il l'examinait de tous les côtés et montrait une telle concentration que cela  éveilla ma curiosité. Je me rapprochai alors pour regarder.


Quand il me vit, l'homme commença à m'expliquer la signification d'un groupe d'excellents dessins, soigneusement sculptés dans la pierre. Puis, tandis que je méditais sur ce qu'il venait de me raconter, je me souvins de la promesse de don Juan, et réalisai que cet homme était un envoyé de l'esprit qui venait de me transmettre la portion de la Règle concernant le nagual à trois points.

            – Et que dit cette portion, Carlos ? 

            – Elle affirme que, tout comme le clan a une matrice d'énergie de nombre dix-sept (deux naguals, quatre femmes rêveurs, quatre femmes traqueurs, quatre guerriers mâles, et trois éclaireurs), la lignée, qui est formée par une succession de clans, a aussi une structure de pouvoir, de nombre cinquante-deux. L'ordre de L'Aigle est qu'à chaque cinquante-deuxième génération de naguals à quatre points, apparaisse un nagual à trois points, qui a une action cathartique pour la propagation de nouvelles lignées à quatre points.


La Règle dit aussi que les naguals à trois points sont destructeurs de l'ordre établi, parce que leur nature n'est ni créative ni nourrissante, et ils ont tendance à asservir tous ceux qui les entourent. Elle ajoute que ces naguals doivent parvenir seuls à la liberté, parce que leur énergie n'est pas réglée pour guider des groupes de guerriers.


Comme tout dans le monde de l'énergie, le bloc de cinquante-deux générations est divisé en deux parties; les vingt-six premiers se consacrent à l'expansion et à la création de nouvelles lignées, le reste est orienté vers la conservation et l'isolement. Ce modèle de comportement a été répété millénaire après millénaire, c'est pourquoi les sorciers savent que c'est une partie de la Règle.


En résultante des activités du nagual à trois points, la connaissance devient largement connue, et de nouvelles cellules de naguals à quatre points se forment. À partir de là, les lignées reprennent à nouveau la tradition de transmettre l'enseignement selon une forme linéaire.

            Je demandai à Carlos quelle est la fréquence d'apparition des naguals à trois points ?

            – Approximativement une fois par millénaire. C'est l'âge de ma lignée.

 

La tâche des voyants d'aujourd'hui

 

            – Par la vérification de la Règle du nagual à trois points, don Juan en déduisit qu'inévitablement le temps d'une nouvelle espèce de guerriers était proche; je les ai appelés les voyants modernes.

              Y a-t-il des particularités dans la composition lumineuse de ces guerriers ?

            – Non. À toutes les ères, le modèle de l'énergie de l'homme a été très homogène, donc l'organisation du clan est la même. Cependant, les guerriers d'aujourd'hui font l'expérience d'un glissement vers le vert dans leur luminosité, ce qui signifie qu'ils sont en train de retrouver des caractéristiques des anciens voyants. C'est quelque chose d'imprévu, bien que cela soit, bien sûr, couvert par la Règle.


La vraie différence entre les voyants du passé et ceux de notre époque est dans leur comportement. En ce moment, nous ne sommes pas sujets aux mêmes répressions que dans les ères précédentes, et par conséquent, les sorciers ont moins de restrictions. Tout cela dans un but très clair : la popularisation de l'enseignement.


J'ai vécu un moment de renouvellement. Ma tâche est de fermer la lignée de don Juan avec une clé d'or, et d'ouvrir des possibilités pour celles qui viennent plus tard. C'est pourquoi j'ai dit que je suis le dernier nagual de ma lignée, pas dans un sens absolu, mais dans un sens de changement radical.


            À ce point de l’entretien, Carlos fit une pause dans son exposé et me rappela une conversation que nous avions eue la première fois que nous nous étions rencontrés.
À cette époque, je lui avais demandé de me raconter des histoires de pouvoir. Il me répondit qu'il ne pouvait pas refuser de me répondre, mais me remettre ces histoires sans aucune direction les aurait banalisées.

            – J'espère que ce que tu as vu durant ces années a rempli tes attentes. J'ai fait ce que je pouvais, prenant en compte tes limitations et les miennes. Je sais que tu as déjà commencé à entraîner ton double de rêve; et cela garantit que tu peux continuer tout seul; ton double ne te laissera pas jusqu'à ce que tu parviennes à ta totalité. La partie théorique est terminée, et il est temps de te donner un dernier cadeau.

            Le ton de sa voix, entre familier et solennel, avec lequel Carlos me dit ces mots, me fit concentrer toute mon attention.

