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Conférence Florinda-Omega

Conférence de Florinda Donner - Omega institut – mai 1995

 

         Sous une tente géante, une foule de 450 à 500 personnes s’est rassemblée sur des chaises pliantes. Il y eut des applaudissements lorsque les membres du clan de Castaneda entrèrent et s’assirent en face de la première rangée. La minuscule Florinda Donner-Grau, avec des cheveux blonds coupés courts, s’assis sur l’imposante estrade qui la suréleva et, regardant la gigantesque tente, elle fit remarquer que voir tout ceci lui donnait l’impression qu’ils étaient au cirque. Cela lui rappelait la première fois où elle avait rencontré don Juan et son groupe. Elle avait eu la sensation qu’ils faisaient partie d’une espèce de troupe de saltimbanques.

 

        Florinda, qui portait un haut noir sur un chemisier blanc à large col, présenta ensuite les autres membres du groupe de Castaneda, incluant Taisha Abelar, les trois chacmools, et trois individus auxquels elle se référa comme aux « nouveaux gardiens » (des chacmools et du groupe) : Fabrizio Magaldi, Talia Bey, et une Afro-américaine nommée Michelle, qui indiqua qu’elle n’avait pas encore de nom de famille [plus tard elle se fit appeler Rylin DeMaris]. Florinda nous dit aussi que Carol Tiggs n’était pas encore arrivé.

 

        Florinda s’excusa auprès de tout ceux qui ne savaient qui ils étaient. Elle expliqua qu’ils étaient les disciples originels de don Juan. Ils avaient tous étaient incorporés dans le monde des sorciers plus de 25 ans auparavant. Ils avaient eu une longue période d’incubation, incluant 10 ans avec don Juan, et 10 ans de plus avec la vieille Florinda. Elle affirma que c’était parce qu’ils étaient de complets imbéciles.

 

        Les sorciers avaient tenté de modifier leur sempiternelle réponse aux enseignements des sorciers : « Je ne comprends pas ». Les sorciers avaient du leur montrer qu’il n’y avait rien à comprendre. Castaneda avait d’interminables exemples de « compréhension », car il était le plus agressif et le plus porté à la verbalisation.

        Don Juan expliquait qu’en essayant de « comprendre », ils tentaient seulement de décrire des processus. Elle affirma que ce qu’ils avaient appris c’était que les êtres humains ont accès à de formidables possibilités en terme de changements énergétiques, qui n’endommagent pas le psychisme. Les sorciers avaient certaines croyances, que leurs apprentis les comprennent ou pas.

 

        Don Juan, auquel Florinda se référa comme au « vieux nagual », avait 15 cohortes – 10 femmes et 5 hommes. Il avait aussi quatre noms différents, quatre personnalités différentes, quatre humeurs différentes, et quatre directions différentes. Il leur apprit des séries de choses qui constituent « le chemin du guerrier ». Elle expliqua qu’un nagual a une configuration énergétique double, lui donnant la capacité d’entrer dans d’autres royaumes d’énergie. Lorsque la fluidité perceptuelle d’une telle personne s’accroît, elle peut guider un groupe en tant que nagual.

 

        En interrompant la continuité régulière de la vie, d’immenses zones d’énergie deviennent accessibles. L’énergie s’ouvrit à Castaneda lorsqu’il sauta dans l’abîme. Ils ne comprirent pas eux-mêmes ce qui s’était passé : ils le virent sauter, et Castaneda refit surface dix heures plus tard à Westwood, dans son appartement, à l’intersection entre Westwood Boulevard et Wilshire Boulevard.

        Aucun d’entre eux ne prétend comprendre ce qui s’est passé. Elle argua que s’il n’avait pas sauté, ou s’ils avaient été hypnotisés par don Juan, alors il lui aurait fallut deux jours rien que pour rejoindre Mexico depuis l’endroit où il avait sauté.

 

        Florinda déclara que Carol Tiggs avait disparu pendant 10 ans, réapparaissant à la librairie Phoenix, après avoir essayé de trouver le clan pendant des mois. Elle ajouta qu’ils utilisaient des processus semblables à ceux qui sont employés par les gens ordinaires (comme tomber amoureux).

 

        Les naguals peuvent interpréter leurs nouvelles perceptions parce qu’ils ont perdu la conscience du moi – lorsque leur conscience s’est accrue. « Bien sûr, commenta t-elle ironiquement, récemment sont apparus à peu près 200 naguals, tous auto déclarés. Il y a environ trois semaines, Castaneda reçut une lettre. Cette lettre disait : ‘Cher Vieux Nagual, si j’étais à vos côtés, je vous embrasserais comme un frère. Il est temps pour vous de vous retirer et de faire place aux jeunes – parsemée de phrases dans un horrible espagnol – signé : Le Nouveau Nagual Don Alonzo’. 

 

        Partout dans le monde, il y a de nouveaux naguals – en Argentine, en Russie, en Europe de l’est. Il y a même une nouvelle femme nagual. »

 

        En décrivant cette lettre, Florinda fit une digression et ajouta : « Carlos ne lit plus comme une personne ordinaire. Il dort sur des piles de livres toute la journée, car son foie et sa rate ont été habitués à absorber de lourds tomes philosophiques. Ses jambes et ses chevilles lisent des thrillers. Malheureusement, il n’a aucun endroit dans son corps pour lire les lettres. Son pénis ne lit pas du tout ; il ne peut même pas lire Playboy avec. »

 

        Elle dit qu’elle et Carol Tiggs avaient un jour placé un paquet de lettres sur son postérieur, alors qu’il était endormi. Lorsqu’il s’était réveillé, il avait dit qu’il avait très mal dormi ; il avait senti que des alligators, des serpents et des barracudas étaient en train de lui mordre les fesses. Elle dit que sa tête n’était bonne qu’à lire des magazines – Time, Der Spiegel, et Hola. Donc, Florinda lisait les lettres à sa place.

 

        Les femmes, à cause de leur utérus, ont une plus grande capacité que les hommes à lire, mais ne peuvent le faire que quelques pages à la fois.

 

        « Malheureusement, nous avons détruit tant de livres de cette façon, qu’à présent, nous lisons comme tout le monde. La prémisse pour lire de cette façon est le silence intérieur. Le seuil individuel de temps requit pour atteindre le silence intérieur afin de percevoir l’énergie directement diffère selon les individus. » Le seuil de Florinda est de 8 minutes.

 

        Florinda déclara qu’ils devaient tous obéir à Kylie : « Kylie ne laisse pas Taisha raconter ses histoires parce qu’elles font pleurer tout le monde. Elle ne laisse pas Castaneda regarder la télé ou boire du café, et ne laisse pas Carol manger parce qu’elle grossit. Mais elle me laisse faire tout ce que je veux. C’est parce que nous sommes toutes les deux ‘Baltiques’ – de la même planète. »

 

        Don Juan a laissé un héritage de possibilités infinies. Il les a emmené au-delà du royaume de la stupidité et les a formé à être des navigateurs pragmatiques dans la mer de l’inconnu. Tous les trois vont nous raconter des histoires illustrant ce fait, car cela ne peut être transmis qu’au travers d’histoires – « Loin de l’œil de l’Aigle ».

 

        Les hommes et les femmes naguals sont les seuls êtres capables de montrer la voie. Ce sont des êtres qui sont si sobres et si calmes, ayant mis de côté leur conscience du moi, qu’ils peuvent voyager en faisant face à l’inconnu. Par le terme « guide », ils ne veulent pas dire que le nagual est un dictateur, mais plutôt qu’il y a quelque chose « d’énergétique » qui dirige le groupe.

 

Le chemin du guerrier

 

        Trois principes de base sont utilisés comme fondation pour reconstruire les constructions ou les conventions de l’ordre social existant :

 

        (1) Nous sommes des perceveurs, qui ne peuvent construire qu’en percevant. Florinda dit que don Juan répétait cela sans arrêt – la raison d’une telle répétition était que les principes sont finalement acceptés à un niveau corporel, de même que notre conditionnement précédent a été accepté comme une vérité corporelle.

 

        (2) Lorsque nous essayons de percevoir, il y a beaucoup d’obstacles, car dans la vie de tous les jours nous ne percevons pas, nous interprétons. Par exemple, nous interprétons, à partir de ce que nous voyons à présent, que nous sommes sous une tente. Les sorciers savent que l’interprétation est la base de ce que nous faisons avec les données sensorielles.

        Les philosophes l’ont très bien compris intellectuellement. Edmund Husserl, un philosophe allemand, disait que pour arriver à la vérité nous devons mettre en parenthèses la signification et suspendre le jugement, c’est-à-dire, cesser d’interpréter. Quand les étudiants de Husserl lui demandaient comment accomplir cela, sa réponse, en allemand bien sûr, était : « Comment pourrais-je le savoir, bande d’enculés ? Je suis philosophe bordel ! »

 

        (3) Les sorciers savent comment suspendre le jugement et comment revenir ensuite.

 

        Le vieux nagual était extrêmement pragmatique et était différent avec chacun d’entre eux, en termes de technique et d’humeur. Avec Florinda, il était concret et obscène. Il lui disait qu’à chaque fois qu’elle voyait la vieille Florinda, celle-ci était nue. Jouant sur la façon dont, dans le monde de la vie quotidienne, nous percevons tous les gens comme des êtres vêtus, Florinda affirma que les sorciers peuvent apparaître complètement habillés même lorsqu’ils sont complètement nus. Ils portent un manteau ou un drap d’énergie.

 

        La vieille Florinda avait l’habitude de se promener dans ce qui semblait être une robe de soie, ce qui en soit scandalisait Florinda, et don Juan s’avança une fois vers elles et demanda à la vieille Florinda de se déshabiller. La vieille Florinda répondit : « Tout ce que vous désirez », et elle apparut aussi nue que superbe. Don Juan dit à Florinda : « Régale-toi blondinette. » Puis il lui demanda où était la robe, mais il n’y en avait pas. La vieille Florinda était simplement nue.

 

        Don Juan fit la même chose avec Castaneda, mais Castaneda pensait toujours qu’il existait vraiment une robe physique ; Il pensait que c’était parce qu’il était tout le temps si affairé à cacher ses érections que cela leur donnait suffisamment de temps pour cacher la robe. 

 

         Florinda déclara qu’elle faisait maintenant la même chose avec les chacmools. Renata Murez était arrivée dans sa chambre, très nerveuse, le soir précédent vers 18h. Florinda ne portait rien, mais Reni l’avait vu entièrement vêtue.

Nous ne voyons pas que parmi nous, il y a des êtres de couleur « chocolat noir » en forme de cloche ou de bougie – Les êtres inorganiques - avec qui nous coexistons, qui se déplacent énergétiquement à une vitesse plus lente que la notre.

        Ce n’est qu’au travers du rêve que nous pouvons suffisamment équilibrer notre énergie pour les voir. Un jour, à Los Angeles, Florinda était en train de faire du repassage, complètement nue, elle pratiquait la robe d’énergie, lorsqu’elle sentie une chose duveteuse glisser entre ses jambes. Elle pensa qu’elle avait laissé la porte ouverte et qu’un chien errant était entré, mais bien sûr, il s’agissait un être inorganique.

 

        « Une fois que nous réalisons que nos interprétations sont en fait un acte d’intention, nous sommes également prêts à voir le monde comme un acte d’intention ou magique. Par exemple, la Maison Blanche. Ce que nous voyons vraiment depuis le trottoir d’en face est une structure rectangulaire, mais nous investissons dans cette image tout ce que nous avons absorbé de notre culture. Pour les sorciers, c’est un acte magique, et nous faisons cela avec tout ce qui nous entoure.

 

        « Les sorciers intentionnent juste de nouveaux mondes. L’acte d’intentionner est très pragmatique, cela leur permet de naviguer dans cette mer de la conscience. Les sorciers savent ce qu’ils font et ils peuvent annuler leur système habituel d’interprétation. C’est seulement un acte temporaire, mais cela leur donne accès à quelque chose d’inconcevable. On peut réintégrer à nouveau le monde de tous les jours, mais on est plus jamais le même. »

 

        « Carol Tiggs a récemment été absorbée par l’acte de se souvenir. Elle et Castaneda sont une seule et même personne ; ils peuvent annuler leur système d’interprétation avec beaucoup de facilité, et nous emmener en dehors de ce monde. Lorsqu’on fait cela, au début, généralement on voit des images, comme dans un film, et ensuite on se retrouve entièrement dans un autre monde. »

 

        D’après eux, il devrait être complètement inutile d’anthropomorphiser afin d’avoir une compréhension de tout ce que nous percevons, mais ils se demandent maintenant si nous ne sommes pas condamnés à interpréter pour toujours le monde de la façon que nous connaissons.

 

        « Durant leurs voyages, Castaneda et Carol Tiggs ont trouvé des êtres très similaires à ceux de notre monde. Ils glanent une autre énergie et en ce moment, ils sont très concernés par cette histoire d’interprétation. Carol est très cool à ce propos, mais Carlos est plus direct, disant que : ‘Lee Marvin a peur.’  C’est une des expressions favorites de Castaneda, relevée dans le titre d’un article du magazine Esquire qui l’a interpellé. »

 

        Elle commença ensuite l’explication classique de l’œuf lumineux et du point d’assemblage.

 

        Florinda déclara : « Ce qui est arrivé à Carol Tiggs et Castaneda est qu’ils ont bougé leur point d’assemblage en dehors de l’œuf lumineux, et ils sont en train d’explorer un monde basé sur une position du point d’assemblage se trouvant en dehors de l’œuf lumineux, encore que ce monde leur apparaisse très similaire à celui-ci.

 

        « L’œuf lumineux est relié à la Terre, et quand le point d’assemblage se déplace au-delà, la perception change de façon drastique. Ils ne savent plus ce qu’ils perçoivent. Une fois qu’ils ont solidifié leur point d’assemblage, ils commencent à réinterpréter ce qu’ils perçoivent comme quelque chose de semblable au monde que nous connaissons. Leur frayeur est qu’ils semblent être condamnés à interpréter ce nouveau monde – qui est en dehors de la tradition de don Juan – comme si c’était notre monde.

 

        « Les êtres inorganiques peuplent un monde parallèle au notre. Ils sont une conscience qui n’est pas rattachée à un être mais à une concentration énergétique. En rêvant, les sorciers ont de formidables interactions avec eux. Les rêves sont des sas qui permettent aux sorciers d’interagir avec les êtres inorganiques. Nous employons les êtres inorganiques pour nous emmener vers de nouveaux niveaux de conscience.

 

        « La présence des êtres inorganiques est automatique ; quand nous vidons notre esprit des pensées, ils s’attachent aux sorciers avec le même genre d’affection qui nous attache à nos animaux domestiques. Puis les sorciers commencent à construire l’idée des êtres inorganiques en l’image d’une créature qu’ils connaissent dans ce monde. »

 

        Un jour, alors que Florinda était en train de conduire avec Taisha pour aller en cours, dans leur van VW à Los Angeles, une vieille femme s’accrocha à la portière. Elles accélérèrent pour la semer, mais la perdirent en tournant dans la rue Olympic, où il y avait plus de lumières. Don Juan ria lorsque Florinda décrivit la femme comme très vieille, avec des dents crochues et une haleine horrible.

 

        Il lui dit : « Je pense que tu as senti l’odeur de son pet », commentant sèchement aux autres personnes présentes dans la pièce que quiconque court à cette vitesse doit nécessairement être en train de péter. Il demanda même à l’assemblée : « Ne devait-elle pas avoir besoin de lâcher de gros pets ? » et ils acquiescèrent tous solennellement. Plus tard, un « ami inorganique » se montra, c’était un mélange entre un chat et un lapin, avec les dents les plus horribles qui soient. Don Juan dit à Florinda d’arrêter d’anthropomorphiser les êtres inorganiques, parce que sa fixation sur les dents était malsaine. 

 

        Florinda déclara qu’il y a aussi de l’énergie configurée en faisceaux que l’on peut ressentir comme un vent doux ou errant. Elle expliqua que le vrai vent contient de l’air chaud doublé d’une masse d’air froid, par opposition à quelque chose perçu comme du vent mais qui n’en est pas. Don Juan dit a Castaneda que la seule façon pour lui de percevoir la différence entre cette énergie et le vrai vent était de marcher pieds nus. Elle affirma que Castaneda déambulait pieds nus dans le chaparral parce qu’il avait des pieds vierges et intacts. 

