Le rendez-vous magique
Interviews, compte-rendus de séminaires et notes sur la Tenségrité et les Passes Magiques


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Séminaire de Mexico - Janvier 1996

 
 
 
 
Séminaire de Mexico - Janvier 1996



         
Six à Sept cent personnes s'étaient réunies vendredi soir dans la vaste salle de balle du Centre Asturiano, près de l'hôtel Nikko, dans le parc de Chapultepec, pour écouter la première conférence du Nagual. Elle devait se dérouler de 20h à 22h, mais la plupart des gens étaient déjà installés sur leur chaise à 18h45, et la conférence et la session de questions-réponses durèrent beaucoup plus longtemps que prévu, jusqu'à 22h40.

         Castaneda traita la plupart des sujets qu'il avait déjà traités au cours de séminaires précédents, et il sembla être aussi drôle et déterminé en espagnol qu'il l'est en anglais. Cependant, l'audience avait une attitude différente de celle d'un séminaire typiquement américain. Durant la session de questions-réponses, plusieurs personnes hurlèrent leur question à Castaneda, parfois avant qu'il ait fini de répondre à la question précédente. Et il me sembla que le même genre de questions était posé répétitivement avec juste quelques légères variations dans la formulation, comme par exemple, "Pourquoi devrais-je faire de la Tenségrité ?" et "Comment dois-je pratiquer ?"

         Réponse : "La seule façon de faire de la Tenségrité est de le faire." Autre exemple de question : "Est-ce que don Juan est maintenant un OVNI ?", "Est-ce que les sorcières sont comme des OVNI ?"

         Il était fascinant de voir comment Castaneda arrivait à supporter une audience aggressive et parfois énervée sans jamais perdre son sang froid ou élever la voix. Il s'arangea pour répondre de manière lumineuse, pointue et humoristique aux questions les plus odieuses.

         L'inconvénient pour les participants ne parlant pas l'espagnol, qui étaient apparemment plus nombreux que prévu, était qu'il y avait un nombre insuffisant de traducteurs officiels et les quelques traducteurs disponibles n'étaient pas de langue maternelle anglaise. Heureusement, nombre d'entre nous avait des compétences en espagnol et furent capables de corriger les erreurs des traducteurs. Et les traductions semblèrent s'améliorer au fil du week-end.

         Samedi matin à 9h, Castaneda parla à nouveau brièvement à une audience plus réduite, environ 400 personnes. Il nous prépara pour les mouvements et suggéra que nous suspendions notre jugement en essayant de pratiquer. En quittant la scène, il repéra plusieurs d'entre nous qui venaient des USA et qui avaient participé aux séminaires de Los Angeles, et nous salua chaleureusement.

         La salle fut assez surprise, et aussi enchantée, lorsqu'entrèrent les cinq femmes, les Pisteuses d'Energie - qui prirent les trois scènes surélevées afin de montrer les mouvements - dont Nyei et Reni Murez et Kylie Lundahl. Deux jeunes femmes les accompagnaient, l'une s'appelait Aerin (elle vient apparemment d'Argentine), et l'autre, dont je n'ai pas retenu le nom, est italienne.

         Elles nous enseignèrent huit passes ce matin là, dont l'intention était de renforcer les jambes - "notre base." Nous avons répété les passes plusieurs fois, et on nous a dit que nous pouvions les répéter autant de fois que nous le voulions dans notre pratique individuelle, du moment que nous faisions une pause après une vingtaine de fois, afin que l'énergie se redépose sur l'ensemble du corps. Chacune de ces passes était assez simple, et aucune n'avait de nom.

         Contrairement au précédent compte-rendu fait par un témoin qui n'était pas présent, les Pisteuses répondirent à beaucoup de question au sujet de comment faire chaque passe (bien qu'il sembla y avoir plus de questions que lors des séminaires aux Etats-Unis). Et contrairement à ce "compte-rendu", ni Nyei ni Reni ne semblaient avoir de difficulté à suivre les autres Pisteuses. Selon mon point de vue, toutes les cinq semblaient être bien préparées et hautement énergétiques, bien que la nouvelle Pisteuse italienne semblait être un peu nerveuse au début, et moins accoutumée que les autres à enseigner à une large assistance.

         Ce matin là, à un certain moment, Philip, dont les participants au précédent séminaire se souviendront de lui comme traducteur pour les praticiens de langue espagnol, rejoignit Kylie au centre de la scène pour aider à traduire les instructions (que Kylie, Nyei et Reni donnèrent en anglais, et qu'Aerin donna en espagnol), et pour aider dans la démonstration des mouvements. Samedi après-midi, un grand nombre de femmes autour de moi commentèrent que Philip avait très bien montré les passes et que c'était bien d'avoir un gars sur scène pour changer.

         Après la pause déjeûner, Castaneda vient à nouveau parler et dit un mot à porpos d'un participant italien qui était parti en colère durant la session du matin. Il nous rappela que ce n'était pas la voie du guerrier de se mettre en colère et que cela n'était qu'une manifestation de l'importance personnelle de partir froissé. Puis l'instruction de Tenségrité reprit, et nous avons revu les passes du matin, puis nous avons appris quatre autres passes qui étaient des enchaînements plus longs que les passes du matin.

         La conférence du samedi soir fut reportée à 20h30. Castaneda commença par répondre aux questions, et sembla captiver l'audience avec ses histoires, ses plaisanteries et ses jeux de mots. Une de ses plaisanteries, qui ne fit pas beaucoup réagir l'audience au début, était de don Juan, et Castaneda dit qu'il s'agissait d'un exemple de méthode qu'utilisait don Juan pour créer chez lui une dissonance cognitive.

         Castaneda la raconta : "Un homme suivait un perroquet dans la rue. Après un certain temps, le perroquet se retourne et demande, ‘Pourquoi est-ce que vous me suivez ?' L'homme répond, ‘Je suis désolé. Je pensais que vous étiez un perroquet.'" Cette blague plia Castaneda en deux de rire lorsque don Juan la lui raconta (et Castaneda nous la raconta à nouveau dimanche matin, vraisemblablement pour se faire rire lui-même).

         Castaneda ayant mentionné que la Vallée de Mexico (dans laquelle la ville de Mexico est située) était "l'épicentre", plusieurs personnes demandèrent ce qui rendait cet endroit si spécial. D'après ce que j'ai compris, le Nagual expliqua que le "toit énergétique" était si haut à cet endroit, que des perceptions et des événements inhabituels s'y produisaient. Il rapporta également que sa vue était meilleure à cet endroit, alors qu'après deux jours à Los Angeles, elle était à nouveau mauvaise.

         Comme il l'avait précédemment expliqué, son problème de vue a été causée par la blessure qu'il a subi à l'un de ses yeux, après avoir tournoyé pour percevoir dans le monde à 360°, qu'il a déjà décrit au cours de séminaires précédents. Il indiqua également qu'il ne faisait jamais l'expérience du monde à 360° dans sa pratique de rêver quand il se trouvait à Mexico.

         Le Nagual répondit aussi à beaucoup de questions concernant les flyers, et nous raconta une histoire merveilleuse à propos d'une rencontre avec une sorcière d'une autre lignée, à Mexico, peu après la mort de La Gorda, qui l'avait soudainement éclairé sur ce qui était arrivé et sur ce qu'il avait à faire à partir de là.

         Dimanche matin, Castaneda nous salua à 9h15, et commença à parler et à répondre aux questions durant presque deux heures. Il parla de la longue question pompeuse qu'un homme avait posée le soir précédent; il avait demandé à Castaneda de répondre à un certain nombre d'affirmations à propos de vagues concepts que l'homme affirmait être des "faits". Castaneda cita cela comme un exemple de comment nos esprits de flyer nous rendaient pesant et lourd, à cause de la "masturbation mentale." Il dit qu'il existait un mot chinois pour cela : "manfifa", et il utilisa ce mot plusieurs fois pour représenter cette activité de manière plus douce.

         Alors que le séminaire touchait à sa fin, les Pisteuses d'Energie indiquèrent qu'elles allaient essayer de passer les 15 dernières minutes à répondre à quelques questions additionnelles concernant la Tenségrité. Tout d'abord, Kylie avait une déclaration à faire, pour expliquer que son apparition, ainsi que celles de Reni et Nyei le jour précédent, étaient en "expiation", à cause de ce qui était arrivé au séminaire de décembre, tandis que leur présence ce jour là était destinée à aider au lancement de la nouvelle configuration des Pisteuses d'Energie.

         Elle indiqua également qu'elle ne savait pas si elle continuerait à enseigner pour les séminaires à venir. Durant les quelques minutes restantes, au lieu de prendre des questions, Kylie conduisit une série rapide et vigoureuse de plusieurs des passes que nous avions apprises. Cette "révision" enchanta l'assitance.



Genrich




Publié à 09:36 le 7 avril 2008 dans Séminaires de Tenségrité
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Mexico - Mai 2002

 

 

 

 

 

Séminaire de Mexico - Mai 2002

 

 

 

        Le séminaire s'est tenu dans le centre de Mexico, au dernier étage d'un immeuble qui en comportait six ; un centre de congrès situé un peu à l'ouest du parc Alameda. Nous avons commencé vendredi en apprenant une nouvelle version de « Pister l'Energie », guidée par Aerin Alexander. Toujours pleine d'une énergie très exubérante, elle était même encore plus animée qu'à l'accoutumée. Son énergie semblait être primordiale pour que le séminaire se déroule.

        Il y eut une conférence pour ouvrir le séminaire, incluant une explication des concepts basiques sur l'énergie, les centres vitaux, la redistribution d'énergie vers ces centres, le point d'assemblage, etc. La version de la passe « Pister l'Energie » enseignée à ce séminaire mit l'accent sur les pieds et les jambes - il n'y avait pas de mouvements de bras, tout se faisait avec les pieds, les jambes, et les yeux. Les instructeurs prirent en compte le grand nombre de nouveaux praticiens présents pour leur premier séminaire, et les remercièrent de leur présence. Ce sont les nouveaux praticiens qui apportent la nouvelle énergie et la fraîcheur au groupe entier des praticiens.

        Samedi matin, nous avons continué à apprendre « Pister l'Energie », ainsi qu'une nouvelle version de « La Respiration des Voyants » (J'ai oublié le nom de la nouvelle version). Gavin donna une conférence sur le thème de traquer et du besoin d'être conscient de notre niveau d'énergie ou de notre disponibilité énergétique à chaque instant. Il commença par se référer au rêve sorcier, disant qu'il n'y a aucun moyen de rêver comme les voyants le font avant d'avoir accumuler de l'énergie en restreignant sa dispersion dans notre vie quotidienne. Il lut les trois premiers principes de traquer de « La Roue du Temps » : choisir notre champs de bataille, écarter tout ce qui n'est pas nécessaire, et toujours être prêt à livrer notre dernière bataille. Il relata que ces trois points étaient nécessaires pour être conscient de notre propre condition énergétique, afin d'éviter d'entrer dans une « bataille » (une interaction, un projet, une activité) à un moment ou dans un endroit où nous n'avons pas suffisamment d'énergie pour la mener à bien.

      

       Il raconta l'histoire suivante : Un jour, on leur demanda, à lui et à d'autres apprentis, de nettoyer le grenier de la maison de Florinda. Gavin, en bon Allemand, sentait qu'il était particulièrement bien placé pour planifier et diriger l'effort du groupe. Cependant, le groupe sembla ignorer ses suggestions et son offre de tout diriger, et procéda de façon différente. A la fin du boulot, ils avaient tout nettoyé, mais Gavin repéra un paquet de saletés au bord du grenier. La construction de la maison était typique des Etats-Unis : des chevrons de bois avec des feuilles de roche clouées aux chevrons du dessous. Le revêtement en roche ne pouvait supporter plus de poids, il fallait donc marcher sur les chevrons, en s'équilibrant avec prudence, afin d'éviter de traverser le plafond. Alors que Gavin s'approchait du tas de déchets, il dut se pencher en avant et étendre son corps pour l'atteindre. Soudain, il perdit l'équilibre et marcha sur le revêtement qui céda ; il tomba à travers celui-ci. Il voulut se rattraper aux chevrons de bois avec ses bras, et vint finir sa course, accroché aux chevrons par les jambes et la ceinture, le haut du corps se balançant à travers le plafond de la chambre à coucher de Florinda. Florinda et Taisha étaient dans la chambre à ce moment ; elles le dévisagèrent simplement avec la bouche ouverte. Après l'avoir aidé à descendre, Florinda renvoya Gavin chez lui pour qu'il se repose et se lave, en lui disant de ne pas s'inquiéter pour les dégâts.

       

        Le jour suivant, Florinda eut une conversation avec lui. Elle le questionna à propos de son état énergétique de l'après-midi là, incluant sa réaction lorsque ses recommandations et son envie de diriger avaient été ignorées par les autres apprentis au cours du projet de nettoyage. Elle conclut : « Gavin, tu n'avais tout simplement pas l'énergie pour tenter ta dernière manoeuvre. Tu aurais du être conscient de ton énergie, ainsi tu aurais su si oui ou non tu pouvais entrer dans la bataille suivante. Tu dois devenir un comptable de ton énergie. »

 

        Nous avons pratiqué une nouvelle version de « Cartographier le corps », en manipulant les pieds avec la conscience de l'énergie qui s'y trouve - notre meilleure énergie.

        Il y eut plusieurs conférences durant lesquelles Aerin, Nyei, Miles et Gavin répondirent aux questions et firent des commentaires. Durant l'une de ces sessions, ils parlèrent de la tendance qu'a l'homme moderne d'assigner des nombres à tout. Les voyants utilisent les outils disponibles pour pister l'énergie - un des outils qu'ils peuvent utiliser est cette concentration que nous employons pour compter et pour les nombres. On nous demanda d'examiner notre niveau d'énergie à ce moment et d'attribuer un pourcentage allant de 1 à 100 pour décrire notre niveau actuel d'énergie. Puis, on nous demanda d'examiner où nos pensées et notre esprit étaient à ce moment. Finalement, nous avons fait l'inventaire de notre corps : comment on se sentait, comment étaient certaines parties, tendues ou douloureuses, comment était notre respiration, etc. C'est un exercice que nous fîmes un certain nombre de fois au cours du séminaire. On nous demanda également d'examiner ce qui aurait pu expliquer les augmentations et les chutes de notre énergie au fil du temps - qu'est-ce que nous nous disions à nous-même ?

        Aerin raconta une histoire où elle avait projeté d'aller au restaurant pour y rencontrer quatre de ses amis afin de discuter d'un projet. Au restaurant, ses quatre amis étaient arrivés ensemble, elle était la seule qui était arrivée toute seule. La rencontre devint horrible - elle se retrouva à refuser à peu près tout ce que les autres proposaient. Plus tard, le nagual la questionna à propos de la rencontre. En entendant son compte-rendu, il lui dit qu'elle n'avait pas d'énergie pour l'interaction. Pourquoi ? Parce que son dialogue intérieur était : « Eux quatre sont arrivés ensemble, ils ont du être ensemble avant, sans moi - ils m'ont mise à l'écart. » La plupart de nos pertes d'énergie viennent de notre importance personnelle, de notre sentiment d'avoir été blessé par un coup porté à cette même importance personnelle : ils ne m'aiment pas, ils ne m'apprécient pas, ils ne font pas attention à mes sentiments, ils me laissent tomber.


        Au cours d'une session de questions-réponses, le samedi soir, Aerin demanda à des praticiens de décrire leur état énergétique du moment. Une praticienne répondit que le sien était très bas à cause d'une situation difficile à laquelle elle faisait face à son travail. Aerin et Nyei lui expliquèrent que ni elles ni personne ne pouvaient lui dire  quel était le meilleur moyen de gérer cette situation, mais qu'elle pouvait trouver elle-même la meilleure solution, si elle pouvait devenir consciente de où son énergie était à chaque moment, et de ce qu'elle se disait à elle-même qui pourrait provoquer une élévation ou une chute de son énergie. Et la seule façon de devenir conscient de cela est dans le moment présent : prendre note de mon énergie maintenant, où sont mes pensées, et qu'est-ce qui se passe avec mon corps maintenant ? On nous demanda de faire ce type de compte-rendu dans nos carnets de bord, plusieurs fois par jour, puis de les relire tous après un mois pour voir ce que nous pouvions découvrir.

       

         La session du samedi soir se termina par une pratique spéciale de « Pister l'Energie ». Trois percussionnistes montèrent sur scène et jouèrent alors que nous faisions les passes, laissant le rythme nous souffler les changements de direction, et finalement, chacun fit son fragment préféré de la passe dans différentes directions.

    

          Dimanche, Miles parla de la relation entre nos corps d'énergie et l'énergie de la Terre : tous les filaments d'énergie dans notre corps existent aussi dans les filaments énergétiques de la Terre, et l'alignement de nos filaments d'énergie avec ceux de la Terre est important.

 

        Une fois, le nagual demanda à Miles de devenir conscient de la direction à laquelle il faisait face durant la journée. Miles nous montra une petite boussole qu'il avait achetée pour l'aider à s'orienter. La chaise sur laquelle nous nous asseyons dans une pièce, la direction dans laquelle nous faisons une passe magique, sont importantes pour notre alignement optimal avec l'énergie de la Terre. Il n'y a pas une seule direction optimale pour chacun, ni une même direction optimale pour la même personne tout le temps : la direction du meilleur alignement change et doit être ressenti selon le moment.

        Miles nous lut un long extrait du premier livre de Castaneda ("L'Herbe du Diable et la Petite Fumée"), décrivant l'effort qu'entreprend Castaneda pour trouver la « bonne place », pour s'asseoir ou se reposer en face de la maison de don Juan. Le passage mentionne le besoin d'utiliser les yeux, mais pas de façon directe ou visuelle.

 

     

         Puis nous avons pratiqué les passes un certain nombre de fois  dans différentes directions, en cherchant à ressentir une différence dans comment nous nous sentions. Nous avons aussi pratiqué s'asseoir et s'allonger avec les yeux à moitié fermés : une contemplation « soft ».

       

         Dimanche après-midi, nous avons pratiqué la passe de « La Folie Contrôlée » - d'abord par deux, puis en groupes de quatre. La passe évoque les variétés de nos interactions avec les autres dans le contexte d'être entouré par l'Infini et de lui faire face. Pour finir le séminaire, nous avons fait la passe avec la musique d'Augustin Lara : « Rival ». Le nagual sentait que l'air de piano de Lara parlait directement à nos centres d'énergie. Et affronter un « rivale » en étant conscient de notre propre énergie, qui conduit à laisser tomber notre dialogue intérieur basé sur l'importance personnelle, peut faire éclore un nouveau point de vue - le rival devient quelque chose d'autre, quelque chose d'exquis.

       

         Pour moi, l'effet le plus puissant qui suivit le séminaire fut le sentiment d'être responsable de comment je perçois le monde, et être responsable de la finalité de mes décisions - il n'est plus possible d'agir simplement pour apaiser les autres ou pour suivre le chemin le plus commode, ou le chemin qui offre le moins de résistance. La vieille habitude de prendre chaque décision de manière à garder le plus d'options ouvertes ne fonctionne plus, car je n'ai plus envie de répéter ou de reporter à plus tard quoi que ce soit. La blague que j'avais l'habitude de faire dans un bureau où je travaillais était : « Bien sûr, je vais déjeuner avec toi, à moins que j'ai une meilleure offre. »

 

        Mais maintenant cela semble plus clair en quelque sorte, plus évident, que je ne peux pas prendre mes décisions avec de la réserve, et toujours refuser de m'engager pleinement parce que quelque chose de mieux va peut-être m'arriver. Au moins, je sais que lorsque j'assume la pleine responsabilité d'une décision, en essayant de ressentir sa finalité, mon niveau d'énergie est en nette augmentation.

Notes d'un praticien

 

 



Publié à 01:39 le 2 septembre 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Sedona Journal-Octobre 1996

 

 

 

 

Voyages avec la Tenségrité de Carlos Castaneda

Sedona Journal -Octobre 1996

 

 

 

 

 

Par Elizabeth Kaye McCall

 

 

 

 

 Contes et enseignement des navigateurs de l'Infini  

     

         Los Angeles, Californie, 30 juillet 1996 - Je suis allée à la Tenségrité armée d'une importance personnelle de journaliste. Les séminaires forgés par Carlos Castaneda pour enseigner les « passes magiques » (des mouvements) découvertes par les chamans de l'ancien Mexique ont rapidement gagnés en notoriété, et je voulais faire un article sur les étranges séminaires avant qu'ils ne deviennent la tendance. Ce que j'ai y trouvé a fait que j'ai laissé tomber mon rôle, mon dictaphone et mon bloc-notes pour avoir affaire à des expériences uniques à côté d'un séminaire normal.

        Ceux que j'ai rencontrés dans la Tenségrité ont également partagé généreusement leurs perceptions. « J'ai été présenté à Carlos par un ami, et je ne savais rien de lui. Je n'avais pas lu un seul mot d'aucun de ses livres », dit Greg Mamishian, un électricien de Topanga Canyon en Californie, qui a participé à des classes données par Castaneda plusieurs années auparavant, avant que le nom « Tenségrité » soit adopté. « Nous les appelions simplement ‘les classes expérimentales'. Il a présenté le nom Tenségrité plus tard. » A cette époque, un groupe de 30 à 35 étudiants se retrouvaient pour apprendre au cours de chaque session des mouvements assez simples, d'après Mamishian, en contraste avec les passes plus élaborées enseignées depuis lors, qui impliquent typiquement « beaucoup de mouvements enchaînés ensemble. » Pendant plusieurs mois, Mamishian a participé aux classes une à deux fois par semaine.

 

 

 

        Tout comme aujourd'hui, les passes impliquaient souvent des mouvements physiques vigoureux, et l'enseignement était souvent parsemé par les histoires de Castaneda sur son apprentissage avec le chaman indien mexicain, ou sorcier, don Juan Matus. « Oh, il racontait des histoires très drôles ; c'est un véritable maître conteur », commenta Mamishian. Pour ceux qui participent à la Tenségrité maintenant, les conférences fréquentes mais imprévues durant les séminaires sont pour beaucoup le moment le plus marquant de l'évènement. « Je me souviens de la première chose qu'il nous a dit : ‘Vous êtes tous des êtres qui vont mourir.' Et cela a toujours été le point de départ », éclaira Mamishian, à propos d'un thème qui imprègne la Tenségrité et le travail de Castaneda.

 

 

 

 

        Mamishian, longtemps praticien de méditation Zen, se souvient également distinctement de sa première rencontre avec Castaneda,quand  la personne qu'il allait bientôt connaître comme le nagual était en train de chercher une place de parking près du lieu de pratique. Mamishian lui offrit promptement la sienne. « Ce qui m'impressionna, je crois, comme presque tout le reste, fut comment il apprécia cela, appréciant sincèrement que quelqu'un lui offre sa place de parking », dit-il, se rappelant ce jour mémorable. A la fin de l'après-midi et la fin de la conférence de trois heures de Castaneda sur le monde des sorciers, l'électricien fut suffisamment inspiré pour en apprendre le plus possible. « Je n'avais aucune préconception, et je suis si heureux que cela en fut ainsi, parce que je n'avais aucune idée sur son passé. Je n'ai vu que le résultat final de 35 ans. J'ai vu le produit fini et je l'ai immédiatement aimé », affirma Mamishian. Les remarques fréquentes de Castaneda sur « avoir une histoire d'amour avec la connaissance » avait une signification spéciale. « Il aime l'inconnu. Il est totalement captivé par celui-ci, et je le suis aussi maintenant. »

 

 

 

 

        Mamishian dévora rapidement tous les livres que Castaneda avait écrits, et très rapidement, fit l'expérience de l'inhabituelle façon de rêver que ceux-ci décrivaient avec insistance.

 

 

 

 

        « Rêver, comme le font les sorciers, est un exercice de conscience et un exercice de perception », expliqua Mamishian, en décrivant comment il avait suivit la méthode définie par les livres de Castaneda, afin de se souvenir de « chercher ses mains quand on rêve » au moment d'aller se coucher. Une nuit, au beau milieu d'un rêve normal, Mamishian fit l'expérience d'un sentiment désagréable à propos de quelque chose dont il devait se rappeler. « Tout à coup, cela me frappa, et je me suis dit, regarde tes mains idiot ! Et c'est ce que je fis. J'ai tenu mes mains en face de moi et j'ai regardé, et c'étaient mes mains, et cela déclencha un réveil dans mon rêve », continua t-il. « J'étais si surpris d'être réveillé tout en étant dans un rêve. Je vous le dis, c'est bouleversant, parce que nous avons seulement l'habitude d'être réveillé ici. »

        Maintenant, avec les expériences ajoutées de trois séminaires de Tenségrité, Mamishian m'expliqua leur effet sur son état de rêve : « La nuit, c'est là que je remarque la différence. Je peux avoir suffisamment d'énergie pour être conscient. » Comme avant, les occasions qu'offrent les séminaires d'entendre Castaneda et ses cohortes parler de leurs vies apparemment incroyables sont là. « J'adorais voir Carlos. J'adorais l'écouter. Le séminaire vous permet d'avoir un petit aperçu de leur monde...et la Tenségrité est une partie de cela, parce que le but ou l'intention de la Tenségrité n'a rien à voir avec la vie de tous les jours. Cela change votre perception de façon très subtile et vous avez l'occasion de goûter au monde des sorciers. »

        Comme un grand nombre de personnes qui ont participé aux séminaires, Mamishian pratique régulièrement la Tenségrité avec un ou plusieurs groupes qui ont spontanément émergés à Los Angeles, et dans d'autres villes où les gens se rencontrent pour faire les mouvements. Bien qu'ils ne soient pas affiliés à Castaneda ou à Cleargreen Inc. (la compagnie basée à Santa Monica qui organise la Tenségrité), les groupes de pratique sont composés d'un grand nombre de personnes qui viennent régulièrement pour revoir la collection élargie de passes. Des nouvelles à propos des séminaires à venir, des annonces internet et des connaissances traditionnelles de Castaneda sont également nombreuses dans les groupes.

 

 

 

 

        « Il y a un tel sentiment mystique à propos de toutes ces personnes que les rumeurs tourbillonnent autour d'eux comme un cyclone », dit Mamishian. « Il y a tellement de connaissance de seconde main...les gens adorent les petits bouts et les petits morceaux. » Tellement, en fait, qu'à un moment, Castaneda utilisa internet pour faire savoir qu'il ne désirait pas être adoré comme un gourou. Encore qu'au-delà de l'immense popularité de Castaneda, les expériences que font les gens de la Tenségrité soient diverses. Peu de choses peuvent faire exploser l'ego, les jugements et les comportements habituels plus rapidement que marcher dans une pièce de 200 étrangers, que j'ai rencontrés à mon premier séminaire de Tenségrité les 11 et 12 novembre 1995, à Los Angeles. Même avec l'interdiction de prendre des notes (qui est valable pour tous les participants), mon esprit discuta de façon incessante les détails que j'essayais de me rappeler. Il fut immédiatement clair que l'organisation était bien rôdée. Depuis les responsables de la circulation sur le parking, jusqu'aux accueillants assis derrière les tables d'inscription bien situées, « l'air » exsudait la compétence du meeting professionnel et des planificateurs d'évènements.

 

 

 

 

 

 

        Une fois à l'intérieur, mes observations détachées commencèrent à se morceler. Les gens qui avaient participé un certain nombre de séminaires de Tenségrité disent que chacun d'entre eux est différent. Celui de novembre fut marqué par une activité bourdonnante qui fut manifeste dès le début. La vue immédiate de participants vétérans de la Tenségrité (des personnes qui savent de quoi il s'agit) accrocha rapidement mon regard. En conséquence, je pouvais difficilement m'imaginer en train de jouer à gratter, selon les mouvements inspirés du chien de prairie, au cours de la passe « L'Être de la Terre » que je vis pratiquée avec enthousiasme par de petits groupes clairsemés autour de la pièce. Pendant ce temps, les slogans inscrits sur les T-shirts de certains praticiens me donnèrent un indice sur les évènements précédents. « L'importance personnelle tue...Faites de la Tenségrité », disait l'un d'eux, faisant écho à un thème clé. Une autre inscription « La magie est dans le mouvement »  mettait l'accent sur les heures passées à apprendre à pratiquer les différentes passes au cours de chaque séminaire. Mais le T-shirt avec « Le corps d'énergie n'est pas la où tu es...Fais de la Tenségrité » était la synthèse des premières raisons pour pratiquer ces mouvements hautement puissants. On dit que les passes servent à récupérer des portions du corps d'énergie qui ont été séparées de notre être physique au cours de la vie quotidienne. Elles nous aident également à stopper l'incessant dialogue intérieur qui nous vole notre silence intérieur.