            – L'enseignement définitif dit que, dans la connexion avec l'intention, toute personne – qui que ce soit – qui approche le nagual, a sa place dans le contexte total de la Règle. Alors tu n'es pas seul, les sorciers attendent quelque chose de toi.


            – Quoi ? lui demandai-je, un peu confus.


            Il m'expliqua : 


            – Tous les guerriers ont une tâche. La tienne est que tu accomplisses ce que l'esprit t'a demandé de faire; c'est ta voie de pouvoir.

        Et quelle est cette tâche ?

 

            – Bien, ta mission personnelle est quelque chose que ton benefactor te communiquera un jour. Cependant, en accord avec la Règle du nagual à trois points, je poursuis une stratégie à long terme élaborée par don Juan qui t'engage avec l'intention de mon maître.


Ce qui est attendu de toi est de dire à ceux qui t'entourent : « Vous êtes libres, vous pouvez voler par vous-mêmes ! Vous avez l'information nécessaire, qu'attendez-vous ? Agissez impeccablement et voyez comment l'énergie trouve son chemin. »


Dis à tout le monde qu'avec la culmination de la lignée de don Juan, la connaissance est grande ouverte. Chaque guerrier est responsable pour lui-même, et il peut lui être donné l'occasion minimale d'organiser son propre clan.



Publié à 09:23 le 20 avril 2007 dans Les Règles
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La Règle du Nagual

La Règle du Nagual

        Le pouvoir qui gouverne la destinée de tous les êtres vivants s’appelle l’Aigle, non que ce soit un aigle, ou qu’il soit lié en quelque manière à un aigle, mais parce qu’il apparaît au voyant qui le voit sous l’aspect d’un aigle immense, noir de jais, dressé à la manière d’un aigle, sa hauteur atteignant l’infini.

        Tandis que le voyant contemple le noir qu’est l’Aigle, quatre explosions de lumière permettent au voyant de voir à quoi l’Aigle ressemble. La première explosion, qui est comme un coup de foudre, aide le voyant à distinguer les contours du corps de l’Aigle. Il y a des taches de blancheur qui évoquent les plumes et les serres d’un aigle. Un second coup d’éclair révèle le noir battant, créant du vent qui ressemble à des ailes d’aigle. À la troisième flambée de lumière, le voyant est placé en face d’un œil perçant, inhumain. Et le quatrième et dernier feu dévoile ce que fait l’Aigle.

        L’Aigle dévore la conscience de toutes les créatures qui, vivantes sur Terre l’instant d’avant et désormais mortes, ont flotté jusqu’au bec de l’Aigle, comme un essaim ininterrompu de lucioles, à la rencontre de celui qui les possède et qui est leur raison d’avoir acquis la vie. L’Aigle dénoue ces flammes menues, les met à plat comme un tanneur étend une peau, puis il les consomme — car la conscience est l’aliment de l’Aigle.

        L’Aigle, ce pouvoir qui gouverne les destinées de tous les êtres vivants, est le reflet de toutes les choses vivantes — de la même manière et en même temps. L’homme n’a donc aucun moyen de prier l’Aigle, de lui demander des faveurs, d’espérer miséricorde. La partie humaine de l’Aigle est trop insignifiante pour exercer un effet sur le tout.

        C’est seulement à ses actes qu’un voyant reconnaît ce que désire l’Aigle. L’Aigle, quoique insensible aux conditions de toutes les choses vivantes, a accordé un don à chacun de ces êtres. Chacun d’eux, à sa manière et dans sa mesure, possède s’il le désire le pouvoir de conserver la flamme de la conscience, le pouvoir de désobéir à l’ordre de mourir et d’être consommé. Chaque chose vivante, si elle le désire, a reçu le pouvoir de rechercher une ouverture. Pour le voyant qui voit l’ouverture, ou pour les créatures qui la franchissent, il est évident que l’Aigle a accordé ce don afin de perpétuer la conscience.

        Afin de guider les choses vivantes vers cette ouverture, l’Aigle a créé le Nagual. Le Nagual est un être double à qui la règle a été révélée. Qu’il soit sous la forme d’un humain, d’un animal, d’une plante ou de tout autre vivant, le Nagual est poussé, du fait même de sa dualité, à rechercher ce passage caché.

        Le Nagual vient par couple — mâle et femelle. Un homme double ( et une femme double ) ne deviennent le Nagual qu’après avoir reçu l’un et l’autre l’enseignement de la règle, après l’avoir comprise et acceptée dans son intégralité.