 

        Florinda déclara que don Juan avait emmené Taisha et Florinda dans les collines, et leur dit qu’elles devaient enlever leurs vêtements et s’étendre contre un rocher. Une fois que le vent serait venu, elles devaient rejoindre la vieille Florinda en bas de la colline. Florinda attendit, mais bien sûr il n’y avait pas de vent. Elle avait abandonné et était sur le point de partir, lorsqu’elle sentit une énorme force énergétique entrer dans le trou entre ses jambes, la faisant hurler et rouler dans les aires, jusqu’en bas de la colline.

 

        Don Juan était en train d’attendre en bas avec la vieille Florinda, et ils stoppèrent le vent. Ils hurlèrent de rire en la voyant. Elle leur dit qu’elle avait été violée par le vent, et leur tapa dessus. Don Juan lui dit que si elle avait agit correctement, elle aurait appris quelque chose.

 

        Ce genre de vent n’arrive pas qu’aux sorciers – une amie de Florinda, une professeur de littérature espagnole à Los Angeles, prenait un jour un bain, quand quelque chose l’attrapa et la fit rouler en bas des escaliers. Sa robe se souleva et ses cris réveillèrent sa sœur, qui était aussi sa colocataire. Plus tard, sa sœur la décrivit comme étant allongée par terre, gémissant de plaisir. La femme dut aller en thérapie car elle affirmait qu’elle avait été « prise par le vent ».

 

        Florinda ajouta : « Rien de ce que nous percevons n’est bon ou mauvais, c’est juste de la perception. »

 

        Un de leurs amis (Tony Karam, le chef de Casa Tibet au Mexique) prit une photo d’un « voladore » – un flyer – durant un événement à Teotihuacan. C’était un événement bouddhiste, organisé aux pyramides à l’occasion de l’équinoxe de printemps. Du à l’intention des 100 000 personnes réunies là, ils croient que d’une certaine façon, le flyer s’est quelque peu « anthropomorphisé ».

 

        L’ami en question prit trois photos, mais ne développa que la seconde et en fit un agrandissement. Il découvrit sur la photo une forme humaine en train de sauter ou de voler. Il se dit que Castaneda saurait ce que c’est. Castaneda avait été choqué parce que cela s’avéra être exactement comme la description de don Juan.

 

         Don Juan appelait les flyers « les gardiens du poulailler » – expliquant que nous sommes les poulets des flyers. Ils dévorent notre conscience comme nous le faisons avec les poulets. Notre conscience devrait couvrir notre œuf lumineux entier comme une cape en plastique transparente. Mais les flyers ont mangé notre conscience jusqu’à nos doigts de pieds.

        Florinda déclara que la première fois qu’elle avait entendu cela, elle avait pensé : « Et alors, ils n’ont mangé que nos doigts de pieds ! » Quand elle voulait raconter ses rêves à don Juan, il lui disait « Amorcito (ce qui pour elle signifiait qu’elle avait un problème), ne te fatigue à me raconter tes rêves, parce que tu es juste en train de parler depuis tes doigts de pieds. »

 

        Une fois que notre niveau de conscience s’accroît, la perception s’accroît. « La conscience s’élève avec la discipline – des efforts sans pitié avec votre ego pour éradiquer le je, je, je et le moi, moi, moi. Toute la conscience dont nous sommes capable est l’autoréflexion, qui se trouve au niveau de nos doigts de pieds. »

 

         Une des façons d’élever la conscience, que le clan de Castaneda a été capable de voir, est à travers la pratique de la Tenségrité. Ils ont vu au travers des trois chacmools qu’il est possible de changer pour les gens. Entre eux, ils peuvent raconter des histoires sur leur entraînement, mais ils ne savent pas exactement comment le changement est survenu.

        Florinda affirma que les membres du clan de Castaneda n'étaient pas les professeurs ni les gourous des chacmools : « Les chacmools doivent le faire toutes seules, et à un niveau corporel, elles ont été capables d’atteindre un haut niveau de conscience. Don Juan disait que lorsque notre conscience s’accroît, nous réalisons que nous sommes des êtres qui vont mourir. Cela nous donne l’impulsion de rechercher la liberté totale. »

Notes de Corey Donovan

Publié à 12:50 le 9 mai 2007 dans Omega Institut
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Session QR Florinda-Omega

Session de questions-réponses avec Florinda Donner - Omega institut – mai 1995

 

         Un homme posa une longue question en demandant si ce qui était arrivé à Castaneda et Carol Tiggs avait changé la voie du groupe. Florinda répondit : « La question qui nous préoccupe actuellement est ‘sommes-nous condamnés à toujours interpréter ?’ Est-ce à cause de cela que nous sommes coincés ? Notre espoir réside dans les deux éclaireurs, le bleu et le orange, qui ont un type différent d’énergie, et qui agissent comme nos guides énergétiques, nous indiquant qu’il y a un moyen de traverser cette limitation d’interprétation. » 

         -         Quel est le but de ce week-end ? »

         -         De vous donner quelque chose. Quelque chose nous est arrivée énergétiquement, nous avons réellement été capable de suivre la voie du vieux nagual et d’annuler nos interprétations. Nous, les disciples de don Juan, avons eu du mal à accepter à la fois son amour inconditionnel et son inconditionnelle indifférence envers nous. Cela nous a forcé à changer et à réévaluer ce que nous faisions vraiment. L’amour tel que nous le connaissons est une interprétation. Nous devons apprendre à la façon des sorciers comment aimer véritablement. »  

        Un homme demanda quelque chose à propos de la recherche de la certitude. Florinda répondit : « Nous sommes plus que nous en donnons l’apparence. Il y a plus au-delà. Lorsque nous sommes de purs percepteurs, c’est totalement chaotique. Y a-t-il un moment où nous pouvons juste voir l’énergie directement ? Oui, nous pouvons passer à travers les murs et disparaître, même si c’est juste pour un instant. »

         Un homme posa une question sur Ken Eagle Feather et Merilyn Tunneshende (deux personnes qui affirment avoir été en contact avec don Juan). Florinda dit : « Ces gens existent, mais ils n’ont rien à voir avec nous. » 

         -         Comment pouvons-nous changer notre direction ? »

         -         Au lieu de s’inquiéter à propos de ça, nous pourrions investir tout ce que nous avons pour essayer d’élever notre conscience. »        

         Une femme demanda plus d’informations à propos de l’éclaireur orange et du monde de Castaneda et Carol Tiggs. Florinda promit que les chacmools parleraient plus tard des éclaireurs. 

         -         Pourquoi avez-vous les cheveux courts ? »

         -         J’ai été tondue après avoir vécu avec des lamas dans les années soixante-dix et avoir attrapé des poux. Lorsque mes cheveux ont repoussé, ils étaient ‘comme ça’. Ainsi, le cheveu est pratiquement mort à la racine. C’est pratique et propice d’avoir les cheveux courts. » 

         -         Peut-on atteindre la liberté sans un nagual ? »

         -         Dans un certain sens non, mais en voyageant énergétiquement, nous sommes en connexion les uns avec les autres. Lorsque notre conscience s’est accrue, nous pouvons comprendre tellement plus. Vous pensez que vous me comprenez ici, pendant à peu près une demi-heure, et puis plus tard vous penserez que nous ne disons que des conneries. Notre conscience doit s’élever au-dessus de nos doigts de pieds. La récapitulation nous permet de voir notre vie comme elle est, sans l’analyser. La première récapitulation doit être très systématique, parce que cet effort nous force à utiliser des parties de notre cerveau que nous n’avons jamais utilisé avant. La récapitulation en elle-même nous donne de l’énergie. Une bonne récapitulation vous donnera la certitude que vous n’êtes pas si spécial que ça. En fait, nous avons trois ans, nous avons appris une, ou si nous sommes exceptionnel, peut-être deux façons de manipuler le monde. A trente ans, nous employons toujours les mêmes moyens, et apprendre cela au travers de la récapitulation est choquant. Nous attendons toujours des autres qu’ils modifient leur comportement, mais nous ne nous observons pas nous-même. Sauf quand nous aimons quelqu’un – alors, de façon temporaire, nous sommes patients, mais seulement tant que l’autre personne nous aime, car sinon nous l’envoyons en enfer. »         

         Un homme demanda plus de précisions sur la technique de la récapitulation. Florinda dit que les détails n’avaient pas beaucoup d’importance, par exemple, on n’est pas obligé de la faire dans une grotte ou une boîte, il suffit juste de trouver un endroit spécifique. « Il est important de la faire sérieusement, régulièrement, pourquoi pas dans un placard ou dans un petit coin tranquille ? On peut aussi utiliser la même chaise ou le même crayon – Ce que vous voulez. »  

         -         Combien de temps cela prend-il pour que la conscience s’élève ? »

         -         Ce n’est pas soudain. C’est très lent et douloureux. »         

         Un homme posa une question sur la situation actuelle de don Juan. Florinda dit : « Nous ne savons pas vraiment. Nous croyons qu’il est dans une autre couche de l’oignon, un autre monde, mais nous ne savons pas vraiment. » 

         -         Comment cassons-nous le cycle de la pensée ? »

         -         Cela arrive dans des moments inattendus. Une fois que le corps peut s’accrocher à quelque chose d’énergétique, il peut alors y retourner. Les idées effrayantes sont une forme d’indulgence. Ce sont des interprétations. Il n’y a que ce nous percevons, rien n’est bien ou mal. » 

         -         Pourquoi nous souvenons-nous de ce que nous expérimentons avec les drogues et pas des états de conscience accrue ? »

         -         Avec les drogues, nous ne pouvons nous souvenir que d’instants, et c’est la même chose avec les expériences que nous avons durant notre sommeil ou durant une privation de nourriture ; nous n’avons que des flashs de conscience. Une fois dans l’état de conscience accrue, c’est comme une vie parallèle, ça dure des jours, des semaines, etc. Mais nous avons besoin d’une grande quantité d’énergie pour cela, d’une énergie qui n’est pas utilisée dans le monde de la vie quotidienne. Une fois que notre conscience s’est accrue, les flyers ne nous trouvent plus savoureux. Ils cherchent des proies plus faciles. » 

         -         Quel processus emploient les flyers pour prendre notre énergie ? »

         -         En nous mâchant. Non, ils aiment notre énergie jusqu’au niveau de nos talons. Enfants, nous avons vécu des années d’une intense douleur, nous voulions être comme tout le monde. Après des années d’entraînement, cela est devenu plus facile à vivre pour nous. Nous sommes fondamentalement des singes répétitifs. Les jeunes enfants qui perçoivent sont ‘pure perception’. Quand ils parlent aux adultes ils peuvent recevoir des signaux très contradictoires, par exemple une mère exaspérée qui dit avec colère à son enfant ‘ Tu ne vois pas que je t’aime ?!’ Les enfants voient. Pour devenir des êtres sociaux, nous imitons nos parents. Nous marchons et nous parlons comme papa et maman. »        

         Un homme demanda un exemple de traquer. Florinda dit que cela serait évoqué le jour suivant.  

         -         Est-ce que l’occasion d’avoir une occasion n’est possible que pour un groupe ? »

         -         Non, c’est pourquoi nous sommes ici. Il n’y a rien de spécial à notre propos ; les chacmools l’ont fait toutes seules. Quelque chose en elles les a changées énergétiquement, à travers leur propre implacabilité. La Tenségrité n’est pas une série d’exercices ; ce n’est pas l’entraînement de Jane Fonda. Des gens au Mexique m’ont dit : ‘Gee, j’ai fait tout le voyage depuis l’Argentine juste pour apprendre des exercices. J’aurais aussi bien pu aller voir Jane Fonda, au moins j’aurais perdu du poids !’ Nous portons des œillères qui ne nous permettent que de nous voir nous-même, nous répétant indéfiniment. Nous pouvons casser cela énergétiquement, au travers de la récapitulation et de la Tenségrité. Vous devez investir tout ce que vous avez là dedans, et encore plus – et encore, vous ne pouvez pas savoir si quelque chose se passera. » Florinda affirma que les chacmools étaient énergétiquement différentes des personnes qui entrèrent dans leur monde 10 ans auparavant. Et même si les naguals ont plus d’énergie, dans la vie de tous les jours, ce surplus d’énergie les rend juste plus stupide – ils ont plus d’énergie pour être dense.         

         Un homme posa une question sur les pratiques énergétiques chinoises et leur relation avec la Tenségrité. Florinda affirma que certains des anciens sorciers pratiquaient les arts martiaux. Le nagual Lujan et le nagual Elias aussi. L’intention de la Tenségrité est d’aider notre niveau de conscience à s’élever. Les mouvements portent cette intention en eux. Castaneda leur a dit d’apprendre les arts martiaux, ce qui les a aidé, mais ce n’est pas la même intention.        

         Un homme posa une question sur le défieur de la mort. Florinda dit que Carol Tiggs allait parler de ça.        

         Un homme posa une question sur l’intention. Florinda répondit : « Nous intentionnons la vie de tous les jours. Nous intentionnons cette tente. Les mouvements de Tenségrité ont une intention différente qui est d’élever notre niveau de conscience. En les répétant, quelque chose est accrochée. » 

         -         Pouvez-vous parler de l’activité sexuelle ? »

         -         On me pose toujours cette question ; ça tombe toujours sur moi ! », se plaignit-elle en plaisantant. Puis elle ajouta : « Castaneda est supposé être célibataire. J’espère qu’il l’est. » Florinda enleva alors ses lunettes, et en blaguant : « Je préfères ne pas voir vos visages quand je parle de ça. Le nagual disait que nous sommes tous des ‘baises ennuyeuses’, dans le sens où nous avons été conçus dans un ennui complet ou à moitié complet. Ainsi, notre énergie est à un niveau médiocre. Donc, il est préférable que nous ne la dépensions pas en la gâchant. L’énergie sexuelle est notre énergie la plus puissante. 90% de notre énergie va dans notre présentation du moi, 88% dans le but d’être attirant pour le sexe opposé. Si nous soustrayons notre énergie de cela, elle est débloquée pour notre perception. Si vous voulez être obsédé par le sexe, allez-y. Le célibat doit être un choix personnel, il ne peut pas être imposé. Les femmes simulent l’orgasme. L’énergie sexuelle décline – les hommes et les femmes deviennent de plus en plus infertiles. Le sexe est une grande explosion d’énergie. » 

         -         Qu’en est-il des vers lumineux que les hommes laissent dans le corps des femmes ? »

         -         Ahhh. Energétiquement, un lien doit s’établir pour que l’homme prenne soin de la progéniture et pour s’assurer que les femmes et les enfants s’en occupent. Ainsi un homme doit retourner à la même configuration énergétique. Les femmes sont taxées deux fois plus énergétiquement. Nous soutenons les mâles – nos ‘pauvres bébés’ – énergétiquement faibles, et je ne parle pas de psychologie ici. L’univers est principalement féminin. » Florinda raconta l’histoire d’une femme prenant soin de deux hommes dans un aéroport et les aidant à porter leur valise. « Même parmi les sorciers, les hommes sont des ‘pauvres bébés’. Mais vous n’avez pas besoin d’attendre sept ans pour être libérée des vers : une bonne récapitulation les détruira. »    

         Un homme posa une question sur le fait de tomber malade en rencontrant des êtres inorganiques. Florinda répondit : « Non, vous ne tombez malade qu’en faisant une bonne récapitulation. » Elle dit qu’elle et Taisha avaient vomi durant leur récapitulation.        

         Un homme posa une question sur ‘voir’. Florinda dit que les sorciers ne voyaient pas avec leurs yeux, mais avec leurs corps entier. Lorsqu’ils interprètent pour les autres ce dont ils font l’expérience, cela sonne comme si la perception venait des yeux.        