 

 

 

 

        Dans les séminaires de Tenségrité, c'est toujours un mystère de savoir qui va apparaître sur scène. Les conférences sont données par n'importe lequel des quatre disciples de don Juan - Carlos Castaneda, Carol Tiggs, Florinda Donner-Grau, et Taisha Abelar - selon la configuration énergétique du moment. Les conditions étaient telles en novembre dernier qu'ils apparurent tous au cours du week-end (un évènement sans précédent). Et aussi, pour la première fois, une femme jeune et mince appelée l'Eclaireur bleu quitta momentanément les pages du livre de Castaneda (L'Art de Rêver) pour rejoindre le casting des personnages littéraires ramenés à la vie pour le séminaire. Les femmes sorciers, que Castaneda est enclin à appeler « les sorcières », sont des oratrices nées qui captivent l'audience avec les contes et les enseignements provenant de leurs existences multidimensionnelles.

        Les participants chevronnés étaient debout en train d'applaudir, lorsque je pris conscience que Castaneda était entré dans la salle. Après la surprise de le voir en chair et en os (il me rappela un elfe ou un jockey), je fut frappée par son incroyable sens de l'humour. Bien qu'il n'ait jamais voulu être filmé, il aurait put faire un formidable invité pour Jay Leno ou David Letterman. A un moment de sa conférence longue d'une heure, il sourit comme s'il partageait un secret et dit : « Je suis vide à l'intérieur. » Et avec ses mots, il sembla ne plus rien avoir sous les jambes animées de son pantalon qui tournoyaient sur scène.

 

 

 

 

        Avec les prémisses sur l'énergie et la perception qui sont des thèmes centraux dans le monde des sorciers, Castaneda parla d'un thème courant aux séminaires - l'importance personnelle - et plaisanta à propos de ce que à quoi aurait pu ressembler sa vie (à garer des voitures, dit-il en riant) sans le maître chaman don Juan, qui en gros l'a enrôlé. Castaneda instruisit rapidement ceux qui n'auraient pas été familier avec le travail de auteur américain du bottin mondain, sur comment la forme énergétique humaine s'était transformée depuis la forme d'œuf du passé en une configuration ressemblant maintenant plutôt à une sphère. Il expliqua comment la perception des différentes réalités résulte du mouvement d'un point lumineux situé derrière les épaules (le « point d'assemblage »), là où est assemblée la perception.

 

 

 

 

        Approximativement, étant donné les 600 différents points situés dans la sphère humaine, un mouvement subtil du point d'assemblage peut vraisemblablement signifier un voyage vers d'autres mondes. Ce fut Carol Tiggs qui fut la première que j'entendis appeler Castaneda et son groupe des « navigateurs de l'Infini. » Attirante, charismatique et pleine d'esprit, Tiggs arpentait la scène pour définir ses limites après avoir énoncé son nom de sorcier (le protocole pour le monde dans lequel elle demeure). Tiggs « franchit les sillons » en expliquant un processus (que certains appellent le channeling) pour accéder à un autre temps et parla de ses expériences de vie sur le chemin des sorciers. Tel un expert en lecture de l'esprit, branché aux incessantes pensées qui consument la plus grande part de l'attention humaine, Tiggs parla de l'interminable discussion qui a lieu à l'intérieur de nos têtes. Florinda Donner-Grau plaisanta plus tard sur le fait que Tiggs avait voulu intituler le séminaire « Et moi ? » pour mettre l'accent sur la lutte désespérée que l'ego entreprend pour garder le contrôle.

 

 

 

 

        Tiggs invita sept personnes à monter sur scène et les poussa dans un moment de silence, tandis que la salle étouffée émettait virtuellement une pulsation électrique. Après les avoir fait asseoir côte à côte, Tiggs sortit de la ligne et dit, « Regardez dans mon œil gauche », tout en poussant gentiment chacun des « choisis » à s'incliner vers l'arrière. « Elle l'a fait pour toute l'assistance », dit plus tard une femme, discutant ce qui s'était passé. « Si chacun peut s'arrêter de penser, j'imagine que l'on peut être là haut et s'ouvrir à l'instant, elle (Tiggs) aura réinitialisé tout le monde dans la pièce. Plus vous avez des moments de silence, plus vous devenez vide », continua la femme - ce qui crée une opportunité pour le choix, d'après Castaneda.

 

 

 

 

        Donner-Grau, la somnambule auto proclamée (rêveuse) du groupe, expliqua que les sorciers partagent souvent et peuvent mutuellement faire l'expérience d'autres réalités - même au point que des entités venant de son monde de rêver se présentent de temps à autre dans le monde de tous les jours, où ses cohortes les perçoivent aussi. Donner-Grau mit l'accent sur l'importance de poser l'intention de garder les deux mondes séparés pour éviter que l'un dégorge sur l'autre. Lorsque l'entité « chat-lapin » de son monde de rêver se montra dans les rues de Los Angeles, une des associées de Donner-Grau la vit aussi et tomba malade pendant presque une semaine.

        Les conversations sur la Tenségrité avec les gens amènent invariablement la question de savoir si les histoires racontées par Castaneda et ses compagnons sorciers sont des voyages réels ou si, au contraire, ils sont symboliques. D'après les quatre navigateurs, c'est aussi réel que ce monde que nous considérons être réel. Si réel, en fait, que l'un d'entre eux compare notre monde quotidien à une petite fenêtre dans laquelle nous regardons, en pensant alors que la fenêtre est tout ce qui peut exister. (Un souvenir flash de l'université : l'histoire de Platon à propos de personnes qui vivent dans une grotte et pensent que les ombres qu'ils voient sont le monde réel - le mythe de la grotte.)

 

 

 

 

        Contrairement aux autres intervenants, qui étaient entourés d'une grande agitation en entrant dans la salle, Taisha Abelar apparut tranquillement sur scène. Se tenant seule, elle décrivit ses voyages au bord de l'Infini en compagnie d'un guerrier chien appelé Manfred lorsqu'il partit du monde, et de comment ce voyage changea sa vie pour toujours - une partie d'elle n'est jamais revenue. L'émotion et l'affection saturaient l'air ambiant, tandis que Abelar partageait avec nous ses derniers instants avec Manfred, un sorcier incarné dans le corps d'un chien, qui devint son maître, son compagnon, et son ami. Alors que Abelar parlait de Manfred, et plus tard de Castaneda, sa voix transmettait une immense affection et la puissance qu'elle disait exister quand l'affection vient d'un endroit de non attachement.

        Une jeune femme mince qui affirma vivre dans deux mondes différents se présenta comme étant l'Eclaireur Bleu. Elle expliqua qu'il est pour elle difficile de garder du poids  car elle est en mouvement perpétuel ; en tant qu'éclaireur, son rôle est d'être en avant. Dans ce monde, elle est la fille de Carol Tiggs et de Carlos Castaneda, dit la jeune femme. Puis, elle lut de la poésie écrite des années plus tôt par son père, qui exprimait les pensées et les sentiments d'un homme qui avait troqué sa vie académique pour le monde des sorciers. La propre poésie de l'Eclaireur Bleu émergea cette année dans le journal « Les Lecteurs de l'Infini » (anciennement « La Voie du Guerrier »), Un Journal d'Herméneutique Appliquée, qui est publié par Cleargreen Inc. (L'herméneutique, qui fut tout d'abord une méthode pour interpréter des textes souvent bibliques ou sacrés, s'adresse maintenant à des aspects historiques, sociaux et divers de notre monde.)

        Une part substantielle de chaque séminaire se concentre sur l'apprentissage et la pratique des mouvements transmis par les anciens sorciers. Trois femmes amenèrent ces passes magiques au grand public en 1995 - Kylie Lundahl, Reni Murez et Nyei Murez. Alors identifiées comme les Chacmools (une catégorie maya de guerriers gardiens) à une collection de séminaires qui se tinrent à travers les Etats-Unis et au Mexique, le trio apparemment inlassable enseigna à des milliers de personnes à mettre les passes en application.

 

 

 

 

        En décembre 1995, une restructuration majeure s'opéra au dernier séminaire de l'année à Anaheim, en Californie. L'unité chacmool fut dissoute et un nouveau format d'instruction fut établi au début de 1996. Réincarné en un groupe de six membres appelé les Traqueuses d'Energie, Lundahl, Murez et Murez enseignent les passes magiques, appariées à trois autres instructrices.

 

 

 

 

        Richard Jennings, un ancien avocat d'entreprise de l'industrie du spectacle et actuel directeur exécutif de Hollywood Supports (à Los Angeles), a participé à presque tous les séminaires de Tenségrité depuis qu'il les piste sur l'internet. Sa première rencontre avec les « sorcières » de Castaneda au séminaire de printemps de l'institut Omega à New-York fut touchante : « J'ai eu cette expérience en conduisant qui est fondamentalement indescriptible », dit Jennings. « Cela a commencé avec le sentiment de ressentir à quel point tout autour de moi était vivant. J'ai ressenti l'histoire entière de Manhattan alors que je circulais dans le trafique de l'artère principale pour sortir de la ville. C'était juste un niveau de profonde conscience. »

        Jennings affirme que pendant qu'il conduisait, il eut un aperçu sur chaque chose qu'il lui était arrivé jusqu'à ce jour. «J'ai soudainement su pourquoi j'avais fait tant de choses », remarqua t-il. D'autres problèmes furent clarifiés au cours du week-end. « J'avais été fasciné par les livres de Castaneda, mais j'avais beaucoup de doutes à leur sujet », dit le natif de Californie. « Ce fut vraiment à Omega que je fus convaincu qu'ils faisaient vraiment ce dont ils parlaient...qu'ils étaient authentiques. »

 

 

 

 

        Un autre participant passionné, qui fut si ému par son premier séminaire qu'il déménagea jusqu'à Los Angeles pour assister au dernier intensif de trois semaines de cet été, eut une expérience mystique similaire. Mais la sienne survint avant tout autre séminaire. Après avoir convaincu un ami qui avait fait de la Tenségrité en Arizona de lui montrer à lui et à quelques amis certaines passes du séminaire, le groupe se rendit dans les montagnes. « Tandis  que nous pratiquions sur cet affleurement rocheux surplombant une vallée, un petit renard vint vers nous. Nous étions en cercle et le renard s'approcha...puis alla vers chaque personne du cercle et les renifla tout comme l'aurait fait un chien ou un chat. Après ça, il repartit et s'assit un petit peu plus loin, et nous observa un moment alors que nous faisions les passes » dit le maintenant professionnel de la côte ouest.

        Avec déjà trois séminaires à son actif en 1996 (le seul autre séminaire cette année était réservé aux femmes, « Le Corps d'Energie Femelle »), Jennings fit quelques comparaisons avec d'autres séminaires auxquels il a participé. « Oakland (19-21 avril 1996) posa un nouveau jalon. Cela a nettement amené les choses à un tout nouveau niveau. Chaque conférence individuelle des sorcières fut plus puissante, plus concentrée, comme je ne l'avais vu auparavant. Elles ont parlé de choses dont nous n'avions jamais entendu parlé avant. C'est Carol Tiggs qui a conclut. Elle était plus puissante que jamais...tissant tous ces fils ensemble, décrivant ses interactions avec don Juan, parlant de comment elle avait essayé de façonner sa perception des choses, de se débarrasser de l'ego... » Observa Jennings. Les passes apprises à Oakland amenèrent d'autres commentaires.

 

 

 

 

        « Elles engendrent vraiment, plus que les passes antécédentes, un sentiment immédiat de silence intérieur. Elles sont plus courtes. Il y a un véritable ordre groupé », expliqua Jennings. Le groupe consiste en cinq échauffements et dix passes que les participants pratiquent, exclusivement durant le mois suivant, à la demande du nagual (Castaneda). Cela contraste avec le format général qui comporte relativement peu de contrainte.

 

 

 

 

        Jennings remarqua également la réceptivité de l'audience. « Il y avait moins de jugement qu'avant, et cela a leur a permis (aux cohortes de Castaneda) d'aller plus loin et de nous raconter des choses qu'elles n'avaient pas été capables de nous dire avant. » Une référence faite au séminaire de janvier d'Oakland à propos du livre de navigation du sorcier refit surface au cours du week-end de Tenségrité d'avril. « J'avais l'impression qu'ils étaient en train de nous donner des chapitres en dehors de ce livre de navigation, si ce n'est le livre complet », dit Jennings. Le séminaire mit aussi l'accent sur l'importance de la récapitulation (un des sujets qui sera enseigné durant un séminaire d'une semaine, du 20 au 25 juillet).

 

 

 

 

        « Jusqu'à l'année dernière, ils nous ont donné le premier niveau de Tenségrité pour commencer à aiguiser nos corps d'énergie », dit Jennings. « Mais pour aller vraiment plus loin avec ça, pour créer une nouvelle demeure pour notre énergie accrue, nous devons vraiment examiner toutes les rencontres que nous avons eues, la façon dont nous nous répétons à travers nos vies...et libérer l'énergie de toutes ces diverses situations. » Certains des changements que Jennings à notés en lui comme étant le résultat de sa pratique de la Tenségrité sont une perte de poids et la diminution de certaines compulsions ou de certaines mauvaises habitudes. « J'ai arrêté de manger du sucre, de consommer de la caféine et je me sens beaucoup plus sobre », dit-il. « Nous n'avons plus besoin de stimulants. Il s'agit d'options pratiques qui nous aident à nous ouvrir à ce qui nous entoure dans le monde, incluant l'énergie telle qu'elle s'écoule. »

 

 

 

 

        Un autre commentaire habituel du séminaire sur les changements qu'il a expérimentés depuis qu'il fait de la Tenségrité : « J'ai arrêté de boire du café sur-le-champ. » Une augmentation de sa vitalité physique et une augmentation de son niveau d'énergie furent aussi remarquables après qu'il ait arrêté de boire du café. « La quantité d'énergie que vous avez semble être un facteur très important pour tout ce que vous faites, quel que soit le domaine exercé » remarqua l'homme. « Que ce soit pour la méditation, pour le travail, aller faire des courses ou quoi que ce soit d'autre - on prend plaisir à la vie. » J'avais pensé que la Tenségrité était un évènement local (Los Angeles). Quelle méprise ! Il y avait des gens venant d'Italie, de France, d'Argentine, du Vénézuéla, du Canada, du Mexique et au-delà. Certaines personnes avaient conduit toute la nuit depuis San Francisco ; d'autres avaient pris l'avion depuis divers endroits des Etats-Unis. Il y avait un enfant d'une dizaine d'années, et des personnes âgées de soixante-dix ans, un gros pourcentage d'hommes et une absence de costumes moulants aux couleurs vives, communs à beaucoup d'activités du sud de la Californie.

        « Tout le monde a une idée différente », dit Mamishian, qui s'est souvent demandé pourquoi les autres faisaient de la Tenségrité et s'est interrogé sur les résultats qu'ils expérimentaient. « Ce qui leur arrive comme résultat de leur pratique de la Tenségrité est complètement différent. C'est quelque chose de très, très ouvert, et les intentions des gens sont très différentes. C'est comme une architecture ouverte », remarqua t-il. « Je ne bois plus de soda, mais j'ai eu des expériences qui ne peuvent être décrites qu'en terme psychédéliques, mais avec une différence - elles sont arrivées de façon complètement naturelle. Juste en économisant de l'énergie et en la redéployant de manière très spécifique. »

 

 

 

 

        De même que la Tenségrité continue de se réincarner depuis l'année 1995 avec la disparition des Chacmools et la venue des Traqueuses d'Energie, une évolution constante apparaît comme certaine. « Ils changeront toujours. Cela ne sera jamais gravé dans la pierre », sourie un certain Mamishian. Quand j'ai entendu Castaneda parler pour la dernière fois, au cours d'une période de questions-réponses, quelqu'un demanda où était situé le point d'assemblage de la Terre. Castaneda fit une pause et réfléchit, il semblait sur le point de faire une plaisanterie. Puis, sérieusement, il dit : « Peut-être Los Angeles...je ne sais pas. Don Juan nous a laissé ici. »

 

 

 

 

        Notes : La Tenségrité est dérivée d'un terme architectural combinant la tension et l'intégrité. Castaneda a estimé que ce terme convenait pour la version moderne et les enseignements des passes magiques, car elles incorporent une tension sélective et la relaxation de certaines parties clés du corps.

 

 

 

Copyright Octobre 1996, Sedona Journal



Publié à 01:20 le 1 septembre 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Une Autre Perspective -Séminaire de Femmes

 

 

 

 

Séminaire de Femmes - Mars 1996

 

 

Une Autre Perspective

 

 

Première Conférence de Carlos Castaneda

 

 

 

        Les chaises avaient été installées comme d'habitude, en demi-cercle autour de la scène. Après une vérification de la sono, les Sorcières, l'Eclaireur Bleu, les Pisteuses d'énergie et d'autres femmes du groupe de Castaneda entrèrent et occupèrent toute la première rangée (là où ils s'assoient toujours), et quelques-unes d'entre elles s'assirent dans la deuxième rangée. Mais, pour la plus grande part, la deuxième rangée était ostensiblement vide - pas d'hommes. Ensuite, d'un pas énergique et rebondit - et avec un grand sourire - Carlos entra et monta sur scène. Après de longs applaudissements, il dit d'une voix affectée, et toujours avec un grand sourire : « Vous ne pensez pas qu'il soit étrange pour un homme de parler aux femmes de leur corps ? » Tout le monde éclata de rire. Puis, Carlos fit quelques déclarations amusantes à propos du fait que c'était pour lui effrayant de ne parler qu'à des femmes. Il étendit ses bras en avant, se pencha en avant, sourie, et scruta l'assistance : « Où sont mes amis ? » (Sous entendu ‘les hommes'.) Nous rimes, particulièrement quand il dit : « Je ne plaisante pas ! »

 

 

        A un certain moment, Carlos dit que dans de précédents séminaires, il avait remarqué que certains hommes essayaient d'être « de gentils garçons et de faire plaisir à papa. » Après avoir dit ça, il se pencha en avant, balaya l'assistance du regard avec intensité et dit : « Mais je ne vois aucune gentille fille ici ! »

 

 

        Carlos continua en définissant les concepts basiques abordés dans beaucoup de séminaires, comme le fait que les humains sont des percepteurs, que nous interprétons l'énergie, que la sorcellerie est une interruption du système d'interprétation, de l'importance des actions pratiques, etc. Il agrémenta tout cela avec quelques histoires très drôles.

        Carlos dit que les hommes veulent une ‘môman' et que les femmes sont socialisées pour répondre à cela. A un moment, il marcha vers l'un des côtés de la scène, ouvrit grand les bras et supplia une des femmes de l'assistance : « Voulez-vous être ma môman ? » La femme fit non de la tête - au grand plaisir de l'assistance. Puis, avec un regard abattu et déprimé, il marcha vers l'autre côté de la scène et couina : « Rejjeeettééé... » Tout le monde ria.

 

 

        La pince du micro de Carlos eut un léger disfonctionnement, et la femme avec des cheveux poivre et sel du groupe de Carlos s'approcha du bord de la scène pour l'aider. Il dut se pencher un peu afin qu'elle puisse ajuster le dispositif. Carlos avait les bras relevés pour qu'elle puisse travailler avec les différentes parties du micro, et il regardait le dispositif tandis que la femme bidouillait dessus. Alors Carlos réalisa que cela donnait un parfait exemple visuel de ‘maman venant en aide au pauvre bébé'. Carlos leva les bras encore plus haut, inclina sa tête, et sourie tout en regardant l'assistance. L'expression de son visage disait : « Vous voyez, c'est comme ça que ça se passe ! » Tout le monde rit.

 

 

        Carlos dit que les mères traitent les garçons différemment. Il y eut un gros ‘bip' sonore à ce moment là, venant de la sono et tout le monde rit. Il dit que les mères ne font pas de plan pour le futur de leurs filles - elles espèrent juste que leur fille se mariera avec un type riche.

 

 

        A un moment, nous avons entendu un bébé pleurer. Cela intéressa beaucoup Carlos et il demanda à l'assistance si ces pleurs venaient de l'intérieur ou de l'extérieur de la pièce. Je regardai derrière moi et vis une femme se lever et emmener une petite fille hors de la salle. Carlos tenta de lui faire un signe de la main pour la faire revenir - à l'évidence, il sentait qu'elle pensait que les pleurs étaient dérangeants. Il dit quelque chose, comme s'il se parlait à lui-même, à propos de l'enfant qui pleurait, que c'était peut-être un genre de signe.

        Carlos raconta sa fameuse blague. Il dit qu'il y avait une blague qu'il trouvait très drôle, qu'il l'avait raconté à un autre séminaire, et il ne pouvait pas comprendre pourquoi personne ne la trouvait drôle. Puis il la raconta à la salle : « Un homme suit un perroquet dans la rue, et le perroquet se tourne et lui dit : ‘Pourquoi tu me suis ?', et l'homme dit : ‘Désolé, je croyais que tu étais un perroquet.' » La réponse à sa blague fut très diffuse. Carlos sourit et balança ses mains comme pour dire « Vous voyez, je vous avais dit que personne ne la trouvait drôle. » Après Carlos marcha vers l'autre côté de la scène et fit comme s'il allait essayer sa blague sur l'autre partie de l'assistance - peut-être que cette partie de la salle la trouverait drôle. Tout le monde rit à ses bouffonneries. Il parla du fait qu'il y avait beaucoup de gens qui discutaient à propos de sa blague sur internet - tout le monde essayait de savoir ce qu'il y avait de drôle.

 

 

        Puis, il dit que cette blague du perroquet parlait de ‘dissonance cognitive'. Pour donner un autre exemple de dissonance cognitive, Carlos raconta l'histoire du fait de cracher. Comment don Juan lui disait, en voyant que Carlos ne crachait pas : « Tu avales ce truc ?! » Par la suite, dit Carlos, il essaya de cracher, et un jour il cracha accidentellement sur une femme, située dans une voiture à côté de lui, qui avait sorti la main pour tourner à gauche. Carlos nous dit qu'il avait finalement dit à don Juan : « Je m'en fous si je meurs ! Je ne cracherai plus ! » Tout le monde rit à gorge déployée. Carlos dit que c'était un exemple de dissonance cognitive pour lui - la tourmente qu'il avait ressenti à propos de cracher ou pas.

 

 

        Carlos parla de la rivalité entre femmes - comment nous sommes socialisées à entrer en compétition pour les hommes. Il expliqua que les hommes sont ‘rares'. Carlos fit un mouvement de rotation avec son doigt. « C'est tout ce que nous sommes - juste ce petit truc. Les femmes sont massives et pérennes. Les femmes sont les véritables acteurs. »

 

 

        Le point d'assemblage, d'après Carlos, a un côté brillant. Chez les femmes, ce côté fait face à l'intérieur, ou est légèrement tourné vers le côté. Chez les hommes, il fait face à l'extérieur. C'est pour cette raison que les femmes peuvent plus facilement atteindre le silence intérieur. Avoir le côté brillant vers l'intérieur signifie que les femmes peuvent couper l'alimentation. Il donna comme exemple le fait que les femmes qui sont abusées dans une relation semblent être capables de tolérer cet abus en ‘se débranchant'.

 

 

        Il dit que les femmes n'ont jamais eu un système qui les supporte en tant que femmes. Quelqu'un demanda si le groupe croyait que les rapports sexuels étaient épuisants. Carlos dit que ce n'était pas tant le sexe lui-même, mais plutôt de faire la cour. Carlos dit que notre race arrivait à son extinction. Quelqu'un demanda pourquoi il s'inquiétait de ce qui pouvait arriver aux êtres humains puisqu'il n'était qu'un petit morceau de l'univers. Il dit avec passion que cela lui importait parce que les humains étaient ses compagnons et parce que nous étions des singes magnifiques. Regardant l'assistance, il dit que si un homme avait été présent, il aurait été ‘avalé'. A un moment, il nous regarda avec un air de crainte et d'estime sur le visage et décrivit ce qu'il voyait : « L'immensité grésillante des femmes. » Il fit un son de grésillement avec sa bouche. Tout le monde rit. On lui posa une question à propos de l'idée de faire un chèque en blanc. Il dit que donner un chèque en blanc n'exigeait pas que l'on soit présent.

 

 

Conférence de Taisha Abelar

 

        Nous étions toutes assises sur le sol, en face de la scène du milieu, attendant la conférence de Taisha. Mais lorsqu'elle entra par l'autre bout de la pièce, il devint évident qu'elle avait pris la décision de parler sur la scène située de l'autre côté de la pièce. Tout le monde se remua afin de se retrouver dans une position où nous pouvions la voir et l'écouter. Au début, il y eut  pas mal de problèmes avec la sono car les enceintes devaient être réarrangées. Pendant un moment, Taisha dut tester la sono et demander à l'audience si elle pouvait l'entendre.

 

 

        Taisha nous dit qu'elle allait nous « tisser une histoire », et nous parler à un niveau profond. Elle dit qu'il y avait quatre filaments dans l'histoire qu'elle allait tisser. [Après la conférence, j'ai demandé à un certain nombre de femmes ce dont elles se souvenaient des quatre filaments. Cela me parut incroyable que presque personne ne s'en souvint, moi inclus. Mais l'opinion majeure était que les quatre filaments étaient - et pas nécessairement dans cet ordre : L'univers est féminin - Nous sommes des êtres qui vont mourir - Les femmes ont une « conscience profonde » - Il y a un univers parallèle : le monde des êtres inorganiques.]

        La conférence de Taisha donna le sentiment d'être cousue main ; une histoire prudemment réfléchie avec une intention explicite. Taisha nous raconta la rencontre avec ses deux amis inorganiques (Globus et Phoebus) à l'époque où elle vivait dans les arbres. Elle dit qu'après la première fois où elle les avait vus, elle recherchait tout le temps les êtres inorganiques, et elle expliqua que cette recherche constante l'empêcha de les revoir durant un certain temps. La deuxième fois qu'elle les vit fut quand elle faisait une sieste sur la branche favorite d'un arbre. [D'ailleurs elle dit que nous pouvions faire la sieste en plaçant nos jambes autour d'une branche, nous allonger en avant, pour se reposer avec le torse sur la branche.] Taisha décrivit la masse des êtres inorganiques comme « des bulles de savon grésillantes. » Elle dit que nous pouvions passer nos mains à travers eux mais que lorsque l'un des inorganiques s'était posé sur elle, elle avait pu ressentir son poids.

 

 

        Taisha dit que lorsqu'elle était redescendu des arbres, après avoir vécu si longtemps dans ceux-ci, elle avait du réapprendre à marcher. Les autres sorciers l'appelaient « la femme singe ». Elle imita sa façon de manger - attrapant des fruits dans les arbres comme un singe et les fourrant dans sa bouche. Après avoir vécu dans les arbres, les sorciers durent lui enseigner comment vivre à nouveau dans le monde ; ils lui apprirent à flirter et à se socialiser. Il y avait deux femmes du clan de don Juan qui avaient été élevées dans le luxe et qui furent de très bons professeurs pour lui enseigner ces domaines particuliers.

 

        Taisha dit que les femmes étaient des tubes - des tunnels.

        Elle dit qu'il y avait deux choses que nous pouvions faire avec les hommes : nous pouvions flirter avec eux comme un acte de folie contrôlée, et nous pouvions les pouponner comme des bébés car ils sont très faibles et fragiles. Elle dit aussi que nous ne devions pas flirter avec les hommes pour les contrôler.

        Taisha, dans sa seconde conférence, parla de la récapitulation. Elle parla d'une femme qui avait un mari, des enfants et un travail, et cette femme était chagrinée de n'avoir pas le temps de récapituler. Taisha nous dit de choisir des choses comme faire la vaisselle pour récapituler durant cette activité. Par exemple, nous pouvions récapituler une chose différente à chaque assiette. Taisha dit que tout le monde faisait grand cas du fait qu'elle avait eu l'opportunité de récapituler dans une grotte, et les gens utilisaient le fait qu'ils n'avaient pas la même opportunité comme excuse pour ne pas récapituler. Taisha dit qu'en vérité, sa récapitulation dans la grotte n'avait pas été si puissante que ça. Elle dit que la plupart du temps elle faisait la sieste et rêvait éveillée.

 

 

 

Conférence de Florinda

 

         Florinda, comme toujours, était très animée et énergique en parlant. Elle fit rire plusieurs fois l'audience à gorge déployée durant sa conférence, particulièrement quand elle parla d'offrir sa chatte au vent. Elle dit que la vieille Florinda était en colère car sa chatte était devenue plus grosse à cause de cela. Florinda dit que le vent n'est pas vraiment le vent mais « un courant d'énergie abstraite. » Je crois qu'elle a dit que la vieille Florinda avait corrigé le vieux nagual lorsqu'il parlait du vent à Florinda comme d'un courant - et la vieille Florinda était intransigeante sur le fait que le vent devait être décrit correctement comme une énergie abstraite et pas juste comme « le vent ».