        Aux yeux des voyants, un homme Nagual ou une femme Nagual apparaissent sous l’aspect d’œufs lumineux possédant quatre compartiments. À la différence des personnes normales, qui ont deux côtés, la gauche et la droite, le Nagual a un côté gauche avec deux longues divisions, et un côté droit également divisé en deux.

        L’Aigle a créé le premier homme Nagual et la première femme Nagual en tant que voyants, et il les a aussitôt placés dans le monde pour voir. Il les a pourvus de quatre guerriers femelles — des traqueurs —, de trois guerriers mâles et d’un courrier mâle, qu’ils doivent nourrir, sublimer et conduire à la liberté.

        Les guerriers femelles s’appellent les quatre orients, les quatre coins du carré, les quatre humeurs, les quatre vents, les quatre personnalités féminines différentes qui constituent la race humaine.

        La première est l’est. Elle s’appelle ordre. Elle est optimiste, légère et douce, insistante comme une brise continue.

        La deuxième est le nord. Elle s’appelle force. Elle est fertile en ressources, agressive, directe, tenace comme un vent violent.

        La troisième est l’ouest. Elle s’appelle sentiment. Elle est portée à l’introspection, pleine de remords, rusée, sournoise comme une bouffée de vent glacé.

        La quatrième est le sud. Elle s’appelle croissance. Elle est nourrissante, bruyante, timide, tiède comme un vent chaud.

        Les trois guerriers mâles et le courrier sont représentatifs des quatre types d’activité et de tempérament masculins.

        Le premier type est l’homme de savoir, l’érudit ; c’est un être noble et serein, à qui l’on peut faire confiance ; il se consacre totalement à sa tâche, quelle qu’elle soit.

        Le deuxième type est l’homme d’action, très versatile, compagnon d’humeur capricieuse et changeante.

        Le troisième type est l’organisateur en coulisses, l’homme mystérieux, inconnaissable. On ne peut rien dire de lui parce qu’il ne laisse rien percer de lui-même.

        Le courrier constitue le quatrième type. Il est l’assistant, homme taciturne, sombre qui fait tout très bien s’il est convenablement dirigé, mais qui ne peut rien faire tout seul.

        Pour faciliter les choses, l’Aigle a montré à l’homme Nagual et à la femme Nagual que chacun des quatre types mâles et femelles parmi les hommes et les femmes de la Terre, ont des traits spécifiques dans leurs corps lumineux.

        L’érudit a une sorte de creux, une dépression plus claire dans son plexus solaire. Chez certains hommes de savoir, on dirait une brillance comme un miroir sans reflet.

        L’homme d’action a des fibres émanant de la zone de vouloir. Le nombre de ces fibres varie de un à cinq. Leur taille passe d’un simple fil à un gros tentacule semblable à un fouet, d’un mètre cinquante à deux mètres cinquante de longueur. Certains hommes ont jusqu’à trois de ces fibres développées en tentacules.

        L’homme des coulisses ne se distingue pas par un trait particulier mais par sa faculté de créer, tout à fait spontanément, une explosion de pouvoir qui bloque efficacement l’attention des voyants. En présence d’un homme de ce type, les voyants, au lieu de voir, se trouvent noyés dans des détails hors du sujet.

        L’assistant n’a aucune configuration déterminante. Les voyants le voient comme une lueur claire dans une coquille de luminosité sans défaut.

        Dans le domaine femelle, l’est se distingue à des taches presque imperceptibles dans sa luminosité, semblables à de petites zones de dépigmentation.

        Le nord possède une radiation qui recouvre tout. Le nord femelle répand une lueur rougeâtre, presque comme de la chaleur.

        L’ouest possède une pellicule mince qui l’enveloppe et qui le fait paraître plus sombre que les autres.

        Le sud a un éclat intermittent, il brille pendant un instant puis se ternit et se remet à briller.

        L’homme Nagual et la femme Nagual ont dans leurs corps lumineux deux mouvements différents. Leur côté droit bouge par vagues tandis que leur côté gauche tourbillonne.

        Sur le plan de la personnalité, l’homme Nagual est un appui, il est ferme et constant. La femme Nagual est un être en guerre et pourtant détendu, toujours conscient mais sans tension.

        Ils sont tous deux le reflet des quatre types respectifs d’hommes et de femmes, exprimant quatre manières de se conduire.

        Le premier ordre donné par l’Aigle à l’homme Nagual et à la femme Nagual a été de trouver, tout seuls, un autre groupe de quatre orients : quatre guerriers femelles, répliques exactes des traqueurs mais qui soient des rêveurs.