         Une femme demanda comment stopper le dialogue intérieur. Florinda répondit : « C’est très dur. Vous pouvez y arriver au travers des mouvements de Tenségrité. Certains peuvent les trouver nauséeux, c’est parce qu’il faut se concentrer pour les faire de la façon appropriée. »        

         Un homme demanda si le fait que Castaneda avait le tempérament des anciens sorciers était un souci. Florinda répondit : « Non. Don Juan évitait le monde des êtres inorganiques afin de brûler au-delà. Nous nous demandons si c’est possible – si ils sont allés au-delà des limites de notre matrice, et si les êtres humains peuvent aller au-delà de notre limite interprétative. » Elle affirma qu’ils restaient ouverts sur l’issue de cette question, pour empêcher Castaneda de devenir morbide à ce propos. Elle ajouta que les hommes étaient plus morbides par nature.        

         Une femme posa une question sur l’intention requise en faisant de la Tenségrité. Florinda répliqua simplement que l’intention était très importante dans la Tenségrité.        

         Un homme demanda si quelqu’un avait déjà essayé de ‘voir le voir’, suggérant que cela pourrait aider le groupe à casser les liens d’interprétation. Florinda répondit que non, on ne pouvait pas. « Une fois que le système d’interprétation est annulé, vous ne pouvez pas utiliser le voir, vous ne pouvez pas rester en arrière. » On leur avait à eux-mêmes demandé d’aller à l’école, pour devenir logique et aller au-delà des idéologies.        

         Un homme posa une question sur le fait d’être ‘sans forme’. Florinda déclara que les plus ‘sans forme’ de leur groupe étaient Castaneda et Carol Tiggs. « Si rien ne les retenait de partir, ils auraient beaucoup de mal à rester. Je me rappelles toujours que Castaneda doit m’emmener avec lui, parce qu’il m’a empêché de partir avec la vieille Florinda. »        

         Un homme posa une question sur leur souci à être si focalisés sur ‘le saut’, sur ‘la vie après la vie’. Florinda répondit qu’au contraire, ils se focalisaient sur le fait de naviguer dans l’infini, et d’aller dans l’inconnu.  

         -         Quel est votre intérêt à vous soucier de nous ? »

         -         C’est si facile, si simple pour nous de faire ça. Tout ce qui est nécessaire pour élever la conscience est simplement de laisser tomber le sens du moi. »        

         Un homme demanda si nous devions former des groupes. Florinda dit : « Non, même notre groupe est très solitaire. Quelque chose d’énergétique nous connecte. Ce n’est pas parce que nous vivons ou mangeons ensemble. Nous pourrions aller au cinéma ensemble. Il n’y a aucune garantie que nous fassions le saut ensemble. »        

         J’ai posé une question sur la place des homosexuels, hommes et femmes, dans le monde des sorciers, ajoutant que les livres étaient assez ‘ hétérocentriques’. Florinda répondit que les livres reflétaient la tradition d’une bande de vieux mexicains, qui étaient très coincés sur la sexualité, et c’était pour cette raison que les livres n’en parlaient pas. « Les lesbiennes n’étaient pas vraiment réelles pour eux. La seule chose sur laquelle don Juan fit un commentaire, lorsque le sujet de la sexualité fut évoqué, c’était qu’il ne comprenait pas que certains homosexuels vivent en couple comme des hétérosexuels. Il semblait se demander pourquoi ils ne tiraient pas avantage du fait d’être en dehors de la norme. Moralement, cela n’avait aucune importance pour lui. » Selon elle, les hommes préfèrent être ensemble de toute façon. « Les mâles n’aiment pas les femelles. Oui, nous sommes de bonnes partenaires sexuelles et des mères, mais dans l’absolu, énergétiquement, vous préférez votre propre genre. Et c’est pareil pour les femmes. En tant que société, nous n’avons pas beaucoup exploré si les femmes pouvaient s’aimer entre elles, au-delà d’être ensemble parce qu’elles sont toutes les deux misérables. »        

         Un homme posa une question sur la récapitulation, si le but était de simplement revoir toutes nos interactions humaines. Florinda répondit : « La thérapie examine ces interactions. La récapitulation n’est pas l’action d’examiner. Nous cherchons à découvrir nos comportements spécifiques, qui sont répétitifs et ennuyeux. La seule chose spéciale à notre propos est que nous sommes des perceveurs, sans voir à quel point nos répétitions sont destructrices pour nous. »        

         Un homme demanda si, durant le siècle passé, notre connaissance humaine avait beaucoup changé. Florinda répondit : « D’après don Juan, non, rien n’a vraiment changé, juste notre focalisation sur le moi. La conscience est différente de la connaissance. La conscience est un état énergétique, pas juste psychologique ; c’est un état de possibilités. Nous n’avons pas beaucoup changé, nous maintenons notre vie telle qu’elle est, et nous voulons sauver la forêt vierge, mais nous disons que les Brésiliens devraient s’en occuper. Nous pouvons à l’occasion envoyer un peu d’argent, mais nous ne nous changeons pas notre propre comportement à engloutir les ressources naturelles. Don Juan disait que juste avant que les dinosaures ne soient en voie d’extinction, ils avaient eu l’intention de voler. »  

         -         Quel est l’impact des enfants sur nos oeufs lumineux ? »

         -         Carol Tiggs et moi avons toutes deux donné naissance à un éclaireur. J’ai eu le orange. Cela n’a pas tant d’impact que ça, sauf que l’on doit travailler plus dur ou courir plus vite. Nous pouvons avoir des trous mais cela nous pousse à travailler plus dur. »        

         Un homme posa une question sur la quête de liberté totale. Florinda répondit : « Cette voie est une voie ouverte. Nous savons où l’autre voie mène. »        

         Un homme posa une question que je n’entendis pas distinctement sur don Juan, sur la caractéristique d’être impeccable en tant que guerrier. Florinda répondit : « L’impeccabilité est un octroi supplémentaire énergétique. Nous sommes implacables avec nous-même, pas avec le monde qui nous entoure. »        

         Un homme posa une question sur la mort de la Gorda. Florinda dit : « Elle est morte il y a dix ans, dans une explosion d’ego. Elle pensait qu’elle était le nagual, parce que don Juan lui avait dit qu’elle était une rêveuse sans égal. Elle était impatiente avec Castaneda, et Carol Tiggs n’était pas dans le coin. Elle est entrée en combustion – elle a presque sauté, mais elle n’a pas pu soutenir sa manœuvre, parce que sa volonté provenait de son égomanie. Alors elle est morte dans nos bras. »        

         Une femme demanda si la Gorda aurait pu déplacer son point d’assemblage. Florinda dit : « Théoriquement c’était possible, mais en général, la folie est une explosion d’égomanie. Nous sommes sobres. Nous devons l’être, parce qu’autrement nos expériences nous conduiraient à la folie. »        

         Une femme demanda s’ils se préparaient à essayer de sauter au-delà des couches de l’oignon. Florinda répondit : « Oui, ce qui nous intéresse est ce qui se trouve au-delà de l’oignon. »        

         Quelqu’un posa une question à propos de l’abîme. Florinda expliqua que lorsque Castaneda avait sauté, il avait changé énergétiquement. Elle mentionna également le fait que Nestor, Pablito et les petites sœurs avaient rejoint don Juan il y a peu de temps.        

         Une femme demanda comment les chacmools avaient été choisies. Florinda expliqua qu’elle avait rencontré Kylie 10 ou 15 ans auparavant, dans une galerie d’art à Oslo (à part, Florinda déclara que Kylie était une grande artiste). Florinda était tombée malade après avoir mangé trop de chocolat français dans l’avion. Elle avait vomi et Kylie s’était occupée d’elle. Kylie connaissait Castaneda. Florinda lui avait dit de venir lui rendre visite, sans vraiment le penser, et Kylie s’était présentée à leur agent un an plus tard. Florinda lui avait dit de partir, mais elle avait décidé de rester, jusqu’à ce que quelque chose change en elle et qu’il n’y ait plus aucun moyen de la refuser. « Energétiquement elles devinrent des chacmools, à cause de ce qu’elles firent. Beaucoup ont essayé de rester avec nous, et soit ils sont devenus fous, soit ils n’aimaient pas ça car notre vie est trop rigoureuse. »        

         Un homme demanda s’il était possible de cesser d’interpréter. Florinda répondit : « Oui. » Il continua en demandant si on devenait une ‘part du tout’. Florinda dit : « Notre manière de voir l’énergie s’est déplacée au-delà du point d’assemblage. Notre souci maintenant est de savoir si on peut arrêter d’interpréter tous ensemble, alors oui, Lee Marvin a peur, et alors ? »        

         Une femme demanda si il y aurait d’autres passes de Tenségrité qui seraient ajoutées. Florinda répondit : « Oui, de nouvelles vidéos sont prévues. Et un séminaire intensif est aussi prévu à Los Angeles. »        

         Un homme demanda si la Tenségrité pouvait aider dans le traitement des gens qui avaient un problème mental. Florinda dit qu’elle ne pensait pas que de telles personnes étaient intéressées par la Tenségrité, « et puis, c’est qu’est-ce qu’un ‘problème mental’ ? »        

         Un homme posa une question sur le fait de drainer l’énergie des autres. Florinda répondit : « Personne ne peut prendre de l’énergie à quelqu’un d’autre. Au Mexique, certains pensaient que nous étions des vampires. Nous plaisantions ensemble en leur disant ‘Vous pensez que nous en avons après vos doigts de pieds ?’ Nous gaspillons notre propre énergie en nous concentrons sur nous-même. Le véritable amour est pure affection, juste pour le plaisir. »        

         Un homme lui demanda si elle était amoureuse. Florinda répondit : « Oui, j’aime Carlos, Carol Tiggs, Taisha Abelar, les chacmools, et les nouveaux gardiens. Je n’attends rien en échange. Aimer vraiment un autre être c’est arrêter de se faire du souci à propos de soi-même. Ainsi, peu importe ce que fait l’autre personne. Tous nos soucis sont  - ‘mon opinion n’a pas été prise en compte, il faut me croire, ce n’est pas ça, etc.’ »        

         Un homme demanda si l’Aigle était comme l’ego. Florinda opina : « Oui, ça se pourrait. C’est quelque chose qui profite de notre conscience, qui se nourrit de notre importance personnelle. L’univers est prédateur. L’énergie cherche l’énergie. »         Un homme demanda si nous pouvions voir toute notre vie lorsque nous mourrons, alors quelle était la différence avec la récapitulation. (Je ne suis pas sûr d’avoir eu l’essentiel de la réponse, car celle-ci ne semble pas correspondre à la question) Florinda répondit que don Juan se fichait des rêves. « Vous avez juste une plus grande conscience. L’énergie est disponible à travers le rêve, mais seulement au travers d’un intense contrôle, pour lequel vous avez besoin de beaucoup d’énergie. » 

         -         Que signifie tromper la mort ? »

         -         Les sorciers veulent partir en pleine conscience, dans leur forme physique, dans un monde différent. Oui, nous voulons éviter la mort, et il est certain que nous ne voulons pas mourir dans le monde quotidien. » 

         -         Pourquoi pensez-vous que don Juan est coincé (dans une autre couche de l’oignon) ? »

         -         A cause des récents voyages de Castaneda et Carol Tiggs. »        

         Un homme posa une question sur le plan astral évoqué par les gourous indiens qui est comparable aux autres mondes des sorciers. Florinda dit qu’elle ne connaissait pas grand-chose à l’Inde. « Don Juan était très pragmatique, il ne voyait pas cela comme une connaissance ou une théorie, il voyait d’autres mondes, et s’intéressait à élever le niveau d’énergie pour faire exploser les paramètres de notre perception. Je ne sais pas si c’est la même chose pour les Indiens. » Elle suspectait leur point de vue d’être, d’une certaine façon, encore prisonnier de l’ordre social.         

         Un homme posa une question sur les nouveaux gardiens. Florinda dit que ce n’était pas à elle d’en parler, et expliqua qu’ils étaient en train d’essayer d’éradiquer leur histoire personnelle. Elle ajouta qu’ils étaient entrés en contact avec eux grâce à un véritable effort de leur part. »        

         Un homme annonça qu’il avait 16 questions, dont : « Comment restez-vous concentrés et en quoi cela est-il relié au fait d’éradiquer l’histoire personnelle ? » Florinda répondit qu’une plus grande quantité d’énergie nous fait prendre conscience que nous sommes plus que ce qu’on nous a enseigné à être. « C’est une façon très pragmatique d’activer quelque chose se trouvant hors du cadre restreint des gens qui vous connaissent, et de vos points de référence habituels. D’un point de vue pragmatique, les gens qui vous connaissent vous ‘clouent sur place’. Pour moi, c’était très important d’être séparée de ma famille et de mes vieux amis. Etant originaire d’Amérique du sud, j’ai pu couper tous mes contacts avec ma famille en venant à Los Angeles. Et de toute façon, ils savaient que j’avais toujours été un peu non orthodoxe. Je n’ai pas eu de contacts avec eux pendant 10 ans, et cela coupa nos liens. Lorsque je suis retournée voir mes parents, à un certain niveau, ils savaient que j’étais différente. »         

         Un homme fit observé que ‘ la règle’ (décrite dans Le Don de l’Aigle) semblait avoir changée, et il demanda si cela signifiait que ce qui avait été écrit n’était plus pertinent. Florinda répondit : « Non, ce n’est pas ça. Ce qui a été écrit est l’authentique récit d’un processus et de ses pratiques. La métaphore de Taisha dit que c’est comme de l’eau d’une rivière qui coule sur des pierres. Les pierres sont toujours là mais l’eau qui s’écoule sur eux est nouvelle. J’avais l’habitude de demander des règles à don Juan, ce qu’il fallait faire. Je me battais avec lui, lui disant que j’étais Allemande, et que s’il voulait bien me dire quoi faire, je le ferai. Lorsque j’ai envisagé de faire une recherche anthropologique en Amazonie, il m’a juste dit de ne pas me servir des autres, ce qui incluait mes parents, pour avoir des connexions et de l’aide, car c’est ce que je faisais d’habitude. Il m’a dit de le faire toute seule. Je l’ai presque tué quand il m’a dit ‘Tout ce que tu possèdes ce sont tes cheveux blonds et tes yeux bleu dans un pays où ça compte’. Mais cela m’a changé. »        

         Une femme demanda si en faisant sa récapitulation sexuelle, il était plus simple d'être célibataire. Florinda répondit que cela dépendait sur quoi on se concentrait. « Ce n’est pas tant sur la baise mais ce qui va avec. »        

         Un homme demanda s’il existait quelque chose dans leur système à propos d’appeler le grand esprit ou sur la prière. Florinda dit : « Non. Quand Nelida me demandait d’appeler l’intention, j’allais à la fenêtre et je criais ‘Intention !’ Le nagual disait que vous ne priez pas l’intention, vous demandez, vous l’appelez avec énergie. L’esprit est juste de l’énergie. »         

         Un homme posa une question sur l’histoire du chien dans 'Les Portes du Rêve'. Florinda éluda la question en disant : « C’était il y a si longtemps ! » Elle expliqua ensuite qu’on lui avait demandé de faire sa thèse en dehors du Mexique, car autrement cela aurait été trop facile. « J’ai trouvé une guérisseuse. La première version de ma thèse n’a pas été acceptée, elle n’était pas assez scientifique pour UCLA. Cette guérisseuse croyait que nous sommes énergétiquement reliés à ceux qui nous sont connectés avec nous – nos parents, etc. »        

         Un homme posa une question sur le fait qu’elle avait dit de ne pas récapituler les personnes avec qui on était, et posa une autre question sur les parents. Florinda dit qu’elle n’était pas connectée avec ses parents. « Mes parents m’avaient cloué sur place, je ne pouvais pas bouger à moins de casser le lien que nous avions. »        

         Un homme demanda si on pouvait récapituler les personnes pour qui on avait de l’affection. Florinda répliqua : « Oui, mais ça peut changer le courant énergétique. Nous avons une irrépressible tendance à nous placer au-dessus des autres. »        

         Un homme demanda: « La liberté totale n’est-elle pas l’ultime quête ? » Florinda répondit : « C’est juste une idéalisation tant que nous n’avons pas accrue notre conscience. Autrement, c’est de la masturbation mentale. Le clan de don Juan brûla avec le feu du dedans, formant la configuration du serpent à plumes, en faisant un dernier tour pour nos yeux. Seize personnes disparurent. La vieille Florinda disparut après la mort de la Gorda, parce que nous étions tous responsables et la vieille Florinda nous injuriait. Elle nous traitait d’incompétents, alors elle décida de sauter toute seule. Il y a un oranger en face de ma fenêtre, et ce jour là, la vieille Florinda portait une robe blanche et un ‘sun-bonnet’. Je vis brièvement une lumière, mais j’ai pensé que la vieille Florinda était seulement en train de se cacher lorsqu’elle disparut. Mais non, elle était soudainement partie, laissant juste une étrange vibration derrière elle, qui alla vers les arbres et secoua l’oranger en fleurs. La vieille Florinda voulait me prendre avec elle, mais Castaneda ne voulait pas que je parte alors il m’a poussé hors du chemin. »        

         Un homme demanda ce que le groupe attendait pour sauter. Florinda dit : « Nous attendons de pouvoir partir comme un groupe ou au moins de savoir qu’individuellement nous pouvons le faire. » Elle ajouta qu’elle ne savait pas si Nestor, Pablito et les autres avaient sauté dans le même endroit que don Juan. 