 

 

        Florinda décrivit la matrice comme un « organe pensant ».

        Florinda dit qu'ils se référaient à don Juan comme au « vieux nagual », pas parce qu'il était vieux mais parce qu'il était le précédent nagual.

 

 

        Puis, elle dit en souriant : « Vous n'imaginez pas tout ce que nous faisons pour que vous nous trouviez mignonnes. » Et elle dit avec énergie : « Pourquoi ne le ferions-nous pas ? Nous sommes des êtres esthétiques. »

        Quelqu'un lui demanda pourquoi cela l'intéressait d'être une navigatrice de l'inconnu et elle répondit avec passion : « Parce que c'est excitant ! »

 

 

        Florinda parla du comportement entourant l'acte sexuel (les comportements sociaux), comme étant plus délétères que l'acte en lui-même.

 

 

        Florinda dit que les séminaires de Mexico et d'Oakland avaient presque tué Carlos. Elle dit qu'ils n'étaient pas guérisseurs - ce qu'ils faisaient c'était voir l'énergie telle qu'elle s'écoule.

 

 

 

 

 

Conférence de Carol

 

 

        En parlant, Carol marchait d'un côté à l'autre de la scène, comme le faisait Carlos. Elle nous dit qu'il y avait eu beaucoup de discussions et de tintamarre parmi le clan de Carlos Castaneda juste avant sa conférence, à propos de détails logistiques et indiqua qu'habituellement ce n'était pas ainsi qu'elle aimait se préparer avant une conférence - elle préférait s'immerger dans le silence. Elle dit que puisqu'il y avait eu des discussions parmi le groupe, elle allait commencer la conférence en racontant une blague - ce serait une bonne façon de commencer. Elle dit que Taisha avait suggéré à Carol, avec enthousiasme, de raconter une histoire drôle à propos des êtres inorganiques. Carol dit, en souriant, que cette blague était très drôle pour Taisha et cela aurait marché pour elle de la raconter mais, d'une certaine façon, elle ne pensait pas que cela allait être bien reçu si elle nous la racontait. Puis elle entreprit de nous raconter la blague quand même. « Combien d'inorganiques faut-il pour changer une ampoule électrique ? Réponse : Aucun - car ils n'ont pas de mains. » Tout le monde rit. [En fait la façon dont elle amena la blague en racontant comment l'idée était venue à Taisha et le petit air taquin de Taisha rendit cette blague hilarante - ce fut un début remarquable.]

 

 

        Rapidement, elle épia l'audience et se demanda à voix haute, et avec un sourire, s'il y avait des « espions » (des hommes) dans l'audience. Immédiatement après qu'elle ait dit ça, tandis que son regard scannait l'audience, son regard se posa soudain sur quelqu'un dans la foule et elle dit, toujours avec le sourire : « Ah oui, il y en a un ! » Tout le monde ria. Puis, elle continua sa conférence.

        Carol décrivit l'utérus comme un outil d'évolution. Elle parla des différentes théories de l'évolution, comme le Créationnisme et les théories de Darwin, mais elle dit qu'il y avait des failles dans ces théories.

 

 

        Carol définit quelques-uns des concepts que Carlos avait abordés durant sa conférence, comme par exemple le fait que nous sommes des perceveurs et que nous possédons un système d'interprétation. Elle dit aussi que l'utérus interprète l'énergie telle qu'elle circule.

 

 

        Elle nous dit que les hommes doivent atteindre la totalité de leur être afin de percevoir l'énergie telle qu'elle circule et, à cause du fait qu'ils doivent travailler vraiment dur pour y parvenir, ils prennent de l'avance sur les femmes. Nous (les femmes) y accédons plus facilement car nous avons un utérus, cependant, c'est à notre désavantage, dans le sens où cela diminue cette habileté, car cela est très facile pour nous. Je crois que c'est Carol qui a dit que les femmes qui ont eu une hystérectomie ont aussi un grand avantage sur les autres femmes, en ce sens qu'elles doivent travailler plus dur - Le fait d'avoir eu une hystérectomie les rend plus désespérées - ainsi, elles ont plus de chances d'y arriver.

 

 

        Carol dit que le silence active le pouvoir de l'utérus.

 

 

        Elle dit que lorsque nous intentionnons quelque chose, une commande claire et sobre est nécessaire.

 

 

        Carol raconta l'histoire à propos de son rêve avec Carlos, dans lequel elle se rendait dans un endroit de rêve, où Carol était la femme d'un homme qui était semblable à l'acteur Gerald Moore, dans la voix, l'apparence et les manières. Cette histoire nous fut racontée pour illustrer le fait que le système d'interprétation est activé dans ces situations de rêve. Carol nous raconta une autre histoire à propos d'une créature avec une grosse tête qui avait des jambes qui ressemblaient à des pattes d'insecte - et quelque chose à propos de voir des épaulettes tomber sur le sol. Je crois que c'était un autre exemple de comment le système d'interprétation entre en jeu - qu'il est difficile de maintenir la vision sans interpréter. Le fait que les épaulettes fassent partie de la scène lui montrait que son système d'interprétation avait été activé.

 

 

 

Conférence de L'Eclaireur Bleu

 

 

        L'Eclaireur Bleu se présenta. Une partie de son nom était Nuri. Elle dit que le groupe de Carlos Castaneda disait qu'elle venait d'une autre réalité, un autre royaume, et elle dit qu'elle avait choisi de ne pas s'attarder là-dessus. Puis elle parla de deux genres d'amour - l'amour basé sur l'ordre social et le genre d'amour que les sorciers connaissent. Elle prononça trois ou quatre phrases sur ce sujet et cela me sembla être incroyablement profond sur le moment, tout en étant totalement consciente que je n'absorbais aucun mot. C'était comme si elle parlait un autre langage, bien que je sache que les mots étaient en anglais. D'autres femmes qui ont discuté de la conférence de l'Eclaireur Bleu ont dit avoir eu la même expérience. L'Eclaireur Bleu parla aussi du chemin des sorciers comme d'un chemin solitaire (à ne pas confondre avec la solitude). Puis elle nous lut trois chapitres du nouveau livre de son ‘père'.

 

 

 

Conférence du dimanche de Carlos

 

 

        Carlos dit que nous devrions le considérer comme notre conseiller - un avocat qui nous donne des conseils. Puis, balançant sa main pour la pointer sur les femmes situées au premier rang, il dit : « Ah, elles sont le moteur », tout en faisant un son de moteur de façon gutturale avec sa voix. Carlos dit que les gens se référaient à son groupe comme « Carlos et ses femmes » alors qu'ils devraient plutôt dire : « Les femmes et Carlos. »

 

 

        Carlos dit que les femmes (de son groupe) étaient des êtres massifs et expansifs, bien qu'elles soient juste de petites bécasses. « Comme ma fille », dit-il. « Elle est si... » Il la décrivit comme quelque chose de doux et de pas du tout menaçant, puis il dit : « Mais tout à coup !... » Carlos poussa un rugissement et chancela en avant, en mordant l'air comme un dangereux animal.

 

 

        En se référant à l'aspect massif des femmes, Carlos dit, en se comparant à elles, qu'il était toujours en danger depuis ce voyage à Oakland. Carlos dit qu'il était supposé partir en 1985. Il indiquait par là qu'il n'avait pas espéré être là si longtemps, et qu'énergétiquement il aurait été préférable qu'il s'en aille avant.

 

 

        Carlos dit que les sorcières obtenaient leur énergie depuis des endroits inconcevables.

 

 

        Il nous raconta que les hommes devaient travailler très dures, mais que nous (les femmes) étions en avance sur les hommes à cause de notre utérus. Nous le savions. Mais cela ne nous intéressait pas.

 

 

        Quelqu'un demanda si nous devions pratiquer les passes pour les femmes qui avaient été enseignées en enchaînement. Il dit que non mais qu'en faisant une passe, nous devions nous souvenir de l'humeur de la sorcière qui nous l'avait enseignée.

 

 

        Quelqu'un demanda à Carlos si le double était la même énergie que le corps d'énergie, il dit oui.

 

 

        Quelqu'un demanda : « Si vous vous débarrassez de l'esprit du flyer, peut-il revenir ? » Carlos pensa que la femme demandait : « Si vous vous débarrassez des flyers, peuvent-ils revenir ? » et il répondit : « Oui, ils peuvent revenir. » Puis un certain nombre de personnes dans l'audience, ainsi que Florinda, depuis le premier rang, reposèrent la question : « L'esprit du flyer, pas les flyers ». Carlos eut la bonne version de Florinda. Ensuite il dit : « C'est pareil - les flyers - l'esprit du flyer. Si vous vous en débarrassez, il peut revenir si vous n'êtes pas vigilante. » Il dit : « Ce n'est pas un petit accrochage, c'est la guerre ! » Puis, il donna l'exemple de la chute des Chacmools, et dit que deux d'entre elles s'en étaient remises, mais que la troisième errait encore. Il imita une personne presque incapable de se tenir debout, marchant avec difficulté, se traînant elle-même pour faire quelques pas.

        Carlos nous fit une ‘proposition'. Il dit que pendant 24 heures, avant de dire quoi que ce soit, juste avant, nous devions penser à ce que nous allions dire. (Une façon de lutter contre l'esprit du flyer.)

 

 

        Carlos dit qu'il avait eu des problèmes dentaires et ne pouvait pas simplement laisser n'importe quel dentiste s'occuper de ses dents. Cela n'aurait eu aucun pouvoir - de chercher un dentiste dans l'annuaire ou de demander à un ami le nom de son dentiste.

 

 

        Quelqu'un posa une question à Carlos sur son expérience de ‘stopper le monde' sur le campus de UCLA. Il indiqua un endroit vers l'extérieur du gymnase et dit : « Je marchais là - juste là, où il y a ces petites collines - ces petites buttes herbeuses. » Carlos nous dit qu'il avait un type, un Ethiopien qui traînait par là. C'était pendant l'époque des « enfants fleurs ». De très jolies jeunes femmes s'allongeaient dans l'herbe - « sans culottes ». Ce gars éthiopien s'allongeait également dans l'herbe et roulait, petit à petit, vers l'une de ces jeunes femmes, puis il se rapprochait et passait son bras autour des épaules de la jeune fille. Carlos dit qu'il avait vu plusieurs fois ce gars utiliser cette même tactique, et cela l'amusait. Il espérait que quelqu'un puisse marcher avec lui, ainsi il aurait pu lui dire : « Regarde cet Ethiopien, le voilà repartit ! » Carlos dit : « Mais il n'y avait personne à qui dire ça, alors je riais tout seul. » Carlos dit que tout à coup, alors qu'il observait le gars, il vit qu'il y avait des flyers partout. Il dit qu'ils était partout, excepté là où on pouvait voir des ouvertures à certains endroits, entre les flyers, et on pouvait voir la terre. Carlos décrivit cela en expliquant que les flyers étaient de toute façon si nombreux qu'il ne pouvait percevoir que de petites ouvertures. Il dit : « Certains flyers étaient gros. Peut-être de cette largeur (il indiqua une zone de la scène qui devait faire environ 1om.) D'autres plus petits - très près du sol ». Il dit que la vue de ces flyers lui avait donné envie de vomir.

 

 

        Carlos dit : « Les gens disent que j'ai inventé don Juan! » Puis, indiquant la première rangée du doigt, où les sorcières étaient assises, il dit, à la fois en souriant et en paraissant effrayé : « Eh bien, je ne pourrais pas inventer ces créatures ! Inventer Carol Tiggs ??? !!! Elle me terrifie ! »

 

 

        Carlos demanda à l'audience : « Connaissez-vous la règle du pouce ? » Il dit que cette expression venait de la vieille législation anglaise qui disait qu'un homme pouvait seulement battre sa femme avec un bâton de la largeur de son pouce.

        Carlos dit (avec un sourire et un scintillement d'amusement dans les yeux) qu'il y a deux mots que les femmes disent de façon très sérieuse et très prononcée. Il dit que lorsque les femmes disent ces deux mots, elles bougent leurs lèvres de façon exagérée. Ces deux mots sont : « Ammmmoooouuuurr et relation. » Carlos dit avec emphase : « Si tu veux Johnny - emmène-le ! Des enfants ? Emmène-les ! » Il nous avertit de ne pas nous laisser fourvoyer par Johnny et les gosses.

 

 

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Séminaires de Femmes (seconde prise de notes)

 

 

        Le principe mâle et le principe femelle : les sorciers ne sont pas si concernés que ça par la différence entre les mâles et les femelles, biologiquement parlant, excepté en ce qui concerne l'utérus. D'un autre côté, la différence énergétique entre les mâles et les femelles est vaste. Due à cette différence qui nous a été présentée, quelques-unes des différences venant du comportement masculin versent dans le comportement féminin.

 

 

        Ils les ont présenté comme étant basées sur le paradigme mâle et ses comportements subséquents. D'après Carlos, la socialisation du mâle n'est pas si difficile pour eux car elle est basée sur le principe mâle. Pour une femme, en revanche, elle est dévastatrice car elle ne contient virtuellement rien du principe femelle. Il fut également indiqué que les sorciers peuvent faire ces observations sur le comportement des mâles et des femelles car ils se sont eux-mêmes privés de cette socialisation et peuvent la voir pour ce qu'elle est.

 

 

        Les mâles sont investis de certains comportements qu'ils répètent eux-mêmes en nuances variées, encore et encore, et les femelles ont les leurs. Ces généralisations sont à un certain degré le résultat de l'installation du flyer. Ceci explique pourquoi elles sont si homogènes. Ils ont déclaré, encore et encore, que ces comportements font partie du paradigme mâle que les femmes ont imité. 

        Carlos Castaneda nous a parlé le vendredi soir et nous a dit qu'il devait être très prudent avec ce qu'il disait car parler avec un groupe de femmes est très différent que lorsqu'il y a des hommes présents. Il indiqua que les femmes sont conscientes de tout, qu'elles en soient consciente ou pas, à cause de leur utérus. Tandis que les hommes sont des experts en taxonomie. Il parla des effets délétères de la socialisation sur les femmes, et du fait que les hommes n'avaient aucune raison de vouloir que les choses changent car ils avaient fabriqué ce monde.

 

 

        Il dit que le principe mâle est généré par le principe femelle (et fit une plaisanterie sur le fait que le concept d'Adam et Eve était vraiment rétrograde), et qu'il est très fragile. Le mâle est, d'après le nagual, un petit filigrane d'énergie. Il dit que le principe mâle est rare dans cet univers femelle, et c'est pourquoi il a une telle attention imméritée. C'est aussi pourquoi l'ego mâle est si gros, et que l'espace entre son ego et son action est si démesurée. Il indiqua également que puisque le mâle est généré depuis le principe femelle, il ne contient rien d'unique. Il affirma que le paradigme de ce monde est le paradigme mâle, et à travers un contrôle rigoureux des flyers et des mâles, le paradigme femelle est virtuellement inexistant, car nous n'avons aucun modèle sur lequel nous aligner. Il dit que les flyers savaient que pour dominer cette espèce, leur attaque devait s'orienter sur les femelles et qu'ensuite tout s'effondrerait.

 

        Le nagual affirma que les femelles avaient été socialisées pour être apathiques à propos de leur voir et que ce n'était pas leur état naturel. Pour une femelle, le silence est tout ce dont elle a besoin. Il dit que le point d'assemblage des femmes est retourné, son côté brillant est donc orienté vers l'intérieur, et cela permet à leur silence d'être total. Pour un mâle dont la brillance du point d'assemblage est orientée vers l'extérieur, il n'est pas possible d'éteindre complètement le bruit extérieur. Donc, les hommes perdent leur temps à faire des taxonomies, et à parler, parler, et parler. Les femmes, en revanche, ont une prédilection pour l'action. Les femmes sont équipées pour le Faire. Pour les actions pratiques. Il dit que les hommes essayent de compenser cela en s'assurant que les femmes « se tiennent bien » !

 

 

        Il dit que les hommes débarquent avec toutes sortes de moyens pour dominer les femmes, mais que la plupart d'entre eux les appliquent à eux-mêmes. Ils disent que les femmes sont hystériques. Mais ce sont eux qui sont véritablement hystériques, et ils ont de bonnes raisons pour l'être. Ils sont très fragiles, de pauvres bébés. Ils feront tout et diront tout pour avoir l'attention des femelles (ce à quoi les femmes répondront avec empressement). Il dit que les hommes pensent qu'ils essayent de trouver des Papas, mais qu'en réalité ils essayent de trouver des Mamans.

 

 

        Tout le clan de guerriers nous dit à plusieurs reprises que rien de ce qu'ils nous disaient était nouveau pour nous ; en tant que femmes, nous connaissions déjà tout ce dont ils nous parlaient, mais que le problème était d'amener à notre attention consciente ce dont nous étions déjà conscientes. Cela demande du silence. Le nagual nous dit que les femmes perçoivent en profondeur et que chacune d'entre nous était unique, à cause de notre utérus (comme un genre d'empreinte cosmique). Un homme doit utiliser la totalité de son être pour devenir conscient directement, et les hommes sont plus homogènes dans leur perception. Chez les femmes, l'utérus perçoit directement, ainsi leur connaissance est directe.

 

 

        Ils déclarèrent tous qu'ils ne blâmaient pas les mâles mais qu'aucune femme ne devait laisser un homme lui dire ce qu'elle devait faire ; il n'est pas qualifié pour le faire. Il nous dire à nouveau que 80 à 90% de notre énergie est emprisonnée dans les rituels de séduction et qu'on devait s'en débarrasser afin de gagner de l'énergie. Florinda nous dit que cela ne voulait pas dire que nous avions besoin de choisir des vêtements fades, etc. Nous devions simplement faire ce que nous faisions juste pour le plaisir, comme un geste envers l'infini.

 

        Ils nous racontèrent beaucoup de choses inhabituelles à propos de nous, énergétiquement parlant (surtout Taisha). Carol Tiggs nous raconta une histoire sur le nagual, sur comment il était passé par un moment difficile de déprime et de morosité, et qu'il avait été incapable de découvrir à quoi cela était dû. Elle dit qu'une femme d'une autre lignée lui avait envoyé un message, et il avait découvert qu'il n'allait pas être le guide du clan - que le guide, en fait, devait venir de l'utérus. Cela fut pour lui un immense soulagement de finalement découvrir cela.

 

        A plusieurs reprises, ils orientèrent notre attention vers le problème de notre espèce, qui est au bord de la destruction. Si un changement doit survenir, il doit venir de la concentration de notre attention sur l'utérus, sur le fait qu'il est un lien direct pour intentionner quelque chose d'entièrement différent en tant que percepteurs. Si l'Homme doit survivre, il sera nécessaire d'évoluer, et il sera également nécessaire que les hommes et les femmes travaillent ensemble d'une façon complètement nouvelle et différente.

 

 

        Taisha nous raconta d'incroyables histoires mystérieuses sur nous. Elle tissa son histoire et pour la première fois, nous fûmes éclairées sur le fait que les femmes sont le tube à travers lequel nous glissons vers le monde des êtres inorganiques. En tant que femelles, nous sommes ce même tube à travers lequel nous nous déplaçons pour entrer dans ce royaume ! C'est stupéfiant ! L'ouverture est une partie de nous-même. A travers cela, nous pouvons commencer à mesurer à quel point nous avons été coupées de notre véritable nature. De façon intéressante, elle nous relata que le flirt était l'une des choses les plus proches de notre vraie nature. Pas ce qu'il est devenu, pour l'intérêt de la séduction, mais comme un outil de finesse et de communication. Le nagual nous dit que l'ultime conquête mâle est que des femmes appellent d'autres femmes des « bimbos » ; que les femmes se retournent les unes contres les autres et épousent le langage dégradant des mâles.



Publié à 12:59 le 27 juillet 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire à Mexico 1995

 

                          

 

 

      Séminaire dans la ville de Mexico

                       Mai 1995

 

 

 

Un séminaire de Tenségrité  fut donné le week-end dernier à Mexico City à l'hôtel Sheraton Maria Isabel, dans le cœur de la ville. Les trois Chacmools, ainsi que Florinda Donner, Taisha Abelar et Carol Tiggs étaient présentes. L'événement attira environ 1000 personnes, et consista en trois conférences données en soirée (le vendredi par Carol, le samedi par Taisha et le dimanche par Florinda), et de deux sessions de Tenségrité, une session le samedi pour 500 personnes, et une autre le dimanche pour les 500 autres.

 

Conférence de Carol Tiggs

 

 

La grande salle de bal qui avait été louée à l'hôtel  pour l'occasion était bondée. Environ 1000 personnes s'y trouvaient, car ils avaient laissé entrer les gens sans ticket ce jour là. Le groupe (Florinda, Taisha, Carol, Kylie, Renata, Nyei et deux autres de leurs associés) arriva. Carol et un traducteur s'assirent sur la scène et les autres restèrent dans les deux premières rangées qui leur étaient réservées, juste en face de la scène. Carol commença la conférence en se présentant aux gens, et récita un poème en espagnol, puis en anglais, qui attira l'attention de tout le monde, et qui donnait à peu près ceci :

 

 

 

 

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste

Donnez-moi ce qu'on ne vous demande jamais. 

Je ne vous demande pas le repos

Ni la tranquillité

Ni celle de l'âme, ni celle du corps.

Je ne vous demande pas la richesse

Ni le succès, ni même la santé.

Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement

Que vous ne devez plus en avoir.

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.

Donnez-moi ce que l'on vous refuse.

Je veux l'insécurité et l'inquiétude.

Je veux la tourmente et la bagarre

Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.

Que je sois sûr de les avoir toujours,

Car je n'aurai pas toujours le courage

De vous les demander. 

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.

Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas.

Mais donnez-moi aussi le courage

Et la force et la Foi.

 

 

(« La Prière du Parachutiste », André Zirnheld)

 

 

Ensuite, elle parla de sa première rencontre avec Carlos Castaneda au parc Alameda à Mexico City, et de comment don Juan l'avait accroché avec un rot sonore, puis avec ses yeux, et lui avait fait savoir qu'elle était une femme ‘double', et que Carlos Castaneda était énergétiquement identique à elle. Puis elle nous parla de sa disparition pendant plus de dix ans de ce monde, et elle dit que pour elle, cela avait été comme un rêve, mais que le temps avait perdu sa signification durant cet événement.

« Lorsque je suis revenue ici, je me suis retrouvée à Tucson, en Arizona, dix ans plus tard. Il me fut très difficile de reconnaître l'endroit, mais je suis sûr que don Juan savait que cela allait arriver, parce qu'il m'avait fait cacher des sacs plastique plein d'argent dans différents endroits de cette ville et d'autres villes, ce qui, à l'époque m'avait parut absurde, mais à cet instant là, j'ai parfaitement compris. Donc, j'y suis allée et j'ai retrouvé un de ces sacs, et avec l'argent, je suis allée à Los Angeles. Là, j'ai rôdé pendant un moment comme un zombie, jusqu'à ce que je découvre que Carlos Castaneda était sur le point de donner une conférence à la librairie Phoenix, dans Santa Monica. J'y suis allée, et Carlos Castaneda m'a vu. Il a parlé pendant deux heures sans savoir ce qu'il disait parce qu'il était stupéfait de me voir là. »

 

 

« Carlos et moi avions l'habitude de nous retrouver en rêve, allongés nus dans le lit d'une chambre étrange. Il y avait aussi cette petite fille qui venait dans la chambre en poussant un ‘pas encore maman !'. Lorsque les choses devenaient hors de contrôle dans ce monde bizarre, Carlos me faisait sauter dans le lit et criait : ‘Tournoie, Carol, tournoie', et nous commencions tous les deux à tournoyer jusqu'à ce que nous nous réveillions dans notre lit. »

 

 

Elle mentionna également un acteur américain des années 30 ou 40 qui fumait la pipe. Ce personnage devint aussi un régulier de ce monde où Castaneda et elle allaient en rêve. Ce vieux monsieur parlait avec un accent spécial ; il appelait Carol ‘chérie' et appelait Carlos ‘petit'.

 

 

« ...Comme n'importe quelle autre visite dans ce monde, cela commença lorsque nous nous retrouvâmes nus dans ce lit. Soudain, nous entendîmes quelqu'un venir. Carlos se cacha dans un placard qui était dans la chambre ; il voulait se cacher mais il ne fut pas capable de fermer la porte de l'intérieur. A ce moment, la petite fille entra dans la chambre en lançant comme d'habitude : ‘Pas encore maman', puis elle alla directement vers le placard et ferma la porte sur le nez de Carlos. A ce moment, j'entendis les pas du vieil homme à la pipe, il entra dans la chambre et dit : ‘Qu'est-ce qui se passe chérie ?' Je remarquai qu'il avait un journal à la main et cela m'intrigua. J'essayai désespérément d'y jeter un coup d'œil, essayant de découvrir dans quel langage il était écrit ou quelle était la date de parution. Je savais que Carlos serait très intéressé par ce journal, car comme il avait une orientation scientifique, il aurait adoré corroborer toute information de ce monde dans ‘notre monde réel'. »

 

 

« Alors, je ne sais pas où j'ai trouvé le courage d'arracher le journal de ses mains tandis que le vieil homme quittait la chambre, et je me dépêchai de l'étaler sur le lit pour voir son contenu. Il y avait des photos en couleur de gens, mais quand je fixai mon attention sur le texte, je remarquai que les caractères ne faisaient pas partie de l'alphabet que nous utilisons, c'étaient des genres de ‘symboles' comme des spirales, des triangles, et des cercles. J'étais si excitée que je voulais que Carlos voie ça, alors je me dirigeai vers le placard, mais je remarquai qu'il n'y avait pas de poignée de porte, ni rien pour l'ouvrir. Je commençai à m'inquiéter que le vieil homme revienne, lorsque j'entendis la voix de Carlos venant de l'intérieur qui me parlait d'une tâche noire sur le sol, sur laquelle je devais marcher. Je regardai par terre et je vis la tâche noire qui ressemblait à un bouton, je marchai dessus et la porte s'ouvrit. Carlos en sortit en faisant un bond d'une agilité féline. Je lui montrai le journal et cela le laissa perplexe. Tout ce qu'il me dit fut : ‘C'est réel Tiggs...C'est réel.' Nous entendîmes à nouveau des pas dans le couloir et nous sautâmes dans le lit et commençâmes à tournoyer comme les autres fois jusqu'à ce que nous nous réveillions dans nos lits. »

 

 

« Afin d'entrer et de sortir de ces ‘autres mondes', on doit être très sobre et avoir du contrôle car si vous vous accrochez à quelque chose dans ce monde (comme le journal), vous serez perdu dans ce monde, car vous oublierez d'où vous êtes venu et vous finirez par vivre et mourir dans ce monde. C'est pourquoi le chemin du guerrier doit être impeccable, car quand vous devenez un ‘navigateur', vous ne pouvez vous permettre aucune erreur. Ce monde était très similaire au notre car les gens y devenaient également vieux et mouraient, en fait nous avons vu la petite fille grandir. »

 

 

Carol révéla aussi que Carlos Castaneda était en train d'écrire un autre livre en ajoutant : « Carlos a appelé l'un des chapitres ‘Le Retour de Carol Tiggs'. »

 

 

« Energétiquement Carlos Castaneda et moi avons été très distant durant ces trois dernières années. Il y a quelque temps, Carlos a fait un bond énergétique et c'est peut-être ce qui nous a séparé, mais il y a trois semaines, je me suis à nouveau réveillée dans ce monde étrange.

 

 

« Energétiquement, nous sommes un filament d'énergie qui est cyclique et qui s'étend à différents mondes (qui sont comme les couches d'un oignon) et il semble que dans cette autre couche de l'oignon nous avons trouvé une paire d'êtres qui partageaient cet autre monde comme nous partageons ce monde-ci, et nous nous voyions dans ce monde comme des humains mais cela est du à notre tendance à anthropomorphiser. Il est possible que ces créatures, dans ce monde, aient un moule différent du notre. La conclusion est que notre perception nous accompagne même lorsque nous allons dans d'autres couches de l'oignon. »

 

 

Elle termina sa conférence en lisant le poème, à nouveau en anglais, puis en espagnol.