        Les rêveurs apparaissent au voyant avec une sorte de tablier de fibres semblables à des cheveux, disposées vers le milieu de leur corps. Les traqueurs ont le même trait distinctif en forme de tablier, mais au lieu de fibres, il y a une infinité de petites protubérances rondes.

        Les huit guerriers femelles se divisent en deux clans que l’on appelle planètes, la droite et la gauche. La planète droite se compose des quatre traqueurs. La planète gauche des quatre rêveurs. Les guerriers de chaque planète ont reçu de l’Aigle la règle de leur tâche spécifique. Aux traqueurs il est enseigné l’art de traquer ; aux rêveurs, l’art de rêver.

        Les deux guerriers femelles de chaque orient vivent ensemble. Ils sont si semblables qu’ils semblent le miroir l’un de l’autre ; et c’est seulement par l’impeccabilité qu’ils peuvent trouver, dans leur propre reflet, soulagement et encouragement.

        Les quatre rêveurs ou les quatre traqueurs se réunissent uniquement lorsqu’ils doivent accomplir une tâche épuisante ; mais en aucune circonstance les quatre ne doivent joindre leurs mains, car le contact les fait fondre en un seul être, et cela ne doit être utilisé qu’en cas de nécessité extrême, ou au moment de quitter le monde.

        Les deux guerriers femelles de chaque direction sont reliés à l’un des mâles, dans n’importe quelle combinaison qui s’avère nécessaire. Ils forment ainsi une série de quatre maisonnées, capables d’incorporer autant de guerriers qu’il en est besoin.

        Les guerriers mâles et le courrier peuvent également former une unité indépendante de quatre hommes, mais chacun d’eux peut rester solitaire, selon ce que dicte la nécessité.

        Ensuite, le Nagual et son clan ont reçu l’ordre de trouver un groupe de trois courriers, soit un groupe mâle, soit un groupe femelle, soit un groupe mixte ; il leur a été précisé que les courriers mâles devaient provenir du quatrième type d’homme, l’assistant. Les femelles devaient appartenir au sud.

        Pour être sûr que le premier homme Nagual conduirait son clan à la liberté, ne dévierait pas de sa voie et ne se laisserait pas corrompre, l’Aigle emmena la femme Nagual dans l’autre monde pour lui servir de phare et guider le clan vers l’ouverture.

        Le Nagual et ses guerriers reçurent alors l’ordre d’oublier. Ils furent plongés dans le noir et on leur donna de nouvelles tâches : la tâche de se souvenir d’eux-mêmes, et la tâche de se souvenir de l’Aigle.

        L’ordre d’oublier était si puissant que tout le monde fut séparé. Personne ne se souvint de qui il était. L’intention de l’Aigle était la suivante : s’ils étaient capables de se souvenir d’eux-mêmes, ils découvriraient la totalité d’eux-mêmes ; alors seulement, ils auraient la force et la patience nécessaires à rechercher et à affronter leur voyage définitif.

        La dernière tâche, après avoir reconquis la totalité d’eux-mêmes, était de trouver un nouveau couple d’êtres doubles et de les transformer en un nouvel homme Nagual et une nouvelle femme Nagual, en leur révélant la règle. Et comme le premier homme Nagual et la première femme Nagual n’en avaient reçu qu’une partie minime, ils devaient fournir au nouveau couple de Naguals, quatre guerriers femelles qui seraient des traqueurs, trois guerriers mâles et un courrier mâle.

        Quand le premier Nagual et son clan furent prêts à franchir le passage, la première femme Nagual les attendait pour les guider. Ils reçurent alors l’ordre d’emmener la nouvelle femme Nagual avec eux dans l’autre monde pour servir de phare à son clan, tandis que le nouvel homme Nagual restait dans le monde pour répéter le cycle.

        Pendant le séjour dans le monde, le nombre minimum sous la responsabilité d’un Nagual est seize : huit guerriers femelles, quatre guerriers mâles (en comptant le Nagual ) et quatre courriers. Au moment de quitter le monde, avec la nouvelle femme Nagual inclue dans le groupe, le nombre du Nagual est dix-sept. Si son pouvoir personnel lui permet d’avoir davantage de guerriers, il doit les ajouter, mais toujours par multiples de quatre.

Extrait du "Don de l'Aigle", Carlos Castaneda, Gallimard, 1982



Publié à 04:58 le 14 avril 2007 dans Les Règles
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