         -         A quoi ressemble la mort pour nous ? »

         -         Nous mourrons. »              Une femme demanda si il y avait des gens d’ailleurs qui sautaient dans notre réalité ? » Florinda dit : « Nous n’en avons pas rencontré, mais pourquoi pas ? » Le monde des êtres inorganiques, par exemple, est un monde parallèle, avec des entités énergétiques.          Un homme posa u

Publié à 12:47 le 9 mai 2007 dans Omega Institut
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Conférence Taisha-Omega

Conférence de Taisha Abelar - Omega institut – Mai 1995

 

 

 

      Taisha nous dit que le sujet serait : « Neuf façons pour bouger le point d’assemblage ». Elle dit que Florinda avait parlé des « formations d'énergie et des formations de perception ».  

 

         Tandis que notre monde est principalement une interprétation (et une description), le but de la sorcellerie est de retourner à la possibilité de percevoir l’énergie directement. 

 

         L’effort de générations de sorciers a été de voir l’énergie directement. Ils voient l’énergie des êtres humains comme des œufs ou des cocons lumineux. Certains sont ronds ou ont la forme d’une cloche, tandis que d’autres sont oblongs avec un fond plat. Les portions plates de ces derniers sont coincées dans une matière sombre et visqueuse, et l’énergie ne peut pas bouger. La plupart des êtres humains ont des fonds plats.

         Pour les sorciers, c’est un cadeau pour eux de voir un œuf lumineux qui est complètement rond et qui flotte librement, cela enchante leur propre corps d’énergie. Tous les œufs lumineux ont un point brillant lumineux situé à la hauteur des omoplates, dans le dos, sur la surface du cocon.

 

         C’est le point d’assemblage, au travers duquel passent des millions de fibres permettant la perception. Si le point d’assemblage est délogé, différents mondes deviennent perceptibles. Puisque l’œuf contient des milliards d’endroits vers lesquels le point d’assemblage peut se déplacer, pourquoi se limiter à ce monde ?

         Notre habilité à l’intersubjectivité en tant qu’êtres humains nous fait tous maintenir notre point d’assemblage approximativement à la même position. La partie brillante autour du bas de l’œuf est ce qui permet la propre réflexion ; la même brillance luisante qui devrait recouvrir le reste de l’œuf a été mangée par les flyers.

 

         Le point d’assemblage des êtres humains n’a bougé que de l’épaisseur d’un cheveu depuis le Moyen-Âge, tandis que la luminosité de l’œuf a continué à décliner. Le corps d’énergie, d’après les sorciers, est un conglomérat d’énergie qui est rassemblé en un noyau. Les sorciers essayent de réunir à nouveau le corps d’énergie et le corps physique, qui sont séparés à la naissance. Don Juan dit à Taisha qu’à travers les pratiques des sorciers, le corps d’énergie se rapprochait de plus en plus près, jusqu’à ce que l’on  sente finalement quelque chose claquer derrière la tête. A travers la discipline et l’entraînement des sorciers, on peut faire ressembler le corps d’énergie au corps physique, et le corps physique au corps d’énergie. 

 

         Lorsque Taisha vit pour la première fois le corps d’énergie, après qu’elle ait développé suffisamment de sobriété à travers le silence intérieur pour permettre à la luminosité de son oeuf de grandir jusqu’au niveau de ses genoux, Emilito lui montra son corps d’énergie en pratiquant la passe de « se secouer » (shaking pass), une vibration qui permet aux sorciers de se défaire du corps physique. En faisant cela, un nuage d’énergie s’éleva et l’enveloppa. Ce n’est pas quelque chose que l’on « voit » avec les yeux mais avec notre corps d’énergie.

 

         Les neuf façons de bouger le point d’assemblage sont harmonieuses et non délétères si on procède doucement et avec sincérité. Les neuf façons, que l’on peut utiliser seules ou en combinaisons sont :

 

La Tenségrité, la récapitulation, les non-faires, les petits tyrans, la contemplation, le silence intérieur, la discipline et les actions impeccables, le rêve, la traque.

 

         Taisha expliqua que ces « façons » (techniques) étaient listées en gros en ordre ascendant, afin que la conscience croisse convenablement. Les deux dernières techniques, le rêve et la traque, étaient plus complexes et demandaient que nous ayons augmenté notre niveau de conscience (de luminosité) au moins jusqu’au niveau des chevilles. Puis Taisha commença à décrire chacune des neufs techniques.

 

La Tenségrité

 

         Il fut donné une ligne de passes à chacun des quatre disciples de don Juan. Clara Grau enseigna à Taisha les passes effectuées au sol, tandis qu’Emilito lui enseigna celles à pratiquer dans les arbres. Initialement, Taisha n’était pas autorisée à entrer dans la salle d’arts martiaux de Clara, parce qu’elle était trop « radioactive » (elle n’avait pas fait assez de récapitulation).

 

         « Clara avait reçu un entraînement d’arts martiaux en Chine et était maître dans le maniement des longues perches, dit Taisha. Un jour, alors que j’étais en train de regarder furtivement à l’intérieur de la salle, à travers une petite ouverture que j’avais pratiqué dans le mur, Manfred, le chien, m’aboya dessus à plusieurs reprises. Après que avoir été découverte, j’ai demandé à Manfred pourquoi il m’avait trahi, il déclara qu’il essayait juste d’alerter Clara qu’il était temps que j’apprenne les passes. »

 

         Clara ajusta les passes pour le gabarit de Taisha, ce qui fit comprendre au groupe de Castaneda qu’ils pouvaient ajuster les passes pour d’autres. Clara dit à Taisha de pratiquer les passes avec toute son attention et en silence intérieur, ainsi le corps d’énergie lui dirait ce dont elle avait besoin.

 

         « La fixation de l’intention des anciens sorciers est très forte et est déjà dans les passes. La Tenségrité porte l’intention d’augmenter la conscience et d’allumer de nouvelles fibres, ce qui, par essence, entraîne le déplacement du point d’assemblage. »

 

         Taisha indiqua que deux zones du ciel étaient visées en exécutant la passe de l’écoutille stellaire. Une étoile de la constellation « Corona Borealis », et l'étoile binaire qui compose l'Oeil du Taureau dans la constellation du Taureau.

 

La récapitulation

 

         « Les chacmools sont en train de faire leur récapitulation et vont vous décrire le processus tout à l’heure. La récapitulation est une technique des anciens sorciers, conçue pour se défaire énergétiquement des liens du passé. Cela nous permet de lâcher prise sur les vieilles interprétations qui nous empêchent de percevoir avec de nouveaux stimuli. Cela vise également à apaiser les filaments qui sont collés, afin de nous permettre de percevoir de nouveaux filaments.

 

         Au travers de la folie contrôlée, nous savons que les nouvelles interprétations ne sont là que pour un instant et que nous ne pouvons pas nous permettre de nous y fixer à nouveau. L’acte de rendre de la conscience aux vieux filaments, de voir chaque détail, et puis de revenir dans le présent, accompagné par le processus de respiration, décoince le point d’assemblage. La récapitulation révèle aussi votre propre inventaire d’actions et de réactions – vos schémas basiques – ainsi, après votre récapitulation, vous pouvez choisir de nouvelles manières d’agir. »

 

         « Les femmes sont à 50% inorganiques – elles ont juste besoin d’apaiser leur dialogue intérieur et elles deviennent ‘tubulaires’. »

 

         Taisha déclara avoir deux êtres inorganiques vivant dans son grenier : Globus et Phoebus. Ce sont deux êtres inorganiques identifiables. Elle déclara que son point d’assemblage et sa configuration énergétique se rapprochaient de celle des êtres inorganiques, lui permettant d’avoir de meilleurs aperçus de ses « locataires ».

 

Les non-faires

 

         Cela signifie essentiellement « ne pas utiliser les items de notre vieil inventaire d’actions et de réactions. La récapitulation nous donne cet inventaire, nous permettant d’avoir un moment de pause. Quand un sorcier agit selon des façons qui lui sont complètement inconnues, de nouvelles fibres commencent à briller dans son cocon lumineux. Et alors le corps d’énergie répond et se réveille, comme une conséquence de ces nouveaux éclairages. Vous commencez avec de légères ou lentes perturbations et essayez de briser la continuité de l’idée que le monde est d’une certaine manière. »

 

         Taisha se rappela avoir eu un professeur à UCLA qui enseignait à ses étudiants comment les phénoménologistes et les philosophes comprenaient le phénomène de la perception. Il leur faisait porter des lentilles binoculaires incorporées à une boîte qu’ils devaient porter sur leurs yeux. Ils  regardaient à travers, ce qui leur faisait voir le monde à l’envers. - Cela lui rappela aussi l’histoire d’un anthropologue qui faisait un terrain dans le bush, et qui avait commencé à voir des esprits et en avait été très effrayé « Pendant un instant, dit-elle, l’anthropologie avait été oubliée. » - Avec ces « masques binoculaires inversés », les étudiants se demandèrent juste comment marcher jusqu’à leur voiture avec leur boîte sur les yeux.

 

         Les non-faires sont simplement des perturbations – par exemple faire tout avec la main opposée.

 

         « Vous êtes en train de ‘non-faire’ chaque fois que vous engagez un item qui ne fait pas partie de votre inventaire habituel. Cela peut également arrivé dans des conditions de grand stress (par exemple le cas des mères capables de soulever une voiture pour sauver leur enfant). Ces moments nous forcent à changer notre idée de ce que nous sommes capables de faire.

 

         Une fois, l’éclaireur bleu dit à Taisha qu’elle allait réaliser un de ses rêves en l’emmenant, elle et un ami, au Grand Canyon, où ils restèrent toute une nuit dans un motel situé tout en bas du Canyon (où les réservations s’étaient « ouvertes » pour eux). A cette époque, l’identité de Taisha était « Anna Maria Cordova », une étudiante de UCLA, car l’ami qui les accompagnait ne savait rien à propos de Taisha Abelar. Taisha déclara qu’elle était dans un « état physique déplorable » à cette époque, et était très inquiète à propos de comment elle allait faire pour parcourir tout le trajet aller-retour jusqu’au Canyon (afin qu’ils n’aient pas à venir la chercher en hélicoptère).

 

         Taisha ne dormit pas de la nuit : ils partageaient tous la même chambre et l’éclaireur bleu ne dormait pas, tandis que Taisha avait bu une grande quantité de café qui lui avait retourné l’estomac. Taisha avait insisté pour qu’ils partent reconnaître la piste qu’ils allaient emprunter un jour à l’avance, ce qui lui avait permis d’envoyer son corps d’énergie sur cette même piste pendant la nuit, de poser son intention ou une structure énergétique, lui permettant de reconnaître la piste.

         Le jour suivant, alors qu’ils grimpaient, Taisha ramassa quelques pierres et d’autres choses pour se débarrasser de sa fatigue (on peut aussi « déposer » notre fatigue en s’appuyant contre un rocher. Il  existe aussi une manière de tenir ses mains qui donne de l’énergie).

 

         En gros, pour gérer le voyage de retour, Taisha déclara avoir pratiquer un répertoire entier de non-faires, incluant savoir quelles herbes renifler (son corps d’énergie savait), et « voir » en contemplant chaque endroit où s’asseoir. En général, quand le corps physique est fatigué, le corps d’énergie prend le relais. Taisha utilisa également le « pouvoir du mulet », gagnant de l’énergie en descendant juste derrière un groupe de mulets et en rassemblant l’énergie qu’ils portent avec eux. Elle utilisa également les petits filaments d’énergie sur les cailloux le long du sentier  pour l’aider à la tirer.

         En conséquence de ces non-faires, elle arriva une heure avant ses compagnons, qui un moment plus tôt avaient pris de l’avance sur elle.

 

Les petits tyrans

 

         Les sorciers disent que c’est notre extrême insistance et notre préoccupation du moi qui maintient notre point d’assemblage fixé. Comment se débarrasser de la préoccupation du moi ? Il y a  trois moyens :

         (1) Devenir abstrait, ou la folie contrôlée. Notre préjugé perceptuel nous fait penser que nous sommes plus importants que nous ne le sommes, quand nous devrions vraiment voir que tout n’est que de l’énergie – les arbres, les flyers, les animaux, etc.

         (2) Avec les petits tyrans – qui sont partout, et qui peuvent être une aide utile pour vaincre l’importance personnelle. Les petits tyrans font remonter à la surface les parties où nous sommes coincés.

         (3) En reconnaissant que vous êtes un être qui va mourir – alors pourquoi avoir de l’importance personnelle ? » (Cette prise de conscience, comme « le lieu sans pitié », est un changement du point d’assemblage).

 

         « Il y a un danger  à exagérer l’importance personnelle et à se sentir supérieur quand les petits tyrans sont vaincus. Ne les utilisez pas pour vous rendre encore plus importants. »

         Par exemple, Castaneda avait vu Clifford, un de leurs amis, marcher dans la rue avec le crâne rasé, torse nu, portant une couronne d’ail autour du cou. Clifford était un « pet », parce qu’il pensait qu’il pouvait perfectionner les choses, et les faire mieux que les autres.

 

         « Les non-faires et traiter avec les petits tyrans devraient se faire tranquillement, de façon simple, sans que personne ne s’en rende compte – pas comme un effort social de groupe. »

 

La contemplation

 

         « La contemplation n’est pas regarder ; c’est quelque part entre percevoir et regarder. Les techniques de contemplation nous aident à casser la certitude que le monde est fait d’objets. La contemplation est conçue pour casser le préjugé perceptuel de la subjectivité du monde. Je ne recommande pas la contemplation de nuages ; c’est seulement pour les sorciers très avancés, parce qu’il peut s’avérer difficile de revenir.

 

         On peut contempler du sable, des pierres, des feuilles et des arbres. Mais on ne doit pas contempler les arbres lorsque l’on est dans une humeur maussade. La contemplation de l’océan ou de l’horizon est bien mieux pour les humeurs maussades, car l’océan est assez vaste pour absorber ces sentiments.

 

         La méthode que Florinda Grau (la vieille Florinda) utilisait, était de jeter de petits coups d’oeil, de repérer des choses qui n’appartenaient pas forcément à ce monde, saturant ainsi son appareil visuel. On peut aussi faire une contemplation balayante – à 360 degrés – ou, alternativement, de haut en bas.

         Vous pouvez contempler des feuilles en traçant leur contour avec les yeux ou en les comptant. Cela peut entraîner un déplacement abrupt qui fait disparaître les feuilles en faisant passer l’arrière-plan au premier plan. Ce type de déplacement est difficile à soutenir longtemps, et ce n’est pas le but. C’est juste une technique pour casser votre préjugé perceptuel, pour revenir à l’idée de percevoir directement. »

 

Le silence intérieur

 

         C’est une question d’accroître de plus en plus de secondes de silence intérieur. Quand Taisha atteignit cinq minutes (pour Florinda c’était huit), cela l’amena au-delà des limites de la place habituelle de son point d’assemblage. Pour Carol Tiggs, le seuil critique est de 23 minutes de silence intérieur, à ce stade, elle peut arrêter le monde. Taisha expliqua que Carol, étant double, a une plus grosse masse, qui nécessite plus de temps pour être bougée.