 

 

Ce jour là, le séminaire de Tenségrité commença pour la moitié des personnes présentes. Les Chacmools arrivèrent seules, et commencèrent une série d'exercices d'échauffement et nous apprirent quatorze nouvelles passes qui, disaient-elles, avaient été spécialement intentionnées pour les personnes qui vivaient dans la Vallée de Mexico à cette époque particulière. Lorsque les gens commencèrent à poser des questions à ce sujet, Kylie répondit en racontant l'histoire suivante : « La vie est comme une rivière d'eau cristalline. Les gens continuent à ramasser les pierres au fond de la rivière et les vénèrent sans savoir que la part la plus précieuse de cette rivière est son eau, qui ne peut pas être gardée, tout ce qu'on peut faire, c'est nous écouler avec. L'eau est le nagual et les pierres sont le tonal. Nous devons apprendre à laisser le tonal à sa place, afin de pouvoir aller avec le nagual. »

 

Conférence de Taisha Abelar

 

 

« Lorsque les voyants voient, ils voient que les traqueurs ont comme un châle de fibres lumineuses tombant de leurs épaules, et que les rêveurs semblent porter une jupe hawaïenne de fibres lumineuses tombant de leur taille... Je suis une traqueuse. Mes maîtres étaient une femme nommée Clara, et un homme nommé Emilito. Pour démarrer mon apprentissage, je devais d'abord empêcher le flyer de manger ma conscience. Don Juan disait que de la même façon que nous, humains, gardons des poulets dans des poulaillers, les flyers gardent les humains dans des ‘humaillers' pour faire la même chose que nous faisons avec les poulets.

 

 

« D'après le vieux nagual, quand nous naissons, notre oeuf lumineux brille de la lumière de la conscience, mais en grandissant et en entrant dans l'ordre social, les créatures qui partagent notre monde, appelés par les voyants les flyers, se nourrissent de notre conscience jusqu'à nous laisser seulement la brillance de notre œuf lumineux au niveau des talons (donc ils nous mangent jusqu'aux chevilles). Don Juan disait que cette conscience est suffisante pour vivre dans l'ordre social parce que c'est la conscience de l'autocontemplation. Le problème pour l'homme de connaissance est de trouver un moyen d'arrêter les flyers de manger toute nouvelle conscience qui grandit au dessus des talons. Les flyers mangent cette conscience avec facilité à cause de l'auto apitoiement et l'attitude de ‘pauvre bébé' que nous avons envers la vie et envers nous-même. Alors, une des façons d'arrêter les flyers est à travers des actes disciplinés comme la récapitulation et la Tenségrité. En pratiquant ces actes disciplinés, nous générons un type de conscience que les flyers n'aiment pas, ainsi, à partir de là, nous pouvons commencer à faire croître notre conscience au-dessus de nos talons, sans s'inquiéter que les flyers la mangent, tant que nous demeurons des guerriers impeccables.

 

« Carlos recherche sans arrêt des personnes qui ont développé leur conscience au-dessus de leurs talons, et un jour quelqu'un lui dit qu'il y avait une femme gourou qui vivait à Los Angeles, qui était très populaire et qui avait beaucoup d'énergie. Elle recrutait des gens pour la méditation. Carlos nous emmena toutes les trois ; Carol, Florinda, et moi, pour voir cette femme. Lorsque nous la ‘virent', nous remarquâmes que sa conscience était comme tout le monde ; sa conscience était au niveau de ses talons, la seule différence que nous vîmes était que cette femme avait un point d'assemblage plus large que la normale, et c'est de là que résultait son très gros ego, qui la rendait égomaniaque. Ainsi, elle pouvait croire et aussi faire croire aux autres qu'elle avait le pouvoir d'enluminer les gens.

 

Ensuite, avec l'aide de Kylie, Taisha nous montra une photo du flyer prise aux pyramides de Teotihuacan durant la cérémonie d'équinoxe l'année passée, par un de leurs amis. Cela ressemblait à un humain, à une ombre volant au-dessus de la foule.

« C'est un endroit particulièrement bon pour les flyers pour se nourrir, parce qu'il est rempli d'importance personnelle, à cause du fait que tout le monde à cet endroit à le sentiment que son énergie s'emploie à je ne sais quel objectif de ‘sauver le monde'. Ou bien, peut-être se sentent-ils très importants parce qu'ils sont les réceptacles de ‘l'énergie cosmique' qui est envoyée par les dieux au travers des cieux, vers les ‘élus' qui sont là. Un autre bon endroit pour trouver des flyers est dans les maisons funéraires où les gens se réunissent pour se livrer à l'auto apitoiement et à l'attitude du ‘pauvre bébé', ce n'est pas de leur faute, c'est juste comme ça que ça se passe. C'est pourquoi lorsque nous rencontrons une telle situation, nous devons être conscient (à travers la pratique continue de la récapitulation) de ce qui est en train de se passer, et ne pas être la proie de notre propre importance personnelle ou notre propre apitoiement, qui nous rendront vulnérables en face des flyers. C'est pourquoi nous n'avons pas besoin de rituels, de nettoyages énergétiques, d'amulettes, de talismans, etc. La meilleure protection possible et la seule offre que vous pouvez faire à l'esprit, est de vous débarrasser de votre importance personnelle, et de suivre un chemin impeccable, un chemin qui a du cœur.

 

 

« J'ai vécu au sommet de certains arbres dans la maison des sorciers pendant deux ans, comme une partie de mon entraînement de traqueuse. Le traqueur est un maître de la fixation du point d'assemblage à un endroit différent. Lorsque vous dormez, le point d'assemblage bouge naturellement, mais à moins que vous ne commenciez à rêver, ce pour quoi vous avez besoin d'emmagasiner de l'énergie au travers des techniques que nous avons déjà mentionnées, vous ne serez pas conscient de ce mouvement. Immédiatement après avoir pris conscience que votre point d'assemblage a bougé, afin de tirer avantage de cette nouvelle position, vous avez besoin de le fixer, c'est cela traquer. Quand je vivais dans les arbres, une des choses les plus inhabituelles qui bougeait mon point d'assemblage vers une nouvelle position, était le fait que j'avais perdu le point de référence de l'horizon. Tout ce que je pouvais percevoir était du feuillage et le ciel. Le sol était toujours ‘en bas', tandis que normalement, nous bougeons en étant cloué au sol, dans un système comportant quatre directions. En vivant au sommet des arbres, je suis entrée dans un système de déplacement à six directions, car je n'étais pas autorisée à toucher le sol. Cela a fait bougé mon point d'assemblage, et l'a fixé sur une nouvelle position.

 

 

« Le point d'assemblage, tel que les voyants le voient, a un côté brillant, qui chez les hommes est orienté vers l'extérieur de l'œuf lumineux, et chez les femmes, ce côté brillant est tourné vers l'intérieur. Due à mon existence au sommet des arbres, mon point d'assemblage commença à se tourner vers l'extérieur, dans la direction des hommes. Quand don Juan vit cela, il me fit faire une autre traque afin de le corriger. Il m'envoya vivre dans une ville mexicaine où Nelida vivait comme une riche femme de la haute société, bien connue dans cette ville. Je devais devenir sa nièce, qui était venue vivre avec elle pour trouver un mari. Ainsi, on m'enseigna tout sur comment ‘être féminine' ; l'art du maquillage, de la cuisine, les bonnes manières, le tricot, la danse, jouer du piano, et je prenais même des leçons de français. Nous avions l'habitude d'aller dans toutes les fêtes de la haute société, et on me présentait comme une jeune fille éduquée, étant à la recherche d'un bon parti, jusqu'à ce qu'un jour, après six mois, je rencontre un prêtre excommunié qui avait de profonds troubles émotionnels, et tout ce qui me vint à l'esprit fut de le suspendre à un arbre pour l'aider.

 

 

« Cela fit un énorme scandale en ville, et don Juan vit qu'il était tant de changer de stratégie. Il me dit que puisque je voulais encore ‘avoir l'attention de tout le monde', il allait établir pour moi une traque qui me guérirait ou qui me tuerait, et il m'établit comme clocharde. Ils commencèrent par remplacer ma jolie robe blanche par des guenilles, puis ils mirent tout un tas de trucs collants dans mes cheveux. Je me souviens qu'Emilito arriva avec l'idée de mettre du chewing-gum dans mes cheveux, tandis que Nelida appliquait de la graisse sur ma peau afin qu'elle paraisse plus sombre et plus sale. Après qu'ils m'aient ‘habillée' en clocharde, don Juan appela une femme nommée Alphonsina, qui était une clocharde de la ville. Il lui dit que j'étais folle et qu'ils ne pouvaient plus me garder avec eux. Puis, don Juan donna un peu d'argent à la femme et lui dit de prendre soin de moi.

 

 

« Je partis avec cette femme et je me souviens qu'elle me dit : ‘T'as pas l'air très bavarde, hé...c'est bien, je crois qu'on va bien s'entendre...' Puis nous arrivâmes à sa maison, et je fus terrifiée. C'était l'endroit le plus puant et le plus sal que j'avais jamais vu. Elle vivait dans une pièce de 6 m2, faite de carton et de tôle ; sur le sol souillé, il y avait deux nattes, pleines d'insectes rampants. C'était si horrible que je fus obligée de partir. Je courus jusqu'à la maison, mais quand j'arrivai, les servants me dirent que tout le monde était parti pour un long voyage, mais qu'il était encore peut-être possible de les trouver dans les alentours de la ville. Je courus immédiatement vers les abords de la ville et, à mon grand soulagement, je trouvai la voiture de Nelida, arrêtée au coin d'une rue, attendant que le feu passe au vert. Je me dirigeai vers la voiture et vis que c'était don Juan qui conduisait. Je le suppliai de me sortir de cette situation de dingue. Je lui dis que je ne voulais pas être une clocharde, que tout ça allait trop loin, que la maison d'Alphonsina était un ‘trou à merde', et que je ne voulais pas y passer ne serait-ce qu'une seule nuit.

 

 

« Don Juan me regarda avec des yeux fixes et me dit que c'était le dessein de l'esprit de faire ça ; soit je réussissais, soit je ne reverrais jamais aucun d'entre eux. Il fouilla dans sa poche, me lança une pièce et dit : ‘Vas, et trouve ce que tu as à trouver, et tu verras que les gens te donneront de l'argent mais ils te mépriseront pour ce que tu es. Il y a toujours la possibilité que tu tombes sur quelqu'un qui se préoccupe vraiment de toi, alors tu auras réussi ta tâche, et tu apprendras à ne plus rechercher l'attention pour toi-même.' Le feu passa au vert et ils partirent. Je restai là, sur la place principale, pensant que je n'avais pas d'autre option que de retourner à la maison d'Alphonsina et de jouer impeccablement le rôle d'une clocharde, sans aucune attente ou inquiétude de quand cela allait se terminer ou sur ce qui allait se passer. Je me préparai à être une clocharde pour le restant de ma vie si c'était ce que l'esprit voulait de moi.

 

 

« J'arrivai à la maison d'Alphonsina, elle était agenouillée en face du four à bois et préparait quelques tortillas de maïs ; sans dire un mot, elle me tendit une tortilla et je m'assis tranquillement et commençai à manger. A cause du fait que j'étais dans une petite ville, j'avais besoin d'avoir une histoire derrière moi, voici donc ce qu'Alphonsina raconta sur moi aux gens : j'étais sa fille folle qui vivait dans la grande ville avec son père, mais maintenant que le père était mort, on m'avait envoyé à elle. Ainsi, je commençai à appeler Alphonsina ‘maman', et tous les jours, en rentrant à la maison je disais : ‘Bonjour maman, voici ce que j'ai récolté aujourd'hui', et je donnais à Alphonsina tout ce que j'avais mendié durant la journée. La vie était dure comme elle l'est pour un clochard. Je devais lutter contre d'autres clochards afin d'obtenir une bonne place pour mendier. Alphonsina me dit que les meilleurs endroits pour mendier étaient à la sortie des restaurants ou des clubs de sport. Elle disait que lorsque les gens sont repus ou ont fait beaucoup d'exercices, ils donnent aux pauvres. En revanche, les églises n'étaient pas de bons endroits car les gens avaient déjà donné à l'église et préféraient donner à l'église plutôt qu'aux clochards.

 

 

« Alphonsina m'enseigna aussi à toujours porter un petit paquet de bois, à utiliser en guise de bouclier quand j'étais attaquée par d'autres clochards parce que j'envahissais leur territoire. Ce petit paquet de bois s'avéra être très utile. J'aimais aller à l'église, pas pour mendier mais pour voir une très belle femme qui venait tous les jours ; elle avait quelque chose qui avait un pouvoir d'attraction sur moi. En entrant plus profondément dans mon rôle de clocharde, je commençai à entendre les pensées des gens, et je pouvais entendre des choses qui se passaient à plusieurs rues de là où j'étais. Un jour, alors que je mendiais à l'extérieur de l'église, cette très belle dame sortit et me parla ; elle voulait m'emmener chez elle, me laver, et me donner des affaires propres. Mais je refusai un certain temps, jusqu'à ce qu'un jour je me souvienne de ce que don Juan m'avait dit à propos de quelqu'un qui se ferait un ‘souci authentique' pour moi, et j'acceptai d'aller chez elle.

 

« La dame me fit immédiatement prendre une douche et me débarrassa des guenilles que je portais. Alors que l'eau commençait à couler sur mon corps et que la saleté disparaissait de ma peau, la dame fut horrifiée par le fait que j'étais une ‘fille blanche'. Elle hurla : ‘Que t'ont-ils fait !' J'étais sans voix. La dame me donna un cardigan, une robe et une grosse somme d'argent, et me dit de retourner de là où je venais mais de sortir de la rue. Je revins voir Alphonsina, et en lui tendant l'argent je lui dis comme toujours : ‘Maman, maman, regarde ce que j'ai récolté aujourd'hui.' Lorsqu'elle me vit, elle s'évanouie. En revenant à elle, elle me dit : ‘Tu as été touché par un ange.' Elle tomba malade et je l'emmenai dans la maison de Nelida. Là je retrouvai don Juan, Nelida, et tous les autres.

 

 

« Nelida emmena Alphonsina dans sa chambre et prit soin d'elle. Je restai dans le salon avec don Juan. J'étais angoissée par ce qui allait arrivé à Alphonsina parce qu'à ce moment, je savais que je l'aimais, inconditionnellement. Jusqu'à ce jour, je ne savais pas ce qu'était l'amour. J'essayai de transmettre cela à don Juan, mais il semblait déjà connaître mes sentiments, et il me dit que j'avais réussi dans ma tâche, et que je n'étais pas obligée de retourner avec Alphonsina. Alphonsina avait une fille qui l'aimait vraiment, mais pour elle, cette fille était morte à présent. A ce moment là, je sus que dans le monde des sorciers, les choses vont et viennent et que l'on doit y fluer sans attaches.

 

 

Guillermo



Publié à 11:18 le 25 juillet 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire de Tucson 1995

 

 

Dans les coulisses en Arizona

Séminaire de Tucson

 

 

             J’ai vraiment aimé l’énergie de Florinda. Elle était vibrante, stimulante, spirituelle et très chaleureuse par intermittence. Je dis cela parce que j’ai parlé avec un certain nombre de participants, pour avoir leur point de vue, et certains d’entre eux ont trouvée Florinda choquante (elle a secouées quelques vaches fragiles et sacrées), tandis que d’autres l’ont trouvée fascinante – une femme avec qui j’ai parlé a eu une expérience inhabituelle de ‘guérison’ faite sur elle par Florinda le samedi soir et elle en était toute retournée. Florinda partagea quelques faits intéressants à propos de don Juan.

 

         La première fois qu’elle le rencontra, il lui dit : « Nous n’avons pas le temps ». Un an plus tard, il lui dit la même chose ; elle lui répondit qu’il ne racontait que des conneries, et qu’il lui avait déjà dit ça un an avant. Ce n’est que plus tard qu’elle comprit la vérité de ce qu’il disait.  

       

         Lorsque don Juan lui dit qu’il avait perdu sa forme humaine, Florinda lui demanda si cela voulait dire qu’il n’avait plus de pénis, sur quoi don Juan baissa son pantalon et lui en montra un plutôt gros. Le moule de l’homme ne se situe pas au niveau du corps physique mais dans les nomenclatures et les pièges abstraits que nous nous construisons.

         

         Le sujet du célibat fut abordé à plusieurs occasions et cela sembla être quelque chose d’individuel basé sur notre niveau d’énergie et sur l’intention. La sexualité peut devenir une épée à plusieurs tranchants, qui peut nous piéger ou nous libérer. Florinda dit que don Juan était un « vieil homme licencieux ». Carol dit qu’elle avait des organes génitaux et qu’elle s’en servait ; et bien que Taisha n’en parle pas directement, je pense que son livre parle pour elle. Le célibat et le sexe sont des sujets assez déroutants pour beaucoup, mais l’important est d’écouter son voyant intérieur. 

         

         Elles insistèrent sur le fait que nous n’avions pas besoin d’elles ou de Carlos pour nous guider. Nous avons besoin de nous concentrer sur l’intention et la suivre. La récapitulation nous aide à nous libérer de nos pièges et à libérer notre énergie. Comme l’a dit Florinda, nous avons surtout besoin d’arrêter la masturbation mentale, qui caresse le ‘pauvre de moi’, et nous empêche de voir qu’en fait, cela nourrit notre importance personnelle.

           

         Sur la récapitulation, beaucoup de questions furent posées sur la technique et sur la respiration. Carol dit que la respiration était importante, mais que si nous étions en train de conduire notre voiture, et que nous commencions à récapituler en bougeant notre tête de gauche à droite, il était fort probable que nous soyions en train de ‘booster’ notre importance personnelle en nous disant : « Je suis en train de récapituler, je suis au-dessus de tout ça. » C’est un piège. Carol dit que le processus se déroule généralement ainsi : « La première fois que vous récapitulez, vous vous dites ‘ce type est un vrai connard’. Après avoir récapituler un certain temps, vous y retournez et vous dites ‘j’étais un vrai connasse’, puis après un moment, vous pouvez voir avec plus de clarté, sans jugement, et vous pouvez libérer cette énergie qui avait été gâchée par vos précédents jugements et attachements. » 

         

         Nous avons dorénavant besoin d’un nouveau paradigme et d’un nouveau lexique. Carol nous dit que les séminaires étaient aussi nécessaire pour eux que pour nous, parce qu’ils avaient besoin de travailler là-dessus. Florinda insista sur le fait que les femmes ont besoin d’apprendre à coopérer et à ne pas entrer en compétition par rapport aux hommes. Elle donna quelques exemples amusants de comment les femmes entrent en compétition entre elles pour les hommes, et se retrouvent ensuite pour sympathiser quand les hommes ne sont pas dans le coin. Elle ajouta que les hommes doivent nourrir les femmes et leur donner l’espace dont elles ont besoin pour grandir. Elle parla du fait que les femmes sont complètes énergétiquement tandis que les hommes ne le sont pas. C’est pourquoi les hommes sont entraînés à posséder et à contrôler, beaucoup plus que les femmes. Elle se servit de quelques exemples en rapport avec la sexualité pour clarifier ce point.

          

         Dimanche, quelques-uns d’entre nous étaient en train de parler avec Florinda quand un type arriva ; alors elle commença à décrire (en 5 phrases environ) comment ils pourraient partir ensemble, tous les deux ; prendre une chambre, passer un super week-end ; comment il pourrait lui briser le cœur en agissant comme un connard, et puis comment elle le détesterait par la suite. Donc, je devine que nous n’avons pas besoin de partir à deux, maintenant que nous savons ce qui va arriver. Elle se servit de cela pour montrer comment, si nous écoutons notre voyant intérieur, plutôt que nos peurs, nos désirs, ou nos projections, nous pouvons nous libérer des nombreux pièges que nous construisons nous-même.  

        

         Taisha avait une aura très lumineuse. Les différents rôles de traque nous aide à nous libérer de nos attachements à nos rôles. Elle pratiqua le rôle du moine pour l’aider à se détacher de ses attachements religieux. En se déplaçant complètement dans un autre monde, cela nous aide à voir le monde précédent avec plus de clarté. Comme le disait don Juan, chaque description est aussi valide que n’importe quelle autre. En nous libérant de nos mondes du quotidien, nous pouvons devenir plus fluides et nous déplacer entre les mondes. Dimanche, j’ai gardé les yeux sur Taisha et sur son énergie lumineuse et effervescente. Je peux fermer les yeux à présent et la voir clairement, et ressentir son énergie. 

        

         Ainsi, Florinda couvrit le sujet de rêver un nouveau monde, un nouveau paradigme, et fit du bon boulot en secouant notre monde quotidien. Taisha couvrit le sujet de traquer et d’apprendre à changer notre comportement. Si elle a pu le faire sur une aussi grande échelle, nous pouvons sûrement le faire à un plus petit niveau. Comme l’a fait remarquer Carol, nous pouvons par exemple faire la vaisselle quand normalement nous ne le faisons pas, sans en faire toute une histoire, du genre « Tu as vu ce que j’ai fait ! » 

 

 

         Et Carol, la femme nagual, intégrait les deux. Carol fit un numéro d’Elvis Presley « Hound dog », et raconta beaucoup d’histoires (sa démonstration d’Elvis était très réussie). Ses histoires racontaient sa croissance personnelle, qui se fit en dépit d’elle-même, et elle réitéra l’importance d’écouter notre voyant intérieur (ce qui peut sembler difficile, à cause des autres voix) ; d’être responsable pour le monde que nous rêvons actuellement, et de travailler à traquer nos aptitudes comportementales.

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         Sur la question des drogues, Florinda dit que l’utilisation de drogues rendait plus difficile l’accès à la seconde attention à travers le rêve. Un homme dans l’audience dit que d’après ce qu’il en avait compris, don Juan avait dit à Carlos de retourner voir Mescalito aussi souvent que possible. Florinda dit oui, mais à travers le rêve. Elle dit aussi que fumer de la marijuana rendait le corps d’énergie vert. Elles insistèrent toutes sur les dommages causés par les drogues et beaucoup d’entre nous commencèrent à s’inquiéter à propos des irréparables blessures qu’ils s’étaient causés durant les années passées. Finalement, le dernier jour, Carol, remarquant nos peurs, dit qu’il était possible de rectifier cela avec la récapitulation, les non-faires, etc.

         

         Carol Tiggs, parlant du sexe, nous recommanda d’économiser notre énergie, mais que si nous choisissions de ne pas le faire (en s’adressant aux hommes je suppose) de ne pas jouer avec notre machin, ou au moins de « trouver un endroit où le fourrer ».

         

         Quelqu’un demanda si nous devions poursuivre des études académiques afin d’apprendre la sorcellerie et elles répondirent avec un unanime et emphatique : Non ! 

 

         Quelqu’un d’autre demanda si nous devions cesser d'entretenir toute relation avec nos connaissances, notre famille, etc. pour faire de la sorcellerie et Taisha répondit : « Absolument pas, commencez là où vous êtes. »

 

 

 

Notes de deux praticiens

Publié à 09:43 le 7 juin 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire de Seattle 1997

 

 

 

Séminaire de Seattle - 1997

 

 

         Le séminaire de Seattle se tint au Centre d’activités étudiantes, au Collège du centre de la ville. Il commença à 9h, lorsque Kylie et Reni entrèrent dans la salle. Elles apparurent plus légères que jamais, plus fortes, plus fermes, beaucoup plus relaxées et avec plus de cœur. Leur sens de l’humour et leur gentillesse étaient manifestes. Toute la journée fut très détendue et relâchée bien que concentrée.

 

         Elles étaient extrêmement sympathiques et encourageantes envers les étudiants qui posaient des questions, ou qui soulevaient certains points. Kylie donna une conférence de 22 minutes, parlant de la Tenségrité, tandis que Reni s’assis par terre avec l’audience. Elle demanda combien il y avait de personnes qui n’avaient jamais fait de Tenségrité avant, ou qui n’étaient jamais venus à un séminaire. Cela sembla être entre le tiers et la moitié de la salle. Nous étions un petit groupe de 200 personnes environ.

 

         La salle était un gymnase destiné à la pratique du basket-ball, au second étage d’un immeuble. L’odeur de chlore et une haut degré d’humidité lorsqu’on entrait dans l’immeuble mettait immédiatement en évidence le fait qu’il y avait une piscine au rez-de-chaussée. Le gymnase avait un haut plafond à double étage avec des bannières bleu grisâtre flottant aux quatre coins de la pièce. Il y avait de grands carrés jaunes sur trois des bannières, sur lesquels était écrit en lettres noires : SEATTLE CENTRAL. Le gymnase avait de grandes fenêtres larges et d’aspect récent sur trois des côtes de la pièce, ce qui laissait entrer beaucoup de lumière naturelle. Toutes les fenêtres étaient décorées d’une grande image de style de l’ancien Mexique. Le côté nord n’avait pas de fenêtre. C’était un espace très lumineux et ouvert. La scène était installée au centre de la pièce.

 

         La conférence de Kylie fut très concise et directe. Après avoir donné les informations générales sur qui était Carlos Castaneda et ce qu’était la Tenségrité, elle décrivit comment les quatre lignes originelles de passes magiques avaient été transmises à Carlos, Carol, Florinda et Taisha. Elle dit que les passes avaient été spécialement adaptées par rapport à la configuration énergétique individuelle de chacun des quatre disciples, et pour les centres d’énergie dont ils avaient besoin. Chaque ligne de passes magiques avait été dessinée sur mesure pour leur configuration énergétique et leur style physique, de même que pour leur type de force et de faiblesse. Kylie décrivit les passes originelles comme quatre lignes de force énergétiques qui avaient été transmises à Carlos, Carol, Florinda et Taisha par les sorciers de la lignée de don Juan.

 

         Elle parla ensuite du secret qui avait toujours entouré les passes et comment elles avaient été enseignées à chacun des quatre disciples de don Juan. Elle mentionna que le sujet des passes magiques n’avait jamais été abordé dans aucun des livres, et qu’elles étaient si secrètes que Carlos lui-même n’avait jamais réalisé que les passes lui avaient été enseignées. Elle raconta comment don Juan parla des passes à Carlos. L’histoire dit don Juan avait dit à Carlos qu’il était trop rondouillard et qu’il devrait vraiment prendre les passes magiques au sérieux et les pratiquer. Et Carlos lui avait répondu : « Quelles passes magiques don Juan ? » Kylie commença à décrire comment les livres ne se référaient aux passes qu’en mentionnant que don Juan faisait craquer ses articulations.

 

         Elle dit que Carlos, étant si entier, essayait toujours d’imiter les mouvements de don Juan mais qu’il ne pouvait jamais faire craquer ses articulations. Elle fit quelques mouvements pour montrer à quoi ressemblait don Juan quand il faisait ça. Ses mouvements étaient pleins de force et directs comme si elle était sur le point de faire craquer ses articulations. Quelque chose dans sa façon de bouger était secouant, magique. Il y avait du style et du pouvoir durant sa démonstration des mouvements de don Juan.

 

         Kylie dit alors que le retour de Carol Tiggs avait rendu possible leur présentation au public. Elle dit que le retour de Carol était un événement sans précédent, qui avait ouvert les portes d’une possibilité énergétique, des portes qui n’avaient jamais été ouvertes auparavant dans toute l’histoire de la lignée de sorciers de don Juan. Le retour de Carol Tiggs leur avait permis d’arriver, d’être présentes dans le monde ou groupe du Nagual.

 

         Elle dit que pendant longtemps, elles (Kylie, Reni et Nyei) n’avaient pas vraiment compris ce que cela signifiait, et qu’elles l’avaient plutôt pris à la légère. Pendant longtemps, elles n’avaient pas compris la vraie gravité de l’événement. Kylie décrivit comment Carol avait physiquement disparue et était partie durant dix ans et que depuis lors, Carol était toujours en train d’essayer de démêler le mystère de savoir où elle avait été. Kylie insista sur le fait que cet événement avait eu lieu réellement.

 

         Elle continua en disant que la possibilité qu’un tel événement ait lieu ne faisait pas partie de la taxonomie de notre monde de tous les jours, que nous n’avions pas de parallèle pour ça dans notre inventaire de possibilités hautement taxonomiste. Et c’est ce qu’on nous dit depuis que notre naissance, en termes définitifs, on nous a donné une taxonomie élaborée de ce qu’est le monde et nous avons été entraînés à mépriser tout le reste, toutes les autres possibilités.

 

         Elle décrivit comment absolument toute notre énergie disponible est employée à soutenir cet héritage, cette vision du monde hautement taxonomiste et qu’il ne nous reste plus d’énergie ; aucune énergie n’est pour nous disponible, une énergie avec laquelle nous pourrions envisager d’autres possibilités.