 

         « Certains bouddhistes utilisent un bâton qui va du sol vers le front comme moyen pour atteindre le silence intérieur. On peut aussi allumer une allumette, plonger son extrémité dans l’eau et contempler à l’autre bout la flamme revenir comme méthode pour apporter du silence à l’esprit. Une fois que l’on a atteint un seuil critique de silence, on peut l’atteindre plus souvent et le prolonger. »

 

La discipline et les actions impeccables

 

         « La discipline ne signifie pas l’ordre au sens d’un régiment militaire, mais l’impeccabilité, qui consiste à donner à chacun de nos efforts toute notre concentration et notre intention inflexible, sans espoir de gain personnel. Les sorciers disent de faire tout comme si c’était notre dernier acte sur cette Terre.

         Agir impeccablement nous rend immangeables pour les flyers. Les flyers ne sont ni bons ni mauvais, ils sont juste une partie de l’univers prédateur. Pour nous, ils endossent vraiment une forme humaine car nous sommes conscients d'eux à un niveau subliminal. »

 

         Ensuite Taisha poursuivit en nous montrant l’agrandissement d’une photo prise par un de leurs amis, Tony Karam, un moine bouddhiste, durant la cérémonie de l’équinoxe de printemps à Teotihuacan. Sur la première diapositive projetée sur l’écran, apparut une espèce de phalène ou un autre insecte, qui se plaça à l’endroit exact où se trouvait le supposé flyer.

         En voyant cela, Taisha fit un bond de côté et sembla terrifiée. Nous ne vîmes pas « l’insecte » s’envoler. A la place, il sembla disparaître ou s’effacer. Les photos (en fait une photo et deux agrandissements de l’image du flyer) montraient que la silhouette semblant faire une hauteur de deux ou trois étages, apparaissait sur la gauche de la pyramide, avec les montagnes en arrière-plan.

         J’ai esquissé la figure, qui ressemblait à une personne avec des bras ou des ailes au-dessus de sa tête, volant, et avec des jambes recourbées au niveau des genoux et étendues  vers l’arrière. Taisha déclara que les flyers sont présents partout où a lieu de grands rassemblements de gens. Normalement nous ne les voyons pas, bien que les enfants les voient très tôt durant l’enfance, avant qu’ils n’aient été socialisés.

 

         Taisha déclara que certaines personnes peuvent atteindre un haut niveau de conscience incroyablement rapidement. Castaneda rendit un jour visite à une vieille dame de 80 ans, qui vivait dans une maison de retraite et qui avait récupéré sa conscience après avoir été dans le coma durant 20 ans. 

 

         Elle avait écrit un livre sur un groupe d’indiens et était accompagnée d’un jeune indien qui, à la fin de leur rencontre dit à Castaneda que c’était dommage qu’il (le jeune homme) se déplace si rapidement dans sa pratique, car il n’existait aucun moyen pour eux de passer plus de temps ensemble et de vraiment devenir amis. Castaneda prit ce commentaire comme étant de la suffisance de la part du jeune homme.

         Puis, deux ans plus tard, Castaneda se retrouva dans une tempête de sable alors qu’il roulait de Mexico vers San Diego sur la route n°8. Un camion surgit et lui fit signe de rouler sous sa protection. Finalement, les deux véhicules finirent par arriver sur une route de graviers et Castaneda, s’inquiétant à propos de ce que le camion était en train de faire, fit signe au chauffeur de s’arrêter. Il s’avéra que le conducteur du camion était le même jeune homme. Celui-ci informa Castaneda qu’il avait une dette envers lui pour l’instruction qu’il avait reçue et qu’à présent il lui payait sa dette. Il fit savoir à Castaneda qu’ils étaient maintenant ensemble dans la seconde attention (apparemment, le jeune homme avait l’énergie et le niveau de conscience requit pour emmener Castaneda dans son « rêve »). Dès que le camion repartit, Castaneda prit conscience qu’il était revenu sur la route n°8.

 

Rêver

 

         Pour les sorciers, bien sûr, cela ne veut pas simplement dire faire du rêve lucide, mais atteindre un degré de contrôle où vous devez fixer votre point d’assemblage. Vous devez « traquer » vos rêves pour fixer le point d’assemblage sur n’importe quel point vers lequel le rêve vous emmène.

         Le contenu du rêve ne compte pas ; ce qui compte est à quel point vous pouvez fixer votre point d’assemblage et pour combien de temps. On peut finalement revenir dans le même rêve, encore et encore, simplement en y ayant fixé son point d’assemblage. On commence par se réveiller dans un rêve et se repérer – vous avez besoin de vous concentrer sur quelque chose que vous avez envie de faire dans votre rêve qui va vous « réveiller ».

         Ensuite, lorsque vous êtes à nouveau pleinement conscient, vous pouvez reproduire les mouvements que vous avez fait en « rêvant éveillé » pour amener votre corps d’énergie vers votre corps physique. 

 

Traquer

 

         « Les sorciers disent que nous devrions nous traquer nous-même d’abord, au travers de la récapitulation. Pour cela, nous devons être sans pitié avec l’évaluation de qui nous sommes et de ce qu’est notre vie. » Taisha découvrit en récapitulant qu’elle était extrêmement indulgente (comme la plupart d’entre nous), et qu’elle était prête à faire n’importe quoi pour obtenir ce qu’elle voulait. Don Juan l’appelait « je veux ça ». Elle déclara également qu’elle découvrit qu’elle était incapable de ressentir de l’affection pour qui que ce soit.

 

         Lorsque Nelida essaya une manoeuvre simple pour ouvrir le point d’assemblage de Taisha, celle-ci perdit le contrôle, et quand elle revint à sa position d’origine, son point d’assemblage continuait à vibrer mais n’allait nulle part.

         Cela troubla tellement le groupe de don Juan qu’ils la suspendirent dans les arbres, ce qui fixa son point d’assemblage sur une nouvelle position, celle d’un habitant d’arbre. Ce fut dans les arbres que Taisha commença à expérimenter des sentiments, comme l’affection pour les arbres, ce qui lui était étranger.

 

         « J’ai aussi ressenti comment les arbres communiquaient par faisceaux d’affection, ainsi des filaments différents étaient utilisés. Lorsque mon point d’assemblage fut stabilisé, après environ deux ans, la seconde position que je reçus en tant que traqueur fut celle d’une ingénue super féminine à la recherche d’un mari. »

 

         Ce fut un changement spectaculaire depuis la position athlétique, masculine vers laquelle son point d’assemblage s’était déplacé dans les arbres, ce qui avait presque causé un retournement de celui-ci. En effet, son point d’assemblage commençait à se tourner vers l’extérieur, comme celui d’un homme (le point d’assemblage des femmes est tourné vers l’intérieur). Pendant plus d’un an elle joua le rôle de « Madeleine Rigot », et le compléta avec des leçons de français, de cuisine, d’étiquette, etc., afin qu’elle devienne une désirable candidate au mariage.

         Taisha affirma qu’elle reçut sept demandes en mariage. Cette période s’acheva lorsqu’elle tomba amoureuse d’un homme inéligible – « un cinglé chic » - qui avait été prêtre. C’était un jeune homme très passionné, obsessionnel, tourmenté par la culpabilité et complètement instable. Il passait ses journées à prendre le bus et à se promener autour des églises.

         Taisha, en tant que Madeleine, décida qu’elle allait le sauver. Elle expliqua que les sorciers voient la folie comme l’exagération de la fixation à maintenir nos fibres en un point particulier. Elle décida de le suspendre dans les arbres. Après l’avoir hissé en haut, l’homme devint complètement fou. Après ce « scandale », le temps de Taisha en tant que Madeleine prit fin.

 

         La position suivante assignée à Taisha fut celle de « Alphonsina », une clocharde. Ce fut pour elle un grand saut après avoir joué une ingénue chouchoutée. Don Juan engagea une femme – Alphonsine – pour jouer sa mère, une clocharde qui apprit à Taisha tout ce qu’on doit connaître sur la mendicité.

         Taisha voulut immédiatement s’en aller lorsqu’elle vit la masure répugnante où vivait la femme, et poursuivit don Juan en le suppliant de la laisser revenir avec eux. Il lui dit qu’elle avait le choix, soit elle s’en allait et retournait dans son ancien monde, soit elle était Alphonsina jusqu’au bout. La conscience de Taisha était suffisamment élevée à ce moment, et elle s’arrangea pour retourner dans la masure avec Alphonsine.

        

         Seules une discipline pure et une intention inflexible permirent à Taisha de poursuivre cette expérience. Le stress de l’expérience l’amena à ressentir de l’amour pour sa « mère », Alphonsine, sans honte ni pitié. Ce rôle s’acheva au bout d’une année, lorsqu’une femme qui avait bien traitée Taisha, et que Taisha avait évité jusque là, emmena Taisha prendre une douche chez elle, ce qui fit disparaître son maquillage et ses cheveux emmêlés, révélant qu’elle était « blanche ». Cela signala la fin d’Alphonsina.

 

         La quatrième et dernière position de traque fut celle d’un homme, Ricky. Ricky était un jeune homme américain amoureux de la vie, extasié par les petites choses auxquelles nous n’accordons pas d’importance d’habitude. Il saisissait toutes les opportunités ; la principale pression pour lui était de savoir que ce rôle prendrait un jour fin.

 

Les êtres inorganiques

 

         « Quand vous n’avez plus de moi ou d’ego, il est facile d’entrer dans l’univers parallèle. Dans ‘l’autre côté’, vous entendez votre émissaire de rêve, qui est toujours une voix de femme, vous décrire l’univers parallèle. Là, vous pouvez interagir avec des êtres inorganiques, que les anciens sorciers appelaient les ‘alliés’.

         Vous pouvez entrer dans leur monde en rêvant, et votre vitesse est ajustée à leur vitesse ralentie. Les traqueurs peuvent aussi s’ajuster à cette vitesse en état ‘d’éveil tranquille’, la voix leur dit ce qu’ils ont besoin de faire pour ralentir. Des parties de deux de ces êtres avec qui je suis entrée en contact sont entrées dans notre monde de perception.

         Ils m’ont emmené dans beaucoup de voyages à l’intérieur des plis de leur monde, car beaucoup nous sont accessibles. Je les ai aussi emmenés dans des lieux effrayants de la seconde attention – des expériences qui les ont parfois dissuadés de revenir me voir pendant plus d’un an. De plus, j’ai été emmené avec eux dans des lieux extrêmement terrifiants de leur monde. »

 

         « Dans le royaume des êtres inorganiques, on a la délicieuse impression de flotter ou de se déplacer à grande vitesse. Les êtres inorganiques sont des entités femelles qui veulent de l’énergie mâle, qui est très rare dans l’univers. Alors leur monde est un endroit dangereux à visiter régulièrement pour les hommes. En revanche, les femmes peuvent aller dans les tunnels inorganiques simplement en entrant en silence.

         Les sorciers des anciens temps furent déçus par les êtres inorganiques parce qu’ils n’obtinrent pas les récompenses concrètes qu’ils espéraient avoir. En effet, ils pensaient que les êtres inorganiques pouvaient les aider à commander le pouvoir immense qui est le leur (comme par exemple vaincre les envahisseurs espagnols).  Ce dont notre groupe a prit conscience est la capacité des êtres inorganiques à  ressentir de l’affection.

         Les êtres inorganiques ont la capacité de ressentir une profonde et authentique affection qui est incomparablement apaisante. Et ils font des choses pour les sorciers par pure affection, librement et sans attentes. Ils sont motivés, en voulant nous aider, par un sentiment profond lorsqu’ils voient à quel point nos vies sont brèves comparées aux leurs. Lorsque l’on entre en contact avec eux, au travers d’une profonde affection, ils peuvent nous permettre de prolonger notre attention. »

 

         « Cela pourrait sonner comme Faust. Les êtres inorganiques peuvent ressembler au diable depuis le point de vue de la raison, car ils s’intéressent à élargir leur conscience au point d’être presque éternels. Le vieux nagual disait qu’ils sont comme nos cousins, existant  sur une ligne parallèle à la notre.

         Le seul moyen pour nous d’élargir notre potentiel est en entrant dans leur monde. Ils ne font pas cela par espoir de gain. Don Juan disait que l’univers est imprégné d’une vague de profonde affection, qui transperce aussi les êtres inorganiques.

         Lorsque la vague d’affection vous touche, laissez-la vous emporter, car cela permet à l’esprit de vous faire décoller et de vous faire voler dans l’infini. Vous vous envolez alors avec un courage total et un abandon total. Lorsque le dialogue intérieur arrive, vous vous dites ‘et alors’ ? »

 

Notes Corey Donovan



Publié à 12:37 le 9 mai 2007 dans Omega Institut
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Conférence Chacmools-Omega

Conférence des chacmools - Omega institut – Mai 1995

 

Peu après 20:30, Florinda monta sur scène pour nous dire que Carol Tiggs ne viendrait pas, en dépit des efforts de ‘rêver’ du groupe pour l’atteindre durant les quelques jours passés. Elle expliqua que les autres l’avaient choisi pour annoncer cette mauvaise nouvelle parce qu’elle était la plus petite et nous étions donc moins susceptibles de l’attaquer. Puis, elle dit que ce soir, nous allions écouter chacune des chacmools, qui se plaçaient à présent au centre du « nouveau monde » du groupe de Castaneda.

 

Elle dit que Carol Tiggs semblait être la source d’énergie du groupe, et elle expliqua que Carol et Taisha avaient pris la forme d’un tube et envoyaient leur énergie par leur tube aux chacmools. Elle dit qu’elle et Taisha pouvaient dire que lorsqu’elles voyageaient, l’énergie des chacmools était à présent différente. Florinda dit que les histoires des chacmools étaient des histoires d’intention.

 

Nyei Murez – L’éclaireur bleu

 

Nyei monta alors sur scène et s’assit à une table pour nous lire ce qu’elle avait écrit sur l’éclaireur bleu.

« L’éclaireur bleu est la fille de Carol Tiggs. Carol Tiggs lui a donné naissance. Son énergie a une tonalité bleue, différente de la tonalité blanchâtre qu’ont la plupart des êtres humains. Castaneda trouva cette agglutination d’énergie bleue dans le royaume des êtres inorganiques. Les chacmools ne sont pas encore allés dans ce monde mais nous sentons sa présence. Le monde des sorciers a un pouvoir mystérieux, qui peut être vécu et expérimenté mais qui n’est pas prédictible.

 

Le monde des êtres inorganiques est facilement accessible pour les femelles, une fois que leur conscience s’est élevée jusqu’au niveau des reins. La discipline que cela requiert ne passe pas par la routine ou la pratique mais par l’accès à un silence intérieur total. C’est ce que les chacmools n’ont pas encore atteint. »

 

Tous les chacmools sentent fortement que l’éclaireur bleu est « étrangère ». Nyei dit que l’éclaireur bleu est l’amour de sa vie ; « une personne et pas une personne. »

 

Elle décrivit l’éclaireur bleu comme étant « brillante, légère, mince, éthérique, sauvage et mignonne. Elle a des yeux bleus brillants, des oreilles qui entendent tout, et s’habille de façon impeccable mais imprévisible. Elle est habile à trouver le restaurant, le morceau de musique, le vêtement ou l’objet d’art le plus exquis qui soit. Elle est d’une grande exactitude, c’est une experte pour découvrir vos secrets les plus profonds ou vos désirs cachés. C’est une grande imitatrice de Nelida, et elle peut préparer de fabuleux festins. »

 

Nyei rencontra Carol Tiggs et l’éclaireur bleu pour la première fois dans un séminaire de Tenségrité où elle avait été invitée par Florinda. Nyei avait entendu dire que Carol Tiggs était la mère de l’éclaireur bleu. Elle avait également entendu dire que le clan de Castaneda traquait et faisait des tours aux gens, et comme Carol paraissait avoir 25 ans, Nyei se dit qu’elle ne se ferait pas avoir si facilement. Elle s’approcha de l’éclaireur bleu et lui demanda : « Vous êtes la mère de Carol Tiggs, n’est-ce pas ? »

 

« L’éclaireur bleu devient de plus en plus petite à mesure que le temps passe. Elle pourrait avoir sept ans, et nous estimons que cela pourrait prendre 50 ans afin qu’elle devienne pleinement mature. Elle est exacte, minutieuse et capricieuse.