 

         Elle dit que cette vision de la vie est finale et incontestée durant toute durée de notre vie. Elle ajouta qu’à cause de cela, nous vivions dans un monde mort, un monde fermé au flux des possibilités infinies. A cause de cela, nous sommes incapables de percevoir l’énergie directement telle qu’elle s’écoule dans l’univers ou d’être les témoins de son flux incessant. Notre catégorisation sans fin et notre tendance à la taxonomie nous enferme et nous rend incapables de considérer la possibilité que quelqu’un comme Carol Tiggs puisse aller quelque part ailleurs pendant dix ans et en revenir. Elle répéta que Carol était réellement partie physiquement et qu’elle n’avait pas été dans le monde pendant ces dix années. Rendant ce fait encore plus profond.

 

          A ce moment, Kylie revint à l’idée des voyants selon laquelle ils sont capables de percevoir l’univers comme un conglomérat de millions de champs d’énergie. Elle dériva ensuite vers l’idée de comment les quatre lignes originelles de passes magiques étaient apparues aux voyants comme ‘quatre lignes massives d’énergie’. Elle ajouta que chaque ligne contenait peut-être des centaines de mouvements complexes conçus pour redéployer et redistribuer l’énergie incrustée dans la coquille externe de l’œuf lumineux, afin de la renvoyer vers les centres vitaux.

 

         Elle dit : « Si vous pouviez imaginer chacune de nos catégories et taxonomies étant connectées à nous par une petite ligne d’énergie, - de manière toujours aussi délicate, elle fit le geste de dessiner un grand nombre de minuscules petites lignes devant elle - vous seriez capables de voir comment toutes ces catégories, ces schémas taxonomistes du monde construisent en fait une prison autour de nous, autour de notre perception. Et c’est cette prison qui nous contient jusqu’à notre mort…et c’est une mort qui ne sert à rien. Elle n’a pas à se produire. Mais nous sommes incapables de percevoir aucune autre possibilité, incapables de devenir conscient qu’il y a une porte de sortie, car nous n’avons pas l’énergie disponible pour considérer cette possibilité. Toute notre énergie disponible est déjà employée à maintenir nos prisons de catégorisation et de taxonomie. »

 

         Elle continua à parler de comment l’énergie que nous avons à la naissance est emprisonnée et ne peut s’échapper, ni nous être volée ou être donnée à quelqu’un d’autre. Elle doit simplement être redistribuée dans la sphère lumineuse. Elle est soit dissipée, soit incrustée dans les portions extérieures de notre cocon lumineux, où elle n’est pas disponible pour nous, ou bien alors elle est redéployée vers nos centres vitaux où elle devient disponible pour nous.

 

         Elle dit qu’en grandissant, nous succombons globalement à l’accord qui dit que toute notre énergie doit être incrustée dans la coquille externe de notre oeuf lumineux. Une fois qu’elle n’est plus dans nos centres vitaux, nous mourrons. Elle dit que puisque toute notre énergie disponible est employée à soutenir toutes nos catégories élaborées et nos schémas taxonomistes, à maintenir nos ‘prisons taxonomistes’, elle s’incruste facilement lorsque nous acceptons de vieillir. Nous devenons alors plus faibles, en proie à la maladie et l’œuf lumineux se fragilise, se fend et nous mourrons.

 

         Elle mentionna brièvement comment nous sommes affectés par les accords qui ont été passés sans que nous en soyons conscients. « Je n’étais pas là quand ces accords ont été passés. Qui a dit que nous devions devenir vieux et permettre à notre énergie de s’encroûter, de perdre notre vitalité. Qui a dit ça ? Je n’étais pas là. ‘Ils’ l’ont dit ? Qui c’est ça ‘ils’ ? Pourquoi devrions-nous honorer des accords avec lesquels nous n’avons rien à voir ? »

 

         « La Tenségrité libère l’énergie incrustée sur la périphérie de la sphère lumineuse, continue t-elle, et redéploie cette énergie vers les centres vitaux et nous y avons alors accès. » Une fois que nous commençons à redistribuer l’énergie incrustée et à la libérer, pour la redéployer vers les centres vitaux, elle est à notre disposition, ainsi nous sommes alors capables de percevoir des possibilités qui n’avaient pas été considérées auparavant. » Nous sommes capables de considérer la possibilité que nous sommes capables de nous extraire de nos prisons taxonomistes et de nos catégorisations infinies. Nous découvrons que nous en sommes capables au moyen du silence intérieur. 

 

         La Tenségrité nous permet d’avoir de brefs moments de silence intérieur et en persistant dans la pratique des passes magiques, nous accumulons suffisamment de ces moments de silence pour faire pencher la balance. Les portes des possibilités s’ouvrent. La possibilité que Carol Tiggs quitte le monde de la vie de tous les jours et revienne dix ans plus tard peut être prise au sérieux. Nous avons l’énergie suffisante pour faire avec, pour envisager cette possibilité. A l’heure actuelle, le plus gros de notre énergie est incrusté à l’extérieur de nos sphères lumineuses où elle n’est pas à notre disposition.

 

         La Tenségrité est l’acte qui nous rend notre énergie ! Si vous faites les mouvements de Tenségrité, vous renvoierez l’énergie vers vos centres vitaux et elle deviendra de l’énergie disponible. »

« Alors allons-y ! dit Kylie en souriant, Bougeons ! »

 

         On nous montra trois passes dans la matinée, que je n’avais jamais vues auparavant et puis nous continuâmes en pratiquant toutes les passes de chacune des trois vidéos, dans l’ordre. A la fin de la journée, on nous montra trois autres passes qui étaient assez familières, la dernière était ‘L’Etre Ailé Mâle et Femelle’.

 

         Durant la coupure du midi, je m’endormis sur le sol du gymnase. Je me réveillai lorsque Kylie et Reni entrèrent dans la pièce. Dû au fait que la conférence de Reni à propos de l’humeur du guerrier fut enregistrée dans une position plus profonde de mon être, je suis incapable de tout me rappeler complètement pour l’instant. J’en parlerai brièvement.

 

         Après le déjeuner, Reni occupa la scène dix minutes. Elle se présenta comme Renata Murez et dit qu’ils annonçaient toujours leurs noms dans un but magique. Elle utilisait un petit carnet de note pour parler et sembla un peu moins à l’aise que Kylie en prenant la parole. Elle parla de l’humeur du guerrier, de comment pratiquer la Tenségrité, de l’humeur requise pour faire de la Tenségrité correctement. Elle mentionna que lorsqu’elle arriva la première fois, elle portait une énorme fêlure sur ses épaules qu’elle ne permettait à personne de voir, spécialement à elle-même.

 

         Vers 15h30, nous fîmes une pause, et Kylie et Reni restèrent sur scène pour parler aux participants du séminaire. Je ne me sentis pas enclin à les rejoindre mais je restai à côté et écoutai Reni parler à un petit groupe de peut-être 30 personnes : ils parlaient du dernier livre de Carlos Castaneda qui venait d’être donné à Harper&Collins. Elle dit qu’en gros c’était le Livre Violet du séminaire de Long Beach mais qu’il y avait des photographies et beaucoup d’autres choses qui n’étaient pas dans le livre violet. Elle ne savait pas quand Harper&Collins allait le publier.

 

         Durant la pause, j’allais voir également Kylie qui était en train de parler à un groupe de 30 ou 40 personnes. Elle répondit à quelques questions concernant la récapitulation. Elle dit qu’il est absolument nécessaire d’écrire la liste sur une feuille et de la suivre chronologiquement jusqu’à ce qu’on ait fait la récapitulation complète de notre vie, jusqu’à deux fois. Elle dit que nous devions avoir cette rigidité au départ.

 

         Elle continua à répondre à des commentaires à ce sujet, puis elle dit quelque chose qui résonna à mes oreilles jusqu’à ce que je rentre chez moi. Cela collait avec quelque chose qu’avait mentionné Dan Lawton durant le déjeuner de midi. Il avait mentionné que Carlos avait dit qu’il était devenu évident que beaucoup d’entre nous étaient là pour de mauvaises raisons. Et que certaines personnes en particulier avaient abandonné parce qu’elles étaient là pour de mauvaises raisons.

 

         Kylie déclara pendant la pause que nous ne devrions pas faire la récapitulation ou quoi que ce soit d’autre parce que nous avions l’espoir d’en tirer quelque chose. « Nous nous demandons toujours ‘qu’est-ce que je vais avoir’ quand nous commençons quelque chose », dit-elle. « Nous devons apprendre à agir impeccablement, juste pour le plaisir. Simplement parce que nous aimons ressentir la sensation d’être imprégné d’énergie disponible. Nous ne devrions pas le faire parce que nous voulons devenir de grands guerriers ou pour une autre raison de ce genre. Car tout ça c’est de la démence. Nous devrions, une fois dans notre vie, faire quelque chose seulement pour le plaisir. Nous devrions le faire comme un geste abstrait. Nous devrions agir impeccablement comme un geste envers ‘ça’. »

 

Notes de Vini



Publié à 03:32 le 4 juin 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Anaheim - Les 4 vents

 

 

 

 

Rêver et traquer : un pont à deux voies

Anaheim 2004

 

 

 

        Nyei a une nouvelle fois déconseillé de prendre des notes avec un stylo mais de le faire avec nos corps d’énergie. Créer un pont entre rêver et traquer. Rêver et traquer sont les deux arches et les deux arts clefs du lignage de don Juan.

 

        Naviguer entre la première et la seconde attention. Carlos Castaneda, notre nagual, nous a laissé des outils pour naviguer. Une prémisse des voyants : le monde est un monde de vibration et d’énergie, l’énergie change, nos attitudes et nos actes reflètent cela. Les passes nous permettent d’accéder directement à cette qualité vibratoire de notre être.

 

        Nous avons plus de possibilités que nous pensons. Les passes nous aident à réveiller l’être total, l’être qui perçoit, l’expérience directe. Approchez les passes magiques comme un débutant. Allez au-delà du langage et des pensées. Activez cette structure totale par la perception sans idées et sans jugements. Les passes magiques ont été découvertes en rêve.

 

        Ce sont des états de conscience découverts par les anciens voyants : des positions spécifiques du corps donnant des états de bien-être et de conscience accrue. Il faut ramener, traquer les passes dans la conscience de tous les jours. Une des clefs : engager toute la structure de l’être total. Les passes sont des outils pour nous aider à explorer toutes les possibilités de la forme humaine. Savoir où l’on est.

 

        Faire face aux quatre directions. Rêver est très spécifique : Voler ? Être plus précis…Carlos Castaneda suggérait de commencer à voir ses mains puis de faire son jardin. Pour les voyants, il ne faut pas s’éloigner de la vie pratique de tous les jours. Vois ce qui va et ce qui ne va pas à travers la vie quotidienne. Traquer et rêver sont initiés dans la première attention. Traquez avant de rêver. Il y a 4 vents, 4 humeurs, 4 directions.

 

Est : Le centre droit, le matin, il est léger, c’est l’énergie du réveil, le côté droit, le foie, l’action immédiate, l’éveil, la lumière, la joie.

 

Nord : Il est direct, fort, simple, c’est le centre de décision, le thymus.

 

Ouest : Le centre gauche, le sentiment, le pancréas, les reins, l’action soutenue, l’endurance, le silence, le calme.

 

Sud : la matrice, la perception directe, les fibres et les filaments qui nous connectent à la Terre, la renaissance, le repos, la régénérescence, le redéploiement, la nuit, le sommeil.

 

Il faut sentir ces 4 humeurs, ces 4 vents.

 

Les mots

 

        Regarder les mots comme des vibrations, des clefs pour ouvrir des portes (de la perception) ou pour construire des murs. Les mots qui viennent de l’habitude construisent les murs. Observer notre façon de recevoir et de transmettre l’information, les effets des mots dans notre corps, le ton et la prononciation.

 

        La réaction est une habitude. Une habitude a différentes composantes, changer un de ses composantes et elle est détruit.

 

Le témoin

 

        Exercice avec le témoin sur des phrases ou des mots qui nous ont offensés. Le témoin n’a pas de jugement. Il nous permet d’avoir une vision nouvelle, un nouveau point de vue sur notre propre rôle dans la situation. Ses questions sont factuelles : rôle dans la scène, position du corps, ressenti, respiration…tous les détails. Il nous aide à faire une pause, à prendre du recul pour percevoir la totalité, ainsi que notre responsabilité.

 

        On ne veut pas assumer la responsabilité de nos actes. Accuser les autres est inscrit dans notre code génétique (validé par des expériences comportementales avec des singes). La scène n’est pas seulement décrite, elle est rejouée avec le témoin. On en change un paramètre (respiration, position, regard…) pour en modifier l’issue. Cette expérience est un exercice sérieux (pas un psychodrame) : nous prenons conscience de la position de notre point d’assemblage, nous redéployons notre énergie pour rêver et améliorer notre perception.

 

        Cet exercice nous mène à la récapitulation. Le plus difficile est d’accepter notre rôle et notre responsabilité, d’assumer l’humeur du guerrier : « Personne ne fait rien à personne et encore moins à un guerrier ». C’est l’état d’esprit enseigné par don Juan. La clef, c’est d’être capable d’assumer l’entière responsabilité de ses actes. Cesser de se plaindre et de s’apitoyer sur soi-même.

 

        On ne peut changer l’autre, on ne peut que se changer soi-même. Reconnaître sa propre responsabilité et cesser d’accuser l’autre, c’est modifier son propre ADN.

Que puis-je faire différemment, comment puis-je répondre autrement, comment sortir de la réaction ? La réaction est une forme de compassion pour soi-même et d’apitoiement sur soi-même.

 

        Nos habitudes sont des secrets. En les livrant au témoin, nous récupérons de l’énergie. Livrer nos secrets libère de l’espace en soi et les rendent impersonnels. C’est un travail de coopération. Il faut s’adapter aux autres plutôt que d’être en concurrence et dans la syntaxe du combat.

 

        Suspendre nos jugements, nous réveiller ensemble. Chaque structure s’adapte à l’énergie des autres, c’est l’interdépendance, le conscience de groupe, c’est s’ajuster aux autres. Trouver notre vision globale avec notre propre rôle dans la scène, et trouver comment répondre autrement pour se réaligner.

 

        A tout moment, nous pouvons rechercher cette pause pour effectuer ce réalignement. On peut demander de l’aide au vent, en lui posant une question, et en lui demandant d’interrompre la fixité de notre dialogue intérieur. D’autres procédés existent pour interrompre la fixité de notre dialogue intérieur.

 

        Exemple de Miles : une personne fait tinter une pièce dans une coupelle à chaque fois que X fait référence à une pensée qui l’obsède. Nous sommes des instruments de conscience. Nous sommes en train de construire un nouveau rêve.

        Il ne faut pas rechercher de grands bouleversements, mais procéder par petites touches en faisant de petits ajustements dans notre vie quotidienne. Nous sommes des êtres sociaux et c’est dans l’interaction que nous pouvons enrichir notre conscience et changer. Dans l’interaction, la part du mental est réduite par rapport à tous les autres paramètres corporels et situationnels (position, niveau d’énergie, état émotionnel…).

 

Notes d'un praticien

 



Publié à 04:58 le 14 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire d'Amsterdam 2003

 

 

Faire face au temps qui vient

Amsterdam, juin 2003

 

 

        Introduction de Nyei sur le monde cognitif des voyants, une façon différente de percevoir le temps et l’espace. Faire face au connu, à l’inconnu  et à l’inconnaissable, faire face au temps qui vient.

 

Unité de la lignée de don Juan.

Développer et incorpore des unités de conscience.

Les chamans sont des praticiens des arts de rêver et traquer.

Un de ces arts est celui de traquer. C’est un état de conscience différent. De ces états de conscience différents viennent les passes magiques.

 

        Prémisse : L’Univers n’est pas un monde d’objets, c’est un monde d’énergie. Comment la perçoit-on ? Il est important de connaître la perception de la Tenségrité qu’en ont les nouveaux praticiens. Importance des débutants et de leur vision fraîche

 

        Question aux débutants : qu’avez-vous perçu la première fois ?

        Réponses : Chaleur, vague, courant électrique, connexion, détachement. Le connu et l’inconnu… Découvrir des choses de cet inconnu, son mystère.

 

        Une autre prémisse est le point d’assemblage, là où s’assemble la perception. Le point d’assemblage bouge ; impulsion dans ce point et assemblage d’une nouvelle perception qui s’assemble, se transforme en données sensorielles.

 

        Nous effectuons des mouvements légers du point d’assemblage. Dans la traque, il y a déplacement en un instant du point d’assemblage. Sentir la connexion, l’unité. L’art de traquer, c’est devenir conscient de ces petits mouvements du point d’assemblage.

 

        Un autre état de conscience est appelé rêver. Dans l’état de rêve, le dialogue intérieur est stoppé, c’est le silence intérieur. Il y a un sentiment de vitalité immense dans le rêve,  d’accroissement de l’énergie, de conscience élargie. Les anciens sorciers ont remarqué que dans l’état de rêve, le corps adoptait les positions qui correspondaient à cet accroissement d’énergie et de conscience des choses, et c’est de là que viennent les passes magiques.

 

        La Tenségrité est une pratique pragmatique,  il faut chercher par soi-même. Une des clés est de ne jamais être confortable avec les passes, rien n’est acquis, ne pas être en pilote automatique. Enrichir notre perception et notre conscience avec les nouveaux venus, c’est faire face au temps qui vient.

 

        La tradition des voyants est vivante, les naguals ont toujours recherché les possibilités de conscience de leur époque. Par exemple, Carlos Castaneda avec la Tenségrité. C’est une possibilité pour celui qui à l’espoir ou le désespoir d’agrandir sa conscience et sa perception. Nous devons prendre la décision de sortir de la routine, de se rendre disponible. Les passes magiques redéploient l’énergie.

 

        Le langage est un outil merveilleux pour décrire le changement. Mais le don du langage peut être utilisé dans un autre but : pour ouvrir un panorama de la perception.

 

        Il y a une possibilité d’expansion via la conscience de groupe plutôt que par une approche solitaire. Le redéploiement de l’énergie a un impact sur la sphère lumineuse. Nous avons besoin de la  masse critique pour créer une nouvelle syntaxe ; vision inspirante d’agir avec attention, respect et affection ; position du point d’assemblage de non jugement et de coopération ; mais attention, ne pas être désordonné, être conscient de ce qui nous entoure, s’adapter, en un instant on peut perdre notre sentiment de coopération. Alors nous faisons une pause, un pas en arrière, afin de revenir dans le moment présent, d’observer sa structure, son comportement et trouver cette position de la coopération.

 

        Allégorie du temps avec l’image d’un train : avancer en étant à la tête du train, au lieu de choisir de s’installer à l’arrière et de regarder les voies s’éloigner, c’est faire face au temps qui vient. L’énergie de l’arrière du train, faite de plaintes, de jugements, de pleurs, se dissipe des centres vitaux. Nous décidons de la récupérer pour être conscient, alerte, et être aux manettes.

 

        La Tenségrité offre la possibilité de travailler ensemble, ce n’est pas social, nous sommes des êtres lumineux, notre interaction est mystérieuse. Lors de rassemblements entre praticiens, il se passe des choses en dehors de la syntaxe habituelle.

        La Tenségrité est une structure architecturale faite d’intégrité et de tension, une structure où chaque membre contribue à l’ensemble, à la totalité. Changer un élément de la structure et tout le reste change. Par exemple, si on change un élément dans une habitude, toute l’habitude change.

 

        Rêver et traquer sont des arts parallèles qui se rapportent au point d’assemblage, aux petits mouvements, aux petits ajustements du point d’assemblage. Nous sommes tous des rêveurs et des traqueurs. Les petites actions fixent le point d’assemblage sur une nouvelle position. Par exemple, Einstein a cherché (rêve), puis il a fait un pas en arrière, il est allé dormir et a vu la structure complète.

 

        La traque mène au rêve et, en un instant, la totalité s’ajuste. Nous voulons aller à l’avant du train, chercher, voyager, en étant alerte et enthousiaste ; écrire, percevoir avec d’autres zones du corps.

 

        Faire face au temps qui vient : image du train, naviguer dans la conscience, à l’avant du train. La majorité de notre vie se déroule à l’arrière du train, elle est tournée vers le passé, et là nous faisons commentaires sur les autres.

 

        Suggestion : faire autre chose à l’avant du train, où les choses ne sont pas si connues. Prendre conscience de la merveille du connu et de l’immensité de l’inconnaissable.

Traquer à l’avant du train, traiter avec l’inconnu, éviter les réponses automatiques et reconnaître l’instant présent

 

 

Miles Reid et Brandon Scott

 

        Passe magique « joindre ses forces en un instant ». Cette forme nous a été enseignée par Carlos Castaneda sur une longue période. Cette passe magique, « joindre ses forces », est un legs de la lignée de don Juan, c’était une passe du nagual Lujan. Castaneda avait beaucoup d’affinités avec lui.  

 

        Cette passe vient d’une autre époque, elle vient de la seconde attention. La première attention traite du connu et de l’inconnu, la seconde attention traite du connu, de l’inconnu et de l’inconnaissable.

 

        Donc, nous sommes là pour un moment, mais nous n’agissons pas en conséquence ; nous sommes facilement offensés, nous cherchons à être reconnus…

Qu’est ce qu’un fait énergétique, qu’est ce que nous savons vraiment ?

 

        Voici quelques faits énergétiques : je suis vivant, je vais mourir, l’Univers ne cesse de changer ; nous sommes là pour un instant, ceci est fait irréductible, nous pouvons mourir en un instant.

 

        Exemple tiré d’une convention de linguistes en 2003, qui ont mis en avant les termes les plus usités ces derniers mois : « armes de destruction massive ».

 

        En un instant, on peut évoluer, si vous réalisez cela, vous pouvez le saisir, vous pouvez affronter votre rencontre avec l’infini en étant conscient. Peut être que c’est notre dernier acte sur cette Terre, nous ne sommes pas si sûrs de ce nous pensons connaître ; faire face au temps qui vient c’est traquer le connu.

 

        Un guerrier est prêt à accomplir son dernier acte ici et maintenant.

 

        Première partie de la forme « joindre ses forces en un instant » : Nous discutons, nous sommes dans l’auto-contemplation,  puis nous rencontrons quelqu’un de façon inattendue, nous adoptons une position d’agressivité, de lutte pour dominer. Le traqueur examine cela, l’homme moyen interprète par de la frustration et de la colère. Après ce combat, nous sommes défait mais nous revenons car nous sommes des êtres sociaux, nous sommes fait pour les interactions, et en un instant nous pouvons sortir de cette position.

 

        L’importance personnelle est l’ennemi du guerrier, perdre un peu de cette importance nous donne de l’énergie pour la seconde attention. Nous avons une interaction avec le monde, les êtres humains, les arbres, et même l’inconnaissable.

 

        Lorsque nous entrons dans une interaction, nous voulons être reconnu, le traqueur applique le cinquième principe de l’art de traquer : se mettre en retrait, faire une pause, occuper son esprit avec autre chose ; cela entraîne un changement physiologique dans le cerveau, ce n’est plus le cerveau reptilien qui fonctionne, à la place, c’est le silence.

 

        Après on se fait face à nouveau, changement de position, on collabore, on joint ses forces, on partage un instant et on observe le temps qui vient.

 

        Interprétation de la forme :

 

1 – Le guerrier se tient prêt, il entre en interaction, il rencontre quelqu’un et il se fige.

 

2 –  Le point d’assemblage est fixé dans une position d’auto-contemplation, que le traqueur va examiner.

 

3 – Sentiment de frustration, de défaite,  on retourne dans son coin.

 

4 – Puis on revient vers le champ d’interaction, plus d’attention est portée à retenter l’expérience.

 

5 – Chacun tire sur sa propre corde (fibres) d’énergie.

La quasi-totalité de notre énergie tend à proclamer notre importance. Se libérer de cette attitude permet l’émergence de la seconde attention.

 

        On peut répondre avec notre cerveau reptilien ou bien par un état de silence intérieur. Nous devons examiner notre lien avec l’infini.

        L’énergie s’accroît, en ce moment, elle est redéployée. En un instant, je suis là, mais je peux aussi me sentir offensé en un instant.

 

        Nous pouvons avoir de la gratitude envers n’importe quelle interaction, cela produit un impact sur ce que nous sommes, sur ce que nous sentons.

 

        Exercice 1 (5 minutes) : ce qui nous attrape en un instant. Etre aligné, en état de complétude, de bien être, d’énergie. On sort facilement de l’alignement en un instant, qu’est ce qui nous attrape et nous fait sortir de cet état, qu’est-ce qui fait retomber nos fibres lumineuses ? 

 

        Trouver un exemple récent et observer la position corporelle de cet instant, les tensions et le dialogue intérieur qui l’accompagnent et qui reviennent.

 

        L’interaction humaine est pleine de présupposés, de préjugés, de jugements, d’habitudes, de répétitions qui nous empêchent d’être dans le moment, l’instant, d’être à l’avant du train ; traquer le connu nous mène à l’inconnu.

 

        Exercice 2 : Parler avec le témoin de cette situation

 

        On peut perdre son détachement en un instant, se faire du mal ou du bien en un instant ; en un instant, on peut perdre son lien avec l’esprit ou le retrouver.

 

        Exercice 3 : Qu’est ce que tu aurais pu faire différemment pour ne pas en arriver là ?

 

        Nous faisons des actions alors que nous n’en avons pas l’énergie ; 3 à 4 minutes pour retourner dans la scène, observer des choses concrètes qui nous affectent qui ont fait qu’on s’est senti offensé en un instant.

 

        L’interaction nous permet d’accroître notre conscience.

Autre prémisse : adopter un état d’esprit de gratitude, remercier l’esprit.

 

 

La Tenségrité

 

        C’est la tension, l’intégrité, un membre bouge, tous les autres bougent, pour la conscience c’est la même chose et dans nos interactions aussi.

 

        La conscience est un environnement, comme l’air. Exemple des singes qui vivent sur différentes îles. Sur une des îles, des singes ont appris à utiliser un outil, les singes des autres îles l’ont appris aussi, sans être entrés en contact avec les premiers.

 

        Nous sommes tous connectés par la conscience. La conscience c’est se relier. Le chemin du guerrier est solitaire, dans le sens où nous sommes responsables de nos actes, responsables à cent pourcent, c’est simple et souvent on l’oublie.

 

        Deux champs sont observés dans nos interactions : la position du corps et le dialogue intérieur ; regarder, observer et changer un détail ; importance de la respiration, sans respiration il n’y a pas de nouvelles perceptions. Nous devons apprendre à oublier que nous sommes des experts. Lorsque nous prêtons attention au connu, il y a l’inconnu, à partir du moment où l’on traque le connu, on peut entrer dans l’inconnu et l’inconnaissable.

 

        Faire face au temps qui vient. Cette primauté de notre sens visuel donne un monde restreint de notre perception humaine. Nous pouvons élargir notre perception vers d’autres bandes, rester debout et faire face au temps qui vient ; les arbres ont une bande lumineuse proche des êtres humains, mais une vitesse plus lente. Le nagual parlait aux arbres, un de leur message était « ralentis un peu ».

 

        Passe magique « faire face au temps qui vient », aussi appelée l’arbre.

 

        Perception par les racines, avoir la conscience d’un arbre. Les arbres traquent avec leurs branches qui cherchent la lumière. Reconnaître les  nouvelles perceptions, parler aux arbres, le corps d’énergie est comme les racines d’un arbre, on ne peut pas le voir mais on le sent.

 

        Se déplacer dans l’inconnu. Comment traquer l’inconnaissable, on le reconnaît car il est toujours présent, quelquefois on le reconnaît, l’inconnu est en dehors de nos perceptions habituelles, il est superficiel pour l’homme ordinaire car il faut plus d’énergie pour le percevoir et on l’obtient en effaçant son importance personnelle, c'est-à-dire, quand on est pas sur la défensive.

 

        Qu’est ce qu’il y a de neuf ? Par rapport à nous, par rapport à notre sphère lumineuse.

 

        Exemple de la paix dans le monde : Nous voulons  la paix dans le monde mais sommes nous en paix nous-même ? C’est un problème de syntaxe.

 

        Premier principe : nous sommes responsable de nos actions ; deuxième principe : être impeccable, comment créer l’impeccabilité, comment utilise t-on notre énergie ? Dans l’interaction entre deux personnes, il y a souvent destruction massive car on ramène toujours tout à soi. Se poser la question : Où en suis-je, que fais-je ?

 

        Nous avons notre propre syntaxe ; notre façon de percevoir est souvent la perception du prédateur, mais nous pouvons percevoir autrement qu’en termes de nourriture et de danger, c’est cela voir l’énergie. Nous n’utilisons que la partie primitive de notre cerveau, qui est relié au plaisir, à la peur, aux menaces. Cela crée des émotions terribles qui transforment notre corps. Nous devons sortir de ce système, de ce cercle de douleur et d’isolation. 