 

Castaneda dit qu’elle est casse-pieds. Elle se met facilement en colère, tout comme une enfant de sept ans, quand vous êtes un trou-du-cul, mais le moment d’après, elle oublie tout et vous invite à aller jouer à Las Vegas. L’éclaireur bleu adore jouer et avait l’habitude de parier sur les chevaux pendant que Carol Tiggs était partie. Maintenant  que Carol Tiggs est revenue, elle est sa mère à 100%.

 

L’éclaireur bleu est également parti pendant presque 10 ans, de l’âge chronologique de sept ans jusqu’à dix-sept ans, revenant à peu près un an avant Carol Tiggs. Durant cette période, Florinda et Castaneda ont pris soin d’elle. 

 

« Le clan découvrit que l’éclaireur bleu était revenu lorsqu’ils allèrent au Mexique pour voir Florinda Grau (la vieille Florinda). Castaneda ramena l’éclaireur bleu à Los Angeles où il l’envoya à l’école. L’éclaireur bleu fut vraiment bouleversée par ce retournement de situation et refusa de changer de position pendant 24 heures, signe de son extrême colère. A la fin de cette période, cependant, elle sourit simplement et demanda : ‘Qu’est-ce que je dois faire maintenant ?’ »

 

Nyei déclara que l’éclaireur bleu était allée à l’école dans le Mexique rural, mais ne savait ni lire ni écrire. Ils l’envoyèrent au collège car l’année universitaire avait déjà commencé.

 

« A présent, elle travaille sur son doctorat en sciences sociales – et d’une certaine façon, elle assimile le matériel académique en utilisant un processus complètement différent du notre. Le nagual don Juan a pris soin d’elle durant son enfance. Lorsqu’elle allait dans la seconde attention, elle recevait un étrange entraînement qui la rendit naturellement très directive. Comme le dit Castaneda, l’éclaireur bleu ne ‘transpire pas’. Où qu’elle soit allée, ils ont du la bichonner tout le temps. Elle peut changer de vitesse très rapidement et nous sentons que sa vitesse est en train de s’accélérer.

 

« Bien qu’elle travaille sur son doctorat, elle est toujours comme une petite fille et développe de véritables béguins pour certains acteurs. Un de ses préférés est Bruce McCulloh de ‘Kids in the Hall’ (une série télé américaine). Sachant à quel point l’éclaireur aimait ce type, Castaneda se présenta à lui un jour où le croisa dans la rue, et lui dit : ‘Vous nous avez donné des heures de plaisir.’ L’acteur déchira la page Z de son carnet d’adresse et fit un autographe Pour l’éclaireur. Lorsque Castaneda jeta un coup d’œil sur l’autographe, il vit que l’homme avait signé ‘Kevin McDonald’ (un autre comédien de la série que Castaneda avait confondu avec Bruce McCulloh). L’éclaireur s’implique beaucoup lorsqu’elle regarde la télé, par exemple, elle crie au personnage : ‘Allez, allez, allez !’

 

« Lorsqu’elle n’est pas satisfaite, l’éclaireur bleu peut devenir une horrible créature. Sa Némésis est l’éclaireur orange, avec qui elle se bat parfois comme une folle. L’éclaireur bleu aime emmener tout le monde à Disneyland et s’en sert pour démêler ses filaments. Elle a affecté le groupe énergétiquement en lançant régulièrement des ‘dards d’énergie’ pour les ramener ensuite. Les chacmools ne la voient pas et ne lui parlent pas pendant des mois, puis elle arrive et change des choses, et secoue tout le monde. »

 

 Nyei dit que les images qui allaient suivre, en nous prévenant qu’elles pourraient sembler dissociées, étaient inspirées par l’éclaireur bleu.

 

« L’éclaireur bleu nous aide à être plus endurantes et disciplinées. Elle connaît d’autres positions du point d’assemblage et nous y emmène. Elle est une flèche bleue enflammée, et vous devez gagner sa confiance. »

 

 Nyei lu également le passage suivant sur l’éclaireur bleu : « Retrouve-moi au café, juste au-delà de la frontière, juste au-delà le ciel…tu dois parler et ton silence ne doit protéger que ton amour et pas ton cœur, que tu lui as déjà donné. »

 

A ce moment, Nyei fut visiblement gagnée par l’émotion et ses yeux se remplirent de larmes. Elle fit une pause pour récupérer et continua : « Etrange amour, agitation d’un souvenir inconnu. Tu danses un tango à travers notre sang. Notre rêve bleu, notre papillon qui n’appartient à personne. Pour toi, j’intentionne tout. »

 

Nyei conclut en disant que l’éclaireur bleu s’était elle-même donné le prénom « Claude ».

 

Renata Murez – L’éclaireur orange

 

Renata monta ensuite sur scène pour nous parler de l’éclaireur orange. Comme Nyei, Renata lut ses notes.

« Castaneda trouva l’éclaireur bleu dans l’univers des êtres inorganiques. Elle y avait été faite prisonnière et ne pouvait pas s’en échapper. Il fit tout son possible pour libérer cette unité d’énergie bleue, ce qui transforma son interprétation en une petite fille de sept ans. Castaneda mourut presque en utilisant son énergie pour la libérer. Carol Tiggs et don Juan le ramenèrent, guidés par l’éclaireur bleu.

 

« Ce que Castaneda ne savait pas à cette époque, c’est qu’il y avait une autre unité d’énergie derrière l’éclaireur bleu – l’éclaireur orange – qui était aussi prisonnière. L’effort de Castaneda la libéra aussi. Don Juan était très inquiet, sachant que Carol Tiggs devait donner naissance à l’éclaireur bleu pour la libérer. La question de l’éclaireur orange était encore plus délicate, et, parce que personne ne voulait s’en occuper, Florinda dit finalement : ‘Et merde ! Je vais le faire’. »

 

« Leperchun » est le seul nom auquel elle répond.

Renata affirma que ce mot signifiait lutin en espagnol. Renata dit que le mot lutin est approprié pour l’éclaireur orange parce qu’elle appartient aux choses de la terre. L’éclaireur bleu, en contraste, appartient aux choses de l’air éthérique.

 

« L’éclaireur orange est bâtie comme une bouche d’incendie, elle est forte comme un bœuf et ressemble à une toute petite fille sans être grosse, mais juste incroyablement dense. Les deux éclaireurs pratiquent magnifiquement la Tenségrité, cependant, l’éclaireur orange a de plus gros muscles. Elle a un terrible sens du concret – elle est la matérialisation du sol. L’éclaireur orange ne bouge pas le petit doigt tant que vous ne l’avez pas nourrie ou payée.

 

Les éclaireurs ne permettent pas aux chacmools d’enseigner au public à moins que les gens les payent, car leur point de vue énergétique est : ‘À moins que les gens payent très cher, ils ne prêteront pas attention.’

 

« L’éclaireur bleu avait l’habitude de nous dire qu’elle avait été piégée dans le royaume des êtres inorganiques à cause de sa curiosité, tandis que l’éclaireur orange avait été piégée comme punition pour sa duplicité. Mais l’éclaireur bleu est aussi une voleuse cosmique, elle vole même des rôles et des personnages. Dans le théâtre fantôme, elle vola une fois le rôle de Jésus et le joua à la perfection.

 

Un émissaire de rêve leur dit que les deux éclaireurs étaient piégés dans le royaume des êtres inorganiques à cause de leur duplicité. L’éclaireur orange devait être audacieuse dans son vol car sinon la chose en question allait être dérobée par l’éclaireur bleu.

 

« L’éclaireur orange est aussi Argentine – sans raison explicable, car ni Florinda ni l’éclaireur orange n’ont été élevées là-bas. Encore que quand elle chante, bouge et danse le tango, elle canalise « Mrs. Gretina », un personnage qui chante le tango et qui est alcoolique. Lorsqu’elle joue ce rôle elle se gonfle en une grosse femme, alors que d’habitude elle est juste une petite bécasse joufflue.

 

« La relation entre les deux éclaireurs est intense et compliquée. Lorsqu’elles se virent pour la première fois, elles s’embrassèrent et dansèrent ensemble. Le moment d’après, elles se mordaient presque l’une l’autre. Nous pensons qu’elles ont fait cela pendant des centaines d’années. Castaneda m’a dit de vous dire que l’éclaireur orange m’est très attachée, et vient régulièrement me demander des conseils ou de l’aide pour ses papiers scolaires.

 

Sa physicalité vous emporte, où qu’elle soit. Quand je suis avec elle, je trouve que je ne suis plus moi-même. L’éclaireur orange est plus jeune que l’éclaireur bleu sur ce plan. Don Juan disait qu’à elle deux, elles devaient avoir 7000 ans ou plus. »

 

Kylie Lundhal – Le théâtre fantôme

 

Ensuite ce fut Kylie qui monta sur scène. Tout d’abord elle remercia tous ceux qui avaient permis que le week-end ait lieu, incluant Tom Valenti, Michael Craft, et tout le staff d’Omega. Elle expliqua qu’elles lisaient toutes leurs notes parce qu’elles avaient besoin d’être très précises avec leurs mots – les mots incorporent l’intention, et quand on improvise, on finit par s’empêtrer dans ce qu’on dit et il est ensuite nécessaire d’en sortir.

 

« Il est également important que nous énoncions nos noms au début, afin de tracer un lien énergétique depuis l’inconnu jusqu’à vous. Dire nos noms est une façon de nous affirmer en tant que guerriers. Lorsque j’exprime mon nom, une ‘affirmation énergétique’ a lieu, établissant que je suis la seule responsable de mes actions.

 

« Ce soir Carol ne pourra pas venir. Elle est allée au Mexique, mais voulait vraiment venir à l’institut Omega afin d’utiliser ce séminaire comme une ‘chambre d’écho’ et expliquer où elle était allée pendant les dix années où elle est partie. Carol Tiggs ne voulait pas aller au Mexique car il aurait fallut utiliser un matériel de traduction très exact. Cependant, elle est y quand même allée pour raconter l’histoire de son expérience. Elle s’est montrée là-bas et n’est jamais revenue comme la Carol Tiggs que nous connaissions. C’est pourquoi nous travaillons tous à la ramener.

 

« Carol Tiggs a emmené les chacmools à Tula, pas la ville sale et moderne d’aujourd’hui, mais une ancienne version plus paisible, en les emmenant dans son rêve. Taisha fit la même chose avec vous hier soir, avec l’aide de Globus et Phoebus. Avant la nuit dernière, les chacmools ne savaient rien des êtres inorganiques de Taisha. Mais durant les conférences de Taisha, il y a toujours une sorte d’interférence, que ce soit un problème avec les lumières, le son, ou n’importe quoi d’autre. L’insecte qui est apparut sur la diapositive du flyer hier soir ne s’est pas envolé…il a disparut ! L’étrange insecte qui s’est confondu avec le flyer, comme s’il était en superposition, était Globus et Phoebus. 

 

« Pendant 30 ans, les disciples du vieux nagual sont restés dans l’isolement. Le seul qui parla était Carlos Castaneda. Carol Tiggs est revenue, ce qu’elle n’était pas supposée faire, car d’après la tradition, la règle dit que la femme nagual va avec le précédent groupe du nagual et reste de l’autre côté pour aider le nouveau groupe à traverser le vide. Mais Carol est revenue au lieu d’attendre pour les aider à traverser. Cela changea tout pour eux de façon dramatique. Les disciples du vieux nagual étaient à présent seuls dans le monde, et ils ouvrirent ce monde. La Tenségrité est le résultat de cette ouverture. 

 

« Il existe quelque chose de très difficile, c’est de laisser tomber l’ego. Pour cela, on a besoin de nerfs en acier. Don Juan donna à ses disciples une dernière légende. Il leur raconta que quelqu’un viendrait, quelqu’un qui n’aurait besoin d’aucune introduction, et qui viendrait de l’endroit le plus inattendu. Le groupe de Castaneda a déjà douze femmes et quatre hommes. Ils appellent cette personne ‘le guerrier électrique’. Don Juan dit aussi qu’elle (ils croient qu’il est fort probable que ce soit une femme) viendra à minuit moins une, quand toutes les lumières seront baissées, que les musiciens seront partis, et qu’il sera temps de mourir.

 

« Les sorciers croient que nous mourrons afin de vivre (contrairement au point de vue commun qui dit que nous vivons pour mourir). Beaucoup sont venus dans notre monde mais sont partis parce qu’ils ne pouvaient pas le supporter. Nous ne faisons pas de discrimination. Je viens d’entendre dire qu’une personne qui nous a quittés – qui imaginait être le guerrier électrique - est partie parce que nous ne lui accordions pas le ‘respect’ qu’elle estimait devoir recevoir. Cette personne est sur le point d’enseigner sa propre version de la Tenségrité. 

 

« Le théâtre fantôme est un aspect de la voie du guerrier. Le théâtre du réel est entré dans la lignée par le biais du nagual Julian, qui était acteur. Carol Tiggs, en mettant les chacmools dans une bulle (un rêve) et en nous emmenant dans une version paisible de Tula est un exemple du théâtre du réel. Florinda ouvre les portes avec force ; Taisha et Carol Tiggs nous emmènent vers d’autres mondes.

 

« Le théâtre fantôme déplace également le point d’assemblage du spectateur vers un autre endroit. Les éclaireurs le créèrent pour aider le groupe à « glisser à travers », et quitter le monde familier. Les éclaireurs écrivent et dirigent les scènes. Les scènes de l’éclaireur orange sont très paillardes, crues, irrévérencieuses et drôles, tandis que celles de l’éclaireur bleu sont sophistiquées et éthériques. L’éclaireur bleu, une grande actrice, écrit de superbes scènes pour Carol Tiggs, qui est aussi une bonne actrice.

 

« Deux hommes du groupe de Castaneda, connus comme deux des ‘éléments’, sont un célèbre metteur en scène et écrivain – Bruce Wagner – et un important agent d’Hollywood – Tracy Kramer. Ils sont avec les sorciers de cette lignée depuis le début, et sont connus comme étant des ‘êtres cycliques’, qui sont le ‘ici et le maintenant’. A cause de la force des éclaireurs, à chaque fois qu’ils présentent un spectacle, les gens qu’ils invitent sont profondément affectés. Les éclaireurs donnent aux chacmools des rôles mineurs dans leur théâtre.

 

« Le théâtre du réel est pour les traqueurs. Ils intentionnent les personnages de façon si réelle que cela en est presque effrayant. Même si les scènes ne sont jamais écrites pour offenser les spectateurs, elles sont écrites par des individus qui ont examiné notre ordre social depuis un point de vue énergétique.

 

« L’éclaireur bleu a écrit une scène avec moi, où je joue la mère d’un bébé qui croit que son enfant est une fille. Dans cette scène particulière, je donne naissance à un énorme enfant grotesque, joué par l’éclaireur orange. L’éclaireur orange portait une combinaison, une couche, semblait ne pas avoir de dents et roula sur le sol. J’ai été si effrayé par l’apparence de l’éclaireur que j’ai crié.

 

Les deux protagonistes ont une conversation durant laquelle la couche du bébé est sale. Je l’enlève et découvre un énorme pénis que l’éclaireur orange avait fabriqué, poilu et faisant environ 50 cm. Je devais m’agenouiller et embrasser le pénis et, comme il était écrit dans le script, les acteurs devaient adorer le nouveau-né mâle. 

 

« Une autre scène que Castaneda aimait beaucoup avait pour titre ‘Gordito, Gordito’. C’était l’histoire d’un jeune homme, joué par l’éclaireur orange, qui pour la scène s’habilla d’un rembourrage qui la faisait paraître incroyablement grosse. Gordito va dans une clinique pour perdre du poids. Le docteur lui dit : ‘Nous savons comment faire perdre du poids à un homme. Nous allons vous mettre dans une pièce avec une guérisseuse qui va vous aider’.