 

        Le nagual proposait de ne pas entrer dans le champ de bataille, dans la situation. En un instant, nous pouvons changer, changer d’état d’esprit, explorer une autre possibilité, chercher, trouver, être fluide, explorer une autre forme de conscience, utiliser d’autres zones de notre cerveau. Le nagual disait souvent : « la bataille n’est pas ici entre les humains. »

 

        Peut-on être impeccable avec les autres, avec le monde ? C’est le vrai défi dans notre quotidien : créer l’impeccabilité en étant cent pourcent responsable, créer l’impeccabilité dans de petits instants, ça c’est le pouvoir.

 

        Etre spécifique : le langage nous aide à faire une pause et ralentir, il nous aide à nommer, à chercher, à élargir notre vision, à sortir de la position restreinte habituelle de notre point d’assemblage. Avec ces outils et cette nouvelle syntaxe, nous faisons de petits changements, des  ajustements dans notre vie, on ne cherche pas des états qui durent pour la vie, pas de précipitation, nous sommes ici et maintenant, le temps a une nature différente. Nous devons rendre des comptes à l’infini, utiliser le témoin, être conscient, responsable et faire ces petits changements, en un instant.

 

        Nous sommes tellement occupé à juger les autres que nous n’avons plus l’énergie de percevoir l’énergie ; nous devons stopper notre jugement pour percevoir directement.

Le guerrier doit tout faire avec affection, attention et précaution, preuve ultime de son impeccabilité : considérer les autres avec amour et affection, l’affection est une énergie abstraite que l’on manipule, elle a un sens profond, collaborer avec les autres et quelque chose vient, on est des êtres lumineux, on peut coopérer.

 

        Exercice : Se rappeler  un moment de collaboration avec quelqu’un (sentiment intérieur, position corporelle).

 

        La voie du guerrier est un chemin solitaire. Vous êtes seul responsable de  vos actes, mais vous ne le percevez qu’au travers des interactions avec autrui. Vous devez demander de l’aide, avoir un témoin, ou écouter quelqu’un d’autre et être son témoin.

 

        Vous pouvez ne pas être capable de modifier votre environnement, mais vous pouvez changer votre état d’esprit. La clé de la conscience réside dans la respiration

 

Reni Murez

 

        Elle raconte une expérience de perception directe.

Si nous n’utilisons pas nos capacités de perception, le résultat est une vision partielle et étroite du monde. S’arrêter, se tenir tranquille et faire face au temps qui vient.

 

        Après une nuit difficile, suite à une réunion de travail difficile à cause d’une personne qui bloquait une réunion, Reni se sentait mal. Taisha l’appela pour faire une promenade et l’emmena en voiture. Elles allèrent se promener dans un parc où il y avait des arbres. A un moment, elle eu une perception directe de se sentir comme un arbre, tranquille.

 

        Autre histoire racontée sur le thème de « se tenir tranquille ». A partir d’un texte des Indiens du nord ouest du Pacifique. Cette histoire a été racontée durant un séminaire qui traitait des questions  portant sur la relation avec la nature, organisé par le département d’agriculture. La conclusion du séminaire était que la coopération avec la nature est nécessaire.

 

        Responsabilité, impeccabilité : Que faites vous pour redéployer votre énergie ?

 

        Pendant ce séminaire, nous vous avons proposé des outils pour développer votre propre impeccabilité. Quand vous devenez conscient mais que vous continuez à réagir comme avant, la proposition est de s’arrêter et d’écouter.

 

        Exercice de masser les zones de mystère d’un partenaire du même sexe. Prendre le pouls de l’autre tout d’abord, ensuite silencieusement éveiller les zones de mystère, deux ou trois sur les bras (branches) et les pieds (racines) du côté gauche, puis rester silencieux à côté de la personne allongée, en communiquant par d’autres moyens que les mots. Quand on change de rôle aucun des deux partenaires ne discute

 

        La preuve ultime de l’impeccabilité du guerrier  est sa capacité à considérer ses semblables avec amour et affection ; cet exercice n’avait jamais été pratiqué en séminaire, on ne l’aurait pas proposé sans l’existence d’une masse critique d’affection.

 

        C’était une vue inspirante : tous les praticiens traitant ainsi avec une autre personne, avec soin, en étant dans la sensation et non dans l’interprétation. Vous devez continuellement être dans cette attitude, autant que vous le pouvez.

 

        Comme dans la forme de l’arbre, « faire face au temps qui vient »,  cela n’est pas lié à un rythme lent mais plutôt avec le non agir dans la précipitation et la confusion ;

Pour se calmer, en cas de besoin, respirer en baissant les mains, doigt recourbés, les ongles placés à la jonction entre les chevilles et les pieds (coup de pied), respirer et se lever, se calmer.

 

        Exercice à faire : Continuer à pratiquer la forme de l’arbre  pendant un mois, rencontrer un arbre et parler de notre expérience d’ici un mois. Prêter attention à des moments de coopération, écrire à ce propos.

 

Session de questions-réponses avec Nyei

 

        L’amour donne du sens, la peur fait aller de travers. Castaneda  agissait sans pitié et avec affection car il était sans jugement et sans apitoiement sur lui-même.

Quand on est conscient, on est responsable ; parler, énoncer les choses et elles perdent de l’importance. Le connu est entouré d’inconnu et d’inconnaissable, de mystère.

 

Notes d'un praticien français



Publié à 09:43 le 12 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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L'oeil du Prédateur - Rome 2006

 

 

L'œil du Prédateur

Rome, juin 2006

 

 

        Au début du séminaire il a été dit : « Ce séminaire va avoir un impact sur vous semblable à celui de sauter dans un gouffre. »

 

        Le cerveau humain est constitué de 3 cerveaux : le cerveau primitif, celui des mammifères, et le plus évolué qui nous est propre. Le premier a pour principales fonctions : la survie, la défense, le combat et l'attaque. Le second s'occupe plus particulièrement des émotions, il est en connexion avec le premier. Le troisième est lié au langage, au choix et aux décisions.

 

        Pour les scientifiques, les prédateurs se distinguent par une bonne vision binoculaire et des yeux situés devant le crâne. Les informations visuelles sont directement traitées par le lobe rachidien. Le lobe frontal met 20 ans pour devenir mature. Comme une bonne partie des leçons de l'enfance sont apprises avant 20 ans, alors elles sont intégrées dans les cerveaux les plus primaires. Et ce sont celles que l'on retient le mieux et qui constituent la batterie des comportements automatiques, il est même étrange de penser qu'un homme adulte va réagir comme il l'aurait fait enfant.

 

        Le cerveau le plus évolué est celui dont on se sert le moins. Les nouveaux comportements créent de nouvelles connexions neuronales dans le cerveau. Déplacer le point d'assemblage crée une connexion au corps d'énergie.

 

        Certains ne vont pas aimer cela, d'autres vont dire que ce n'est pas vrai, mais nous sommes des prédateurs !

 

Session de questions réponses à la fin du séminaire avec Teo

 

        Le séminaire commence vraiment quand il se termine, c'est maintenant qu'il commence vraiment !

 

Q : Pourquoi n'y a t-il pas de séminaire en France ?

R : Parce qu'il y a beaucoup de pays voisins qui en organisent déjà !

 

Q : Je ressens le besoin de sauter dans un gouffre !

R : Si c'est ton corps d'énergie qui te le dit là c'est différent, moi je ne suis pas prêt pour ce genre de chose ! Vous avez remarqué à la fin de la passe « Au-delà de l'oeil du prédateur », le corps d'énergie est alors proche du corps physique.

 

: Est-ce que vous êtes payé par Cleargreen ?

R : Non, si nous étions payés en moins de trois mois Cleargreen ferait faillite !

Tout l'argent récolté sert à organiser de nouveaux séminaires, de nouvelles classes, et à répondre aux emails, aux courriers, au téléphone.

 

Q : Comment fait-on pour devenir instructeur ?

R : J'étais comme vous un praticien, je suis originaire du Mexique. Oui j'ai rencontré le Nagual à une conférence et je n'ai absolument rien compris de ce qu'il disait. Intrigué, j'ai poursuivi.

 

Q : Est-il souhaitable de vivre en couple et d'avoir des relations sexuelles ?

R : Pour certains, c'est mieux de vivre seul et c'est leur défi, pour d'autres, c'est mieux de vivre en couple et c'est aussi un défi ; ces deux défis, l'un comme l'autre, se valent.

 

Q : Est ce que vous avez une petite amie ?

R : (Rires) Oui.

Q : Est ce que c'est une instructrice ?

R : (Surprise) Non !

 

        Quand on fait l'amour, on fusionne son énergie avec celle de l'autre, et c'est pour cela qu'il est préférable d'être avec une seule personne, et qu'elle aussi n'est de relation qu'avec vous.  Si votre petite amie va avec d'autres partenaires alors votre énergie va être amalgamée avec celle des autres, et si de votre côté vous avez aussi plusieurs partenaires... Je vous laisse imaginer comme il est difficile de s'y retrouver là dedans.

 

: Voyez vous les sorcières ?

R : Elles sont là autour de nous, Carol Tiggs particulièrement est autour de ce monde.

 

Q : Nous rencontrons des difficultés dans le sud de la France pour créer de nouveaux groupes.  Qu'est-ce qu'on peut faire pour faire de nouveaux groupes ? Ce n'est pas évident de trouver des salles, le groupe que nous avons à Aix est en train de se dissoudre et prend le chemin de ce qui s'est déjà passé avec celui de Marseille.

R : Quand j'étais à Mexico, il y avait 30 groupes dans la ville, alors que lorsque je suis allé vivre aux Etats Unis, j'étais dans un endroit désert où les groupes se composaient le plus souvent de 2 personnes, c'est souvent comme ça quand on est isolé les uns des autres, vous pouvez vous inscrire sur Cleargreen en tant que praticien isolé ! Les groupes se font et se défont.

 

Q : On a entendu que l'exercice du témoin était de la récapitulation active. Est-ce que cet exercice à plus d'importance que la récapitulation, il ouvre aussi de nouveaux horizons ?

R : Oui, mais je ne sais pas, cependant l'exercice du témoin est de la récapitulation active. Quand on pratique régulièrement cet exercice on fait de la récapitulation, je ne fais que l'exercice du témoin, je ne récapitule pas et ça marche ...

 

Q : Par rapport à ce qui a été dit à propos de l'exercice du testament : Est-il préférable d'avoir moins d'objet ?

R : Je ne sais pas. Cependant, quand tu as une voiture, des vêtements, un ordinateur, des meubles ... Certaines de ces choses sont indispensables pour que vous puissiez vivre, alors je ne crois pas qu'il soit souhaitable de s'en débarrasser ! Non, l'objectif de l'exercice est d'envisager à qui vous allez donner ces choses si vous mourrez, qui va s'occuper de ranger votre désordre ... ou comment vous voulez vivre si vous avez un accident ? Et aussi d'envisager ce que vous aimeriez faire avant de mourir ? Si c'est de s'inscrire sur une liste électorale alors allez y !

 

Reni Murez

 

        Certains lecteurs de Carlos Castaneda se sont imaginés que le nagual vivait toutes les interactions avec don Juan au même moment, mais ce n'est pas exact. La plupart du temps, il s'écoulait quatre mois entre chaque rencontre, dans les livres on peut avoir l'impression qu'il ne s'est écoulé qu'un seul jour.

 

        Don Juan lui a transmis des tonnes d'énergie. Le nagual est né avec quatre compartiments, mais quand don Juan l'a trouvé, il n'en avait plus que trois.

 

        Nous n'avons que deux compartiments, et chacun d’entre nous à une configuration différente d'énergie, c'est pourquoi à chacun de ses apprentis, le nagual a enseigné des choses différentes. A Nyei, il a enseigné la poésie et les textes, à Darien il a enseigné comment fabriquer des outils et des machines compliquées, ainsi que le jardinage ; à moi, il a enseigné les structures, et à Aerin, la danse et la gestuelle parce que cela correspondait à nos structures énergétiques.

 

Notes d'un praticien français



Publié à 08:03 le 12 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire de Berlin

 

 

Séminaire de Berlin Juin 1997

 

 

Conférence d’introduction du vendredi

Florinda Donner Grau

 

        Nous sommes une unité, nous ne sommes pas un groupe. Le vieux nagual avait quatre noms différents, quatre personnalités différentes. Pour Carlos, il était don Juan Matus, un père strict. Pour Carol, il était Dilas grau, un homme qui n’était pas de ce monde, un être magique. Pour Taisha, il était Michael Abelar, l’homme des coulisses. Pour moi, il était Mariano Aureliano, un homme direct et sensible.  Il prenait plaisir à se moquer de moi parce que je suis allemande : « Est-ce qu’on va être allemande aujourd’hui ? » Jusqu’à ce qu’il détruise complètement ma socialisation.

 

        Carlos est le seul qui connaisse son véritable nom. Il avait le certificat de naissance de don Juan. Don Juan lui dit un jour : « Tu pourrais avoir besoin de prouver mon existence. » Carlos Castaneda l’a un jour brûlé – ce fut le moment où il cessa d’être anthropologue.

 

La Tenségrité

 

        Les mouvements furent cachés à l'intérieur de cérémonies rituelles. Julian créa le Théâtre du Réel (Le Théâtre de l’action sorcière). Nous sommes des boules lumineuses. L’énergie ne peut ni entrer ni sortir. Le sentiment de perdre de l’énergie est la dispersion de l’énergie depuis les centres vitaux vers la périphérie de l’œuf lumineux. Elle y est incrustée et forme une croûte.

 

        Les six centres vitaux sont : le pancréas, le foie, les reins, l’utérus, le point en V, le haut de la tête.

 

        Un nagual est une personne qui ne possède plus rien, il est vide, il est un transmetteur de l’infini, un fantôme, une illusion.

 

        Don Juan avait l’habitude de dire : « Ne crois pas ce que je dis, fais-le ! »

 

        La Tenségrité vous amènera au cœur du chamanisme – au silence intérieur. C'est lorsque nous pouvons percevoir l’énergie directement telle quelle circule dans l’Univers. La Tenségrité vous donnera de petites secondes de silence intérieur, qui s’accumulera et deviendra plus grand.

 

Seconde conférence du vendredi

Florinda Donner Grau

 

        Nous avons énoncé nos noms à voix haute en affrontant l’inconnu. L’éternité  a besoin d’une identification de notre part, en tant qu’êtres qui vont mourir. Nous construisons un pont vers l’éternité en prononçant nos noms. Construire un pont vers l’éternité est de la plus grande importance pour les sorciers. nous le construisons en prenant la pleine responsabilité de ce que nous disons ou faisons. Que ce soit pour les petits ou les gros problèmes, une fois que la décision est prise, il n’y a pas de retour en arrière possible.

 

        La saturation est très importante, elle fait grandir la conscience. Notre socialisation et la syntaxe du langage maintiennent la conscience à son minimum. Dans l’idéal, toute la sphère lumineuse devrait briller. Mais la couche brillante est au niveau de nos pieds, la socialisation la maintient en bas. C’est le dialogue intérieur qui fait que le monde est tel que nous le percevons. Comprendre n’est pas suffisant. Nous parlons tout le temps de nous-même. Nous ne pouvons parler de rien. Tout est filtré par le MOI.

 

        La récapitulation nous montre que notre dialogue intérieur ne nous parle que de nous-même. La saturation avec les passes magiques apaisent le dialogue intérieur – ainsi nous pouvons stopper le monde – et atteindre un silence intérieur total. Le seuil que nous devons franchir pour l'atteindre est différent pour chacun, mais tout ce dont nous avons besoin est d’un minimum de silence intérieur, alors le point d’assemblage bouge.

 

        Les sorciers sont des navigateurs de l’inconnu. Toute l’intention des sorciers est concentrée sur le silence intérieur. La Tenségrité donne à chacun une chance d’atteindre le silence intérieur à travers une saturation totale de passes magiques.

 

Question : Le monde des sorciers n’est-il pas froid et impersonnel ?

 

Florinda : Impersonnel, oui. Nous sommes tous seuls face à l’inconnu. Il n’y a pas de groupe, nous sommes une unité concentrée sur le fait d’atteindre un moment de silence intérieur. Nous sommes une unité qui est unie énergétiquement, pas dans la vie de tous les jours, où nous sommes des individus, nous vivons séparément.

 

Question : Qu’allons-nous voir un fois arrivés au silence intérieur, que voyez-vous ?

 

Flo : Si je bouge mon point d’assemblage très loin, vous ne me verrez plus. Une fois, Taisha et moi avons disparues en face de Carlos pendant neuf jours. Il disait que si nous étions parties plus longtemps, il serait parti à notre recherche. Mais il ne savait pas où nous étions. Probablement dans un centre commercial, mais lequel ? Il y a des millions de centres commerciaux dans le monde, et Taisha les connaît tous !

 

Question : Est-il poissible de renaître ?

 

Flo : Il n’y a pas de réincarnation. Les sorciers croient que c’est de l’importance personnelle, un concept du « moi ». Don Juan a quitté ce monde avec sa lignée de sorciers, ils ont brûlé de l’intérieur. Ils ont poussé leur point d’assemblage à tel point qu'ils ont disparu, dans leur totalité. Les chamans ne sont pas des êtres spirituels. Don Juan n’était pas spirituel, Carlos Castaneda l’est encore moins. Les sorciers sont intéressées par tout ce qui existe. Don Juan nous disait tout le temps que nous sommes des êtres qui ont la capacité de percevoir, et cela ne s’est jamais atténué. Nous sommes des êtres perceptifs. Nous ne pouvons pas le comprendre au niveau intellectuel. Nous avons tous la capacité de faire croître notre conscience. Elle est endormie, nous pouvons la réveiller avec les mouvements magiques et la récapitulation. C’est une conscience abstraite, mais pas la conscience du « moi ». Pas la conscience de la vie quotidienne.

 

Première conférence du samedi

Taisha Abelar

 

        Rêver et traquer sont les deux pierres angulaires. Voir c’est voir l’énergie telle qu’elle s’écoule dans l’Univers. Les chamans voient des milliers de fibres lumineuses entremêlées dans l’Univers. Ils voient qu’elles peuvent adopter différentes formes de configurations, en forme de cloche, de boule, plus souvent de sphère. La brillance du point d’assemblage permet aux sorciers de voir que c’est un être humain qu’ils sont en train de voir.

 

        Tout le monde a le point d’assemblage situé à peu près au même endroit. Le point d’assemblage nous permet de percevoir un monde homogène. C’est un point d’assemblage, où les données sont collectées, un point de perception et d’interprétation. Le système d’interprétation c'est la forme humaine, le moule humain.

 

        Cela permet à l’intersubjectivité d’avoir lieu, de cette façon, tous les êtres humains perçoivent le même monde.

Le point d’assemblage bouge pendant le sommeil, mais revient toujours au même endroit, à moins que vous pratiquiez l’art de rêver, qui est l’utilisation des rêves ordinaires comme porte d’entrée vers d’autres royaumes d’existence, au travers d'un mouvement intentionnel.

 

        Si la vision de rêve est chaotique et fugace, c’est juste des aperçus d’autres mondes, sans réelle valeur pour les sorciers. C’est parce que le point d’assemblage fluctue, il n’est pas stabilisé sur une nouvelle position. L’art de traquer fut développé pour rectifier cela.

 

        Traquer c’est la possibilité de maintenir le point d’assemblage fixé sur une toute position sur laquelle il a été déplacé. « Retiens ce rêve », serait une parfaite définition de l’art de traquer. Nous retenons tous ce rêve en construisant la « réalité de la vie de tous les jours » (un terme de phénoménologie). L’inconvénient c’est que toute notre énergie est concentrée sur ce rêve de la vie quotidienne – qu’en est-il de toutes les autres possibilités de rêve ?

 

        Le système d’interprétation nous donne une fausse vision, il nous fait croire que « ça »  est tout ce qui existe. Les anciens chamans disaient que la vie quotidienne n’est pas la seule alternative. Ils cherchèrent d’autres mondes « tout aussi complets », des mondes consistants. Durant leurs voyages vers d’autres mondes, ils découvrirent que certains mouvements, certaines positions des bras et des jambes produisaient un sentiment de bien-être. Ces mouvements leur venaient spontanément dans leurs rêves de sorcier.

 

        C'étaient les passes magiques. Elles devinrent la partie la plus importante de leur vie de sorciers. Elles étaient pratiquées en rêve par leur corps d’énergie.

 

        Nous avons tous un corps de rêve mais nous n’en sommes pas conscients. Il n’est pas disponible pour nous. Un chaman a accès à son corps de rêve, il l’utilise de façon journalière, dans la vie de tous les jours ou en rêvant. Certains peuvent dessiner leur corps de rêve si bien qu’il devient une copie, une réplique du corps normal. Il est impossible de dire si un chaman est dans son corps de rêve ou pas.

 

        Tout ce qui est en rapport avec le rêve et le corps d’énergie fut enveloppé de mystère et d’une humeur sinistre. Pareil avec les passes magiques, ils les entourèrent de secret et de rituels. Les nouveaux praticiens ont laissé tomber les rituels. Les chamans modernes s’intéressent plus à ce qui est fonctionnel et efficace. Le secret et les rituels sont contraires à l’objectif de don Juan – le voyage de la liberté. C’est pourquoi ses quatre apprentis ont décidé d’enseigner la Tenségrité à quiconque voudrait l’apprendre.

 

        Ce qui est nécessaire, ce n’est pas le rituel, mais la fluidité du corps et de l’esprit. Afin de renforcer l’intensité et l’agilité pour atteindre le plus haut objectif qui soit – entrer dans d’autres royaumes de perception. L’intention originelle des passes magiques est intacte, ainsi que leur capacité à produire bien-être et harmonie dans tout ce qui est pratiqué.

 

Seconde conférence du samedi

Gavin Allister, un des Eléments

 

        Le comportement de la vie de tous les jours disperse l’énergie vers la périphérie du cocon lumineux. La Tenségrité la ramène de la périphérie vers les centres vitaux afin que nous puissions utiliser cette énergie. Nous pouvons l’utiliser pour tout ce que nous voulons faire, afin de le faire à la perfection. Les chamans utilisent cette énergie interne pour atteindre le silence intérieur, pour naviguer dans la Mer Sombre de la conscience.

 

        Rien dans notre vie journalière ne peut nous donner de l’énergie. Ne pratiquez pas les passes de façon routinière – comme des exercices de fitness, des arts martiaux, en regardant la télévision ou en écoutant la radio, en pensant.

 

        Faites les en silence total, concentrez-vous totalement. L’intention y est incorporé, elle exerce une pression sur le dialogue intérieur, et il s’interrompt. Si nous brisons le torrent de ce bavardage incessant, nous pouvons rassembler des secondes de silence et les accumuler comme un capital, jusqu’à ce que nous atteignions un seuil critique où nous entrons dans un total silence intérieur, où nous pouvons voir l’énergie.

 

        La Tenségrité est un lent processus continu, un effort continu est demandé, mais pas une discipline ordinaire. Le plus important est que votre corps fasse les mouvements qu’il désire faire, autant qu’il veut. Vous n’avez pas nécessairement besoin de faire dix répétitions de chaque mouvement. Nous avons besoin d’un engagement intérieur. N’attendez pas de résultats (faites les passes pour le plaisir de les faire).

 

        C’est un lent changement graduel, pas spectaculaire. Votre corps changera, il deviendra flexible, souple, fort. Vous aurez une meilleure concentration, une attention plus aigue, qui vous aidera à stopper le dialogue intérieur. Vous rassemblez de l’énergie petit à petit. Cela peut avoir des effets secondaires, mais cela n’est pas en connexion avec l’intention des passes. Acceptez-le, ne vous inquiétez pas à ce propos.

 

        Apprenez une grande quantité de mouvements pour inonder votre mémoire kinesthésique, cela exercera une pression sur le dialogue intérieur et vous aidera à l’interrompre. Collectez des secondes de silence intérieur. Depuis un complet silence intérieur, nous pouvons nous souvenir de tous les mouvements que nous avons appris.

 

        Faites les passes dont vous vous souvenez, les détails sont sans importance, faites-les c’est tout. Un groupe se souviendra de plus de passes, mais attention à la socialisation et au comportement du « moi », aux problèmes d’autorité, et aux attitudes de pauvre bébé. Faites attention au processus de groupe, mais faites-les de toute façon. L’effet de masse d’un séminaire crée un sentiment d’urgence, qui est à la base de l’intention inflexible.  

 

Troisième conférence du samedi

Zaia Alexander

 

        La responsabilité des prises de décision. Nous nous plaignons sans arrêt, oui mais…Nous sommes insatisfaits. C’est un comportement naturel dans les circonstances de la socialisation, mais pas nécessaire. Les chamans traitent avec cinq centres d’énergie, sauf avec le sommet de la tête qui est occupé par une autre force.

 

Session de questions-réponses

 

Question : Où sont La Gorda, Josephina, et les autres ?

 

Florinda : Ils ont tous disparu comme don Juan en 1985.

 

Q : Vont-ils revenir ?

 

Flo : Pourquoi ferait-ils cela ?

 

Q : Que pouvez-vous dire sur la traque ?

 

Flo : Cela semble intéressant de rêver et de traquer nos voisins. L’important est de faire la récapitulation et de se traquer soi-même. Trouvez vos schémas. La plupart des gens n’ont qu’un seul schéma de base qui est leur réponse au monde. Les gens très complexes en ont deux.

 

 

Quatrième conférence du samedi

Florinda Donner Grau

 

        Les anciens chamans s’intéressaient particulièrement à libérer la matrice. La seconde fonction de la matrice est l’évolution. L’évolution c’est percevoir l’énergie telle qu’elle s’écoule dans l’univers.

 

        Les femmes ont un organe en plus pour percevoir – la matrice. La matrice est comme un trou noir. Une fois que les femmes sont libérées de la socialisation, elles réalisent qu’elles sont des êtres capables de percevoir l’énergie directement. Elles ne s’en servent pas parce que cela ne les intéresse pas, et ceci à cause de la socialisation, de leur instruction. Les passes pour la matrice nous donne une chance de comprendre ce que signifie libérer la matrice. C’est la capacité naturelle de la seconde fonction.

 

        Les organes des hommes sont à l’extérieur du corps, ainsi ils ne peuvent pas être utilisés pour la perception. C’est plus difficile pour les hommes, ce n’est pas un don naturel. Les hommes décrivent, les femmes ne le font pas, car les femmes savent, nous ne nous intéressons pas à la description, ni dans la vie de tous les jours, ni dans la sorcellerie. Les hommes parlent avec plus de facilité que les femmes. Les hommes sont appelés à parler, à construire avec des mots. Les femmes construisent avec leurs sentiments et leurs actions.

 

        Les femmes doivent se libérer de la socialisation pour développer la seconde fonction de la matrice. La seule façon que nous connaissons est en cessant de se reproduire. Les chamans croient que l’évolution est la raison principale du développement de la perception. En tant qu’organismes, qu’êtres biologiques, nous ne pouvons pas évoluer, nous ne pouvons que faire évoluer notre perception.

 

        Don Juan disait que les dinosaures ont intentionné l’évolution, ils ont intentionné de voler, et les ailes furent un sous-produit de cette intention. Les femmes chamanes intentionnent cette évolution. Ces mouvements (la série de la matrice) sont très forts.

 

        Les hommes et les femmes doivent les pratiquer avec prudence. Ne frottez pas directement l’énergie sur le corps, ne le touchez pas, contentez-vous d’y ramener l’énergie. Si il y a des effets secondaires, comme des changements dans le cycle menstruel, c’est normal. Les mouvements sont comme une drogue.

 

        Les femmes sont le pinacle de l’évolution, mais sans les hommes c’est impossible.

 

        Qu’est-ce qui se passe par rapport à la sexualité ? N’y a-t-il plus de sexualité ? Si vous avez besoin de le faire, faites-le. Posez-vous la question : « Combien ai-je d’énergie ? » Nous sommes nés avec une certaine quantité d’énergie qui est en rapport avec le moment de notre conception.

 

        Pour les femmes, elles ne ressentent souvent aucun plaisir, elles se sentent forcées, c’est de l’énergie gâchée. Cela ne fait pas de différence que vous le fassiez avec un homme ou une femme. Notre énergie n’est en général pas assez suffisante pour que nous ayons des relations sexuelles. Nous sommes entraînés à le vouloir.

 

        L’interprétation que font les femmes de l’énergie à travers leur matrice est assez différente de la perception du point d’assemblage.