 

Il s’avère que c’est une nymphe, complètement nue, jouée par une des autres chacmools. L’éclaireur orange courre après elle et le marché est que s’il parvient à l’attraper, il peut la sauter. Mais la nymphe s’échappe et disparaît.

« Un Gordito en colère revient à la clinique, fait une consultation de routine avec le docteur et, cette fois, lorsqu’il s’assoit dans la salle d’examen, arrivent deux nymphes nues. Il n’en attrape pas une seule.

 

Alors il retourne voir le docteur et demande que cette fois, soit il perd du poids soit il peut sauter les nymphes. Le docteur dit : ‘Nous avons justement ce qu’il vous faut’. Tandis qu’il attend tout seul dans la pièce, arrive un homosexuel suédois (Kylie) avec un énorme pénis. Il commence à courir après Gordito et lui dit : ‘Si je t’attrape, je te saute’. Sur quoi Gordito réussit finalement à perdre du poids. »

 

Kylie affirma qu’elle n’avait pas réussi à bien jouer son rôle dans cette parodie, et c’était à cette époque que ses cheveux avaient été coupés court.

 

« Je ne voulais pas jouer ce rôle, mais je suivrais l’éclaireur orange et le reste du groupe jusqu’au bout et au-delà. L’éclaireur orange m’a même surnommé ‘Otto’, et m’a fait porter une moustache, un chapeau, et m’a fait danser le tango avec elle. Quiconque viendra au séminaire de six jours pourra sentir l’odeur de son tango.

 

« L’éclaireur orange fait des duels de tango avec ‘Al Cerutti’ (Carol Tiggs), qui est représentant en assurances. Vous ne croiriez pas que c’est Carol Tiggs. Ils ont intentionné cette créature irritante avec tant de force que nous avons dû les payer 175$ pour les faire partir. Les éclaireurs ne font rien à moins qu’on ne les paye, disant que c’est dans la nature de l’univers (bien que la somme ne soit pas importante – plusieurs dollars ou un centime). Tous les acteurs jouent depuis leur silence intérieur. Les autres chacmools sont de grandes actrices, et Carol Tiggs est une grande cabotine. »

 

Notes de Corey Donovan



Publié à 12:29 le 9 mai 2007 dans Omega Institut
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Session QR Chacmools-Omega

Session de questions réponses avec les chacmools – Omega Institut - Mai 1995

 

En réponse à la première question, Kylie expliqua que les chacmools ne voyaient pas encore comme la description qu’en faisant les livres. Les éclaireurs étaient retournées dans le monde des êtres inorganiques et étaient allées au-delà. « Ce sont des navigatrices ‘entre les mondes’ ».

 

Une femme demanda : « Pourquoi faites-vous ce qu’elles vous commandent de faire (les éclaireurs) ? » Kylie dit que le terme qu’elles utilisaient été ‘faire un chèque en blanc’. « Elles ne nous commandent pas, nous faisons ce qu’elles nous demandent par pure affection et pour le plaisir. »

 

Un homme demanda si les chacmools savaient d’où venaient les éclaireurs. Cette question sembla embarrasser les chacmools, alors Florinda arriva pour répondre, suivie par Taisha. Florinda dit : « D’une certaine façon, les éclaireurs sont toutes les deux notre ‘ phare’. Elles agissent sans aucun ego ; même lorsqu’elles semblent se battre entre elles, c’est pour nous un grand plaisir, car les éclaireurs savent qu’elles ne peuvent pas vivre l’une sans l’autre. Le groupe pense qu’elles ont une énergie qui vient ‘d’au-delà’. Nous ne savons pas qui sont les pères des éclaireurs. » (A Mexico, Florinda avait plaisanté sur le fait que dans le cas de sa fille, le père était un indien obèse d’Oaxaca.)

 

Un homme posa une question astrologique sur le calendrier maya et le rôle du groupe de Castaneda dans ‘l’évolution planétaire’. Taisha répondit : « Nous ne pensons pas qu’il y ait une corrélation entre ce que nous faisons et la cosmologie planétaire. L’énergie ou le pouvoir que nous approchons est au-delà de ça, d’après mon opinion. Notre discipline est plus vaste que le point de vue ordinaire sur la terre et les interprétations humaines. Par exemple, l’endroit d’où viennent les éclaireurs va au-delà de l’imagination humaine, comme des endroits qui ont deux ou trois soleils rotatifs. La seule réponse pour nous est que ce qui arrive dans notre monde maintenant est dû au retour de Carol Tiggs. »

 

Une femme posa une question sur le défieur de la mort et Carol Tiggs. Florinda répondit que le défieur de la mort ‘chevauchait’ Carol Tiggs. « A un certain niveau, elle est Carol Tiggs. En fait, après l’expérience du Mexique, nous ne savons pas si elle est encore la Carol Tiggs que nous avons toujours connue. Nous essayons de la ramener en rêve, ce qui est très difficile quand nous devons être au même moment pleinement dans ce monde, donnant un séminaire durant quatre jours. »

 

Ensuite, Florinda mentionna le fait que l’éclaireur orange l’avait appelé dans la matinée. « C’est une grosse erreur de m’appeler avant midi. » Puis, quelqu’un avait frappé à sa porte à 8h. L’éclaireur orange voulait ‘parler à maman’. Mais Florinda était complètement enragée. Selon les termes de Florinda : « Rien n’est plus glacé que le sein d’une sorcière. » Elle conclut : « Notre seul moyen d’atteindre Castaneda et Carol Tiggs maintenant est à travers le rêve. »

 

Un homme posa une question sur la différence entre l’intention et la conscience. Taisha répondit : « La conscience est l’énergie qui nous permet de percevoir. Cela semble être complètement impersonnel, mais c’est personnel. L’énergie qui maintient les filaments ensemble est l’intention. C’est une connexion abstraite qui semble être personnelle. Le contrôle qu’a un guerrier est avec ses actions ; s’il les engage avec abandon mais contrôle, alors son lien est pur et fort. Don Juan l’appelait ‘le sélecteur’, sélectionnant les filaments qui vont passer à travers le point d’assemblage. Cela dépend de la quantité d’énergie – plus vous en avez, plus le sélecteur peut faire passer de choses extraordinaires à travers. Par exemple, l’intention peut utiliser l’énergie stellaire des étoiles mortes. Vous pouvez intentionner n’importe quoi, avec intégrité, vide et impeccabilité. »

 

Peu après, Florinda expliqua que l’intention sur le plan de la terre est aussi ce que nous faisons dans la vie de tous les jours. C’est juste que les sorciers intentionnent une intention différente.

 

Un homme demanda combien de temps cela prenait de se rappeler les expériences de la seconde attention. Florinda blagua : « Pas aussi longtemps que pour Carlos. » Elle dit qu’en tant qu’allemande, elle était très focalisée sur le temps. Ce même jour, alors que Fabrizio les avait conduit à un magasin d’antiquités, elle avait insisté pour qu’ils soient de retour à trois heures, sachant que si elle ne le faisait pas, ils y seraient encore. Quand ils revinrent à la voiture, il était trois heures moins une.

 

Une femme posa une question sur la récapitulation. Florinda dit que c’était une question pour les chacmools, qui en étaient à leur cinquième récapitulation. Nyei et Kylie regardèrent toutes les deux Renata, qui dit : « Je devine que je suis nominée. »

 

Renata répondit : « Après avoir fait une liste et trouver un endroit privé où construire la discipline requise pour la récapitulation, vous prenez la personne la plus récente de la liste et vous choisissez une scène dans laquelle vous avez eu une interaction avec cette personne. Vous recréez entièrement la scène, en respirant tout ce qui s’y trouve. C’est une inspiration et une expiration. Il est utile de faire d’abord les vieilles relations sexuelles, parce que les récapituler libère beaucoup d’énergie. Recréez toute la scène de toutes les interactions que vous avez eues avec cette personne. Une fois que vous avez complété la liste entière de récapitulation, vous devez recommencer avec toutes les interactions que vous avez eu durant la période où vous avez commencé à récapituler. »

 

Nyei ajouta que la récapitulation était un art découvert et amélioré par les anciens sorciers. « Voir des formations d’énergie dénuées d’interprétation permettait aux sorciers de ‘voir’ une force qui était comme une masse, donnant naissance à tous les êtres. Ils virent aussi que cette masse de conscience était rehaussée au cours de la vie. Ensuite ils virent que la vie était prise alors que seule la conscience le devrait. La force qui reprenait la vie et la conscience n’est pas capable de séparer la force de vie de la conscience. Alors les sorciers découvrirent que l’Aigle pouvait se satisfaire d’un fac-simile de conscience. En faisant cela, les sorciers passent à travers le trou d’une aiguille vers la liberté. »

 

Les chacmools affirmèrent qu’en récapitulant, elles avaient découvert que leur point de vue sur la vie avait radicalement changé. Elles dirent que la proposition de faire une récapitulation effectuée graduellement devait être suivie, particulièrement pour la première récapitulation, car cela affûtait grandement notre capacité à se souvenir aussi bien que notre capacité à élargir notre conscience.

 

« Récapituler, c’est récupérer notre énergie et rendre les énergies qui nous sont étrangères. Cela déplace aussi doucement le point d’assemblage, suffisamment pour lui donner de la fluidité. Cela vide également les êtres humains des choses qui les empêchent d’être lumineux et de flotter. Nous pouvons gagner beaucoup de conscience à travers la vie, mais sans la récapitulation, nous ne pourrons pas passer furtivement à côté de la maison construite sur mesure par la mort avec la conscience que nous possédons. Pour chaque personne de votre liste, commencez avec vos dernières interactions et ensuite remontez jusqu’à vos premières interactions. Puis rayez cette personne de votre liste et passez à la suivante. »

 

Ensuite, Florinda raconta qu’elle avait grandi au Venezuela, où les ponts lui avaient fait une forte impression. Un jour, alors qu’ils étaient en train de regarder la rivière en contrebas, et qu’elle avait cette vue depuis le pont, cela lui inspira une nouvelle récapitulation de souvenirs.

 

Taisha raconta que, de la même façon, elle avait vu une piscine gonflable dans le jardin de quelqu’un pendant qu’elles conduisaient en voiture et cela l’avait amené à une remémoration totale d’un souvenir passé. Elles nous suggérèrent de respirer aussi ce genre de souvenirs lorsqu’ils nous revenaient soudainement. Florinda suggéra que nous pouvions aussi utiliser les vieilles photos de nous (avant de les jeter) pour récapituler, car elles contiennent beaucoup de souvenirs.

 

Kylie suggéra que la musique et les chansons populaires pouvaient aussi être utilisées. Cependant, Florinda nous conseilla de prendre quelques mois pour faire une liste très systématique de nos interactions avant de nous servir de ce genre de piste pour nous aider à récapituler, cela nous aiderait à acquérir la discipline nécessaire. Elle déclara que sa première récapitulation l’avait aidée à comprendre Heidegger, et même à le lire en allemand, bien que son habileté à lire en allemand soit normalement assez mauvaise. La récapitulation avait ouvert des synapses élargissant ses capacités mentales. 

 

Une femme posa une question sur les règles. Florinda répondit : « C’est merveilleux ! (rires). Les guerriers yaquis avaient huit femmes ayant leurs règles pour prendre les décisions durant la guerre. Vous devriez employer vos règles, de façon hormonale et énergétique, pour voir comment toute votre perception change. Les femmes qui ont leurs règles rêvent plus facilement. Précisément parce qu’elles ont des utérus, elles peuvent entrer plus facilement dans la seconde attention. »

 

Une femme posa une longue question sur la prédominance des femmes dans le clan de Castaneda, sur leurs efforts pour récupérer Carol Tiggs, et sur l’intention. Taisha répondit : « L’écharpe de Carol Tiggs est ici (Taisha était en train de la porter), car cela nous relie à elle, et son intention est ici. » Elle indiqua également que la conférence de ce soir, tournant autour des éclaireurs, de Carol Tiggs et des Eléments (Bruce Wagner et Tracy Kramer), qui sont aussi dans le domaine de Carol Tiggs, tout cela faisait partie de l’intention de Carol Tiggs. La raison pour laquelle il n’y a que des femmes sur scène a à voir avec le fait que la partie brillante du point d’assemblage est tournée vers l’intérieur chez les femmes. »

 

Elles ne se sentaient pas vraiment concernées par changer l’orientation de ce point d’assemblage, sauf Taisha, qui avait fait tourner son point d’assemblage lorsqu’elle traquait son rôle de Ricky. Les hommes qui ont gravité autour d’eux ont souvent le point d’assemblage qui est tellement fixé qu’il ne peut pas se déplacer.

 

« Pour venir avec nous, il semble que cela demande de la fluidité et de l’énergie femelle. » Florinda intervint à ce moment là en disant qu’une fois que les hommes décident de changer pour suivre la voie des sorciers, ils tendent à être plus persistants que les femmes. Elle affirma : « Don Juan, qui était originaire de Yuma en Arizona, parlait très bien l’anglais et employait l’horrible expression de ‘ chattes cinglées’ pour se référer aux femmes. Mais c’est vrai, et c’est le fondement de leurs grandes capacités. Les hommes sont habituellement les guides parce que l’énergie masculine apporte la sobriété nécessaire pour donner du sens à leurs navigations. L’intention de Carol Tiggs était de revenir, et cette intention devait existée depuis longtemps. Don Juan savait que nous nous retrouverions dans les circonstances actuelles, et il nous a intensément entraînés à une grande variété de techniques parce qu’il savait que nous en aurions besoin. »

 

Taisha répondit à une question sur Carol Tiggs et le défieur de la mort en disant que la fusion de Carol Tiggs avec le défieur de la mort était expliquée dans L’Art de Rêver, et était due au don d’énergie du nagual que Castaneda fit au défieur de la mort.

 

« Mais même maintenant quelque chose a changé. Nous ne savons pas avec exactitude s’il y a encore une Carol Tiggs. A chaque fois qu’elle nous emmène en rêve dans la vieille Tula, elle change. Durant ce récent voyage au Mexique, elle a encore plus changé. Elle est en transition – re-rêvant ou réorganisant des formations énergétiques en quelque chose d’autre, nous ne savons pas encore quoi. Castaneda et Carol Tiggs ont toujours eu la même énergie, comme le disait don Juan, mais le défieur de la mort provoqua une espèce de fusion totale de cette énergie. »

 

Un homme demanda à Florinda comment elle avait manipulé son énergie pour avoir l’éclaireur orange. Florinda répondit : « De la même façon que nous le faisons dans ce monde. L’éclaireur orange était en moi énergétiquement. Le processus fut surtout dirigé par le vieux nagual, bien qu’il n’ait pas été là à cette époque. »

 

En réponse à une question à propos du fait que Castaneda avait eu un fils, et sur l’impact des enfants sur nos tranchants, et sur le fait que d’avoir des enfants provoquait des trous dans l’oeuf lumineux, Florinda déclara qu’un enfant, particulièrement le premier, prenait le tranchant. « Cela rend les choses plus difficiles, mais pas impossibles. Castaneda n’a jamais eu de fils. Il dut élever un garçon, mais cet enfant lui fut retiré lorsqu’il avait six ans. Et Castaneda contribua grandement en terme énergétique à la naissance de l’éclaireur bleu. »

 

En réponse à une question sur les petits tyrans, Florinda dit : « Ils nous aident. Un petit tyran vous force à changer. C’est comme écrire un chèque en blanc. Le fait de se défendre et de juger devrait nous faire nous interroger sur la raison pour laquelle nous nous battons sans arrêt sans aucune raison. » Florinda expliqua qu’elle était agressive : « Je veux toujours avoir raison et me battre sans aucune raison. Mes parents et mes frères me parlaient toujours avec brutalité et agressivité, et je devais parler encore plus fort. »

 

Taisha ajouta qu’une fois que l’on avait un certain niveau d’énergie, ces choses ne nous faisaient plus réagir. « Cette énergie vous donne un ‘manteau de confiance’ pour gérer ces situations d’une manière différente. Au fur et à mesure que l’énergie s’élève, il y a d’autres choses qui vous agacent, et qui vous donnent de nouveaux défis. Ne les réprimer pas, ne les renier pas, ça ne marche pas. Utilisez de nouveaux filaments dans votre œuf lumineux si vous en avez l’énergie, et utilisez votre intention. »

 

Kylie intervint pour dire : « Ces créatures (en indiquant Florinda et Taisha) sont très loin du niveau où nous nous trouvons. Durant la transition entre là où nous sommes et leur niveau, on se voit encore réagir mais on ne pas l’empêcher. C’est là qu’intervient l’implacabilité. On doit persister. Aucune d’entre nous ne sait comment persister ou persévérer à ce point, nous devons juste continuer. Lorsque vos boutons sont poussés, observez où est-ce que ça se passe en vous. Les sorciers peuvent voir que se battre est une manœuvre inutile – ce sont juste deux taches de lumière qui se cognent l’une l’autre. Au début, vous devez vous forcer à être sans pitié avec vous-même, mais ensuite quelque chose commence à vous guider si votre décision est définitive. »

 

Une femme posa une question sur la folie contrôlée. Taisha expliqua : « C’est comme un jeu. La folie contrôlée est une voie que les sorciers utilisent pour voir le monde. C’est un stratagème. L’univers est un mystère complet que nous ne démêlerons jamais, et nous n’avons aucun contrôle sur notre destinée. Les sorciers utilisent cela pour filtrer de manière différente notre façon habituelle de voir les choses. Ils savent  que notre manque de contrôle sur notre destin signifie qu’il n’y aura pas de récompense d’aucune sorte, alors leurs actions ne sont pas des ‘investissements’. Les sorciers appellent cela ‘folie’ car ce que nous faisons est dans l’absolu insensé. Mais il y a ‘contrôle’ car vous pouvez faire du mieux que vous pouvez – c’est votre contrôle. Cette approche nous aide à rester détaché. Si vous agissez depuis le point de vue de la folie contrôlée, vous donnerez tout ce que vous avez et puis vous continuerez, sans attaches. Cela signifie être détacher du bénéfice et des attentes à propos des possibles résultats de vos actions. »

 

Florinda ajouta : « Si nous prenons au sérieux la prémisse que nous allons mourir, alors rien ne peut nous toucher. Il y a quelques mois, durant un séminaire au Mexique, il y avait une femme portant un masque chirurgical. Elle venait de subir une opération où on lui avait transplanté un nouveau rein, et avait une énergie extrêmement faible. Nous avons vu une tache sombre sur elle, ce qui est un signe d’entrave mortelle. Son frère nous dit plus tard que son corps avait rejeté la greffe. En peu de temps, elle était de retour à l’hôpital, mourante, et avait littéralement abandonné – elle apprit finalement qu’elle allait mourir. Cela produisit un changement. Lorsque nous l’avons vu à nouveau à Mexico, la semaine dernière, elle semblait être en pleine forme. Son cancer de l’estomac avait disparut et son nouveau rein est en train de pousser. »

 

Florinda déclara que la vieille Florinda avait l’habitude de lui dire : « Si tu me frappes, c’est une question d’ego. Si je te frappe, c’est de la folie contrôlée, parce que pour moi, ça n’a aucune importance. »

 

Florinda cita également une phrase tirée d’un poème que Castaneda aimait apparemment beaucoup : « Nous nous noyons dans une tasses de thé. »

 

Un homme demanda s’il y avait un moyen d’empêcher notre énergie de se dissiper dans les interactions courantes. Taisha conseilla juste de récapituler avec régularité.

 

Une femme demanda comment les chacmools étaient entrées dans le monde des sorciers.

 

Kylie répondit que Florinda était tombé malade en mangeant du chocolat en Norvège et qu’elle avait été complètement interloquée par elle. « Pour moi, Florinda était comme un elfe de la forêt allemande. Alors que j’écoutais Florinda parler, je reconnus quelque chose que j’avais toujours espéré être vrai, qu’il puisse exister un être vraiment authentique. Cela me tira. Florinda s’effondra dans mes bras, et Castaneda dit que c’est le moment où je suis devenue sa gardienne. Florinda est repartit, mais je l’ai suivie jusqu’à Los Angeles, sans même prendre la peine de faire mes valises. »

 

Nyei déclara que son introduction dans le groupe était une histoire en trois parties. « Je fus présentée à eux deux fois. Je suis allée à une conférence de Florinda, mais j’étais en retard, et les autres me dirent que j’avais failli la rater. J’ai alors réalisé que j’aurais du être là bien plus tôt (elle avait eu une première opportunité de leur être présentée), mais je me perdais à essayer de devenir une poète de géni, et j’avais grillé cette première occasion. Par grande chance, j’ai trouvé Florinda. Puis Taisha et Kylie sont venues me dérober à la maison de mes parents. Florinda m’avait invité à une classe de Tenségrité. J’ai senti immédiatement un changement énergétique à un certain niveau. Taisha et Kylie sont venues m’aider à ‘déménager quelques trucs’, et avant que je ne m’en aperçoives, j’étais dehors de chez mes parents et j’allais avec elles – elles ne venaient pas seulement déménager les meubles, elles m’emmenaient. Une fois arrivées, elles m’ont complètement ignoré et m’ont dit de récapituler. »

 

Renata dit qu’elle aimerait avoir une aussi noble histoire que celle de Kylie. Elle dit que lorsque Carol Tiggs était revenue, Castaneda l’avait découverte dans une librairie à Los Angeles. «Par un coup du sort, j’étais assise à côté d’elle. Ils avaient pris les noms de tout le monde à la conférence, et c’est ainsi que j’ai été appelé quand Castaneda a commencé la Tenségrité, et ce fut mon ascension dans leur monde. » (Les autres, détectant apparemment que le mot ‘ascension’ était autosuffisant, lui conseillèrent rapidement de plutôt dire ‘descente’.)

 

Une femme demanda aux chacmools combien de temps cela avait pris après qu’elles aient commencé la Tenségrité pour que leur conscience commence à s’élever. Kylie déclara : « Cela prit le temps qu’il faut pour ne plus chercher à obtenir de résultats. Carol Tiggs dit toujours ‘arrêtes d’attendre le gros lot’. Si vous attendez des résultats vous n’allez nulle part, vous restez en arrière. Donc je ne sais pas vraiment quand le changement est survenu. »

 

Florinda commenta qu’elle savait quel avait été le moment où le changement avait eut lieu dans le travail de Nyei.

 

« Lorsque le point d’assemblage commence à se déplacer au cours de la récapitulation, vous êtes à nouveau à l’endroit précédent (à l’endroit du souvenir récapitulé). Lorsque vous retournez sur cette position, vous ne jugez plus et n’êtes plus psychologique à ce propos. Vous utilisez le point d'assemblage pour vous remettre dans cette position et le changement du point d'assemblage est toujours très léger. »

 

Un homme posa une question sur le nagual Lujan, et sur la différence entre les quatre lignes de passes qu’ils avaient apprises. Quelqu’un (mes notes n’indiquent pas qui, mais je pense que c’était Taisha) répondit indirectement qu’un rêveur utilisait les éléments du rêve pour se propulser, tandis qu’un traqueur utilisait les éléments de la vie quotidienne.

 

Un homme demanda : « Quelle est la règle pour le nagual à trois branches ? » Florinda répondit sur un ton dramatique mais en plaisantant : « Il n’y a pas de règles ! »

 

En réponse à une question sur la contemplation, Taisha dit qu’il y avait différentes façons de contempler, incluant jeter des coups d’œil rapides menant à une sur stimulation.  « Le gravier est très bien pour la contemplation, ou les objets brillants qui retiennent notre attention. Notre focalisation se disperse alors naturellement, et nous perdons notre préjugé de voir le monde comme fait d’objets. »

 

Un homme demanda quelle était la différence entre l’intention de la Tenségrité et les arts martiaux. Taisha répondit : « L’intention de la Tenségrité est de déplacer le point d’assemblage, de rappeler à nous le corps d’énergie, et de nous rendre immangeable pour les flyers tandis que notre conscience s’accroît.

 

L’intention des arts martiaux dépend de quel art martial nous parlons. Ils peuvent avoir une intention d’autodéfense ou de combat. Les pratiques des arts martiaux commencèrent comme des techniques de méditation mais furent rapidement transformées en pratiques martiales.

Puisque leurs intentions sont très différentes, il est important de ne pas mélanger les deux. »

 

Un femme demanda : « Quand vous récapitulez et perdez votre personnalité, ou lorsque vous rêvez, est-ce que votre corps change à un niveau cellulaire, et est-il alors plus difficile de revenir ? Et à quel stade de rêver en sont les chacmools ? »

 

Taisha répondit : « Lorsque vous êtes dans d’autres royaumes, vous y allez avec votre être complet. Vous devez revenir. Notre terrain de chasse est ce monde. Plus nous avons de travail à faire, plus nous avons de chance de nous affiner en tant que sorciers. Nous ne pouvons pas simplement nous retirer de tout. Lorsque vous changez, votre intention est d’élever votre niveau de conscience. Mais cela doit arriver ici, dans ce monde. »

 

En réponse à une question à propos de leur travail, Florinda déclara : « Mon activité actuelle est traductrice, j’écris aussi sur la sorcellerie, le féminisme et la phénoménologie, et je prends soin des chacmools et de l’éclaireur orange. Les chacmools travaillent à Toltec Artists. »

 

Taisha dit qu’elle avait une autre personnalité qui était une professionnelle travaillant dans la comptabilité, les placements financiers et qui s’occupait de payer les factures. « Cela me prit des années d’entraînement pour en arriver là. Lorsque je suis revenue à Los Angeles, cette personnalité a du se remuer pour abattre un grosse quantité de travail. Je fais aussi le ménage et la cuisine. » Florinda sauta de sa chaise pour dire : « Taisha ne fait pas le ménage ! » Taisha continua, déclarant : « Chacun d’entre nous fait des choses mondaines, mais nous les transformons en pur plaisir. »

 

Un homme demanda si elles prêtaient attention aux phases de la lune. D’après leur regard, on put deviner que non. Florinda dit : « Quand c’est la pleine lune, les chacmools et moi nous tenons debout avec les mains sur les reins et appelons l’intention. »

 

Une femme demanda si certaines d’entre elles avaient une relation de couple quand elles étaient entrées dans le monde des sorciers, et si oui, est-ce que leur relation avait survécu (rires). Florinda répondit : « Comment serait-ce possible ? Nous sommes vraiment des êtres solitaires. Et non, nous n’avons pas de relations avec Carlos. »Elle dit qu’ils allaient tous ensemble au cinéma et que leurs interactions étaient assez mondaines. « Nous ne restons pas assis, nous demandant l'un à l'autre quel processus nous avons éprouvé. »

 

Un homme posa une question sur le rôle académique dans leur monde. Florinda répondit : « Castaneda pense que c’est seulement en entraînant l’esprit jusqu’à ses limites que nous pouvons donner du sens au monde. Le côté académique joue un rôle important pour nous, simplement parce que c’est l’humeur de Castaneda. »

 

Taisha et Florinda déclarèrent être très intéressées par la phénoménologie. Seule Florinda était intéressée par le féminisme. « Pour vraiment être dans le monde, on peut utiliser les professeurs comme des petits tyrans », suggéra Florinda. Elle dit aussi qu’elle et Taisha écrivaient généralement deux fois leurs exposés : « un pour nous et un pour le professeur. »

 

Un homme posa une question sur la signification de la couverture de la première cassette de Tenségrité. Florinda dit : « Je pense que c’est évident, trois œufs avec des trucs autour ! »

 

Quelqu’un demanda à Florinda si elle portait vraiment des vêtements ou non. Elle répondit : « J’ai pensé à pratiquer la pure robe d’énergie avec vous, mais on a besoin de sandales pour ça, et je n’en ai pas apportées. Vous ne pouvez pas le faire en portant des chaussettes. » Florinda dit aussi à un moment qu’elle et Taisha avaient des appartements contigus. 

 

En réponse à une question sur le temps, Florinda déclara que la dernière fois qu’elle et Taisha étaient parties ‘en rêve’ ensemble, elles étaient en train de parler à Castaneda dans son salon. Alors que Castaneda était en train de leur parler, il les vit disparaître. « Il a attendu notre retour pendant neuf jours. Nous pensions n’être parties que trois jours. Il nous a dit que si nous n’étions pas revenues le neuvième jour, il serait parti ‘en rêve’ pour nous retrouver. » Elles étaient parties faire du shopping pendant neuf jours. Florinda déclara que c’était un enfer.

 

Taisha dit : « J’ai adoré. » Elle ajouta : « Pour maintenir la position de rêve du centre commercial, nous devions faire tous les petits mouvements liés au shopping et vérifier tous les articles encore et encore, comme ‘Ricky’ (un de ses rôles de traque) le faisait, lorsqu’il devait être odieux, tordant et mâchant les courroies des sacs à main et tirant sur tout. Pour maintenir le centre commercial, je pouvais facilement passer des heures à reluquer les cosmétiques et d'autres petites choses pour prolonger notre séjour. »

 

Lorsque quelqu’un leur demanda comment elles avaient fait pour payer leurs articles, Taisha répondit : « Avec la carte de crédit universelle ! »

 

Taisha expliqua : « lorsqu’on se réveille dans un rêve et que l’on sent que l’on est éveillé, l’accroche est de tout faire pour éviter de se réveiller en dehors du rêve. Vous faites tout ce qui est pertinent de faire dans l’endroit de rêve où vous vous trouvez pour prolonger le rêve. » Florinda dit alors qu’elle plaisantait sur le fait d’avoir détester l’expérience du shopping. Elle déclara : « Aller n’importe où avec Taisha est un immense plaisir. »

 

En réponse à une question sur le fait que les passes de la Tenségrité bougeaient le point d’assemblage, Nyei dit que pour les chacmools, le point d’assemblage s’était relâché et était allé au centre de leurs corps physiques en pratiquant la Tenségrité. « Avant que l’éclaireur bleu nous montre que cette possibilité (amener le point d’assemblage dans le corps physique d’une manière harmonieuse), les anciens sorciers avaient l’habitude de le forcer à aller vers l’intérieur, ce qui créait systématiquement un sillon. »

 

Florinda expliqua que le point d’assemblage des bébés était à l’intérieur du corps physique, mais que lorsqu’ils devenaient socialisés, celui-ci se déplaçait en dehors de leur corps physique vers l’arrière de l’œuf lumineux. 

 

Une femme posa une question sur l’effet d’un avortement ou d’une fausse couche sur l’œuf lumineux. Elles répondirent que cela faisait un trou qui se cicatrisait, mais qui laissait une cicatrice. 

 

Kylie essaya de conclure en faisant un démenti à propos de Castaneda et la Tenségrité. Elle dit : « Peu importe ce que d’autres peuvent proposer comme ‘séminaires de Tenségrité’, ils n’ont jamais travaillé avec Castaneda ou d’autres membres de son groupe. Comme c’est le cas avec le livre de Victor Sanchez, il est dément de penser qu’ils peuvent prendre le travail de Castaneda et en donner une meilleure interprétation. »

 

Quand quelqu’un demanda si cela voulait dire que Castaneda n’avait jamais donné d’interview à Victor Sanchez, elle répondit : « Non, Castaneda ne l’a jamais rencontré. » Elle insista sur le fait que personne n’était autorisé à enseigner la Tenségrité mis à part les chacmools.

 

A une question sur le fait de se réunir ensemble en groupes de pratique pour comparer nos notes sur les passes de Tenségrité, elles dirent que cela pourrait être très utile.

 

A une dernière question concernant la première fois où la Tenségrité était devenue publique, elles dirent que le premier séminaire s’était déroulé au Rim Institut deux ans auparavant. Puis il y en avait eu un la même année à Hawaï, puis aucun jusqu’à celui d’Esalen. « Et cette année, nous avons fait des séminaires à Mexico, à Los Angeles, à boulder, à Hawaï, en Argentine et à nouveau à Mexico. »

 

Notes de Corey Donovan



Publié à 12:13 le 9 mai 2007 dans Omega Institut
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