 

Cinquième conférence du samedi

Taisha Abelar

 

        Le concret est abstrait dans la sorcellerie. L’intention est comme un rayon lumineux qui vient de l’Univers et qui nous transperce, il prend possession de nous. Les anciens chamans disaient qu’on pouvait le manipuler une fois qu’on en était conscient. L’intention est auto consciente et peut répondre aux ordres.

 

        Il n’y a pas de procédures. L’homme moderne veut des manuels, des praxis, des méthodes, des étapes à suivre – nous voulons savoir quoi faire. Il y a même des livres qui nous disent comment rallumer la flamme dans une relation amoureuse bien après que la braise se soit éteinte !

 

        La seule relation qui a besoin d’être rallumée est notre connexion avec l’intention. Cela s’appelle épousseter son lien avec l’intention. Le rituel n’est qu’un dispositif pour piéger votre attention, il n’a pas d’autre valeur. Un seul acte abstrait peut le remplacer – rallumer notre connexion avec l’intention. Une fois que la connexion est établie, nous pouvons l’utiliser. L’acte d’en faire usage se nomme « appeler l’intention ».

 

        Nous sommes déjà reliés à l’intention puisque nous sommes vivants et conscients. Nous devons amener ce lien dans le royaume de notre conscience – en ayant l’intention. Cela ne peut être appris ou enseigné.

 

        Pour devenir conscient de ce lien, tout ce dont nous avons besoin est de silence intérieur. Le silence intérieur est le préliminaire d’avoir l’intention.

 

        J’avais l’habitude d’être fière de ma capacité à penser, j’étais académique. Un jour, j’ai dit à don Juan que penser était ma meilleure qualité. Don Juan m’a alors répondu : « Si penser est ta meilleure qualité, alors tu es mal barrée. Tu ne sais pas comment penser ! Pourquoi tu ne la fermes pas ? Ce ne sont pas tes pensées de toute façon. Tu suis juste les commandes de l’ordre social. »

 

        Cela m’a vraiment donné à penser ! Le vrai changement ne peut arriver que lorsque vous êtes préparé à en finir avec l’ordre social.

 

        Le silence intérieur est une matrice géante pour l’évolution, le résultat en est la connaissance directe, instantanée. Tout a déjà eu lieu et est déjà là. La seule façon d’intentionner se fait depuis le silence intérieur.

 

        On peut renforcer la vitalité physique et le bien-être avec les passes magiques. Elles nous permettent d’avoir ce silence intérieur, qui nous donne une perception de l’éternité.

 

        La plus grosse partie de notre information ne vient pas du fait de percevoir mais du fait d’appeler l’intention. Nous enrichissons notre perception avec l’intention. Nous n’avons besoin que d’un minimum de stimuli pour créer un monde complet. Nous pouvons interrompre cette interprétation. Nous avons tous le potentiel pour voir. Nous pouvons percevoir l’énergie directement telle quelle s’écoule dans l’Univers.

 

        Notre état originel est de percevoir et d’intentionner, plutôt que juger et faire des comparaisons. Les passes magiques sont un moyen de contourner notre interprétation. Elles nous ramènent à notre état originel. Les passes nous permettent de construire un pont avec l’intention, et lorsque nous devenons conscient de ce pont, tout notre potentiel devient disponible – pour l’action et la perception.

 

Sixième conférence du samedi

Florinda Donner Grau

 

        Pour les sorciers, le pragmatisme, ce sont touts les actes qui viennent d’un point de vue fonctionnel. Comment créer ce pont vers l’intention ? Nous le construisons en prenant la pleine responsabilité de nos actes. Prendre la responsabilité c’est n’avoir aucun doute. Pas d’opinions à propos de notre propre valeur. La confiance en soi c’est prendre la pleine responsabilité de nos actes.

 

        A une époque, je conduisais beaucoup, j’étais une très bonne conductrice. La vieille Florinda m’a dit que je devais arrêter de conduire. Une fois, j’ai acheté une nouvelle voiture, une décapotable, et j’ai conduis jusqu’à Sonora pour la montrer à la vieille Florinda. Elle était très excitée, et me suggéra qu’on aille faire un tour. Jusqu’à cet instant, je ne savais pas que Florinda savait conduire. Nous sommes allées sur le plateau d’une montagne et avons contemplé un magnifique couché de soleil. Puis, la vieille Florinda poussa la voiture dans le ravin. Elle était complètement bousillée.

 

        J’étais bouleversée, je n’avais pas d’assurance et je l’avais payer cash. La vieille Florinda me dit que c’était encore mieux ainsi, comme ça je ne pourrais pas en racheter une autre avant un moment.

 

        « Mais il n’y a pas de bons transports en commun à Los Angeles, j’ai besoin d’une voiture ! » lui ai-je dit. « Non, tu n’en as pas besoin. Tu as plein d’amis que tu peux appeler, qui seront ravis de te conduire où tu veux. » Mais je ne voulais pas appeler Carlos, car je ne voulais pas qu’il sache ce que je faisais.

 

        C’était le pragmatisme des vieux sorciers. J’avais l’habitude de conduire pour éviter de vraiment faire quelque chose. Nous utilisons tous certaines habitudes pour éviter de faire notre boulot, et nous avons besoin d’une solution pragmatique pour ça, même si cela n’a pas besoin d’être aussi drastique. Changez votre comportement.

 

        Agissez comme un être qui va mourir. Nous pensons que nous sommes immortels. Nous avons besoin de comprendre physiquement que nous allons mourir. Alors nous pouvons utiliser cette connaissance, cela devient notre connexion avec l’éternité.

 

Notes d'un praticien



Publié à 12:49 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire de la Falda

 

                      

 

 

   Séminaire de la Falda, Cordoba, Argentine

 

 

        Nous étions environ 300 personnes au séminaire réalisé au milieu des très belles montagnes de La Falda, dans un climat assez frais ; c'est en ce moment le début du printemps en Argentine, un lieu qui portait au silence.

 

        Aerin a ouvert le séminaire avec la pratique de la série de la Posture du Guerrier, ensuite Miles et Nyei l'ont rejoint pour nous faire un discours, et voici mes notes sur le séminaire, soyez libre d'ajouter ou de corriger ce qui vous semble nécessaire.

 

        Le but des passes magiques est d'accéder au contact direct avec l'intention, avec la connaissance silencieuse, avec la conscience de l'infini. Miles a commenté que le Nagual parlait du centimètre cube de chance, du fait qu'il est en face de nous et que nous l'attrapons sans y penser.

 

        L'univers prend conscience de lui-même à travers notre « voyage de la conscience». Nous sommes des bulles d'énergie. Il existe des tonnes d'énergie à l'intérieur de notre bulle que nous n'utilisons pas.

 

        Il y a 6 points de convergence de l'énergie :

- le foie / vésicule biliaire qui est le centre de l'action immédiate

- le pancréas : le centre du sentiment

- les reins : le centre de l'intention inflexible

- la matrice : le centre de la perception directe

- le centre de décision et l'autre, la tête, qui ne travaille pas très bien, mais ne nous en préoccupons pas.

 

        Nous pensons avec la partie du milieu de notre corps, avec les fibres qui sont connectées avec tout, et qui nous permettent la perception directe, en nous apportant l'intention. Ces filaments nous connectent à nos corps énergétiques.

 

        Etant donné que notre meilleure énergie est dans les pieds ou dans la partie basse, nous re-commençons notre « voyage de la conscience » de là, où nous avons des fibres comme des petits poils qui sortent des mollets.

 

        Nous avons réalisé la « carte de la perception totale », laquelle nous permet d'ouvrir les portes qui nous lient à notre corps énergétique. C'est la préparation idéale pour la récapitulation des traqueurs. Dans le corps nous emmagasinons de l'information, la cartographie permet de faire circuler l'énergie qui pourrait être bloquée.

 

        Assis sur les tapis de sol, nous avons commencé par séparer le petit doigt et le gros orteil du pied gauche, et à l'endroit où se forme le « V » sous la plante du pied, nous avons vibré pendant que nous inspirions, puis nous expirions en pressant ce point.

 

        Nyei a affirmé : « Notre intention ici est de vous donner un modèle de pratique. »

 

        Quand nous suivons un chemin qui a du coeur, c'est un chemin que nous aimons, et ce chemin nous le commençons par les pieds. Avec ce petit peu d'énergie, nous construisons le monde : les téléphones portables, les fusées, etc. Imaginez ce que nous pourrions faire avec plus. Lever cette énergie des pieds jusqu’aux fibres, aux centres vitaux, et de là jusqu'à ouvrir le coeur. La conscience voyage instantanément, en un instant de ce que nous considérons le temps, elle a la possibilité de voyager à des distances incroyables.

 

        Nous partageons un accord de conscience. Une reconnaissance qui inclut la reconnaissance de nos corps énergétiques entre praticiens. Les passes magiques bougent de façon harmonieuse le point d'assemblage. Nous devons les accompagner d'actes impeccables, d'actes accompagnés de l'intention d'être conscients, actes qui nous mènent à un chemin qui a du coeur. Nous ne bougeons pas le point d'assemblage en insistant, en exigeant ; cela ne fonctionne pas.

 

        Nous ne pouvons pas vous parler des drogues parce que nous n'en n'avons jamais prises, Carlos Castaneda l'a fait, et ce fut une circonstance extrême du au fait que le temps de don Juan était limité, et dû à la fixité de son point d' assemblage. Carlos Castaneda ne buvait même pas de café.

 

        Le point d'assemblage répond à un coup très doux, dans l'aire de la poitrine, l'aire du coeur.

 

Session de questions-réponses avec les instructeurs

 

        Ce que nous portons et que nous récupérons en récapitulant, ce sont nos jugements. Nous les libérons, nous attrapons et libérons l'énergie. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise énergie, ce que nous voulons c'est devenir conscients.

 

        Devenez conscient de ce qui vous affecte, de ce que vous croyez être bon ou mauvais, trouvez quels sont vos « trucs ».

 

        Le nagual disait que nous avons seulement un truc, celui que nous utilisons pour renforcer l'idée que nous avons de nous-mêmes.

 

        Mais si  nous avions beaucoup d'énergie, nous en aurions deux. Nous voyons quelle est notre réaction, quelle est notre réponse, dans quelle partie de la sphère lumineuse nous la sentons. Qu 'est-ce qui fait que vos filaments tombent vers le bas, quels sont les mots ou phrases qui font qu'ils tombent, ou au contraire, qu'ils remontent.

 

        Nous récapitulons les deux choses. La peur est une autre interprétation de quelque chose que nous pouvons appeler « excitation », ainsi vous pouvez profiter de cette peur.

 

Passe  du « papillon de nuit »

 

        Il y a un « axe » depuis le point d'assemblage jusqu'au cœur, et le papillon de nuit agit de là, cherchant la lumière. Nous savons ce que nous avons là (indiquant la tête), mais nous ne savons pas ce que nous avons là (indiquant la poitrine).

        Le Nagual disait que la Terre aussi avait une sphère lumineuse et des lignes d'énergie qui la traversent. Nous avons des coeurs dans les pieds, ils se connectent avec les lignes d'énergie de la terre.

 

        Le papillon de nuit est une série pour les traqueurs, elle permet la récapitulation. Quand nous sommes dans l'obscurité, que nous voulons récapituler quelque chose et nous n'y arrivons pas, cette série nous aide à apporter la lumière, comme le papillon qui cherche la lumière. Cette série nous aide à ouvrir le coeur ; d'abord nous montons l'énergie des pieds jusqu'aux centres vitaux, et de là jusqu’au coeur : les ailes, déployer les ailes.

 

        Vous pouvez pratiquer la cartographie, le papillon de nuit et ensuite récapituler. Ils nous ont d'abord montré la partie de la série du « papillon de nuit » debout, ensuite on nous a transmit la première partie de la série, allongé sur le tapis de sol.

 

        Debout, les pieds parallèles, on prend une inspiration douce et profonde à mesure que la poitrine se dilate étendant les lignes ou fibres de la poitrine, du coeur, ce mouvement est accompagné des mains : les bras se placent relâchés sur les côtés du corps, et les mains tournent dans un mouvement de rotation des poignets et des coudes, jusqu'à ce que les paumes des mains fassent face au corps.

 

         Il y a un axe qui va du point d'assemblage vers le coeur, c'est pourquoi ce que nous sentons est en relation avec la fixation du point d'assemblage. Une autre façon d'appeler la récapitulation est « ouvrir le cœur ». Ecouter avec affection et répondre avec une voix affectueuse nous donne la possibilité de changer de sillon.

 

Histoire

 

        Nyei Murez nous a raconté que pendant qu'ils étaient en train de pratiquer la série du Papillon de Nuit pour ce séminaire, elle sentie qu'elle devait aller à un endroit où elle n'allait plus parce qu'il représentait une aire obscure de son passé. Elle pris sa voiture et y alla.

 

        Après être arrivée à l'endroit, elle disposait d'une heure, elle commença à se souvenir de personnes avec lesquelles elle avait fait la fête, etc. Elle récapitula, et à un moment donné elle repartie. En arrivant chez elle, elle alla s'allonger pour dormir et elle eut un rêve dans lequel Carol lui parlait des lignes qui traversent la Terre et comment les extensions de nos pieds peuvent s'unir, se joindre, aux lignes de la Terre.

 

        A ce moment-là, le téléphone de Carol sonna et elle dit à la personne au bout du fil qu'elle était en train d'enseigner, puis le rêve se dissipa. Nyei se réveilla dans une chambre familière, où se trouvait le Nagual. Elle lui raconta que Carol lui avait enseigné à déployer ces lignes d'énergie d’extensions des pieds, et les unir aux lignes de la Terre. Le Nagual lui dit : « Oui, oui, c'est ça », et à ce moment là, Nyei se réveilla dans sa chambre.

 

        Ce jour-là, elle avait beaucoup de rendez-vous. Après un de ces rendez-vous,  son téléphone sonna, c'était Carol. Elles parlèrent de beaucoup de choses, quand Carol lui susurra le mot  « connaissance », Nyei se souvînt du rêve et voulut le dire à Carol, mais elle ne l'a laissa pas faire, et lui dit qu'il y avait beaucoup de choses qu'on ne pouvait pas expliquer.

Nous sommes beaucoup plus que ce que nous percevons.

 

Session de questions-réponses

 

        Pour les sorciers, l'affection est l'expression maximale de l'intelligence.

 

        Notre meilleure énergie est l'énergie sexuelle. Si nous n'ouvrons pas notre coeur dans nos interactions, ce que nous faisons c'est nous approcher sexuellement comme pour un investissement.

 

        Quant à la relation sexuelle : écoutons-nous, nous-mêmes et notre compagnon, puisque nous échangeons des lignes énergétiques et que c'est quelque chose de très fort. Les sentiments du compagnon se collent à nous. Si nous écoutons le coeur et que nous pouvons suivre cette douce voix intérieure, alors nous pouvons continuer. Si nous pouvons le faire, très bien, sinon nous devons l'admettre et cesser.

 

        A la question sur la différence entre les aires de mystère et les portes de rêver, Miles a répondu que les aires de mystère sont des zones qui nous connectent avec un flux d'énergie, que les portes de rêver sont plus grandes, que c'est une question d'intensité. Elles sont la même chose et elles ne sont pas la même chose, c'est une des contradictions apparentes de la sorcellerie.

 

        Aerin nous a donné l'exemple suivant d'un 'truc' : «J'aime plaire et paraître bien, j'aime me voir intelligente et tout le monde me voit stupide, qui m'a dit que j’étais stupide ? » En récapitulant toutes les personnes, et en terminant avec sa mère, elle découvrit que c'était elle, sa mère, qui lui disait qu'elle était stupide. Quand nous sommes stupides, c'est quand nous n'écoutons pas l'esprit, notre coeur. Ce que nous faisons, c'est lâcher le jugement, si nous écoutons, nous sommes très intelligents.

 

        Nous avons pratiqué la Roue du Temps en configurations ou groupes de 5 personnes, et ensuite nous avons récapitulé. L'humanité est en train de vivre un moment crucial, qui pourrait signifier un changement. Si un seul homme éveillé pouvait contaminer les autres. Si un seul être change un sillon dans la roue du temps. Un chemin sans coeur est difficile, pesant, par contre il est savoureux de parcourir un chemin qui a du coeur.

 

        Nous avons pratiqué alors le Papillon de nuit dans sa forme antique, d'abord vers les quatre directions et ensuite vers la cinquième direction : en arrivant à la quatrième direction, nous sommes restés immobiles, sans bouger le corps physique, et nous avons réalisés le mouvement du vol vers le haut et vers le bas (en ayant l'intention avec le corps énergétique), c'était cela la cinquième direction. En faisant face à chaque direction, nous avons envoyés l'affection que nous sentions dans la poitrine à nos semblables, à la Terre, et à l'infini.

 

        Les instructeurs nous ont dit que deux praticiennes, Justine et sa fille, allaient nous chanter une chanson très ancienne qui nous rappellerait notre voyage depuis l'infini vers ici et notre retour à l'infini, elle raconte l' histoire de quelqu'un qui devait traverser une rivière et devait revenir. Cette histoire nous apporte le souvenir de notre voyage, de notre passage sur cette Terre.

 

        Le refrain disait : « Allez et revenez, et ne vous endormez pas. »

 

        Après le séminaire, nous retournons à la vie quotidienne, au travail, aux études, et parfois il arrive que dans nos interactions quotidiennes, nos amis, si ce jour-là nous sommes un peu bas en énergie à cause d'une circonstance déterminée, puissent devenir nos ennemis en un instant.

Même si nous ne le voulons pas, il se peut qu'avec le temps, nous cédions. Pour ces interactions, plutôt que de réfléchir, nous avons la passe « En un instant ».

 

Réponses à d'autres questions

 

         Quand il y a des différences avec les autres personnes dans les groupes de pratique, quand certains, par exemple, pratiquent très vite, nous devons observer comment sont nos fibres, qu'est-ce qui se passe avec elles. Ce sont nos corps d'énergie qui nous tirent à un séminaire et qui nous mettent dans un groupe de pratique. Nous devons profiter des petits tyrans qui se présentent à nous et nous devons être attentifs à nous regarder nous-mêmes, et voir comment nous nous reflétons dans les autres.

 

        Les passes magiques sont dangereuses, les passes magiques redistribuent notre énergie et cela l'augmente les zones où nous sommes bloqués, c'est pourquoi nous devons récapituler. C'est à travers la récapitulation que nous pouvons obtenir une nouvelle vision.

 

        Miles demanda un jour au nagual pourquoi la première porte était dans les pieds ? Le nagual se leva et marcha en essayant de ne pas appuyer cette aire du pied, et il lui répondit : « Comment peut-elle ne pas être la première porte ? »

 

         Le corps gauche et le corps droit communiquent beaucoup et sont très dépendants l'un de l'autre, ce que fait l'un, l'autre l'assimile, spécialement le corps droit, qui est très dépendant du gauche. Si vous sentez que vous devez donner de l' « ordre » à la récapitulation que vous êtes en train de faire, récapitulez votre journée, il est très probable que cette même récapitulation vous mène à la liste.

 

        Les zones de mystère se trouvent dans une aire, elles ne sont pas par exemple à 30 millimètres de l'arc, entre l'orteil x et y, etc. Ce ne sont pas des points, ce sont des aires de mystères. A la question sur la porte qui se trouve entre les omoplates et celle qui se trouve sur la poitrine, Miles a répondu : « Nous ne pouvons pas penser aux portes de rêver en termes d'objets physiques, nous ne devons pas les voir en deux dimensions, longueur et largeur. Les portes sont accompagnées de respirations. La porte qui se trouve entre les omoplates est un arc de la porte de la poitrine et elle correspond à une respiration spécifique. »

 

        La Cartographie est une série très longue, nous avons essayé différentes configurations. Récapituler après avoir réaliser la série du Papillon de Nuit est une bonne idée, spécialement si on expérimente différents sentiments. En réponse à la question sur faire des groupes d'études, Nyei a répondu que nous pouvons nous égarer avec le langage. Certains praticiens ont essayé de faire des pratiques intercalées de discours comme dans les séminaires, ça n'a pas fonctionné.

 

        Le nagual prêtait attention aux débutants qui arrivaient, les pratiques leur étaient presque dédiées. Une fois, ils ont demandé à un groupe qui se plaignait que les pratiques étaient ennuyeuses et répétitives, comment ils faisaient avec les nouveaux praticiens ? Ils se sont regardés, ils ne savaient plus quoi répondre, « Les nouveaux praticiens ? »

Les nouveaux praticiens sont apportés ou invités par l'infini. Vous aussi vous pouvez inviter des gens.

 

Notes d'un praticien

 



Publié à 11:38 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire de Mexico 2001

 

 

 

 

L’humeur du guerrier : la vue des corps jumeau

 

Mexico 2002

 

 

« Un guerrier doit cultiver le sentiment qu'il dispose absolument de tout pour ce voyage extravagant qu'est sa vie. Ce qui compte pour lui c'est d'être vivant. La vie en elle-même est suffisante, complète et justifie tout le reste.»

                          

                                      Don Juan Matus, La Roue du temps

 

 

        Carlos Castaneda disait qu'après plus de trente années passées à suivre le chemin du guerrier, il était clair à ses yeux que toute les choses que don Juan Matus lui avait apprises lui avait été données dans un objectif bien précis : l'imprégner d'une disposition d'esprit - la disposition d'esprit du guerrier. Il disait que dans cette disposition d'esprit, il plaçait toute sa confiance dans le lien existant entre le corps physique et le corps d'énergie, notre jumeau énergétique. La conscience de ce lien, lui avait dit don Juan, est ce que le voyants de sa lignée appellent la perception dans toute son intégralité.

 

        Don Juan expliquait encore que ce qui lie les deux corps, ce sont les filaments lumineux incandescents qui circulent de la tête aux pieds, et plus particulièrement une gerbe de longues fibres situées au centre de l'abdomen. Ces fibres, disait-il, mettent un homme en relation avec son environnement ; elles préservent son équilibre ; elles lui confèrent la stabilité.

 

        Carlos Castaneda disait que lorsqu'il fit pour la première fois l'expérience de cette perception complète, et qu'il fut capable de percevoir les êtres humains comme des boules d'énergie, il fut étonné de découvrir qu'il avait perçu ainsi toute sa vie sans en avoir conscience.

 

        Lorsqu'il aborda ce sujet avec don Juan, celui-ci lui dit qu'il était en effet étonnant pour les êtres humains de découvrir ce fait énergétique élémentaire : nous percevons l'énergie en permanence sans en avoir conscience. Le corps physique et le corps d'énergie sont déjà intimement liés ; c'est ainsi que naissent les êtres humains. Le travail du guerrier consiste à être conscient de cela et à agir en fonction de cette conscience.

 

        Les passes magiques de la Tenségrité cultivent notre capacité à régler et à accorder l'interaction de nos filaments lumineux, notre capacité à faire confiance aux messages qu'ils échangent entre les deux corps et à agir en conséquence.

 

        Au cours de ces séminaires, les apprentis des quatre étudiants de don Juan guideront les participants pour explorer les possibilités de sensation de leurs fils lumineux, en tant que lien entre les deux corps, et pour accorder leur capacité à adopter la disposition d'esprit du guerrier, qui place sa confiance dans son propre être dans toute son intégralité.

 

Première partie : Le Tigre aux dents de sabre

 

Conférence de Miles et Aerin

 

        La clé de l'humeur du guerrier est la perception. La clé de la perception est la respiration. L'humeur du guerrier nécessite que les deux corps soient unis. Le corps gauche capte tout.

 

        L'impeccabilité, c'est donner sans rien attendre en échange. Ils remercièrent pour l'impeccabilité des praticiens de Mexico. Il y a un groupe de praticiens qui sont sur la crête de la vague et qui peuvent tirer les autres. Etre impeccable, c'est être fonctionnel, c’est suivre le flux de l'énergie dans l'univers.

 

        Si nous écoutons nos impulsions dans la vie quotidienne et que nous agissons depuis la confiance, nous pouvons voir si cela fonctionne ou pas ; le carnet de bord peut nous aider pour ça. La connaissance des chamans est quelque chose de pratique. Nous ne pouvons pas atteindre le corps d'énergie si nous n'interagissons pas avec les autres.

 

        « Le Tigre aux Dents de Sabre » : Le Tigre nous connecte avec la terre par les griffes de ses pattes, il nous procure la sobriété et la confiance.

 

        « Tracer une carte du corps » : Nous remuons l'énergie de la partie inférieure de la sphère lumineuse. Comme toutes les passes magiques, ce n'est pas une routine ; nous découvrons toujours quelque chose de nouveau.

 

Conférence de Miles

 

        Le manteau de confiance est dans les pieds, et nous devons le relever ; c'est comme une cape que l'on relève jusqu'au ventre. Avoir confiance, c'est la clé. La confiance, nous procure l'abandon nécessaire pour suivre les impulsions de notre corps d'énergie. La confiance nous donne de la consistance et nous porte à l'action. On peut pratiquer isolément le mouvement du bras gauche accompagné du sifflement tiré de la série du Tigre au Dents de Sabre, pour s'immerger totalement dans le moment présent avec toute notre attention. Parfois nous pratiquons une passe magique en pensant à celle qui suit, et cela nous empêche de percevoir ce qui se passe dans le moment présent.

 

        Passes magiques pour forger le corps d'énergie :

 

1° Passe magique pour forger les épaules, le torse et les hanches du corps d'énergie.

2° Passe magique pour forger le bras du corps d'énergie.

 

Conférence de Darien Donner

 

        (...) et Florinda lui dit : « Tu as fait plus dans ces moments passés dans la maison du Nagual, calme et silencieuse, que dans toute ta vie. Le corps d'énergie t'amènera à l'humeur du guerrier. »

 

        Sans bouger de la position dans laquelle nous étions, nous avons pratiqué les passes magiques pour forger le corps d'énergie.

 

Conférence de Miles sur la récapitulation

 

        Miles nous a présenté Simon Stainer qui nous a parlé de la manière dont sont liés la récapitulation et le rêve. Nous avons récapitulé sans changer de position.

 

        Passes magiques : percer pour atteindre une nouvelle position du point d'assemblage.

 

Conférence de Aerin

 

        L'humeur d'une personne conditionne sa perception. Toute position forcée ne nous permet pas de respirer. Rêver, c'est changer notre point de vue, et il change avec la respiration. Rêver, c'est ouvrir les portes. La première porte correspond à notre capacité d'attention sur chaque objet que nous voyons en rêve, et où tout les objets on la même importance.

 

        Rêver éveiller correspond à l'attention que nous mettons dans chaque chose que nous faisons. Si nous faisons une omelette, nous sommes complètement dans l'omelette. De nombreux praticiens nous ont dit qu'ils percevaient cela actuellement.

 

Série pour rêver

Tracer une carte du corps d'énergie

 

Conférence de Nyei

 

        L'humeur du guerrier c'est la fluidité. L'important n'est pas ce que l'on fait, mais comment on le fait.

 

Cristina : Le rêve de Lucia

 

Série pour rêver

Série pour forger le corps d'énergie

Seuls,  par deux, et à nouveau seuls.

 

        Pour terminer, ils nous ont proposé qu'avant de  nous coucher, nous prenions la position de l'affection pour la terre, et aussi au lever. C'est une position qui met les fibres lumineuses de notre ventre en relation avec la terre et qui nous aide à rêver.

 

Dimanche 8 avril

 

Conférence de Miles et Nyei

 

        A partir de maintenant jusqu'à la prochaine lune, nous voulons activer l'humeur de « usted » (le corps d’énergie). Grâce au journal de bord, nous nous concentrerons sur ce qui marche, que ce soit quelque chose d'important ou de « tout petit ». Cela n'a pas besoin d'être quelque chose d'ambitieux, cela peut être quelque chose de très modeste. Parfois, il suffit de n'être plus dans une humeur arrogante pour pouvoir s'apercevoir de certaines choses. La confiance s'apparente à l'humilité.

 

        La pression du foulard sur le disque inférieur nous donne la confiance pour percevoir, cela nous donne des impulsions énergétiques. Prêtez-y attention! Faites confiance à ces messages! Voyez si ça marche ou pas!

 

        Le journal de navigation peut nous aider à voir de quoi nous sommes capables. Pour voir ce qui fonctionne, il faut parfois voir ce qui ne fonctionne pas. Où sommes-nous ? Qui sommes-nous ? Voilà la seule manière de nous approcher de notre corps d'énergie. Le journal de bord peut nous procurer la discipline pour changer. Si vous tombez, vous vous relevez tout de suite. Le journal de bord est un récit de la rencontre entre le corps d'énergie et  le corps physique. Chaque génération hérite du carnet de bord de la génération précédente.

 

        Quelle est notre contribution ? Qu'est-ce qui fonctionne ? Que perçoit-on ?

 

        Si nous voulons travailler avec l'humeur de « usted », nous devons regarder à l'intérieur de notre propre sphère lumineuse.

 

        La récapitulation nous permet d'atteindre l'humeur de « usted ». Et le journal de bord permet d'en faire le suivi. Etre honnête avec l'autre ne veut pas dire le salir avec notre « merde ». Nous avons toujours en tête la dualité bon/mauvais, et on ne s'en rend pas compte sur le moment.

 

        Cultiver l'état d'esprit du guerrier c'est traiter tout ce qui nous entoure, les autres et nous même, avec attention et respect. C'est vers cet état d'esprit que nous tendons plutôt que la préoccupation continuelle du MOI.

 

        La série du rêve et le carnet de navigation doivent être fait quotidiennement avec l'intention de soutenir l'humeur de « usted ». Chacun de nous peut soutenir l'intention du groupe et l'intention de « usted ».

 

Tracer une carte du corps avec la quatrième porte.

Série pour rêver.

Les deux passes magiques de la quatrième porte.

Le tigre aux dents de sabre.

 

Conférence de Miles

 

        L'humeur du guerrier vous a amené jusqu'ici. Le problème c'est que nous nous accrochons. L'art de l'intention c'est de ne pas s'accrocher et laisser les choses venir. Miles nous a alors présenté Celasar Melquiades qui nous a raconté son rêve d'orfèvrerie.

 

        La passe qui sauve la vie plus de cent fois. Le nagual disait : « Si tu ne te souviens d'aucune passe, ce n’est pas grave, fais celle là ! »

 

Session de questions-réponses

Miles, Nyei, Julia, Aerin, Darien et Wayne

 

: Pourquoi à la pleine lune ?

R : Sentir la pleine lune c'est exquis! Mais cela ne veut pas dire qu'on doit toujours le faire à la pleine lune.

 

         Nous atteignons la première porte quand nous fixons notre attention d'un objet à l'autre d'une manière contrôlée. Dans la vie quotidienne, ouvrir la première porte nous aide, dans le cas d'une discussion par exemple, à ne pas rester fixer dessus pendant une semaine. Être fluide dans la vie quotidienne comme dans les rêves en passant d'un objet à l'autre.

 

        Nous atteignons la deuxième porte quand nous pouvons passer d'un rêve à l'autre ou quand un objet nous tire dans un autre rêve. Dans la vie quotidienne, cela peut se traduire par notre capacité a nous adapter à un nouveau travail, un nouveau pays ou au fait de passer du travail a un coup de fil.....C'est s'adapter a un nouveau rêve.

 

        Le corps énergétique possède son propre rythme, différent du corps physique, au fur et à mesure que nous apprenons à prêter attention aux messages du corps d'énergie, nous nous exerçons à percevoir et à agir en même temps, c’est la conscience complète.

 

        Si nous sommes vraiment dans le moment présent, nous savons toujours quand nous arrive un message. Mais l'esprit complique toujours tout. Être dans un rêve, c'est comme danser, il n'y a pas vraiment de façon de s'y préparer ; le rêve nous rends plus rapide, de percevoir et d’agir.

 

        Le monde est un sentiment et on peut le ressentir grâce à nos fibres lumineuses.Transformer nos pensées ou nos impulsions en action nous porte a la perception directe.

 

        L'humeur du guerrier, c'est prendre conscience que nous avons tout ce dont nous avons besoin.

 

Notes d’une praticienne espagnole



Publié à 09:37 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminaire d'Amsterdam

                  

 

Séminaire d’Amsterdam

 

        L’art de traquer se focalise sur le tonal, la première attention, il  sert à mettre de l’ordre dans notre petite île du tonal entourée de nagual, on ne peut aller dans le nagual en laissant le tonal en désordre. Le traqueur organise son tonal en faisant un inventaire stratégique de tout ce qu il dit et fait, puis il fait le point et enlève tout ce qui n est pas nécessaire pour son voyage de la conscience.

 

        Intention d'être plus attentif,  d'être plus conscient à chaque instant de son lien avec l'intention, de nettoyer, polir son lien avec l’intention, c'est la folie contrôlée. Un traqueur choisit son champ de bataille, son terrain de jeu. Pour choisir il doit être conscient, donc il fait une pause pour faire son inventaire.

 

        Un traqueur ne cherche pas de profonds déplacements du point d'assemblage, il cherche  à être conscient ici et maintenant des changements de positions de son point d'assemblage. La traque quotidienne de ces mouvements dans le corps et dans les paroles  l'aide  à redéployer son énergie (la conscience est de l ‘énergie).

 

        Se traquer dans l’interaction avec l’autre révèle ce que nous sommes. Dans une conversation, nous réagissons plus que nous écoutons, avoir l’intention d’une pause pour écouter la voix du corps d ‘énergie. Ecrire les phrases que nous nous disons nous aide a être plus spécifique et à entrer plus en profondeur.

 

        Etre conscient de ses paroles de pouvoir, de l’intention des mots. Tout ce que nous disons gaspille ou redéploie notre énergie, être impeccable c’est gérer au mieux notre énergie. Un guerrier cherche à retrouver la totalité de lui-même et à harmoniser son corps physique et son corps d ‘énergie ; il est conscient qu’il est complet et qu’il dispose de ressources infinies, il cesse de se plaindre et choisit  d’accéder au bien-être et à la joie, il faut expérimenter la non joie pour connaître la joie.

 

        L’infini est notre témoin, le corps d’énergie observe. L’infini, l’esprit, l’intention, est une force vibratoire à laquelle nous nous relions. Elle est impalpable, néanmoins le guerrier en est conscient et l’utilise.

 

        La poésie, par sa fluidité, traduit le mieux la perception de l’infini car c’est une récapitulation des perceptions humaines de l’infini. Des phrases de poésie peuvent nous aider à déplacer notre point d’assemblage. Repérer  les phrases de poésie qui nous touchent, écrire de la poésie.

 

        En changeant les mots on met en pratique l’utilisation d’une autre syntaxe. Nous devons être des « artistes de l’énergie ». La joie est un attribut de la liberté.

C’est une position du point d’assemblage que nous pouvons partager  et alors nous créons un accord, un consensus.

 

Notes d'un praticien



Publié à 09:06 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminiare de New-york

 

 

Rêver éveillé, écouter le voyant intérieur

 

New-York

 

 

        Ce que nous avons ressenti durant ce séjour à New-York est un sentiment de légèreté, de chaleur (physiquement et dans l’humeur), de sobriété.

 

        « L’attention apporte de l’énergie. »

        Nyei Murez, une des instructrices, nous a rappelé qu’être conscient de rêver éveillé, c’est atteindre la première porte de rêver : développer son attention dans la vie quotidienne comme en rêve, afin de réveiller et d’atteindre son corps d’énergie.

 

        Nous avons commencé par pratiquer le groupe extrait de la série de Westwood pour la récapitulation (décrit dans le livre « Passes magiques »). Nous avons  continué en pratiquant les pas dans la nature pour rêver (extraits du 1er groupe de la série pour préparer l’intention décrite dans le livre).

 

        A ce sujet, Nyei nous a raconté la manière dont le nagual Carlos Castaneda les lui avait apprises : « Exécutes-les légèrement comme des pas de danse ».  C'était si léger qu’elle ne s’était même pas rendue compte qu’il s’agissait de passes magiques, toute préoccupée qu’elle était à ressasser son dialogue intérieur...Nous les avons donc apprises dans une humeur légère et libre d’obsession, mais de façon tonique.

 

        Selon les chamans, les activités de la vie quotidienne « dispersent l’énergie hors des centres vitaux situés dans les régions du foie, du pancréas et des reins pour aller se déposer au fond des sphères lumineuses que nous sommes. Cette énergie doit être constamment redirigée ».

 

        L’instructeur Miles Reid nous a montré une passe magique qui vise a redistribuer cette énergie dispersée et à faire une pause dans la continuité de la vie quotidienne, pour écouter notre voyant intérieur. Cette passe peut se pratiquer debout ou assis. On commence par se commander de relâcher les muscles, et de faire silence. Puis on mobilise l’énergie du centre vital droit, celui de l’action immédiate en le tapant trois fois. On enchaîne avec  deux respirations extraites de la série de la chaleur : «déplacer l’énergie avec le souffle», en ayant l’intention de récupérer les fibres lumineuses dispersées a la périphérie de l’œuf. Avant chaque expiration, on avale. Puis on continue avec la « respiration latérale. » Ensuite on applique l’énergie récupérée sur les centres vitaux.

 

        Depuis quelques séminaires, les instructeurs se sont focalisés sur un nouvel aspect fondamental de la pratique : le carnet de bord des navigateurs. La différence avec un carnet de bord ordinaire est que celui-ci s’adresse au corps d’énergie. Percevoir avec le corps d’énergie cela signifie aussi changer de syntaxe. Dans ce carnet de bord nous voulons prendre conscience de notre propre syntaxe tout en essayant d’adopter une nouvelle syntaxe, celle des shamans de l’ancien Mexique.

 

        Le « log » est un outil parallèle a la récapitulation, nous permettant ainsi de vérifier et de prendre conscience d'où nous en sommes sur notre route de navigation, en se posant des questions comme : Qu’est-ce que je veux, Qu’est-ce que je veux faire de ma vie, Où ai-je dépensé mon énergie aujourd’hui et que puis-je faire différemment demain ?...Ce carnet de bord est rédigé chaque jour, a la fin de la journée, en essayant d’être silencieux et de laisser s’exprimer le voyant intérieur, en se limitant a quelques minutes afin d’aller a l’essentiel et de se rappeler que l’on a pas de temps a perdre. Lors du séminaire de New-York, les instructeurs nous ont donné une nouvelle façon d’organiser le carnet de bord : en le divisant en deux parties, côté droit et côté gauche.

 

        Le côté droit correspond au corps droit, à la conscience de la vie quotidienne, à la première syntaxe du « voyage définitif » ; et le côté gauche, au corps gauche, au voyant intérieur, à l'autre syntaxe  du « voyage définitif ». Dans la partie droite, nous faisons l’inventaire de tout ce qui nous passe par la tête : les mots, les pensées, les impressions..., en vrac. Et dans la partie gauche nous extrayons l’essence de ce que nous avons découvert, d’une manière précise, concise, objective, impersonnelle et abstraite. Par exemple, si nous nous remémorons sur la partie droite le souvenir d’une interaction difficile, sur la partie gauche nous pourrons prendre conscience d’un type particulier de syntaxe, celle de la plainte...

 

        Comme dans la récapitulation, le carnet de bord nous aide a prendre conscience de nos habitudes, de nos comportements répétitifs...dans le but de les changer. C’est pourquoi les instructeurs nous ont amenés à nous poser ces nouvelles questions : Comment ai-je redéployé mon énergie aujourd’hui ? Que me dit ou m’a dit mon voyant intérieur ? L’exemple qu’ils nous ont donné de ce que doit être le carnet de bord d’un navigateur (dont il ne reste plus que les découvertes du corps gauche) est l’introduction qu’a écrite Carlos Castaneda à l’occasion du trentième anniversaire de la parution de « L’Herbe du Diable et la Petite Fumée » (non publié en français) :

 

         "Le monde de la vie de tous les  jours ne devrait jamais être pris comme quelque chose de personnel ou ayant du pouvoir sur nous, quelque chose qui pourrait nous construire ou nous détruire, parce que le champ de bataille de l'homme ne se trouve pas dans sa lutte avec le monde qui l'entoure. Son  champ de bataille est au-delà de l'horizon, dans une région impensable pour un homme moyen, la région où l'homme cesse d'être un homme."

 

        Il expliqua ces déclarations en disant qu'il était énergétiquement impératif pour les êtres humains de réaliser que la seule chose qui importe est leur rencontre avec l'infini.

 

        « Le résultat final que les chamans comme don Juan recherchait pour leurs disciples était une réalisation qui, de par sa simplicité, est très difficile a obtenir : la  réalisation du fait que nous sommes des êtres qui vont mourir. Donc, le vrai  combat de l'homme n'est pas la lutte avec ses semblables, mais avec l'infini, et il ne  s'agit même pas d'un combat ; c'est, par essence, un acquiescement. Nous devons  volontairement acquiescer à l'infini. Dans la description des sorciers, nos vies  trouvent leur origine dans l'infini, et elles se terminent là où elles trouvèrent leur origine: l'infini. »

 

        Le carnet de bord peut aussi être utilisé durant la pratique de la série « tracer une carte du corps ». Pour les shamans, notre perception ne se limite pas à la vue, c’est l’affaire du corps tout entier. « Le corps est une conscience. Nous devons bien le traiter», et être attentif a ce qu’il recèle: le bas du corps contient la mémoire du corps gauche et du rêve, et le haut du corps contient les souvenirs de la conscience de la vie quotidienne.  Cette série permet de faire émerger des souvenirs et mémoires anciennes.

 

        Ainsi, il s’agit d’explorer, d’écouter ce qui nous vient et de le noter en vrac sur la page de droite du carnet de bord ou de le récapituler directement ; jusqu'à atteindre le silence du corps. Les instructeurs nous ont montré plusieurs passes que l’on peut pratiquer seul, à son rythme et dans l’ordre que l’on veut. On amène ainsi l’attention première dans l’attention seconde, et inversement.

 

        « Dans le monde des sorciers rien n’est définitif ». Pour un guerrier tout acte est un défi, et un guerrier fait face à n’importe quel défi et passe d’un défi à l’autre.

        C’est le sens de la passe intitulée « rassembler la couche de confiance » extraite d’une série du nagual Lujan, qui nous a été montrée par Miles Reid.

 

        Depuis un certain nombre de séminaires, l’attention a été portée sur la possibilité de déplacer la conscience avec des sons. Nous avons pratiqué une passe  intitulée «contempler avec les oreilles »,  où nous essayons de percevoir au delà des sens, avec le corps  d’énergie. Nous changeons notre syntaxe de perception habituelle pour pouvoir percevoir différemment. Par exemple, contempler l’horizon avec les oreilles.

 

        Nous avons ressenti moins de distance entre les instructeurs et les praticiens, et ils nous ont rappelé qu’être un guerrier était une question d’humeur, qu’il n’y avait pas de hiérarchie dans la Tenségrité, et que cette humeur ne dépendait  pas de la durée de la pratique. Nous avons le sentiment que le défi est d’amener cette humeur dans notre vie quotidienne, et de changer...

 

Notes de Violetta Luis



Publié à 08:48 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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Séminiare de Mexico 2005

                   

 

 

 Le Pouvoir Personnel 

Mexico - Janvier 2005

 

 

        Amber nous a dit que la Tenségrité est la possibilité de rassembler l'énergie. Donc, il est important que nous nous sentions bien disposés pour pratiquer- nous devons ralentir lorsque nous sentons que c'est nécessaire ou accélérer ; les mouvements doivent s'ajuster à notre structure énergétique. Nous devons aussi prendre en compte notre condition physique, si nous avons soif, il faut boire, si nous avons des douleurs, il faut faire les passes convenablement ou nous asseoir si nous en ressentons le besoin.

 

Premier exposé de Nyei (accompagnée de Amber et Gavin)

 

        Nous sommes les élèves de Carlos Castaneda, Carol Tiggs, Florinda Donner-Grau, et Taïsha Abelar. Ceux-ci étaient étudiants de don Juan, le chef d'une lignée chamanique d'un groupe de voyants appartenant à la tradition mexicaine. Don Juan est né en Arizona et il vivait à la frontière de deux pays, une frontière qu'il décrivait comme étant également énergétique. Il naviguait avec son groupe de voyants sur la frontière entre la première et la seconde attention.

 

        La définition du chamanisme est la navigation entre le monde visible et invisible. L'exercice des passes magiques nous permet d'ouvrir des possibilités dans notre vie qui nous sont habituellement inaccessibles.

 

        Cela signifie avoir du pouvoir personnel. Cela ne signifie pas avoir du pouvoir sur l'autre, ni être meilleur que l'autre ou encore, se cacher derrière quelque chose. Avoir du pouvoir personnel signifie prendre la responsabilité du fait que tout ce dont nous avons besoin pour le voyage magique qu'est notre vie, nous le possédons déjà dans notre sphère lumineuse. Les passes nous ouvrent la possibilité d'interagir avec et à l'intérieur de la première et la seconde attention.

 

        Les passes magiques nous ont été rapportées de l'attention de rêve, afin que nous les pratiquions dans notre vie quotidienne. Etant ramenées de la seconde à la première attention, les passes ont dû être ajustées à un caractère tridimensionnel - Les respirations ont été ajoutées. Nous avons un aspect physique et énergétique. Les voyants mexicains disent que nous avons notre Soi composé d'un corps et d'un esprit, et notre corps d'énergie, notre autre nous-même. C'est une différence importante par rapport au point de vue général qui dit que nous sommes composés seulement d'un corps et d'un esprit. Les voyants mexicains disent qu'il existe aussi une interconnexion entre le corps physique et le corps d'énergie.

 

        Carlos Castaneda disait qu'il existe un « fait-clé » : Nous sommes des êtres sociaux.

 

        Les voyants utilisent le monde avec cette donnée de base : au travers de notre coopération, différents aspects complémentaires apparaissent. Nous pouvons rassembler beaucoup d'aspects différents d'une même chose. Nous voulons nous réveiller ensemble! Nous pouvons utiliser notre structure énergétique à notre avantage. C'est pour cette raison que c'est pour nous un privilège d'être avec vous.

Nous voudrions être dignes d'un nouveau départ pour la Tenségrité, ici à Mexico, et nous voudrions vous montrer la passe du feu qui se pratique en groupe de cinq personnes.

 

        Un groupe de cinq peut brûler dans le feu tout ce dont nous n'avons plus besoin. Nous pouvons brûler notre propre importance pour choisir une nouvelle direction et devenir fluides ou pour choisir de nouvelles possibilités.

 

        L'énergie que nous avons vue pour ce séminaire est l'énergie de la genèse, de la naissance. C'est un privilège pour nous d'être ici dans la vallée de Mexico, et d'être témoin de cet heureux commencement. Les praticiens de la vallée de Mexico forment le coeur de la lignée de don Juan. A travers eux, un nouveau chemin peut commencer dans la Tenségrité.

 

        En venant au Mexique, nous avons vu beaucoup de nouvelles routes qui se construisaient à nouveau. Nous avons vu qu'il y avait également de nouvelles voies et de nouveaux moyens pour la Tenségrité, des chemins qui apportent de la joie et du bien-être. C'est ce que nous voulons traquer au travers de la passe du feu. Vous voyez une nouvelle possibilité dans votre vie et vous la traquez. Vous voulez avoir un entretien avec votre patron, vous vous habillez spécialement pour cette occasion, et vous pensez aux nouveaux mots que vous voulez dire, c’est ainsi le rêve commence. Nous nous déplaçons en avant, de façon cohérente.

 

        Le point d'assemblage se trouve dans notre sphère lumineuse à un bras de distance derrière nos épaules. Lorsque nous pratiquons ensemble la passe du feu, le point d'assemblage se déplace vers sa place d'origine, celle du coeur. Maintenant nous voulons traquer cette position. Le point d'assemblage doit aller vers le coeur au travers de la passe du feu.

 

        Les passes magiques ont été découvertes en état de rêve par les anciens voyants. Les anciens voyants mexicains ont découverts comment traverser le pont entre la première et la seconde attention. Les passes nous apportent un état de joie et de bien-être. La plupart du temps, nous sommes dans un état de malaise, les mouvements magiques sont une possibilité pour quitter cette position.

 

        Carlos Castaneda se référait à Fuller, l'architecte qui a créé le mot Tenségrité. Une compensation est apportée à la tension et à l'intégrité. Si un seul élément de la structure change, c'est toute la structure de tenségrité qui change. Si nous rassemblons suffisamment d'énergie, cela affecte notre famille et nos collègues. Nous pouvons découvrir de nouveaux aspects dans notre vie. Nous ramenons vers l'intérieur l'énergie de la couche extérieure de notre boule lumineuse. Ainsi nous avons plus d'énergie et nous commençons à rêver.

 

        Cette étape se trouve en dehors de ce que nous connaissons. Traquer nous permet de réunir toutes les actions et les informations nécessaires pour rêver. D'un point de vue énergétique, cela représente le déplacement du point d'assemblage avec le contrôle et la cohésion. Selon la tradition des voyants de l'ancien Mexique, rêver et traquer sont des arts jumeaux.

 

        Nous envisageons un changement de direction avec le feu. Avec le feu, nous brûlons notre dialogue intérieur ».

 

Autre exposé de Nyei

 

        Nous considérons le début de l'année 2005 comme un nouveau commencement. Ce mini séminaire aurait dû en fait se dérouler en juillet, mais il y a eu un présage et il a lieu maintenant. En 2005, nous voulons considérer nos propres structures de Tenségrité. Don Juan parlait d'utiliser la mort comme conseillère. Nous ne sommes qu'un moment sur cette Terre. Si nous incorporons vraiment cette connaissance, notre vie peut avoir une nouvelle intensité.

 

        Si vous voulez percevoir l'énergie directement, alors immergez-vous le plus profondément possible dans le moment présent. Carol Tiggs avait l'habitude de dire qu'un guerrier respire profondément, écoute profondément et ressent profondément. De cette façon, il prend aussi la vie comme conseillère.

 

        Nyei nous donna comme tâche d'écrire sur une feuille de papier ce que nous ferions de notre vie et de notre énergie si nous n'avions plus qu'une année à vivre. Elle nous donna cette instruction pour l'exercice : « Si vous respirez profondément, vous entendrez la voix du voyant intérieur qui est directe et précise ».

 

        Avoir du pouvoir personnel signifie être capable de distinguer la voix du voyant intérieur de celle du dialogue intérieur.

 

        Nouvelle tâche : Spécifier nos rêves et nos projets pour 2005, sélectionner une ou deux choses et détailler aussi précisément que possible toutes les étapes particulières nécessaires à leur réalisation.

 

        Après la pause de midi, nous avons tous pris place respectivement sur des chaises disposées en cercles de 5 chaises. Nous avons fait la forme du feu assis. Gavin nous dit à nouveau que les passes ont été rapportées de la seconde attention et adaptées à la tridimensionnalité, nous devions nous aussi adapter les passes magiques à notre façon de vivre. Nous sommes assis une grande partie du temps, les sorciers sont pragmatiques, ils utilisent le fait d'être assis. Nous faisons des passes lorsque nous sommes au téléphone ou lorsque que nous travaillons avec un collègue.

 

        Le feu bouge, les flammes sautent partout autour, nous pouvons changer de direction, acquérir de nouvelles vues. Lorsque nous pratiquons des passes magiques en étant assis, nous accordons toute notre attention à notre assise, afin d'être bien assis. Normalement nous sommes mal assis et nous mettons constamment notre structure énergétique sous pression.

 

        Alors nous devons nous asseoir avec les pieds bien au sol et poser nos mains sur nos genoux, décontractés. Avant de faire une passe, nous nous levons à plusieurs reprises afin de prendre conscience de notre position assise.

 

        Amber nous raconta une histoire de sa vie qui avait comme thème le fait que nous pouvons régler les choses petit à petit dans notre vie avec de petites étapes. Nyei exigea que nous réfléchissions pendant un instant à ce qui était trop lourd pour nous. Par exemple lorsque nous nous disons: « C'est trop dur »...de se lever tôt, de m'occuper de mes finances pour que ça s'arrange, d'arrêter de manger des cochonneries. Nous avons tous besoin d'une petite aide. Ce qui se passe lorsque l'on pense « C'est trop dur », c'est que le point d'assemblage va sur la position du malaise. Les phrases qui nous amènent à cette position sont une part de notre histoire personnelle - une histoire que nous nous racontons constamment, sans jamais vraiment considérer les possibilités du moment présent. C'est pourquoi éliminer l'histoire personnelle signifie aussi être ici et maintenant.

 

        Posons-nous la question : "Que puis-je modifier dans cette position ? Comment puis-je sortir de là ?"

 

        Respirez, faites une pause et écoutez. Nous faisons de petites étapes, de petits ajustements. Carol Tiggs disait toujours que les petits changements étaient ceux qui comptaient vraiment.

 

        Les passes magiques affectent notre énergie en la redistribuant. Cela est dû au fait que nous sommes des êtres énergétiques constitués de fibres lumineuses. En tant qu'êtres lumineux, nous sommes connectés à un pouvoir intelligent qui est aussi appelé intention. C'est cette force qui maintient la structure de notre existence en tant qu'êtres lumineux comme une unité liée. Nous avons des tonnes d'énergie.

 

        Les passes magiques nous tirent hors de la position qui est connectée avec la phrase « C'est trop dur ». Lorsque nous disons « C'est trop dur », nous dispersons notre énergie. Nous dispersons notre énergie lorsque nous disons « Je suis le/la meilleur » ou « Ils ne changeront jamais ». Les étapes magiques nous donnent un impact énergétique, elles agissent sur les centres énergétiques du corps : le foie, les reins, l'utérus, le pancréas, et sur le centre de décision. La tête est indépendante, séparée.

 

        Pour être à nouveau unifié, nous voulons rappeler l'énergie à nous. Quel est le mood (état d'esprit) lorsque nous disons « C'est trop dur » ? Nous devons utiliser la mort comme conseillère. A cet égard, don Juan et don Genaro aimaient particulièrement un poème de José Gorostiza, que Carlos Castaneda a ajouté dans  « Le Don de L'Aigle » :

 

O, quelle joie aveugle

Quelle soif d'utiliser à fond

L'air que nous respirons,

La bouche, l'oeil, la main.

Quelle démangeaison vive

De dépenser tout de nous-mêmes

En un seul éclat de rire.

O, cette mort impudente, insultante,

Qui nous assassine de très loin,

Par-delà le plaisir d'avoir envie à mourir

D'une tasse de thé...

D'une petite caresse

 

        Ensuite, Nyei parla à nouveau de nos rêves de vie, que nous atteignons par de petites étapes, qui sont aussi de grosses étapes. Elle parla également du « mur des excuses » et du « C'est trop dur ». Lorsque nous prêtons attention au «mur des excuses », nous découvrons que nous nous dispensons d'être actifs.

 

        « C'est trop dur » ; « Ce n'est pas si important » ; « Cela devait arriver de toute façon ». C'est l'esprit tourmenté en nous qui nous fait perdre notre énergie, c'est notre Croque-mitaine, notre épouvantail, le Boogieman en anglais, El Coco en espagnol. Avec notre pouvoir personnel, nous pouvons isoler et identifier cette voix, la voix du Croque-mitaine.

 

        Nous voulons maintenir notre rêve de bien-être. Nous fixons nos mains et avec nos yeux, nous considérons un élément dans l'environnement, puis nous fixons à nouveau nos mains, de sorte que l'environnement reste cohérent dans le rêve. Nous nous ARRÊTONS, encore et encore et nous RESPIRONS lorsque le dialogue intérieur arrive.

 

        De cette façon nous atteignons la première porte de rêver. Nous portons la même attention et le même amour à toutes les parties de notre vie, et plongeons plus profondément dans le rêve. Nous ressentons de l'affection pour la Terre, les arbres, notre famille, pour le métro et les personnes qui s'y trouvent. Nous aimons nos petites étapes et nos petits ajustements, les étapes que nous réussissons, et celles que nous ne réussissons pas, nous aimons la voix du voyant intérieur, et nous ressentons de l'affection pour nos petits dialogues. Nous aimons tout ce qui fonctionne et tout ce qui ne fonctionne pas. Nous accordons notre attention et notre affection à toutes les choses, c'est ainsi que nous utilisons la vie comme conseillère.

 

        Nous avons alors pratiqué un exercice de traque avec un témoin abstrait, avec lequel nous avons examiner des questions spécifiques concernant une situation où nous n'avons pas fait quelque chose que nous aurions dû faire. Une situation où nous nous sommes dit la phrase « C'est trop dur ». Nous nous sommes aidés mutuellement à affiner notre intention. C'est le pouvoir personnel qui nous permet d'écouter la force qu’est l'intention.

 

        Pour conclure, nous avons pratiqué cinq mouvements de la série « Running Man », qui est aussi appelée « La fluidité par les pieds ». Nous pouvons faire cette passe le soir comme le matin, avec le son de l'eau, des oiseaux, de la nature ou de la musique. Les séries de non-faire ont la qualité de créer une interruption dans le flux de l'énergie, nous pouvons interrompre le discours du Croque-mitaine quand la voix dit « C'est trop dur ».

 

Notes d’une praticienne Munichoise

 



Publié à 08:04 le 11 avril 2007 dans Séminaires de Tenségrité
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